Rue de l'échiquier
En 2009, Stéphane Hessel invitait ses contemporains à s'indigner : son appel a été un véritable succès et a lancé le mouvement des Indignés à travers le monde. En 2025, que reste-t-il de la faculté d'indignation dans un monde en plein chaos ? L'extrême droite et le fascisme gagnent du terrain et menacent de nouveau l'État de droit. Et les enjeux soulevés par Stéphane Hessel sont loin d'avoir disparu, bien au contraire : les écarts entre les riches et les pauvres, l'état de la planète, le traitement fait aux sans-papiers et aux immigrés, la toute-puissance des élites néolibérales, etc. Or, les mots de Stéphane Hessel nous rappellent que « la pire des attitudes est l'indifférence », et que l'indignation et l'engagement sont primordiaux pour lutter contre les injustices et la barbarie. Stéphane Hessel était un diplomate, résistant, écrivain et militant politique. Homme de gauche et Européen convaincu, il est connu pour ses prises de position en faveur des droits de l'Homme et pour son manifeste Indignez-vous !, devenu un succès international. Journaliste et essayiste, Salomé Saqué dirige le pôle économie du média Blast depuis 2021. Elle est l'autrice de deux livres : Sois jeune et tais-toi [Payot, 2023], et Résister [Payot, 2024].
Rejoindre la danse nous plonge dans la vie du jeune Cherokee Ever Geimausaddle, à travers les regards des membres de sa famille. La multitude d'épreuves que traversent ses parents et l'héritage de siècles d'injustices ne font qu'intensifier la rage refoulée d'Ever. Tous ses proches ont une opinion bien arrêtée sur qui il est et qui il devrait devenir : sa grand-mère exhorte la famille à déménager pour trouver la sécurité ; son grand-père espère le reconnecter à son héritage ; son cousin kiowa lui rappelle qu'il est lié à un passé ancestral. Une fois adulte, Ever doit puiser dans la force que lui ont transmise ses proches pour se sauver lui-même, mais aussi pour sauver la génération suivante de sa famille. Car comment trouver sa place dans un monde qui ne lui en a pas donné au départ ? Oscar Hokeah est citoyen de la nation cherokee et de la tribu kiowa d'Oklahoma du côté de sa mère, et a des origines mexicaines du côté de son père. Après des études à l'université d'Oklahoma et à l'Institut des arts autochtones (IAIA), il a reçu la bourse Truman Capote de l'IAIA et a également remporté le prix Native Writer Award en 2024. Ses nouvelles ont été publiées dans de nombreuses revues. Il travaille pour l'organisation Indian Child Welfare à Tahlequah.
On entend fréquemment que le rire, en tant que symbole de la liberté d'expression, est menacé. C'est surtout sa portée émancipatrice qui semble s'émousser, tant il apparaît aujourd'hui fréquemment mobilisé comme instrument de domination. Entre saluts nazis goguenards, mèmes cyniques et vidéos absurdes générées par intelligence artificielle, l'administration Trump et ses suiveurs récupèrent un rire trollesque typique d'une culture lulz développée en ligne. Ces provocations revendiquent une façon d'exercer le pouvoir brutalement, en riant au nez du monde et en jouissant d'une parfaite impunité. Face à ce rire fasciste, quelles sont les oppositions possibles ? Spécialiste des poétiques de la parodie et de la satire, Denis Saint-Amand étudie les mécanismes rhétoriques et les logiques de ce rire fasciste, mais aussi les moyens de le contrer. Biographie de l'auteur : Chercheur qualifié du Fonds de la recherche scientifique (FNRS) à l'université de Namur, où il anime l'Observatoire des Littératures Sauvages (OLSa), Denis Saint-Amand est spécialiste des poétiques de la satire et de la parodie. Il est notamment l'auteur de La Littérature à l'ombre. Sociologie du Zutisme (Classiques Garnier, 2012), Le Style potache (La Baconnière, 2019) ou Railler aux éclats. La veine satirique de la littérature française contemporaine (dir., avec David Vrydaghs, Presses universitaires de Rennes, 2021). Chercheur qualifié du FNRS à l'Université de Namur, où il anime l'Observatoire des Littératures Sauvages (OLSa), Denis Saint-Amand est spécialiste des poétiques de la satire et de la parodie. Il est notamment l'auteur de La Littérature à l'ombre. Sociologie du Zutisme (Classiques Garnier, 2012), Le Style potache (La Baconnière, 2019) ou Railler aux éclats. La veine satirique de la littérature française contemporaine (dir., avec David Vrydaghs, Presses universitaires de Rennes, 2021).
Pourquoi le nom de l'auteur en haut d'une couverture ou en bas d'un tableau suffit-il à transformer notre perception ? Samah Karaki analyse ici en quoi l'auteur est une fiction cognitive : si notre cerveau est câblé pour chercher des intentions dans les textes, images et musiques, cette croyance est aussi une construction politique. Elle fabrique une organisation symbolique du monde qui valorise l'héroïque et l'unique et marginalise l'anonyme, le collectif ou le dissident. Notre cerveau, nos institutions et nos récits conjuguent leurs forces pour maintenir vivante la figure de l'auteur, et façonner en fonction notre culture : les noms que nous retenons, ceux que nous oublions. Et si sortir de ces mécanismes permettait l'émergence d'une écologie de la création et du jugement esthétique ? Née en 1984 à Beyrouth, Samah Karaki est une neuroscientifique franco-libanaise. Son travail utilise les savoirs des sciences cognitives et humaines pour analyser les enjeux environnementaux et sociaux. Elle est déjà l'autrice de deux essais à succès : Le talent est une fiction (JC Lattès 2023, Livre de Poche 2024 ; 17 000 exemplaires vendus tout format confondu) et L'empathie est politique (JC Lattès 2024 ; 6000 exemplaires vendus).
Au libéralisme des Lumières s'est peu à peu substituée une théorisation de l'égoïsme rationnel. Car le (néo)libéralisme s'entend comme une défiance à l'idée de la moindre régulation. Ce fabuleux retournement a cela de puissant qu'il permet de taxer de «liberticides» toutes les critiques du système économique. Amine Messal s'attache à montrer pourquoi le néolibéralisme contemporain récemment dégénéré dans le libertarianisme porté par Donald Trump ou Elon Musk contredit autant l'intuition libérale classique, mue par le refus de l'autoritarisme, des privilèges et de l'arbitraire. Il esquisse ensuite ce que pourrait être une position politique fidèle à l'héritage libéral, pour mieux observer le fossé qui la sépare des autoproclamés défenseurs de la liberté. Né à Toulouse, Amine Messal est normalien et ingénieur, diplômé de l'ENS Paris-Saclay, de l'École Centrale de Nantes et de l'École d'économie de Paris, où il a également travaillé comme assistant de recherche. Passé par la division Climat des Nations unies, il a participé à de nombreuses mobilisations environnementales, notamment contre l'autorouteA69 entre Toulouse et Castres.
Agronome et fils de paysan, Jacques Caplat revient sur l'ensemble des crises qui traversent l'agriculture contemporaine, résultats de choix scientifiques et techniques, d'une obsession de la massification industrielle et d'une implacable accumulation du capital. Des lignes de force qui se traduisent notamment dans les domaines des semences, de l'élevage et de la prédation sur les ressources. Pour finir, il met en lumière les alternatives techniques et économiques qui existent déjà au sein du monde agricole, et dégage de nouveaux principes et démarches en faveur d'une agriculture réconciliée avec le vivant et les humains. Car une minorité de paysans et de paysannes continuent à résister en France et à travers le monde. Il ne tient qu'à nous de les soutenir et de les amplifier. Jacques Caplat est agronome et ethnologue. Fils de paysan, il a été conseiller agricole en chambre d'agriculture, puis animateur à la fédération nationale d'agriculture biologique. Il a notamment participé à la création du réseau Semences paysannes et s'est impliqué dans des actions de développement dans des pays du Sud.
Emballages, jouets, vêtements, électronique, cosmétique, implants médicaux... le plastique est partout. L'humanité en produit désormais 460 millions de tonnes par an, dont 353 deviennent des déchets. Or, tout au long de son cycle de vie, le plastique pollue et participe au réchauffement climatique. Il est aussi la cause de toute une pollution invisible : sous l'action du temps, de la chaleur, de la lumière et de l'abrasion, il libère des microplastiques et des nanoparticules, qui s'infiltrent dans l'air, les sols et les eaux, et qui menacent la biodiversité et notre santé. Face à ce constat, Capucine Dupuy appelle à agir pour limiter les usages du plastique, mais surtout à consommer moins et à en finir avec le tout-jetable et le tout-plastique. Autrice et conférencière, Capucine Dupuy s'intéresse aux déséquilibres environnementaux et aux enjeux qui en découlent : le climat, l'agriculture, la pêche, l'alimentation, l'énergie, le numérique, la biodiversité ou le plastique. Elle a participé à plusieurs campagnes menées par diverses associations et institutions comme La Ruche qui dit oui, Générations Cobayes, Cartooning for Peace ou le Haut Conseil pour le climat. En 2022, elle a publié avec Terreur Graphic l'album Plastic Tac Tic Tac aux éditions Dargaud.
À l'heure où la société se fragmente, il ne semble plus possible de se parler et d'être d'accord. Pourtant, il nous faut créer de nouvelles formes de vie sociale afin d'affronter les crises actuelles. C'est ce que défend Éloi Laurent dans cette profession de foi en faveur de la coopération.Il commence par démontrer comment la coopération humaine a été enfermée dans une compréhension trop restrictive et assimilée à la collaboration - alors que ces deux notions sont fondamentalement différentes. Puis, face à la crise de la coopération et ses multiples conséquences, l'auteur détaille les leviers à activer pour régénérer nos liens intimes, sociaux et vitaux, et ainsi fonder les bases d'une société écologique qui prendrait soin des écosystèmes comme des humains.
Depuis le début des années 1980, tous les deux ans en moyenne, une nouvelle loi immigration est en cours d'élaboration ou de rédaction au Parlement français. Ces initiatives législatives instillent l'idée que nous serions dans un régime laxiste, incapable de réguler l'arrivée des personnes étrangères. La France serait ainsi un pays de cocagne, où le seul fait de poser un orteil sur le territoire octroierait, comme par enchantement, allocations et subsides divers, un logement et tout un tas de « privilèges » à l'origine d'un « appel d'air ».À cette idée fausse mais qui bénéficie de tant d'écho sur les plateaux de télévision, Marianne Leloup-Dassonville n'oppose pas d'abord une morale humaniste, mais son expertise d'avocate en droit des étrangers. Elle nous fait pénétrer dans l'enfer administratif de celles et ceux qui cherchent à obtenir une régularisation, sans succès la plupart du temps, mais aussi de personnes qui, en situation régulière, ne parviennent pas à renouveler leur titre de séjour. Quand les réactionnaires se plaignent du nombre de sans-papiers qu'il y a dans le pays, ils oublient de préciser que c'est leur oeuvre... Avocate en droit des étrangers à Paris, Marianne Leloup-Dassonville sensibilise le grand public depuis 2016 à la thématique de l'accueil des étrangers. Elle a cofondé le projet artistique The Odyssey Project, qui met en lumière les histoires et les parcours des réfugiés qui ont dû quitter leurs pays pour survivre. Elle est administratrice de l'association Droits d'urgence, qui favorise l'accès aux droits des personnes les plus vulnérables. France, terre d'écueils est son premier livre.
En France et dans le monde, les journalistes et défenseurs des droits humains font face à des intimidations croissantes : violences, menaces, agressions, etc. Ils doivent aussi faire face au « lawfare », ou guerre par le droit, phénomène qui vise à réduire au silence les voix dissidentes en multipliant les procédures judiciaires pour les dissuader d'enquêter et d'informer, notamment via les poursuites-bâillons. Ces attaques ont de graves conséquences : autocensure, précarité financière, pression psychologique, entrave à l'accès à l'information. Si elles se poursuivent, notre société risque un contrôle accru et un affaiblissement des libertés fondamentales. Dans cet essai très documenté, Sophie Lemaître démontre comment ces méthodes constituent une menace pour la démocratie. Docteur en droit, Sophie Lemaître a travaillé pour l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture à Rome, l'association Sherpa à Paris et le centre de recherche U4 Anti-Corruption Resource Centre à Bergen. Elle a acquis une expertise sur les flux financiers illicites, la corruption, les menaces pesant sur la société civile, etc. Ses travaux de thèse ont été récompensés par le Prix éthique 2019 de l'association Anticor, dont elle a rejoint le Comité éthique en 2024.
Experte de l'inclusion en entreprise, Marie Donzel s'attaque ici à la vaste question des inégalités salariales. Selon elle, il faut d'abord repenser la méthode et les outils pour calculer les écarts salariaux, afin de tenir compte des biais inconscients et des mentalités collectives. Elle déconstruit ensuite les origines et mécanismes des inégalités salariales, ainsi que les principaux arguments avancés pour les justifier. Selon l'autrice, la clé pour atteindre une réelle égalité salariale est de changer les règles du jeu dans le monde du travail, jusque-là conçues par et pour les hommes.
Après le succès retentissant de son essai Recyclage, le grand enfumage, Flore Berlingen poursuit son analyse de l'économie circulaire : ses atouts, ses évolutions récentes, ses limites. Elle rappelle ainsi que de nombreuses conditions doivent être réunies pour qu'un produit ou matériau puisse être effectivement recyclé. Face à l'instrumentalisation des promesses du recyclage à des fins de lobbying ou de greenwashing, elle appelle à changer le pilotage de nos ressources : en gouvernant selon les capacités et les besoins, en priorisant les usages aux différentes échelles de territoires, nous pouvons et devons trouver un équilibre entre extraction, partage et respect des limites planétaires. Analyste des politiques environnementales, Flore Berlingen conjugue son travail de plaidoyer associatif avec des travaux d'enquête et d'écriture. Elle a dirigé l'association Zero Waste France, en faveur d'une société zéro déchet, zéro gaspillage. Cofondatrice de l'Observatoire du principe pollueur-payeur, elle coordonne le plaidoyer de l'association En Mode Climat. Aux éditions Rue de l'échiquier, elle a déjà publié, Recyclage, le grand enfumage (2020), Permis de nuire. (2022).
Les livres dits de « développement personnel » inondent les librairies et s'ajoutent aux magazines, aux conférences qui nous invitent à acquérir un « surplus d'être » pour devenir un meilleur individu. Mais derrière ces discours sucrés et inoffensifs, se cache une idéologie politique : la forme de bien-être promise constitue trop souvent une exploitation de soi par soi...En nous donnant une fausse image du travail - considéré comme un lieu sans conflits ni violence intrinsèque - et de nous-mêmes - notre volonté serait sans limites et notre bonheur ne dépendrait que de nous -, le développement personnel conduit à un modèle de société fondé sur la performance permanente et sur un délitement des liens. C'est cette vaste supercherie que dénonce ici Thierry Jobard, preuves à l'appui... Né en 1973, Thierry Jobard est responsable du rayon Sciences humaines d'une grande librairie à Strasbourg, ce qui le met dans une position particulièrement privilégiée pour observer la croissance vertigineuse des livres consacrés au développement personnel
Alors que, en France, 75 % des 18-30 ans jugent l'avenir effrayant en raison du changement climatique et de ses conséquences, nous sommes aujourd'hui dans une « drôle de transition », annoncée mais pas encore débutée, coincée entre la prise de conscience et l'action. Et une guerre des générations se fait jour entre des boomers qui minimisent l'ampleur de la catastrophe climatique, et de jeunes écologistes, souvent taxés d'impatience ou d'extrémisme, alors qu'ils s'appuient sur le consensus scientifique. Militante de la Génération climat, Léa Falco démontre à quel point ce clivage générationnel accable la jeunesse en lui faisant porter le poids de l'avenir tout en ignorant ses revendications, et permet aux décideurs économiques et politiques de maintenir un business as usual mortifère. Née en 1999, Léa Falco est diplômée de Sciences Po Paris et porte-parole de Pour un réveil écologique, collectif d'étudiants et jeunes diplômés mobilisés face à l'urgence écologique (23500 abonnés sur Twitter). Après avoir été chroniqueuse dans l'émission « Les Grandes Gueules » sur RMC, elle enchaîne les interventions publiques et s'occupe de la création d'une formation en ligne sur le climat destinée aux agents de la fonction publique. Pour une écologie de combat est son premier essai.
Alors que les mouvements #MeToo et #balancetonporc ont dévoilé à quel point les inégalités et discriminations perduraient dans le monde de la culture, Reine Prat revient sur le fonctionnement interne du secteur, ses bouleversements récents, ses caractéristiques et le (long) chemin qu'il reste encore à parcourir. Car si l'on y encense l'ouverture et la diversité, cet univers, qui aime à cultiver l'entre-soi, reste encore et toujours un bastion d'hommes blancs, cis-hétéros et issus des classes moyennes et supérieures. L'autrice analyse ainsi comment l'organisation du travail artistique et culturel et les représentations qui en découlent sont liées, et contribuent à alimenter et reproduire une « culture patriarcale ». Autrice de deux rapports ministériels « pour l'égalité entre les femmes et les hommes dans les arts du spectacle », publiés en 2006 et 2009, Reine Prat porte une réflexion unique sur le sujet, puisqu'elle décrypte les mécanismes de la machine, qu'elle a vue de l'intérieur, et donne à entendre la pluralité des voix de celles et ceux qui font la culture et les arts aujourd'hui.
Après le développement durable et la croissance verte, voici venu le temps de la transition écologique par le numérique. Les humains sont sommés de s'adapter et de créer un compte en ligne pour leurs moindres faits et gestes. Fascinés, la plupart d'entre eux n'y voient aucun problème ; d'autres constatent qu'ils n'ont malheureusement plus le choix. Pourtant, les drames s'accumulent : catastrophe sanitaire liée à la surexposition aux écrans, coût écologique de l'industrie numérique, ou encore régression démocratique. En retraçant l'histoire de la numérisation du monde, puis en analysant ses forces motrices et ses impacts, ce livre explore les différentes stratégies de résistance qu'on peut lui opposer, et en vient à proposer des alternatives, individuelles et surtout collectives. Yves Marry est cofondateur et délégué général de l'association Lève les yeux, qui lutte contre la surexposition aux écrans et promeut la déconnexion. Il a publié en janvier 2022 l'ouvrage La Guerre de l'attention. Comment ne pas la perdre aux éditions L'Échappée, coécrit avec Florent Souillot.
Depuis une dizaine d'années, on constate un engouement massif pour l'ésotérisme. Dans un monde bouleversé, on trouverait des réponses en décryptant les oracles ; on se reconnecterait au pouvoir de la nature en s'initiant à la sorcellerie ; etc. Mais que se cache-t-il derrière ces nouvelles croyances ? Déjà auteur du très remarqué Contre le développement personnel, Thierry Jobard analyse ici cette nouvelle mode de l'ésotérisme. Car, au-delà de la dimension ludique invoquée par les professionnels du secteur, ne faut-il pas y croire un minimum pour y adhérer ? Et que cela veut-il dire de notre rapport à la science, à la connaissance et à la vérité ? Est-ce que ces nouvelles croyances ne représentent pas un terrain fertile pour le complotisme, le sectarisme ou d'autres dérives ? Né en 1973, Thierry Jobard est responsable du rayon sciences humaines d'une grande librairie à Strasbourg, ce qui le met dans une position particulièrement privilégiée pour observer la croissance vertigineuse des livres consacrés au développement personnel ou a l'ésotérisme.
La prison est un endroit dont on parle peu et que l'on connaît très mal, un espace où la plupart d'entre nous ne pénètreront jamais. Et quand on critique l'emprisonnement systématique, on se voit souvent rétorquer : « Que proposez-vous de mieux ? » Dans cette nouvelle édition revue et enrichie, Sylvain Lhuissier démontre qu'une autre sanction est possible. Il explique pourquoi rien ne change gouvernement après gouvernement et comment chaque acteur, d'un bout à l'autre de la chaîne, participe à maintenir le système en place. On sait depuis longtemps que la prison est une solution inefficace contre la récidive. Mais quand on constate qu'elle concerne avant tout des auteurs de petits délits et non des criminels, ne faut-il pas revoir collectivement notre copie ? Entrepreneur social, Sylvain Lhuissier cofonde en 2014 l'association Possible, dont il est aujourd'hui le président. Il mène un combat pour changer le regard des citoyens sur la justice et développer les alternatives à la prison, comme le travail d'intérêt général. Cet engagement aboutit en 2018 quand il participe à la création de l'Agence du travail d'intérêt général et de l'insertion professionnelle au sein du ministère de la Justice.
Si la découverte des perturbateurs endocriniens est encore récente, ces « substances chimiques d'origine naturelle ou synthétique, étrangères à l'organisme et susceptibles d'interférer avec le fonctionnement du système endocrinien », selon la définition de l'OMS, se trouvent désormais partout. La médecin Mélanie Popoff détaille ici les origines des perturbateurs endocriniens et leurs conséquences, en revenant sur la dimension éminemment politique du sujet. Elle nous encourage ensuite à agir et à nous protéger, en modifiant nos habitudes pour diminuer l'exposition aux risques, mais surtout en luttant collectivement. Car il est désormais urgent de changer les façons dont nous organisons nos sociétés et habitons la planète, pour notre santé, celle des écosystèmes et des générations futures. Médecin et militante écologiste, Mélanie Popoff est cofondatrice de l'Alliance Santé Planétaire, association visant à promouvoir ce concept émergent en France. Spécialiste de santé publique et environnementale, elle oeuvre à promouvoir une vision élargie de la médecine, intimement liée aux grands bouleversements écologiques. Elle a participé à la traduction de l'ouvrage collectif Santé planétaire. Soigner le vivant pour soigner notre santé (Rue de l'échiquier, 2022).
Shahrazade naît dans un pays de la Péninsule arabique, d'un père qui la considère comme « un corps inachevé » parce que fille, et d'une mère soumise et humiliée, parce qu'incapable de donner un fils à son mari. Elle grandit dans un quotidien étouffant, corseté par les interdits d'un islam intégriste et d'une société traditionnelle, hypocrite et violemment patriarcale. Ses moindres faits et gestes sont surveillés par sa grand-mère qui, sous couvert de religion, défend avec ardeur ses intérêts et ceux de son fils. Pour autant, Shahrazade se révolte très tôt contre le destin de génitrice et de femme au foyer qu'on lui assigne. Mais quel peut être son avenir dans cette société ultraconservatrice ? Comment s'affranchir et assumer ouvertement son identité sans craindre pour sa vie ? Huriya est née et a grandi à Marrakech. À dix-sept ans, elle quitte le Maroc pour la France, où elle entreprend des études de philosophie. Elle a publié une dizaine de romans, dont Huriya par Huriya (Le Nouvel Attila, 2021 ; Points, 2023), salué par la presse et les libraires, et sélectionné pour le Prix du meilleur roman Points 2024.
Le point de départ et l'objectif de Céline Piques avec ce manifeste : construire une société où la révolution féministe aurait lieu sans concession, pour qu'émerge un monde sans patriarcat. Selon elle, deux combats sont à mener en priorité : la lutte contre les violences masculines- en 2020, 102 femmes ont encore été tuées par leur compagnon ou ex-compagnon - et la réappropriation par les femmes de leurs corps, de leur travail et de leurs vies. Pour appuyer sa réflexion, l'autrice convoque plusieurs textes féministes, classiques ou plus récents : Andrea Dworkin, Gisèle Halimi, Adrienne Rich, Christine Delphy ou Émilie Hache. C'est un véritable matrimoine qu'elle nous invite ainsi à explorer et à utiliser comme boussole pour faire advenir un monde féministe, équitable et soutenable. Céline Piques est présidente de l'association d'Osez le Féminisme. Demain sera féministe est le premier essai qu'elle signe en son nom propre.
Minnesota, années 1970. Rosalie Iron Wing grandit dans les bois avec son père, qui luiraconte des histoires en lien avec leurs origines dakhóta. Mais un jour, celui-ci ne rentre pasà la maison. Âgée de douze ans, Rosalie est confiée à une famille d'accueil blanche.Bien des années plus tard, Rosalie retourne sur les lieux de son enfance et renoue avec unpassé enfoui. Au fil des pages, son destin s'entremêle à celui de Gaby, son amied'adolescence ; Darlene Kills Deer, sa grand-tante ; et Mary Blackbird, chassée de ses terresdans les années 1860. Descendantes de lignées brisées par le colonialisme, ces quatrefemmes Dakhóta se révèlent liées par la culture des graines - un savoir-faire transmis de génération en génération comme autant de promesses d'espoir et de vie renouvelées. Diane Wilson est une écrivaine originaire de la tribu sioux Mdewakanton dans le Minnesota. Elle est l'ancienne directrice de Dream of Wild Health, une ferme indigène à but non lucratif, et de la Native American Food Sovereignty Alliance, une coalition nationale créant des systèmes alimentaires souverains pour les peuples natifs d'Amérique.Les Semeuses est son premier roman. Il a reçu le Minnesota Book Award for Fiction en 2022 et s'est écoulé à plus de 50 000 exemplaires aux États-Unis.
Depuis les forêts himalayennes de son enfance jusqu'à l'ONU, Vandana Shiva revient pour la première fois sur toute une vie de combat pour la vie et pour la Terre, et raconte ici plus de quarante années de lutte contre la déforestation et contre l'accaparement de l'eau et des semences. Défenseuse des autonomies alimentaires, des connaissances indigènes et de la démocratie directe, Vandana Shiva établit par ses actes les liens entre crise écologique, patriarcat et capitalisme. Lutte contre les OGM, catastrophe de Bhopal, mouvement Chipko : ces mémoires nous font retraverser un demi-siècle de résistances planétaires. Car la militante indienne incarne l'idée, aux côtés de tant d'autres, que les femmes sont « les véritables gardiennes des connaissances liées à la biodiversité ». Née en 1952, Vandana Shiva est une militante écologiste et écoféministe indienne d'influence mondiale. Elle dirige la fondation de recherche pour la science, la technologie et l'écologie, et fondé l'ONG Navdanya pour défendre l'agriculture biologique. Elle a écrit plus de 20 livres, dont 1 % et Restons vivantes publiés en français par Rue de l'échiquier. Elle a reçu en 1993 le prix Nobel alternatif « pour avoir placé les femmes et l'écologie au coeur du discours sur le développement moderne ».
En mars 2020 la santé est devenue notre première et unique priorité. Du jour au lendemain, le « quoi qu'il en coûte » devenait la nouvelle devise républicaine et annonçait des lendemains qui chantent pour les soignant.es et les soigné.es. Mais alors que l'on nous promettait un monde d'après où le bien-être des populations serait la nouvelle boussole, force est de constater que jamais notre vision politique de la santé publique n'a été aussi faible. À un point tel qu'on en vient à s'interroger sur l'avenir de la discipline que constitue la médecine. La médecin Alice Desbiolles propose de « réparer la santé » autour de trois axes, la prévention, le bien-être des soignant.es et l'écoute des patient.es, pour relever les nombreux défis sanitaires qui vont s'imposer à nous dans un avenir proche. Alice Desbiolles est médecin et épidémiologiste, spécialiste de la santé publique. Elle est l'une des premières professionnelles de santé à avoir popularisé et porté médiatiquement l'éco-anxiété et les conséquences sanitaires du réchauffement climatique. Elle est déjà l'autrice du remarqué L'Éco-anxiété, publié chez Fayard en septembre 2020.
Cet ouvrage concis et crucial extrait la pensée systémique du domaine informatique et mathématique pour la rendre tangible et concrète. Car certains des plus grands problèmes actuels sont essentiellement dus à des défaillances de systèmes. Ils ne peuvent être résolus qu'en prenant en compte l'ensemble des faits d'un système complexe, non pas isolément mais globalement, en tant que parties intégrantes d'un ensemble dont les différents composants sont dans une relation d'interdépendance. À l'aide d'exemples simples, Donella Meadows rend accessibles les outils de la pensée systémique et nous aide à éviter la confusion et l'impuissance dans un monde de plus en plus complexe et interdépendant, première étape vers la recherche de solutions proactives et efficaces. Née en 1941 et décédée en 2001, Donella Meadows était une scientifique, une autrice, une enseignante et une agricultrice. Diplômée de Harvard, elle a été professeure d'études environnementales à l'Université de Darmouth (New Hampshire). Spécialiste de la dynamique des systèmes, elle est surtout célèbre pour son rôle d'autrice principale du best-seller international Les Limites à la croissance.
Comment vivre dans le respect des limites et des ressources de la nature ? Alors que la production mondiale de pétrole a atteint son maximum et que c'en est désormais fini des énergies fossiles bon marché, la permaculture constitue une réponse pragmatique aux enjeux de notre époque. Elle utilise la pensée systémique pour « élaborer en toute conscience des paysages qui imitent les schémas et les relations observés dans la nature et fournissent en abondance nourriture, fibres et énergie afin de subvenir aux besoins locaux ». En quatre décennies, la permaculture est devenue un mouvement international, apportant une contribution pratique au débat sur la soutenabilité. Dans Permaculture, désormais le livre de référence sur le sujet, David Holmgren théorise et illustre concrètement 12 principes sur lesquels s'appuyer pour concevoir un mode de vie soutenable et s'adapter à la « descente énergétique » qui suivra le pic pétrolier. Chaque principe fait l'objet d'un chapitre à part entière.
Être écolo ou manger des animaux, il faut choisir !Alors que les protéines animales ne sont plus nécessaires à la nutrition d'une majorité d'humains, des centaines de millions d'animaux sont tués chaque jour pour être mangés. Cette exploitation de masse, érigée en système global, ne soulève pas seulement une question éthique fondamentale. Elle constitue un risque écologique crucial qui met en péril l'habitabilité de la planète.L'élevage accapare 77 % des surfaces agricoles mondiales quand la pêche se déploie dans plus de la moitié des océans. L'un et l'autre sont sans conteste les principaux fossoyeurs de la biodiversité sauvage. Mais ils sont aussi en passe de devenir les tout premiers contributeurs du changement climatique : le secteur de la viande représente déjà près de 15 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et la demande en produits d'élevage pourrait encore croître de 144 % d'ici le milieu du siècle.Face à ce désastre, l'heure n'est plus à distinguer ou à opposer les pratiques industrielles et artisanales. En réalité, les deux se combinent sous l'effet d'un appétit insatiable de protéines animales qui dévore la planète.Cette situation critique place chacun face à ses responsabilités. Alors qu'émergent des alternatives attractives à la consommation carnée, citoyens, agriculteurs, collectivités, entreprises et gouvernements ont désormais le pouvoir d'encourager une transition alimentaire respectueuse du vivant et déterminante pour la survie de l'humanité.Jean-Marc Gancille est le cofondateur de Darwin à Bordeaux, et de la coopérative La Suite du Monde. Après ces deux aventures entrepreneuriales alternatives, il se consacre désormais pleinement à la cause animale. Vice-président de Wildlife Angel (ONG de lutte contre le braconnage de la grande faune africaine), cofondateur du collectif anti-captivité Rewild, administrateur de la REV (Révolution Écologique pour le Vivant), membre de la commission écologie de l'AVF (Association Végétarienne de France) et actif dans plusieurs mouvements animalistes, il agit au quotidien en faveur de la conservation des cétacés à La Réunion au sein de l'ONG scientifique Globice. Il est déjà l'auteur de deux essais publiés chez Rue de l'échiquier : Ne plus se mentir (2019) et Carnage (2020). Jean-Marc Gancille est le cofondateur de Darwin à Bordeaux et de la coopérative La Suite du Monde. Il se consacre désormais pleinement à la cause animale. Vice-président durant six ans de Wildlife Angel (ONG de lutte contre le braconnage de la grande faune africaine), cofondateur du collectif anti-captivité Rewild, militant pour plusieurs mouvements animalistes, il agit au quotidien en faveur de la conservation des cétacés à La Réunion au sein de l'ONG Globice.
En 2027, dans une République Dominicaine ravagée par des désastres écologiques, Acilde, adolescente de classe pauvre, tente de survivre et d'acquérir la Rainbow Bright, drogue qui lui permettrait de devenir un homme sans intervention chirurgicale.En 2001, Argenis, artiste en perdition, rejoint une résidence à Sosùa, plage destinée à devenir un sanctuaire marin.Par un concours de circonstances, Acilde et Argenis se retrouvent en contact avec leurs vies antérieures, à deux époques-clés de l'histoire des Caraïbes. Parviendront-ils à empêcher les catastrophes qui ont détruit leur pays ?Rita Indiana nous livre un grand roman politique, décolonial et écologique, qui interroge la responsabilité du capitalisme dans le désastre écologique, et la dualité entre individualisme et bien commun. Rita Indiana vit à Saint-Domingue. Elle est considérée aujourd'hui comme l'une des autrices les plus talentueuses de la littérature caribéenne contemporaine. Avec Les Tentacules elle a obtenu en 2017 le prix de l'Association des écrivains caribéens, premier livre de langue espagnole à être ainsi récompensée. Elle est également musicienne et produit avec son groupe Rita Indiana y los Misterios un merengue aussi hybridé et vitaminé que sa langue.
Comment comprendre la persistance des inégalités en France alors que l'égalité est proclamée centrale au pays des droits de l'H(h)omme ? C'est à cette question que Réjane Sénac répond dans cet essai dérangeant, bousculant et original. Elle remet en cause la conception française de l'égalité, comme un mythe à déconstruire pour tendre vers une égalité sans condition : en deçà du sexe, de l'origine sociale et ethno-raciale, de la religion et de l'orientation sexuelle. Autrement dit, nous ne serons égaux que si nous nous reconnaissons comme semblables et non comme complémentaires au regard d'identifications figées et figeantes. À travers une relecture critique de la devise républicaine, elle montre que l'égalité n'existera qu'en se libérant du récit de la performance de la mixité, incarné par des slogans tels que « la diversité, c'est bon pour le business » ou « la mixité est une valeur ajoutée », en particulier entre les femmes et les hommes. Si on ne veut pas vivre dans une société où même l'égalité devient une histoire de rentabilité et de success-story, il est urgent de se réveiller de ce « compte » de fée. Avec une argumentation explosive, Réjane Sénac développe une pensée féministe novatrice et audacieuse. Des analyses de Thomas Piketty et de Raphaël Enthoven, en passant par le succès d'un rappeur comme Orelsan, elle montre comment on peut se dire pour l'égalité tout en participant à la reproduction des inégalités. Elle revient sur les combats actuels du féminisme français, de l'écriture inclusive aux polémiques suscitées par le mouvement #MeToo et les réunions non-mixtes féministes et anti-racistes. Diplômée en droit et en philosophie (Paris I - Panthéon Sorbonne) et docteure en science politique (IEP de Paris), Réjane Sénac est aujourd'hui directrice de recherche CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po. Elle est aussi membre du comité de pilotage du programme de recherche et d'enseignement des savoirs sur le genre de Sciences Po.
Aujourd'hui, le recours à des dirigeants politiques, largement inféodés au système, est improductif et le militantisme écologique mainstream se perd dans une forme de pensée magique naïve, aveugle tant aux réalités physiques qu'aux inerties sociales et aux verrouillages économiques. Face à ce constat et à rebours des nouveaux récits qui entretiennent de faux espoirs, Jean-Marc Gancille appelle à ne plus se mentir et à considérer les faits tels qu'ils sont pour nourrir des réponses à la hauteur des enjeux. Il nous indique un chemin radical, revigorant et ambitieux : l'action combative et la démonstration de notre force collective face aux intérêts particuliers. Car, pour sauver ce qui peut encore l'être, peu d'autres choix s'offrent à nous que d'exercer « une légitime défense contre le système » et d'abandonner l'espoir pour le courage. Jean-Marc Gancille est le cofondateur de Darwin à Bordeaux, tiers-lieu emblématique d'un mode de développement urbain alternatif et d'une citoyenneté active. Désormais installé à La Réunion, il se consacre à la protection de la faune sauvage. Il est notamment vice-président de l'ONG Wildlife Angel qui lutte contre le braconnage en Afrique.
L'ouvrage de référence pour s'initier à l'approche régénérative. En raison de la complexité du monde, les problèmes auxquels nous devons faire face - changement climatique, érosion de la biodiversité, artificialisation des sols, etc. - peuvent paraître insolubles. Car les causes de ces problèmes sont avant tout systémiques, et ne sauraient être résolus par des dispositifs purement techniques. En adoptant une pensée des systèmes vivants, nous pouvons dépasser ces problèmes et cultiver des futurs souhaitables où les humains s'allient avec la diversité de la vie dans les territoires. Mobilisant des concepts et expériences issus de spécialités variées, les auteurs proposent une initiation pédagogique et pratique à l'approche du développement régénératif, illustrée de nombreux cas concrets.
La transition énergétique est actée : les investisseurs et les sociétés exploitant les énergies fossiles seraient résolument engagés dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Les débats ne portent plus que sur l'orientation générale du modèle, sur la place du nucléaire ou des énergies renouvelables dans le futur mix. Un regard attentif et documenté sur le sujet fait toutefois apparaître une autre réalité. Au lieu de les remplacer, les énergies dites « décarbonées » nous procurent de nouveaux moyens afin de continuer à exploiter toutes les formes d'énergie existantes. Ainsi, l'extraction des hydrocarbures est à la fois soutenue financièrement et techniquement par le développement des énergies vertes. Cette « synergie énergétique » pourrait avoir un plus grand impact sur le réchauffement climatique que si aucune transition n'était tentée - transition dont aucune étude scientifique n'a, à ce jour, démontré la possibilité. Au-delà de cette dimension écologique, Vincent Mignerot interroge la propension de l'humanité à se raconter des histoires et à s'illusionner sur ses capacités à orienter le cours de son destin selon son intérêt véritable. Vincent Mignerot est essayiste, spécialisé dans l'étude de la perception et de la singularité de l'esprit humain dans un contexte évolutif global. Il s'intéresse particulièrement à la synesthésie et à la collapsologie. Il a fondé l'association Adrastia qui a pour but de « penser l'humanité dans un contexte de déclin global, de fin des ressources et de destruction de l'équilibre écologique vital, et d'en anticiper les conséquences sur les plans économiques, politiques, sociaux, démographiques ».