Actuel Marx-Confrontation
Comment peut-on expliquer que l'essor du capitalisme oeuvre tout à la fois à la construction du contrat normal de travail et aux dispositifs contraires de l'esclavagisme ? La recherche du contrôle de la fuite des serfs, des esclaves, des engagés, des pauvres, représente l'élément majeur qui a déterminé la naissance du marché du travail aussi bien libre que non libre. « Copyright Electre »
Entre 1300 et 1460, l’Europe sombre dans une crise sans précédent : dépression économique, épidémies, guerres et fractures sociales. Guy Bois, historien marxiste, en révèle les mécanismes et les échos troublants avec notre époque.
S'agit-il d'une crise passagère liée aux mutations technologiques ? Ou est-ce le douloureux enfantement d'une autre époque ? Quels concepts nouveaux requiert la nouveauté du phénomène ? Quelles mesures inédites exige la brutalité des temps ? Économistes, sociologues et philosophes présentent ici le bilan croisé de leur recherche.
L'histoire s'est-elle arrêtée avec l'échec de la construction d'une société sans classes ? Le capitalisme a-t-il fait preuve de son immortalité ? C'est peut-être entre les lignes de l'oeuvre des théoriciens du socialisme qu'il faut chercher la réponse à ces interrogations, plus que dans leurs intentions déclarées : La production capitaliste, elle, est arrivée au stade où le travail de haute direction, entièrement séparé de la propriété du capital, court les rues. (Marx) Nous, parti du prolétariat, nous ne pouvons prendre nulle part l'art d'organiser la grande production, à l'instar des trusts, - nulle part à moins que nous n'allions la chercher chez les spécialistes les plus qualifiés du capitalisme. (Lénine) Nous n'avons pas inventé la planification. C'est dans son principe, la même méthode qu'utilisent Morgan et son état-major (mieux que nous) pour gérer son trust, à savoir : prévision, coordination, direction... (Trotski) [Dans] toutes les élections, la présentation des candidats, leur soutien, etc., doivent s'effectuer sous l'angle non seulement de leur fermeté politique, mais aussi de leurs capacités de dirigeants, de leur ancienneté administrative, de leurs qualités d'organisateurs... (Boukharine). Quel acteur social se trouve au coeur de ces quatre affirmations ? Vous répondez : les intellectuels, les bureaucrates, les technocrates, les managers ou mieux, les cadres ? Ce livre pousse cette perception du rôle historique des cadres jusqu'à son terme. Au sein du mode de production capitaliste, émerge progressivement une nouvelle structure de classe, de nouveaux rapports de production, préfigurant un mode de production alternatif, dont la classe dirigeante serait celle des cadres. Les tentatives de construction du socialisme ont dégénéré dans des variantes de telles sociétés postcapitalistes, et pas les meilleures qu'on puisse concevoir. Reste alors ouverte la question : comment remettre le projet socialiste sur ses rails ?
Marx et Engels ont-ils sous-estimé la démocratie politique comme on le dit parfois ? Il ne semble pas. Théoriciens de la révolution d'abord, ils ont été hantés par le problème des rapports de la révolution et de la démocratie. Cet essai se propose de mettre à jour la pensée politique de Marx et d'Engels dans sa complexité et son évolution face aux mutations historiques. « Copyright Electre »
Se donne comme une tentative de refondation du marxisme, alternative à la reconstruction qu'en propose Jürgen Habermas. Jacques Bidet tente de formuler dans l'unité d'un même concept, mais sans confusion entre elles, une théorie de la société moderne et une philosophie politique, en intégrant diverses traditions antagonistes, notamment celles du marxisme et du contractualisme. « Copyright Electre »
Louis Althusser a voulu établir une liaison forte entre les mouvements populaires et la philosophie. Au centre de cette tentative : ses rapports avec Marx, Montesquieu, Spinoza, Hegel. Et quelques questions, à ses yeux décisives : la dialectique, l'humanisme, la religion, le matérialisme. Les contributions de ce livre portent sur la crise de cette tentative, c'est-à-dire sur notre histoire et notre présent. Elles renouvellent notre connaissance d'Althusser philosophe. Les auteurs sont des philosophes qui furent des amis d'Althusser, ou dont il a reconnu l'importance des travaux.
Plutôt que de compliquer le marxisme par des interprétations philosophiques destinées à le rendre concret et intelligible, on propose une autre voie de réforme : sa paupérisation philosophique, sa simplification interne, à la fois sa radicalisation et son universalisation pertinentes pour toute conjoncture possible, c'est-à-dire le capitalisme et la philosophie réunis dans la pensée-monde. Une axiomatisation, transcendantale plutôt que formelle, doit le désencombrer de ses postulats inutiles, historico-dialectiques, et du concept philosophique des postulats. À cette fin, quatre voies sont prospectées qui doivent instaurer une pratique non-marxiste du marxisme : la détermination-en-dernière-instance, dont les philosophies ont méconnu l'originalité non-philosophique de causalité par immanence unilatérale, et qu'ils n'ont pu élucider par ensorcellement dialectique ; l'infrastructure comme immanence radicale du Réel travestie en matière et matérialisme ; l'identité sans synthèse dialectique de la science et de la philosophie, donc une réforme de la théorie et une discipline inouïe qui use de la philosophie sans en être une ; un nouvel objet, posé comme une hypothèse adéquate au concept axiomatisé de l'infrastructure, non plus les formes socio-économiques du capitalisme, mais la fusion du capitalisme transhistorique et de la totalité de ses conditions philosophiques de fonctionnement, c'est-à-dire de la philosophie en personne, dans l'universalité de la pensée-monde. Le programme non-marxiste ne nie pas philosophiquement le marxisme, il le pratique autrement pour retrouver son originalité théorique et humaine. Aller à Marx plutôt qu'y faire retour, le connaître plutôt que le reconnaître...