FeniXX réédition numérique (Fédérop)
Entre poésie et roman, La femme prisme de Claude Vaudaux explore la quête désespérée et tendre d’une femme qui crie son existence. Une œuvre lucide et viscérale, entre désespoir et renaissance, pour un monde d’après la peur.
Guy Prunier est un très, très grand personnage ! Imaginez-vous une tête frisée dont les moustaches taquineraient les nuages. Et, à l'autre bout, de petits pieds qui pataugeraient dans les flaques... Vous savez, celles-là mêmes qui nous tentaient au grand désespoir de maman. Guy fait partie de ces gens qui sont nés en retard. Ceux qu'on attend pour l'apéritif et qui arrivent pour le goûter de quatre heures. Et depuis, il court, il court... Vous vous l'imaginez bien ? Tout en tendresse, en fantaisie, en humour, mais aussi ce petit brin de réalité qui fait qu'on ne peut s'empêcher d'y croire un peu. Allez les enfants ! Tournez la première page. Allez les grands ! Offrez-vous un petit morceau de rêve. Installez-vous bien sur le manège : nous partons...
Ce recueil, auquel a été décerné en 1983 le prix de poésie de la ville de Villefranche-sur-Saône, est donc sa première oeuvre à être publiée.
Monick Bonneville-Gennadis est lyonnaise. « Et si Saint-Jean c'était vraiment mon quartier ? » Mais, quand le récit débute, elle se croit allemande ; elle n'est encore qu'une fillette perchée en équilibre instable sur ses patins à roulettes et déchirée entre père et mère. Devenue femme, elle va se lancer dans une ardente quête de ses origines : suis-je grecque ? suis-je libanaise ? Je suis quoi ? Elle est Monick Bonneville-Gennadis : une femme qui, à la suite d'un horrible accident de la circulation, fouille son passé, se confesse, se cherche et se fuit, rit et pleure, clame sa passion d'exister et remporte sur l'oubli et sur la mort une provisoire -bien sûr !- mais authentique victoire.
Fondamentalement, la poésie d'Andrée Appercelle se dresse contre toutes les ségrégations : celles qui massacrent les gens de couleur, comme celles qui réduisent la femme, ou confinent des millions d'êtres dans leurs vies médiocres... Elle dénonce le climat de glaciation morale qui se développe dans l'humanité ; de la violence inquisitoriale à l'automisation, elle proteste contre une politique qui use et dégrade la présence humaine jusqu'à la coagulation. Et, cependant, cette poésie reste habitée. Par l'espoir d'abord, si ténu se révèle-t'il à notre lucidité. Un geste peut rompre l'étau de la froideur, une étreinte peut éclater la cour-prison de l'usine. Poésie habitée surtout par cette chair de femme qui, d'un bout à l'autre de l'ouvrage, crée la profondeur de champ, le chant profond.
L'exceptionnelle opulence, la sensualité raffinée des Sybaritains étaient devenues proverbiales, quand la cité fut détruite par les habitants de Crotone, qu'indignaient trop de cynisme et d'impiété. De Sybaris la fabuleuse, on jalousait les terres à blé, les vignobles renommés, les oliviers prospères, le commerce florissant. Le site, une large plaine, où coulaient deux fleuves et qu'entouraient de hautes montagnes dominant la rade, était d'une rare majesté. C'est ce qui détermina Hérodote d'Halicarnasse, en train de rédiger son Enquête, à entrer dans le dessein de Périklès : relever Sybaris de ses ruines et y faire plus que jamais flamboyer le génie grec. Périklès présente l'entreprise comme une expérience qui n'a jamais eu de précédent : rassembler à Sybaris, devenue Thourioï, les représentants de toutes les cités grecques. Mais, là-bas, que vont trouver les colons ? Les dieux leur seront-ils favorables ? Quel accueil vont faire - aux arrivants - les rescapés de jadis, ou plutôt leurs descendants, et les indigènes, toujours hostiles ? Hérodote s'adjoint des personnages notables, le célèbre architecte Hippodamos de Milet et le non moins célèbre Protagoras d'Abdère, chargé de rédiger une constitution nouvelle. Innover et exceller sont les mots-clefs mais, derrière eux, se dissimulent toutes les convoitises habituelles. L'un des premiers visiteurs de la cité reconstruite, sera un étrange Sicilien, philosophe, poète, médecin, thaumaturge : Empédoklès. Quels remous suscite sa venue ? Quelles dissensions entre anciens possesseurs du sol et nouveaux venus, qui rendent inéluctable le massacre ? Et quel sera le destin de Thourioï, née d'un de ces actes de foi comme, d'âge en âge, en font tous les hommes auxquels les dieux adressent leurs signes ambigus ?
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Daniel Mandon, né en 1939 à Saint-Étienne. Études de lettres et de philosophie à l'Université d'Aix-en-Provence et de sociologie à Paris. A travaillé, depuis 1965, avec Paul-Henry Chombart de Lauwe à l'École pratique des hautes études, et dans le cadre du Centre d'ethnologie sociale (CNRS). Docteur en sociologie, maître-assistant à l'Université de Lyon II, participe à l'enseignement et aux recherches de sociologie médicale à la Faculté de médecine de Lyon I. S'intéresse plus particulièrement aux rapports de la culture populaire et des besoins de santé.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
J'aurais pu retrouver une liasse de lettres écrites à un ami au cours des années 1957-1958, expédiées de France et d'Algérie, et contempler avec angoisse mes empreintes imprimées dans un monde de terreur, où la révolte est absente ou impossible et laisse place au constat passif : « La guerre me charrie dans la zone de l'humanité, où la force des idées, des mots, est entièrement soumise au langage du sang, où la mort violente est naturelle. » J'aurais pu être fasciné par un monde perdu, l'âge des grandes espérances, et entreprendre à l'appel des lettres jaunies un voyage en Algérie, un pèlerinage romantique, à la recherche du jeune appelé que la guerre, 20 ans plus tôt, avait sorti de l'usine d'une banlieue de province. Mais peut-on voyager dans son passé autrement qu'avec la mémoire ? Ce roman peut se lire comme le témoignage d'une génération aux prises avec les événements des années 1954-1962 mais, surtout, comme un face-à-face avec sa mémoire, une interrogation sur les limites de la non-culpabilité de l'être humain englué dans la guerre.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Pourquoi "Nouvelles interdites" ? Parce que la vérité est nécessaire à la démarche historique de notre peuple. À l'heure des grands affrontements sur le continent africain, des complots et des trahisons, à l'heure des marchandages sordides de certains gouvernants avec des puissances étrangères fossoyeurs de l'Afrique, à l'heure des répressions barbares perpétrées par des Africains contre des Africains, du muselage de nos peuples, de la désintégration galopante de nos sociétés, l'homme d'Afrique se doit de crier tout haut la vérité sur les bouleversements qui affectent son continent. C'est son devoir le plus absolu. Mais justement, sous nos cieux, l'index frappe la vérité comme la foudre s'abat sur l'arbre. C'est pourquoi, dans nos contrées, on peut parler de tout, vraiment de tout, sauf de ce qui nous concerne. Les média diffuseront des informations sur le monde, raconteront des contes et histoires des temps, mais couvriront d'un silence sanglant les nouvelles de notre temps, nouvelles interdites. Le rôle de l'écrivain consiste-t-il à se taire ? Doit-il s'atteler à abreuver de louanges, tel un griot appointé, un monarque usurpateur, jamais plébiscité par son peuple ? Ou alors, le dos tourné au présent, le passé offre-t-il le seul champ d'expression possible ? Si l'on est écrivain de son époque, soyons écrivains de notre temps. Si nous voulons contribuer à l'évolution de notre continent, considérons l'Afrique comme ce moule dans lequel nous devons nous fondre. Si nous voulons suivre le cours de l'Histoire, penchons-nous sur les palpitations de nos peuples et soyons-en les haut-parleurs. C'est pourquoi il n'est point besoin d'inventer des histoires. Les souffrances de nos populations, ses tristesses, ses joies et ses fêtes nous livrent une matière suffisamment dense pour en extraire les nouvelles de notre temps.
"L'Uiard" (mot occitan désignant le bon vieux cyclope de l'Odyssée) raconte la vie des bergers de la Crau, au cours de la première moitié du XIXe siècle : des hommes, qui vivaient presque en marge des communautés paysannes, menant une vie très rude et qui, pour l'essentiel, n'avaient guère évolué depuis les Ligures ; mais la modernité - l'industrialisation, la politique, la langue française - pénétrait leur monde et en sapait les structures ancestrales. Inutile de résumer les péripéties du roman : c'en est bien un. Et il sera lu comme tel, comme on lit "Jacquou le Croquant" ou "La bête du Vaccarès". Mais on peut aussi en faire une tout autre lecture : "L'Uiard" est un splendide document ethnographique sur la « pastrille », en même temps qu'un témoignage sur la Provence rurale, au lendemain des illusions socialistes de 1848. C'est pourquoi, je ne doute pas que ce livre s'impose comme un des classiques du domaine méridional. Et pourquoi n'y aurait-il pas un roman ethnographique, comme il y a un roman historique ? Bernard Lesfargues.
Moche, trop grand, mal dans sa peau. Il ne rêve que de tendresse et de fleur bleue, mais s'il lui arrive de poser sa grosse patte sur une mignonne, elle crie et c'est le scandale. Alors, il va jouer les durs. Et pour se défouler, violer. Le voilà bientôt qui se prendrait même pour un redresseur de torts. Un héros. Il bafoue la société - et elle le mérite bien, la garce ! -, ridiculise les flics et fait trembler les bourgeois. Il est devenu le loup des parkings. Célèbre : les journaux parlent de lui, de ses exploits. Quand va-t-il encore attaquer ? Et ses victimes ? Pour un peu, il finirait par s'imaginer qu'il leur rend service. Entre nous, n'est-ce pas, si ça leur arrive, c'est bien que... Et si elles ne peuvent plus se guérir de cette blessure et qu'elles en meurent, après tout... Un roman, pour coeur bien accroché, dans une Californie où l'on n'a pas envie de vivre. Par un Franco-Américain qui, lui, y a vécu. Et qui témoigne.
Ce soir, comme tous les soirs, M. Kilian regarde la télé. C'est un homme bien tranquille, ancré dans ses habitudes, les pieds sur terre. Il allume sa pipe, s'installe sur son fauteuil, branche son téléviseur dernier modèle. Et voilà qu'apparaît, sur le petit écran, un jeune Japonais. M. Kilian consulte les programmes. Aucune émission n'annonce la présence de cet intrus sur les écrans. Intrigué, M. Kilian se lève pour téléphoner à un ami et il s'aperçoit, avec surprise, que le Japonais le suit des yeux ; et il lui parle... Qui est-ce ? D'où vient-il ? Que désire-t-il ? Par quel miracle se trouve-t-il branché sur le téléviseur dernier modèle, de M. Kilian ? Cet hôte inattendu n'est pas un martien. Il habite tout près de l'appartement de M. Kilian. Il le touche presque... Mais s'agit-il vraiment d'un Japonais ? Voilà le point de départ du nouveau roman de Vahé Katcha. Un récit étrange, qui vous empêchera de brancher votre téléviseur ce soir-là...
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Ce livre est le fruit de dix années de travail de ce que l'on appelle couramment un « éducateur de rue », responsable d'une association de bénévoles qui se fixe comme buts, selon une terminologie désuète datant du début de ce siècle, de « lutter contre le danger moral, en promouvant toutes sortes d'oeuvres en faveur de la jeunesse, spécialement la plus des-héritée ». Ce contexte, quelque peu moraliste et paternaliste, laissait heureusement à l'auteur et à ceux qui l'aidèrent, toutes les libertés sur les plans pédagogique et méthodologique. Grâce à cette expérience concrète irremplaçable, Bruno du Pouget a pu, à travers un récit dense, et souvent passionnant, réunir des données impossibles à rassembler autrement sur les mécanismes de formation des groupes d'adolescents dans les banlieues urbaines, sur leur fonctionnement et sur l'évolution, très significative de ces dix dernières années, des fameuses bandes de « blousons noirs » aux groupes actuels.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
De notre temps, rares sont les maîtres de la culture. Michel Serres en est un par sa double influence sur la recherche la plus aride, d'une part, et sur le vaste public que ses interventions médiatiques atteignent. Philosophe, il appartient à la pensée occitane par toutes ses fibres. La terre, les lieux, les jeux, l'enfance, l'authenticité, tout y ramène. Plus important peut-être est l'apport que l'oeuvre serrésienne constitue pour la culture occitane. Le système y rejoint l'ouverture, le sensible y joue avec l'intelligible, le concept avec la beauté.