Vivre demain
Lorsque les pyramides hiérarchiques s'effondrent, les sociétés sont-elles condamnées au choix entre bureaucratie technocratique ou anarchie ? Un modèle original de relations sociales, dans la municipalité comme dans l'entreprise, nous est décrit à travers l'exemple de la démocratie quotidienne d'une ville de Norvège. Élus politiques et fonctionnaires, patronat et syndicat, hommes et femmes, adultes et enfants sont solidaires pour créer une société équilibrée, malgré ses tensions entre pôles multiples. Comme les îles sont reliées par la mer, au sein de l'archipel de Kristiansand, les institutions sociales de la ville le sont par les flux vivants d'échanges. Un Français et un Norvégien, en une douzaine d'interviews avec des personnalités de cette ville, nous font entrer en plein coeur de la socialisation scandinave, et ouvrent ainsi des orientations de recherche pour une évolution de la société française vers un archipel démocratique.
Ce livre, insolite, est une tentative pour comprendre comment la réalité économique, et la plus immédiate, l'argent, se réfléchit dans les consciences individuelles. L'argent, bien sûr, c'est la réalité implacable, urgente. Mais, avec l'argent, nous réglons aussi d'autres comptes, sentimentaux, sexuels, sociaux. L'économie profonde de la personne est également concernée par l'argent, l'instinct de mort, le masochisme, la culpabilité. L'argent, c'est beaucoup plus que l'argent.
Les animateurs de Frères des Hommes - une association sans appartenance politique ou religieuse - cherchent, en partageant la vie des populations les plus déshéritées du Tiers Monde, à susciter leur autodéveloppement et leur promotion. Ce livre a été écrit à partir de rapports d'activités, lettres, bulletins, conversations et interviews, qu'ils ont réalisés sur place avec les populations concernées. Il décrit, en quelques tableaux, l'action de développement "au ras du sol" chez les paysans de la brousse de Haute-Volta, les campesinos des Andes, les Intouchables de l'Inde, les agriculteurs du Bangladesh. Il nous fait connaître la vie de ces populations et constitue un document unique, non seulement sur le sort misérable de ces hommes, mais aussi sur leurs espoirs et la capacité qu'ils ont de le prendre en main quand, peu à peu, les obstacles se lèvent. C'est aussi tout le problème du sous-développement qui est mis en lumière, et la responsabilité à cet égard des nations développées. Que doit être l'attitude des riches envers les pauvres si les hommes d'aujourd'hui veulent éviter des catastrophes et vivre demain ?
Le manque de flexibilité de l'emploi est, actuellement, le premier facteur de blocage de l'économie. Au plan social, il constitue le principal obstacle à la réduction du temps de travail et favorise la hausse du chômage. La législation actuelle intensifie ces blocages par peur du chômage. Lever la contrainte sociale pour les entreprises, en faisant régresser le chômage, une gageure ? Non, répondent les auteurs. Une modification du mode de calcul des prélèvements sociaux pourrait suffire. Le chômage est ici traité pour ce qu'il est : un des moyens, parmi d'autres, de concrétiser la baisse inévitable des heures travaillées, le choix politique étant dans le mode de répartition de ce temps libéré.
L'entreprise assurait jusqu'à maintenant, par les emplois qu'elle fournissait, la satisfaction des besoins matériels de la majorité de la population. La fin de l'expansion, qui se traduit par un chômage grandissant, ne permet plus à l'entreprise d'assurer à elle seule cette satisfaction. Le progrès humain, la satisfaction des besoins, doivent donc être recherchés d'une autre manière, si l'on veut s'acheminer vers une société sans chômage. Mais pourquoi, demande Bernard Delplanque, la société vivrait-elle toujours sur des modèles du passé ? Les difficultés actuelles de l'emploi obligent à imaginer une autre organisation de la vie sociale et de l'activité économique. Ce qui paraît utopique aujourd'hui, peut devenir (deviendra), sous le coup de la nécessité, la réalité de demain. La solution que propose Bernard Delplanque, passe par le partage de l'emploi : trois jours de travail ; quatre jours de salaire ; un cinquième de ressources à trouver. Comment se procurer ce cinquième, autrement que par l'emploi ou l'assistance ? En imaginant et en expérimentant des solutions hardies, dont l'esquisse est proposée dans ce livre.
À une époque où le changement est de mise, les coopératives de consommation sont de plus en plus interrogées : d'où viennent-elles ? que sont-elles ? que veulent-elles ? À une époque où surgissent de partout de petites coopératives, parfois aussi sauvages qu'éphémères, mais séduisantes dans leur idéalisme, quel est l'avenir des COOP dans ce mouvement ? Ni plaidoyer ni réquisitoire, cet ouvrage montre comment les coopératives sont surgies au XIX siècle pour faire pièce au petit commerce, puis ont été acculées à épouser les formes du grand commerce face au raz de marée du succursalisme et des "machines à vendre". Elles ont réussi à tenir sans tout à fait perdre leur âme, et même en développant des expériences originales de défense des consommateurs. Aujourd'hui, elles sont appelées à jouer un rôle spécifique et efficace au sein de l'économie sociale qui se développe de plus en plus.
Près d'un millier d'entreprises fonctionnent en France actuellement sous forme de coopératives de production. Créations nouvelles ou reprises de faillites par les salariés eux-mêmes, les SCOP se multiplient à un rythme accéléré. Au-delà de la seule réponse au crucial problème de l'emploi, la coopération représente également, pour les travailleurs, la possibilité d'exprimer leurs aspirations à l'autonomie et à la responsabilité, par la construction et le contrôle collectifs de l'outil et du cadre de travail. À partir de l'exemple d'une vingtaine de coopératives de production, employant de 4 à 1500 personnes, cet ouvrage donne, pour la première fois, une présentation des réalisations actuelles et une analyse des obstacles auxquels se heurtent les coopérateurs. Concilier l'efficacité économique - garante du maintien de l'emploi - et la participation des travailleurs à la gestion de la coopérative - moyen d'émancipation et de promotion collectives - paraît relever de l'utopie. Les coopérateurs relèvent le défi...