FeniXX réédition numérique (Geste)
L'histoire de la Vendée offre un vaste choix de commémorations possibles aux régisseurs du grand calendrier des célébrations. Mais c'est d'un autre regard que les auteurs ont souhaité examiner les données historiques et leur souvenir populaire. « Copyright Electre »
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
1939-1984 - Les arrière-petits-enfants de Michel Charrier et de sa soeur Jeanneton grandissent sur la terre de leurs ancêtres. Après avoir vécu leur jeunesse sous l'occupation, ils se sentent tiraillés dans un monde rural en pleine mutation ; ils devront tendre toute leur énergie pour s'adapter à l'évolution des moeurs, garder la terre du Pas-de-Pierre, tenter de préserver la cohésion familiale... Ainsi, sous la plume de Mme Chevalier, vont vivre plusieurs générations au pays de la Petite Église, en ce pays « dissident » où les bouches sont closes mais les coeurs grands ouverts, où les yeux sont noirs mais les âmes limpides. Encore un témoignage sur la vie paysanne, direz-vous ! Mais l'authenticité de celui-ci le rend bouleversant : l'auteur, Jeanine Picard-Chevalier, paysanne à la retraite, s'est nourrie d'une tradition orale familiale très riche, remontant jusqu'aux guerres de Vendée. Il faut dire que le pays, entre Vendée et Deux-Sèvres, fut au coeur de la « Guerre de Géants » et des problèmes politiques et religieux qu'elle engendra. À travers ce document d'une rare qualité ethnographique, c'est tout le Bocage Bas Poitevin qui se livre à vous, dans sa rudesse physique, sa profondeur religieuse et la richesse de sa langue et ses traditions. J.-R.
« Né en Vendée, élevé en Vendée, tout imprégné de Vendée, Gérard Potier a naturellement commencé par mettre son éloquence et son style au service d'histoires... de Vendée. Mais cet oiseau bavard a grandi, et c'est encore naturellement, avec la grâce de l'alouette, l'oreille du rossignol, et la mémoire du pélican, qu'il a déployé ses ailes pour survoler le vaste monde, et en revenir tout habité d'histoires encore plus inouïes, encore plus vraies, fortes, et belles, et, pourquoi pas, encore plus... vendéennes. Ces histoires-là, même mal racontées, on en redemanderait. Alors racontées par Potier ! » François Rollin, alias Professeur Rollin.
Le 23 juin 1940, en haut des marches de sa mairie, un homme seul ou presque, « attend » l'arrivée des troupes d'assaut qui envahissent son pays. Cela se passe dans un village du Poitou, à Saint-Loup-sur-Thouet. L'occupation commence, sa résistance aussi. Elle se terminera cinq années plus tard à la libération du camp de Buchenwald, qu'il fera les armes à la main, après avoir soigné avec un dévouement admirable ses compagnons de misère. Le Docteur Daniel Bouchet raconte...
Légende de la source magique Comment guérir une petite fille couverte de boutons verts quand on habite La Roche Posay ? Les mémoires d'une tourterelle Au cours d'une leçon d'histoire sur l'Art Roman, une tourterelle s'est mise à chanter. Ses roucoulements sont devenus d'étranges paroles... L'homme têtard ou le conte de la maison bleue Christian avait entendu parler de ce royaume : le Maraiquoitic. Quel drôle de nom pour un royaume ! Parti à la recherche de Poivrougnius, Yves arrivera-t-il à temps pour sauver son père ?
- Ah oui. On peut le dire. Il m'en a joué de drôles de tours, levin blanc de la Haumuche ! Ainsi me parlait le cordonnier Désiré Maintrot, dit « Bébé Cadum », dit « Fauche-l'aigail » (parce qu'il traînait la jambe en fauchant), dit encore « Boit-sans-soif ». C'était un gars du pays, un « gars de toujours », comme on dit... Désiré Maintrot y tenait, à sa vigne et à son vin de la Haumuche. À la saison des vendanges, il aimait s'entourer d'un nombreux personnel. Il rassemblait la plupart de ses voisins, par pure vanité, et les emmenait là-haut, moins pour les faire travailler que pour leur permettre d'admirer sa vigne, qu'il entretenait avec un soin jaloux. Mais son bon ami, son vin, lui jouait parfois de mauvais tours...
« Ils étaient quatre, aux carrures non terribles, accoudés à jouer à la manille coinchée. Il y avait là le Manuel Vidal dit « Sab'd'Ologne » parce qu'il était originaire des Sables d'Olonne - un doux ivrogne. Brandiloquent, ivrogne au moins autant que Sab'd'Ologne, mais en outre fier-à-bras et batailleur. Roubier, prénommé Austrégisile, et dit Gésil, bègue et communiste, mais sobre. Enfin, Montois, l'ancien maire. Sab'd'Ologne venait de donner et de « passer la main » à son partenaire, Austrégisile. Celui-ci regarda son jeu, réfléchit un moment et dit : - Eh eh eh ben, les gars, ça ça ça s'ra a-a, atout pique ! Cette déclaration faite, il ne sut pas réprimer un petit sourire, de confiance ou de supériorité, comme vous l'entendrez. Et c'est de là que tout le mal est venu... ».