Editions Gunten
Patricia Gavoille commence son roman par la fin de Jeanne au mouroir dans lequel elle fait face à un cancer, soulignant la lucidité de ce personnage principal. Pas d'hommage, pas de compassion, l'auteur ne fera « rien » pour Jeanne ni pour les autres comme s'ils devaient se débrouiller seuls, se battre chacun sans espoir de médailles ni d'honneur. C'est toute la beauté de ce texte, de ces lignes que Patricia esquisse simplement, tracé qu'elle ne saurait imposer ni à Jeanne, ni à son entourage, mari, fils, soignants. Libre cours à la force et à la faiblesse qui se rejoignent sur cette route, pour eux souvent inconnue et hostile. Tous avancent maladroits, presque méfiants comme des enfants le premier jour de l'école. Là, Jeanne apprend à mourir comme peut-être elle avait appris à vivre et l'entourage apprend à « être ». Pas de place pour les « a-t-on été ? », « qu'a-t-on vécu ? ». Patricia met l'art d'écrire au service des âmes. Les personnages ne sont pas des héros... Encore que... Chacun d'entre eux appelle, réclame si fort qu'il apprivoise « le sourire aux larmes » grâce au talent unique de leur auteur qui s'est comme acharnée à les perdre, les semer. Un ouvrage tragique d'une rare beauté. Un roman d'émotions... d'une force rare. « Il m'a semblé qu'on dit le même genre de sottise aux petits-enfants qu'on amène pour la première fois à l'école maternelle, leur paire de chaussons sous le bras ; la maîtresse se colle un sourire en travers de la figure et dit : - Tu peux les poser là, en dessous de ton portemanteau. Et le petit, le coeur étreint, hésite à se défaire de ses précieux chaussons pour les poser « là ». Parce que « là », ce n'est pas un lieu, c'est nulle part. Nulle part ! »
Dans cette belle histoire romancée Danièle Jankowski nous propose de la rejoindre sur les traces de ses grands-parents paternels, Marie-Anna Lemaréchal et Victor Chatenet. Né à Paris, le 9 octobre 1867, abandonné dès sa naissance par sa mère, Victor est placé dans une famille de sabotiers à Uchon. Ce massif ancien couvert d'hectares de bois et de vastes étendues sauvages est une région agricole très pauvre... Née également à Paris le 18 août 1873, Marie, elle, a été mise en nourrice chez des paysans. Privés d'affection, tous deux grandissent à Uchon confrontés à la misère et à la rudesse de la vie.Victor doit partir très jeune travailler au Creusot, grande ville industrielle et fief des Schneider, en tant que manoeuvre aux hauts fourneaux. Le destin finira par les réunir au moment où le malheur frappe Marie, trahie et rejetée par son amant dont elle attend un enfant. Elle est chassée de la ferme par celle qui l'a élevée, une marâtre impitoyable. La jeune femme, désespérée, rencontre Victor sur le chemin de l'exil. Amoureux d'elle en secret, il s'empresse de la recueillir. Désormais, ils ne se quitteront plus jamais... Marie accepte de l'épouser en février 1893 - le jeune homme reconnaît le fils illégitime, trop heureux de fonder son propre foyer. Ensemble, ils s'adaptent aux conditions de vie éprouvantes des ouvriers d'usine au XIXe siècle. Mais alors que leur famille ne cesse de s'agrandir, ils sont emportés dans la tourmente des grandes grèves de 1899 et 1900. Leur avenir bascule parce que Victor, très fier et rebelle, refuse de courber l'échine en se soumettant aux exigences du patron, monsieur Schneider... Danièle Jankoswki confirme son talent, le signe définitivement de sa sensibilité de narratrice et enchante le lecteur.
Cet ouvrage, plus approfondi qu'une simple biographie traditionnelle, offre les clefs pour pénétrer au coeur de l'univers poétique d'Hubert-Félix Thiéfaine à l'occasion de la sortie de son nouvel album prévu en octobre 2021... Jean-Christophe Loison propose cette monographie d'Hubert-Félix Thiéfaine, intitulée « entre balises et mutations ». Fans de la première heure ou nouveaux venus, venez (re)découvrir ce chanteur poète, plus que visionnaire qui s'accapare les mots, les métamorphose et les met en musique pour aller chercher les âmes un peu errantes. Entre les repères et les mouvances, Jean-Christophe Loison vous invite à embarquer dans le bateau ivre du capitaine au long cours, Hubert Félix Thiéfaine, pour mieux le faire connaître. Avec lui, il est temps de mettre le cap vers l'horizon le plus lointain, se fier aux phares de ses chansons dans les tempêtes et à la compétence de cet amiral qui ressemble tant à Rimbaud. Et s'il se terre pour se taire, il n'est pas aussi taiseux qu'il le dit. Généreux de coeur, il l'est de mots, au service de ses idées comme de ses idéologies. Débarqué par un beau matin aux aurores, Il a su franchir le miroir sans avoir à changer de gueule. Il se dit truand qui blanchit des mots et du vent. Jean-Christophe Loison est professeur de français dans un collège breton, spécialiste et passionné par l'oeuvre de Thiéfaine depuis l'adolescence. Il a publié plusieurs articles universitaires dont le dernier, une explication de « La fille du coupeur de joints » qui figure dans l'ouvrage collectif Thiéfaine Christ rock (à paraître).
Dans son récit « Des âmes vives », François-Xavier Perthuis nous livre le très touchant témoignage d'un jeune enfant marqué par le décès de sa petite soeur, comment naufragé dans sa solitude il sortira de ses années blanches, comment le refus de l'oubli et la présence de cette petite soeur au plus profond de lui, donneront tant d'élan à sa vie jalonnée de belles réussites et d'instants infiniment bouleversants. La sincérité de l'écriture témoigne de l'impact du deuil au sein de la fratrie, de la force de la foi, de la transformation possible de la vulnérabilité en un inépuisable amour de la vie, hommage aux êtres chers restés dans nos coeurs. Extrait « Mais bien au-delà de la simple promenade des années précédentes, ces instants hors du temps me renvoyaient maintenant à mon monde intérieur, à la grande fracture de ma vie, à mes émotions toujours contenues, aux larmes que je n'avais jamais versées, aux tristesses que je n'avais jamais épanchées. Je quittais ces lieux avec l'impression qu'ils m'avaient compris et qu'ils savaient pourquoi je reviendrais. »
Dominique Meyer fait partie de ces auteurs dont l'art est de vous transporter au sens propre comme au figuré. Dans ce roman précisément, Le Prince en Habit Rouge, elle vous invite à ouvrir avec délicatesse une porte dérobée sur l'adolescence, sur l'adolescente Béatrice, la jeune héroïne. La porte franchie, la suivre, vous laisser emporter par la passion, l'amour fou et secret de cette jeune fille pour son professeur de français. Le talent de Dominique Meyer réside en cela qu'il ne peut jamais plus vous lâcher. Ou mieux, en ce que vous ne lâchiez plus jamais le fil de ces mots, de ces phrases qui charrient, comme un torrent, le trouble des sentiments, ceux de Béatrice et de tous les personnages... Dominique Meyer parle de mots qui crissent parfois comme des pas dans la neige. Cela résume fort bien l'aisance des siens à retracer la complexité des sentiments. Le lecteur doit être prévenu qu'il ne quittera pas ce livre sans s'être senti à la fois, romantique, exalté, idéaliste... puis tout à coup rebelle, dévasté, pas question d'aimer, il en voudra, lui aussi à la pudeur maudite qui fait taire les mots. Mais vite, il se raccrochera à la solidité, à l'aplomb même parfois, à l'équilibre de ceux de l'auteure qu'elle a acquis, comme son héroïne, grâce à la découverte de son Amour pour les chevaux. Au risque de heurter ici la modestie de Dominique Meyer, nous affirmons que son ouvrage est incroyablement romanesque et romantique, car empreint de cette élégante cruauté propre aux plus grands, aux plus illustres du nom, avec en plus, une allure, une allure de pur-sang !
« Le chant des chevaux », vient en écho à celui de « Joli coeur ». Dominique Meyer ne pourra démentir qu'elle est la compositrice de ces mélodies inspirées par sa passion pour eux. Mais cet ouvrage sous forme de nouvelles est plus que cela encore, il est un hymne à l'âme, aux âmes, celle abritée par tout être de chair et celle toujours présente des chers disparus comme « des oiseaux sur les branches des arbres généalogiques », écrit-elle. Chacune de ses nouvelles se fait leur interprète sous sa baguette. Le véritable talent de ce chef d'orchestre est l'énigmatique délicatesse d'en comprendre à la fois tout leur mystère et même leur secret sans jamais les trahir ni les dévoiler tout à fait. Avec elle, avec Dominique Meyer, nous avançons dans un sous-bois d'automne entre ombre et lumière, au-delà du temps, et pour notre plus grand plaisir, elle a rassemblé « les feuilles emportées par le vent comme les pages d'un livre déchiré ». Il est dédié à chaque être, à chaque âme, donc, avec ce qu'ils ont de plus humain à leurs côtés, l'animal et de plus beau autour d'eux, la nature.
Lou Malaval nous propose, « Entre chien et loup », la suite espérée du Livre 1 « Entre l'arbre et l'écorce ». L'histoire se déroule sous le règne de Philippe le Bel, en Franche-Comté. Pour notre grand plaisir, nous retrouvons les personnages romanesques mêlés aux figures historiques, telles la fière Héloïse de Joinville, sa prestigieuse famille des Faucogney. Dans ce volume 2 la prophétie d'Hersende, la prêtresse, poursuit son oeuvre, prend de l'ampleur et le pouvoir sur chacun des personnages pour s'accomplir. Qu'advient-il donc de Gontran, son disciple, de Roland agissant entre amour et haine, mais surtout à quel prix l'héritier de la prophétie, Loup-Enguerrand pourra-t-il grandir dans son ombre ? Quels sacrifices devra-t-il accepter pour devenir le dernier Burgonde ? L'auteur, Lou Malaval, forte de connaissance et d'inspiration répond aux questions que l'on se pose dès le début. Ce deuxième tome très attendu et bien mené réserve plein de surprises. Lou Malaval relève le défi de nous passionner et y parvient sans mal. Son écriture sensible à la fois poétique, romantique et réaliste ne manque pas non plus d'un certain piquant voire d'une certaine cruauté.
Un jeune homme, inconnu, blotti dans la cabine du Berliet est arraché d'un mauvais sommeil par Manu qui le découvre là un beau matin en prenant son travail. Il s'appelle Idriz, il a fui le Kosovo en guerre, il est seul, égaré et démuni. Le camion dans lequel il a trouvé refuge appartient à Charlot, vieux et fatigué propriétaire de la sablière qu'il avait renoncé à faire tourner jusqu'à l'arrivée de Manu qui leur a redonné vie à tous les deux...A tous les trois si l'on compte bien...Charlot, Manu et la sablière. Puis, après plusieurs jours de luttes...A tous les quatre ! Malgré le temps qui passe, inexorable pour Charlot, rude pour manu, la sablière se voit devenir symbole de renaissance, d'espoir et inspire à Yves Turbergue, le titre de son nouveau roman. Yves n'a jamais envie de parler de tout, comme il l'écrit, pourtant il parle d'amour qu'il transcende, d'amitié qu'il vénère, de justice...sans commentaires, de destins perdus qu'il veut récupérables, de mauvais plis qu'il veut repasser et de la mort, aussi, bien entendu, qu'il croit apprivoiser...car il y a un ton Turbergue, des mots, des phrases Turbergue, des ponctuations ou pas, Turbergue mais surtout un coeur, une tendresse, une rudesse Turbergue , que la nostalgie effleure et teinte Artisan réservé plus qu'artiste volubile Turbergue maçonne les mots comme du mortier plus que ne les étale afin de ne pas dévier de sa recherche de la vérité et de la solidarité. Mais ne pas se méprendre, avec Yves Turbergue, la poésie se mêle de tout, du plus sentimental au plus tragique sans oublier trois petites notes de musique...Pas de chantier sans chansons, pas de nuit sans harmonica. EXTRAIT : « Le ciel craque d'étoiles. Dans la nuit tiède, une odeur d'herbe humide monte des talus. Ça sent bon l'été dans la mesure où on a envie de coller une odeur à l'été. Vaguement malaise, Manu se traîne vers le campement-logis de son père. Il se collerait des baffes. Tout à l'heure à nouveau, il n'a pas osé aborder la gamine qui hante ses nuits et ses journées depuis le jour où pour la première fois il l'a vue danser. Quoique danser... Disons qu'elle se tortille du mieux qu'elle le peut sur le plancher surélevé d'une loterie cabane de foire. Un décor qui se prétend théâtre ambulant. Une scène, si l'on n'a pas peur des mots. Pauvre gamine risée de tout un parterre de cons, faite pour danser comme lui pour prendre la soutane. Amoureux oui amoureux non, il se demande. Toujours est-il qu'il la poursuit de samedi en samedi, de ville en village depuis qu'a commencé la saison des fêtes foraines sur le secteur. Il voudrait... il faudrait... il pourrait... Il n'ose pas. »
Depuis 20 ans, Bernard Fripiat donne ces trucs en réponse aux interrogations des patrons, assistantes de direction, commerciaux qui s'inscrivent à ses stages d'orthographe. Son but : lutter contre la honte de faire des fautes, pire ennemie de l'apprentissage. Chaque truc renvoie à un épisode de la série humoristique « Orthogafe.com » accessible sur YouTube, ce qui vous permettra de rire de l'orthographe en famille. Après avoir bien ri, nous cesserons de la regarder comme une montagne infranchissable et la verrons telle qu'elle est : une épine dans le pied. Ce n'est pas grave, mais pour courir, c'est embêtant ! Enlevons l'épine ! « L'orthographe, 99 trucs pour en rire et la retenir », stylo rouge et nez rouge très compatibles pour ne plus s'en faire un mauvais sang. Bernard Fripiat est aussi chroniqueur sur Europe 1. « Bernard Fripiat, le plus fameux coach d'orthographe, s'est constitué un incroyable matériel de prestidigitateur. » François de Closets, Zéro faute, Éditions des Mille et une nuits « D'une phrase, d'une expression ou d'une question toujours avec cet accent belge inimitable, Bernard a emballé les auditeurs de France Bleu 107.1 et a donc ajouté chroniqueur radio à la longue liste de ses activités. » Billie, Radio France
Vic cherche de vieilles photos au grenier, tombe sur d'anciennes lettres de sa grand-mère Victorine destinées à son amie Amédine. Jamais envoyées. En compagnie d'Amédine, Vic découvre la vie, le calvaire de Victorine : elle attendait la guerre, une autre guerre, celle qui devait la libérer. Et Lucien, son époux est mobilisé en août 1914. Il est soldat dans l'âme, guerrier implacable... il revient honoré. Vic et Amédine comprennent alors bouleversées de quel côté traîne l'horreur et de quel côté bouge le diable déplaçant l'enfer. Avec Patricia Gavoille, l'auteur de cet ouvrage, c'est le talent qui oeuvre partout... Les émotions se nichent dans les moindres recoins. Le temps d'une virgule, un sourire essuie une larme, parce c'est beau le bien écrit. Et bien menée l'histoire et bien posée la question : comment une jeune femme peut-elle prier en 1914 pour « que la guerre vienne ! » On apprend le pourquoi de cette prière grâce à sa petite-fille et Mamie Amédine. Patricia Gavoille, l'auteur de « L'arbre dehors » précédent chef-d'oeuvre, incorrigible rebelle, ne peut s'empêcher de nous bousculer, mélanger les damnés et les victimes, raconter les oiseaux, les fleurs, la mort, les tranchées. Incorrigible romantique, nous faire pleurer, vibrer, batailler et... mais cela le désire-t-elle vraiment : pardonner ? On l'ignore mais c'est toujours l'inévitable issue que ses personnages veulent éclairer... incorrigible humaniste !
Dans l'Ogresse, trois nouvelles se chahutent la première place, pleines du talent d'un auteur aux qualités tant humaines que littéraires. L'une décrit comment Marjolaine se débat avec l'ogresse dans une vallée de Franche-Comté. Une autre raconte le couple, le quotidien, l'amour et la séparation. La troisième parle d'Albanie et de prison. On entre dans la danse plein pot. D'abord on sourit jaune de l'ironie des destins puis, vite, on s'évade... Avec Thierry Poncet, nous sommes des bêtes des bois, des spectres vivants, frileux, enferrés dans des habitudes qui claquent la porte au nez du froid, de l'amour, de la vie... Mais sous la plume d'un écrivain sans arrangements avec la vérité nous sommes aussi des héros, des phénix, des aventuriers courageux, bref de terribles humains. Extrait « Marjolaine n'aimait pas les toubibs. On ne fait guère le malade, par nos vallées. Nous sommes aussi solides que nos compères les sangliers, gelés que nous sommes l'hiver, rôtis pendant l'été, nourris de grand air libre et endurcis par les violences de la nature. Les gens ne vont généralement consulter le médecin que pour qu'il entérine leur mort prochaine. »
Titre évocateur d'observations, de vues, de points de vue, de positions, aussi, nonobstant de vigilance, et de voyage, intérieur et autres. Stéphane Perrot nous propose ce roman comme résultats (conséquences ou effets) d'une méditation, d'une mise en retrait du monde... Même s'il souligne la différence entre la solitude et le solitaire, ses « regards » sont inspirés par la liberté que permet cette distance prise. Stéphane Perrot dépeint ce monde ébranlé par le coronavirus, au temps du coronavirus... parlant du coronavirus, discourant sur ce virus mortel, un de plus... Il fustige d'autres atteintes (virales) qui détruisent et dévastent ! Le libéralisme, l'argent, le cynisme, et dit-il, l'avant-scène sociale bruyante et tapageuse dans ces pandémies qui creusent les inégalités comme les rivières.Stéphane Perrot ne signe pas ce roman sans s'être également interrogé sur cet instant privilégié que procure à un auteur, le rapport à l'écriture et sa capacité de mettre son soi à distance.« Regards » vifs, acérés, mais aussi pleins de tendresse et d'humour... malgré l'auteur... peut-être, ou peut-être que non ! Attachant texte qui se veut détaché, presque frivole d'un auteur en colère qui se voudrait peut-être indifférent mais ne peut l'être, un texte d'une grande force... donc.Lorsqu'il dit, les gens se vident, il n'y a plus que des personnes, Stéphane Perrot trahit sa présence pour notre grand plaisir !
Dans ce roman Après tout, on s'en bat les C..., drôle, très drôle, grave, cru, romantique, leste, attachant, pas sentimental, très sentimental, tragique, un peu trivial, intemporel, sensible, rustre, délicat, rêche, poétique... insolite, amusant, vraiment amusant, et amer, aussi, Laurent Ciccone raconte l'histoire de Luc, une tranche de sa vie durant laquelle, héros malgré lui, il chute et se relève. Durant cette tranche de vie découpée dans le vif, Luc souffre du coeur et du genou, part en vacances en Italie avec des potes, rit beaucoup de tout ou de rien, et pleure, pleure un ami qui meurt. La mort profite des phrases comme un train, des rails, pour coudoyer la vie, la croiser sans crier gare à moins que ce ne soit l'inverse. Avec cet auteur, on hésite, pas longtemps, et on fonce sur n'importe quel quai. Car on tient à savoir... ce que nous réserve Luc. Laquelle des deux d'ailleurs attend son heure ? Les clochers ont beau carillonner, beaux, comme en Italie, derrière leur musique, on entend bien que c'est le temps qui sonne, assourdissant, et file avec parfois une étoile... Le style direct de Laurent Ciccone désarme, démilitarise ces défilés qu'il envoie perpétuellement. On se laisse emporter un peu déroutés mais séduits. Force et faiblesse réunies, c'est très fort !
L'argent ne rachète rien, est le titre du nouveau roman de Jean-Jacques Cambrelin. Dans un genre inédit, en plus d'un dialogue cocasse et original entre D et d, le diable et Dieu, ces meilleurs ennemis du monde, Jean-Jacques Cambrelin nous livre une sorte de fable moraliste dans laquelle il oppose les pauvres et les riches. Avec son style bien à lui, caricatural, burlesque, quasiment Vaudevillesque, l'auteur se gargarise de cet affrontement commenté par D et d. Sous couvert du petit prêtre, qui, pour se venger de railleries quotidiennes, réunit le même jour, à la même heure, dans son église, deux familles, l'une fortunée pour célébrer le mariage de leur fille, Ségolène, l'autre modeste, pour rendre un dernier hommage à leur père, Léon, décédé. A l'insu de tous, le père Benoit a organisé cette une auguste rencontre, une belle farce dont l'issue réserve une sacrée surprise... Jean-Jacques Cambrelin met, de plus belle, sa fougue et sa passion au service des plus humbles, en décrivant, décriant et pastichant l'humanité. Un peu éperdument, il s'en donne à coeur joie. Dans ses mots, on n'entend jamais une résignation mais un amer comme elle le mérite !. Les drôleries et l'humour font écho à la sincérité et à l'indignation spontanée toujours plus exacerbées de son auteur, propageant un réel vacarme digne d'un grand tollé pour la Justice et l'Egalité à la vie, à la mort. A diablerie, hâblerie et demie.
Ce roman de Jacques Barbery, La parure du frelon, nous invite à la lecture comme à un bal costumé. Invitation étrange où le masque de la mort, plus mystérieux qu'effroyable, est non seulement admis mais désirable. Le maître de cérémonie en est un dandy ténébreux mais courtois. Son métier et son allure inspirent confiance. Impression trompeuse : Alexandre d'Aigremont, ce manipulateur cynique, a plus d'une perversion dans son sac. Il a la passion des femmes, la passion des mots, notamment de la poésie, mais d'abord la passion coupable des corsets qui lui permettent sensations fortes et expérimentations originales. Jusqu'à l'extrême. Sa dernière conquête, Ode, saura-t-elle lui tenir tête ? Si l'intrigue enchaîne avec gourmandise les rebondissements, elle est nimbée d'une musique ensorcelante, lascive et sensuelle. Elle nous emporte dans son tempo romantique, aussi subtil, fatal et aiguisé qu'une lame d'épée. Ce roman cache son jeu : plus qu'un simple thriller c'est une palpitation, un hymne au corps, à son souffle et à son mystère.Né en 1951 Jacques Barbery a fait sa carrière dans le tourisme. Il trouve dorénavant une nouvelle évasion dans l'écriture et la photographie. La parure du frelon est son troisième roman.
Alain Richard ne peut s'empêcher de rudoyer l'humanité qui de toute évidence le mérite... mais cet « acharnement » n'est-il pas proportionnel à sa passion et à sa bienveillance pour elle ? Dans son nouveau roman Les abîmes, dans lesquels il n'hésite pas à nous faire plonger, Alain Richard nous fait toucher le fond, le fond où croupissent les âmes les plus noires. Ce roman policier haletant, tout en suspens, tient à rendre Justice et faire éclater des vérités, Alain Richard n'épargne personne, surtout pas le lecteur qui ira de découvertes sordides en découvertes macabres, toutes plus sinistres les unes que les autres. La nature de l'homme reste la principale énigme. Une fois de plus, Alain Richard brouille les pistes, dans tous les sens du terme, pour, peut-être, nous amener à nous demander comme lui, ce qui différencie l'homme de la bête. Pourtant l'auteur qu'il est, chérit l'être inhumain, en qui il veut encore malgré tout croire, nous faire croire et il continue à mettre une majuscule à Humanité, à Nature humaine, à Homme ! A la lecture de cet ouvrage, il est vrai que nos coeurs vibrent, palpitent, saignent...Elle appelle sa maman mais son cri ne résonne pas, jugulé par le tissu qu'on vient de plaquer sur son nez et sa bouche. Elle respire encore, mais une odeur nouvelle, asphyxiante, pénètre en elle. Eloïse ne veut pas mourir.
Patrick Arquier-Colom nous invite à découvrir comment Virginie s'est retrouvée dans l'enfer de Blanche avec PLEIN FEUX, son nouveau roman noir animé de nouvelles voix tout aussi énergiques. Pour Virginie, ce PLEIN FEUX est un éclairage brûlant projeté sur les arcanes des crimes et escroqueries politico-industrielles autant que sur sa propre vie, entre le bûcher qui l'attend et son brasier intérieur. Cette psychothérapie de choc traitée dans un style allégorique, inventif et plein d'humour devient une mise en abîme qui ne la fera renoncer à rien. « - Faut que tu y aies passé du temps pour savoir tout ça... - Ouais... Un peu trop. J'en ai surtout déjà assez vu et entendu pour que ça risque de me couter cher. Alors je fuis cet univers un soir où je sens que c'est le moment. Dehors, il pleut. La nuit, toutes les chattes sont grises et c'est important quand on veut se tirer sans se faire remarquer ».
Daniel Destarac nous revient (de loin) après « cigarettes littéraires » pour nous soumettre ces quelques lignes qui sont bien de la même trempe et du même encrier. Décidément, Daniel Destarac ne peut s'empêcher (s'en amusant) de plonger sa plume dans le même que celui des plus grands auteurs. Au pire, juste pour qu'on se souvienne de leur nom, au mieux, qu'on se souvienne de notre affection pour eux. Voilà un excellent exercice que nous suggère Daniel Destarac qui se dit plus « voleur » qu'artiste, soit ! On retrouve cependant avec plaisir Martial, le fameux professeur. Ce roman, dans lequel il est question de voyage (scolaire), donc (encyclopédique), a des pouvoirs magiques. Entre autres de subjuguer ses élèves (et le lecteur), il fait entendre des voix, celle de Malraux, celle de Sacha Guitry, de Sade répondant à Michelet, il laisse deviner la silhouette du Général, Voltaire avoir des démêlés avec son singe, Balzac chercher 10.000 francs, Proust se pasticher. Flaubert de rester à l'écart... tandis que Montaigne a sa statue... Puis on se prend à appeler Destarac, Daniel, comme lui, appelle Jean-Jacques, Rousseau, Flaubert, Gustave... car il transmet cette étrange aptitude à se complaire comme lui, dans une sorte de mauvaise foi, de tromperie, de malhonnêteté, de plagiat qui au contraire de rebuter rend avide d'apprendre, de savoir et de lire, malgré tout !
Pour notre plus grand plaisir Chantal et Camille Raguin nous emmènent à nouveau sillonner les campagnes franc-comtoises et autres, mais ils signent leur retour d'un changement de style et nous proposent des nouvelles au titre enchanteur « Au creux de la nature ». Chacune d'elles y rend un vibrant hommage, qu'il s'agisse de son incontestable beauté, de sa toute-puissance ou de sa fragilité, de ses secrets ou même de sa cruauté. Avec Chantal et Camille nous pénétrons en son sein où se blottit l'humanité. Ce sont ses mille et un mystères qui donnent à ces anecdotes un ton original, à la fois insolite, délicat et sensible. Légendes et authenticité mêlées font de ces petites histoires comme des clins d'oeil, des sourires mais aussi des larmes, car Chantal et Camille Raguin nous rappellent combien la condition humaine indissociable à celle de la nature, est liée au temps qui passe sans jamais balayer le passé.Le lecteur se laissera convaincre par la spontanéité et tendresse du récit et ne pourra s'empêcher d'éprouver de l'affection pour ce couple d'auteurs comme pour leurs personnages.
Pierre, professeur de philosophie, part avec Anna, s'envole avec Anna, une ancienne élève. Dans les airs au-dessus de Rome ils croient se délester de leur différence d'âge.Dans ce très beau premier roman, Terminal de départ, Stéphane Haslé fait vivre à Pierre une histoire d'amour qui, malgré ou à cause de sa force vertigineuse, ne parvient pas à atténuer la pesanteur de la réalité ni même à alléger le poids de son existence. Avec, en toile de fond, cet amour impossible, l'ouvrage de Stéphane Haslé est aussi une critique sociale et politique. Il n'en est pas moins un roman dans lequel l'amour ne pactise jamais et conduit Pierre au désastre. Militant, marxiste, engagé jusqu'aux actes extrêmes, il n'aura plus d'autre prétention que de regarder sa vie se dérouler sans lui, de l'autre côté des nuages.Toutefois la poésie l'emporte jusqu'à « remplir la vacuité de bonheur », et à faire de Pierre, (ou, et), de Stéphane Haslé, deux grands romantiques, débarqués du XIXe siècle. Cette même poésie fait ronronner le chat Platon et parvient à faire redécouvrir au lecteur, pour mieux le goûter, un conseil de Marx, ne vous laissez pas noyer « dans les eaux glacées du calcul égoïste ». Dans ce bel ouvrage, les héros et les personnages sont d'abord des personnes que l'auteur aime..., quant à la philosophie, elle plie un peu, mais ne rompt pas. Stéphane Haslé, philosophe de formation, anime depuis longtemps les cafés-philo de la Vieille Loye, célèbre village du Jura.
« Me pardonnerez-vous si, en racontant votre vie, j'en fais plus un roman qu'une biographie ? Du reste, comment puis-je savoir ce que fut votre vie ? » A partir d'une lettre écrite par sa grand-mère plus de cinquante ans avant, Françoise remonte le temps... Elle entreprend d'écrire Joli Coeur le roman d'une rencontre qui a bouleversé quatre femmes de sa famille. La guerre, entre temps, n'a pas réussi à reléguer les souvenirs... 17 ans d'amour, d'attente se sont écoulés dévalant le coeur d'Augustine comme un torrent plutôt qu'une douce rivière. Ils ont érodé son âme elle aussi en guerre, mais contre elle-même, une autre facette de sa cruauté. Dominique Meyer, enseignante, est l'auteur de cet ouvrage. Elle refusera qu'on l'encense, cependant on ne résiste pas à lui trouver des petits airs ou plutôt des grands airs de Maupassant pour sa verve réaliste parfois sans concession derrière laquelle elle et lui cachent un grand romantisme.
Yéno, le jeune héros, se confronte aux réalités locales surréalistes de Bilabaville au terme d'un parcours universitaire remarquable en Occident. Après un long chômage, il est recruté dans un service sans lien avec ses qualifications et affecté insidieusement dans une lointaine localité rurale. Là-bas, faute d'occupation professionnelle, le jumeau passe son temps à chasser, à pêcher, à casser des noix de palme pour en extraire l'huile rouge et d'amande. Enfant de pauvre, Yéno ne semble pas au bout de ses peines. Comment sortir de cet abîme sur un morceau de terre où le diplôme est perçu comme une tare ? Jean-René Ovono est l'auteur à la hauteur pour nous hisser au-dessus de notre « petit bas monde », soulever nos coeurs, agripper notre âme et y épingler notre conscience. Si grâce à lui, tous les Yéno pouvaient se donner la main...Et nous de la leur prendre ! J. René Ovono Mendame Zogo (ROMEZ) est docteur ès Lettres de l'Université de Strasbourg. Enseignant Chercheur à l'Institut Supérieur de Technologie (IST) de l'Université Omar Bongo de Libreville, il a assuré cumulativement des cours de Littérature francophone au Centre de Linguistique Appliquée (CLA) de l'Université de Franche-Comté de Besançon. Romancier, dramaturge, essayiste et critique littéraire, il signe avec ce roman la suite du Savant inutile publié dans la Collection « Encres Noires »
Toujours au front contre le chômage et l'ostracisme, Yéno, infatigable et téméraire, affronte une des plus redoutables épreuves de son parcours surréaliste : l'audience avec Magombet, un des Parvenus Je m'en-fichistes de Bilabavillle, qui doit décider de son destin. Un interrogatoire cynique, une scène pathétique, une tragi-comédie, dans un décor ubuesque qui confond réalité et fiction. Le talent et la subtile écriture de l'auteur, Jean-René Ovono, luttent avec Yéno contre l'implacable fatalité qui ressemble à s'y méprendre à une forme de cruauté inexorable. - Oui, monsieur le ministre. Trop dure comme activité : le soleil, la pluie, les insectes, les reptiles qui se nichent dans des lacis de branches etc. [...] J'ai pris un coup de vieillesse anticipée à force de m'exposer au soleil. Mes congénères sont deux fois plus jeunes... - Bah, c'est comme ça la vie, mon petit ! Il y a des vieux qui paraissent jeunes, et des jeunes qui paraissent vieux. Des morts qui reviennent chez les vivants, et des vivants qui s'en vont chez les morts... J. René Ovono Mendame Zogo (ROMEZ) est docteur ès Lettres de l'Université de Strasbourg. Enseignant Chercheur à l'Institut Supérieur de Technologie (IST) de l'Université Omar Bongo de Libreville, il a assuré cumulativement des cours de Littérature francophone au Centre de Linguistique Appliquée (CLA) de l'Université de Franche-Comté de Besançon. Romancier, dramaturge, essayiste et critique littéraire, il signe avec ce roman la suite du Savant inutile publié dans la Collection « Encres Noires »
Yéno ne semble pas être au bout de ses peines. La recherche du travail, véritable parcours du combattant, lui fait découvrir le visage jusque-là insoupçonné de Bilabaville. Le morceau de terre lui apparaît comme un monstre où l'hydre de tous les maux de l'humaine condition se niche dans des segments de lobbys, des empires opaques qui dictent la loi à la masse populaire réifiée. La tentation de la facilité et les dérives multiformes qui y ont cours mettent à rude épreuve sa culture des valeurs. A l'issue de ce duel épique qui consacre la victoire du bien sur le mal, Yéno, enfin récompensé par la Providence, décide de « cultiver son jardin » à la fois pour son bonheur et celui des autres. J. René Ovono Mendame Zogo (ROMEZ) est docteur ès Lettres de l'Université de Strasbourg. Enseignant Chercheur à l'Institut Supérieur de Technologie (IST) de l'Université Omar Bongo de Libreville, il a assuré cumulativement des cours de Littérature francophone au Centre de Linguistique Appliquée (CLA) de l'Université de Franche-Comté de Besançon. Romancier, dramaturge, essayiste et critique littéraire, il signe avec ce roman la suite du Savant inutile publié dans la Collection « Encres Noires »
Après « Les estocades », Alain Richard nous propose « Les natures humaines ». Sa plume fine et enjouée aime virevolter, apparemment légère, avant de se poser comme le pinceau sur la toile, cocasse et caricatural. Elle dépeint, égratigne, chatouille, griffe, de connivence avec la sensibilité et le romantisme de l'auteur. « Les natures humaines », dont il s'agit dans ce recueil de nouvelles, prêtent volontiers le flanc à Alain Richard qui joue sérieusement à enchevêtrer leurs « trop », leurs « pas assez », leurs défauts, leurs qualités et leurs amours. Le temps qui passe, les saisons, les lieux sont ses vrais complices, et en réalité ses principaux acteurs. « Les natures humaines », personnages hauts en couleur de cet ouvrage, ne sauraient ignorer la Nature qui se révèle, c'est selon, une force ou une faiblesse... Alain Richard les décrit avec une telle acuité qu'il arrive à nous rendre ses héros familiers, et particularité d'Alain Richard, les rendre tous attachants. Même si certains pourtant... mais le talent de cet auteur, en plus de l'habileté et de la précision, ne serait-il pas de la générosité et de la bienveillance.
Le nouveau Cambrelin est toujours un évènement voire une curiosité car cet auteur a en plus de son talent d'écrivain ceux de surprendre, d'interpeller, et de ne jamais laisser indifférent ! Avec lui, les aventures sont des anicroches, les destins, des traquenards, les paysages, de faux amis. Et avec lui aussi place au romantisme en embuscade qu'il croit indicible... bien caché mais partout dans ses romans. Cette histoire-là, « Le roseau », se déroule de nos jours à Marseille où se retrouvent deux Libyennes sorties d'un camp de réfugiés. Zohra et sa nièce Naïma emménagent dans une maison qui leur est allouée face à une décharge publique. Cette maison fut une demeure en un autre temps... mais est alors la leur... Jean-Jacques Cambrelin raconte fiévreusement... leur vie, leur survie, ça n'est pas un fait divers, il se fait leur porte-parole, leur soutien, leur soleil, leur miroir aussi. Mais il ne peut empêcher, retenir ses mots de partir en guerre. A sa façon et contre le monde entier, il les lance éperdument. Comme des cris ! C'est cela, Jean-Jacques Cambrelin n'écrit pas seulement, il crie. Comment vivent ces deux femmes au milieu des ordures de notre pays ? Que vont-elles vivre ? « Le roseau » dans ce désert, Naïma, ou Zohra ? Ou... L'intensité du roman pour réponse.
Quelques jours avant la fin de la guerre 39-45, deux enfants sont assassinés avec sauvagerie dans un petit village. Un officier SS doit prendre en charge l'enquête car la police française est quasi-inexistante... Dans ce roman « Les galets du ruisseau », Fabrice Cart tient à rappeler des faits réels tout en revisitant le passé. L'action se déroule à la fin de la guerre de 40 dans le Jura, à Lons-le-Saunier, et dans ses villages environnants. Ces petits galets qu'il jette et qui font ricocher l'histoire comme l'eau, sans en changer leur cours, troublent cependant leur surface et font trébucher le lecteur. Les personnages ont eux des petits cailloux dans le pied. Il s'agit de Hans, un soldat SS, au-delà de tout espoir et de toute compassion, amené à enquêter sur le meurtre de deux gamins, d'un commissaire d'opérette, une caricature, d'un chef de la gestapo digne du nom, d'un jeune agent inexpérimenté, des indics, des résistants, ou des passants par-là, par cette époque. Par quels sentiments Hans est-il animé ? La justice, la loyauté, l'indulgence, l'amour ? Peuvent-ils éclore en enfer comme une fleur au milieu des ruines ? Avec romantisme Fabrice Cart cherche à effleurer les états d'âmes sans en bousculer les frontières que l'on sent fragiles... Un texte audacieux, insolite et captivant rehaussé d'un vrai suspense du début à la fin.
Vincent Dabonot, musicien, nous propose son premier roman « La mélodie d'Anatole ». Ce dernier ne manquera pas d'émouvoir le lecteur et prouvera que la sensibilité d'un artiste revêt de multiples facettes. L'auteur nous raconte la vie d'une famille à travers la musique, et comment elle accompagne chacun des « coeurs » qui la composent. Sur 4 générations, de Chartres à la Franche-Comté « La mélodie d'Anatole », comme un hymne, une partition... un fragment d'âme, se transmet singulièrement avec force et amour au gré des époques et des bouleversements vécus... Trois noires suivies de deux croches sur une portée d'éternité... Le temps qui passe les fait tourbillonner dans sa propre valse, les transporte du passé au présent sur la piste d'un bal où il n'est finalement pas seul à battre la mesure. Un auteur à lire autant qu'à écouter faire vibrer les mots... comme des cordes...
Chantal et Camille Raguin nous proposent leur nouvel ouvrage, « Les bouvreuils de la roseraie », dans lequel le lecteur suivra Ludivine, jeune agricultrice à Pré L'Epée, dans le Haut-Doubs, non loin de Levier. L'histoire se déroule en deux parties. Une première partie, Vert Espérance, dévoilera les difficultés de ce noble métier dans cette région aussi attachante que rude et son Amour sans faille pour Fabien, arrivé, échoué, débarqué dans sa vie mais qui deviendra son mari et le père d'Aurore. La deuxième, Rouge Sang, racontera la vie meurtrie de celle-ci, partie dans le Sud, en Camargue, aux Saintes-Maries-de-la-Mer... Elle reviendra à Pré L'Epée, chez ses parents où « Les bouvreuils de la roseraie » fidèles et chaleureux l'attendent... Elle ne les quittera plus... Les écrits de ces deux auteurs, Camille et Chantal Raguin, ressemblent à leurs coeurs, tendres, émotifs, et sensibles. Ils se dessinent dans leurs mots comme des perce-neige dans les forêts de Franche-Comté qu'ils aiment tant et dont ils parlent si bien.
Nous retrouvons avec toujours autant d'émotion Chantal et Camille Raguin dans « Les quatre bicyclettes de Léonie ». A travers Léonie, ils rendent un hommage vibrant à toutes ces femmes, filles mères d'alors, mères célibataires d'aujourd'hui, reléguées dans une catégorie définie par une morale intemporelle, étriquée, serrant et blessant les corps comme les âmes. Pour le comprendre ils nous font voyager dans la vie de Léonie où le temps prend les couleurs de ses quatre bicyclettes qui en rythment les époques d'une façon originale. Une histoire vraie écrite par des auteurs confirmés qui le sont aussi, un récit en harmonie permanente avec la nature humaine et celle des paysages du Haut-Doubs et du Haut-Jura si chers à leur coeur. Un roman tout en fraîcheur, en tendresse et en respect à déguster comme une friandise à trois ingrédients devenus si rares. Chantal et Camille à eux deux détiennent la recette de leur bonheur qui irradie les autres. « J'avais accouché sous X et je ne pouvais plus revenir en arrière. C'était comme une lettre postée, comme une porte fermée à clé et dont on aurait égaré les clés »
Chantal et Camille Raguin n'en finissent pas avec les couleurs de la vie. La leur s'est teintée de rose et ils ont eu très envie de nous faire partager ce bonheur, cet heureux événement qui a fait d'eux des grands-parents comblés. Avec leur talent d'auteurs confirmés mais surtout et toujours avec leur spontanéité, leur générosité ils nous livrent les émotions, les instants de grâce, les craintes aussi que la petite Arielle a engendrés en venant au monde. Ils nous font comprendre le grand privilège qu'ils ont reçu, le fabuleux plaisir d'avoir à transmettre, à donner et celui incomparable de recevoir en échange une tendresse nouvelle toute constructive. Avec Chantal et Camille pas question d'oublier les ancêtres, les origines, ce et ceux qui forgent et concourent à faire aimer la vie telle qu'elle est, aux couleurs de la nature et du temps. Pas question non plus avec eux de négliger de dire qu'ils sont fiers de leurs propres enfants et très reconnaissants d'avoir fait d'eux des grands-parents. Le lecteur verra très vite à travers ces pages un gros merci se dessiner...en rose dans des ambiances merveilleusement bucoliques. Avec Chantal et Camille on est au coeur des coeurs... « - Te souviens-tu du tango dans les alpages ? Je jouais Rosa, Rosa, Rasam. Tu dansais, Mamie. - Oui, je dansais... je dansais grâce à toi, ma chérie, et c'était un bonheur teinté de rose. D'ailleurs c'est toujours un bonheur teinté de rose. Rose comme le ciel après le soleil couchant qui annonce le beau temps. Rose comme les aubépines, les fleurs des pommiers et des cerisiers qui révèlent que le printemps est là. »
Emmanuelle, sa nièce de quinze ans, a été violée et assassinée dans la nuit du 17 au 18 janvier 1996, à Garons, dans la banlieue nîmoise ... Quand le drame arrive, Geneviève, fidèle à elle même, ravale sa haine, et engage un combat pour dire non à la violence. Elle devient présidente de la « FPASVV » (Fédération Pour l'Aide et le Soutien aux Victimes de la Violence). Objectifs : accompagner la douleur des familles et rappeler les pouvoirs publics à leur devoir de prévention et de répression. Les actions menées par Geneviève-Pascale CELANT pour obtenir de nouveaux droits pour les victimes, ont été reconnues. Elle a reçu des mains de Monsieur le Ministre de la justice Pascal CLEMENT la décoration de Chevalier de la Légion d'Honneur le 25 avril 2007 et de celles de Monsieur le Président de la République Nicolas SARKOZY, la décoration de Chevalier de l'Ordre National du Mérite.