Samah Karaki
Samah Karaki
Pourquoi le nom de l'auteur en haut d'une couverture ou en bas d'un tableau suffit-il à transformer notre perception ? Samah Karaki analyse ici en quoi l'auteur est une fiction cognitive : si notre cerveau est câblé pour chercher des intentions dans les textes, images et musiques, cette croyance est aussi une construction politique. Elle fabrique une organisation symbolique du monde qui valorise l'héroïque et l'unique et marginalise l'anonyme, le collectif ou le dissident. Notre cerveau, nos institutions et nos récits conjuguent leurs forces pour maintenir vivante la figure de l'auteur, et façonner en fonction notre culture : les noms que nous retenons, ceux que nous oublions. Et si sortir de ces mécanismes permettait l'émergence d'une écologie de la création et du jugement esthétique ? Née en 1984 à Beyrouth, Samah Karaki est une neuroscientifique franco-libanaise. Son travail utilise les savoirs des sciences cognitives et humaines pour analyser les enjeux environnementaux et sociaux. Elle est déjà l'autrice de deux essais à succès : Le talent est une fiction (JC Lattès 2023, Livre de Poche 2024 ; 17 000 exemplaires vendus tout format confondu) et L'empathie est politique (JC Lattès 2024 ; 6000 exemplaires vendus).
Dans le langage ordinaire, ressentir de l'empathie signifie se mettre à la place de l'autre, et éventuellement partager ses émotions. Ce phénomène complexe, souvent considéré comme étant à l'origine du comportement moral et altruiste, s'est retrouvé au coeur du débat public, certains arguant qu'il serait la solution à l'intolérance et aux discriminations. Mais, dans une société traversée par les conflits et les rapports de domination, l'empathie permet-elle vraiment de comprendre l'autre ? À la lumière des dernières découvertes en neurosciences et en sciences sociales, Samah Karaki démontre que l'empathie se révèle foncièrement faillible et sélective, ne résistant pas à la déshumanisation de l'autre ou à sa prétendue infériorité construite par les discours médiatiques ou politiques. Dans un essai stimulant et puissant, elle invite à reconnaître que l'on est inévitablement exclu de l'expérience des autres, et à imaginer de nouvelles voies pour s'ouvrir à leurs réalités. Plutôt que d'apporter à la souffrance et à l'injustice une réponse individuelle et affective, elle plaide en faveur de mesures politiques et sociales.
La réunion d'équipe où personne ne contribue, le collègue que vous évitez toujours, le manager aux réactions imprévisibles : ces expériences nous sont familières à tous, mais il n'est pas aisé de les comprendre, et inverser la tendance l'est encore moins. Comment la mauvaise gestion de nos émotions affecte-elle les rapports au sein d'un groupe de travail ? Qu'est-ce qu'une bonne équipe ? Et que peut bien signifier « bien collaborer » ? En remontant aux origines du stress professionnel, ce livre mobilise les apports des neurosciences pour mettre en évidence 8 besoins essentiels pour bien travailler ensemble. L'objectif ? Créer un climat socio-émotionnel favorable à la performance, à la créativité et à l'épanouissement de chacun.
Si le talent comme capacité innée ne repose sur aucune réalité scientifique, il nous est difficile de renoncer à cette fiction. Pourtant, invoquer un ingrédient magique pour expliquer que certains échouent quand d'autres réussissent a des conséquences sociales terribles, creusant les inégalités. À partir des dernières données de la recherche et en s'appuyant sur des figures de la culture populaire, Samah Karaki, docteure en neurosciences, déconstruit la fiction du talent et explore les mythes qui sous-tendent notre rapport à la réussite et au mérite, mettant au jour les multiples facteurs - sociaux, culturels ou individuels - qui permettent de développer des compétences hors du commun. Sans nier l'influence de l'hérédité sur les aptitudes, elle ne prétend pas non plus que tout le monde est capable de tout, mais invite à renoncer à la course à la performance. Dans un monde obsédé par le résultat et la distinction, Le talent est une fiction est une réflexion sur le modèle de société auquel nous aspirons et, au-delà, une ode aux réalisations collectives, à la liberté et au plaisir.
La guerre se prépare contre le royaume Tangut de Shenzong. Dtchi, le fils de Gengis Khân, va patrouiller sur les berges de la rivière Huang He avec un détachement militaire composé d'un millier d'hommes. Parmi ces soldats, un nouvel allié aussi étrange que redoutable, Kian'jan, le jeune mercenaire tangut qui a renié ses anciennes amitiés. Darhan se met en route à la suite du détachement militaire dans le but de ramener son ami à la raison. Que se cache-t-il vraiment dans le coeur de Kian'jan ?