FeniXX réédition numérique (Salvy)
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Véritables "scènes de la vie de province", au sens balzacien, Les causes perdues (que Violet Trefusis écrivit directement en français) ont pour décor le Faubourg Saint-Honoré, et surtout le Poitiers de l'entre-deux-guerres. La petite noblesse de campagne et les domestiques fidèles, les vieux beaux fortunés, et les jeunes filles délaissées, y jouent de leur pouvoir de domination sur les plus faibles qu'eux, lesquels, à leur tour, savent fort bien, par leurs charmes secrets, se protéger et se défendre. Mais, derrière ces liaisons dangereuses, se profilent parfois de sombres desseins.
Avec Bela Jai, Marc Cholodenko donne son livre le plus achevé, le plus séduisant, le plus exigeant aussi. A mi-voix, comme en une confidence faite à un ami, il réussit à nous rendre sensibles ces moments fragiles et bouleversants où les mots de l'écrivain ne sont plus « juste des mots », sans être encore devenus ces « mots justes » qu'il recherche et redoute à la fois. Refusant les facilités rhétoriques, les « abracadabras », de « Gaspadin Pissatiel » (Monsieur l'écrivain), et de ses doubles grotesques Namby Pamby et Willy Nilly, toujours prêts à « ouvrir... d'un coup, crac, le ventre du secret intérieur des gens », Marc Cholodenko met toute sa maîtrise d'une prose cristalline à nous maintenir au plus près de ce qui, dans le monde, « est fait de légèreté pour échapper passe tous les sas échappe aux pênes successifs aux tulles successivement tendus de la pensée... »
Une rencontre ordinaire du narrateur avec un homme anonyme, à Paris sur le Champ de Mars. L'inconnu demande l'obole, le narrateur continue sa marche pressée vers ses occupations. Mais l'homme revient dans la mémoire du narrateur comme la présence de ce qui ne peut être dit, de ce qui ne peut être entendu. « Copyright Electre »
Avoir de trop grandes oreilles, voilà qui n'apporte que désarroi, voire angoisse. La voix des autres prend alors des proportions démesurées. « Copyright Electre »
Le matin du 29 mai 1453 le sultan Venaille le Magnifique, à la tête de ses janissaires, s'empare de Constantinople. Il en fait « la plénitude de l'Islam ». Mais ce jour de gloire est également lié pour lui à l'horreur : dans une embuscade tendue par sept fuyards chrétiens il est gravement blessé. Aujourd'hui, cinq siècles ont passé, mais celui qui fut l'un des plus grands seigneurs de la guerre de l'Histoire s'interroge encore. Il se sait immortel. Il est l'homme le plus respecté d'Istanbul. Son esprit est à la fois plein de haine et d'amour. Et sa blessure demeure une douleur quotidienne. Le sultan vit entouré de Mehmed le Pieux, son redoutable garde du corps, et du petit noiraud, l'enfant adopté. Il doit affronter les agissements meurtriers des mouettes et les remarques douteuses d'une bande de corbeaux ne pensant qu'à s'enivrer, les pattes dans le Bosphore. Le plaisir de vivre de l'enfant parviendra-t-il à arracher le sultan à la mélancolie ? Quelles sont les causes profondes de son angoisse ? Istanbul, tant aimé, est-il refuge ou prison ? Comment un homme physiquement meurtri envisage-t-il l'existence ? À ces questions graves le livre répond par un humour baroque et une écriture affective.