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Voici, doté d'une riche introduction et dans ne nouvelle traduction, un ouvrage longtemps ncontournable dans toute formation hilosophique au Moyen Âge. Pourquoi ce court traité es Catégories connut-il un formidable destin ? Pourquoi on succès fit-il qu'on le substitua au texte même 'Aristote ? Qui fut son véritable auteur ? Pourquoi fut-il ttribué à saint Augustin ? Fut-il directement rédigé en atin ou bien traduit d'un original grec ? Le considéra-t-on omme un commentaire ou comme une paraphrase ? Et, até du IVe siècle, pourquoi prit-il tant d'importance à l'époque carolingienne ? Cette magistrale étude donne à le lire ou à le relire de manière neuve tout en éclairant les interrogations passées et en montrant son incroyable postérité. Ce traité ajoute une dimension métaphysique à la détermination logique. Et s'il n'y est pas question de Dieu, il ouvre la voie à l'application des catégories aristotéliciennes à l'ontologie du créé et à la théologie de l'incréé. Une redécouverte essentielle.
Pourquoi Pierre de Jean Olivi (1248-1298), théologien franciscain, artisan d'une théorie radicale de la volonté humaine, devrait-il consacrer une longue section de sa Somme de théologie à la physique de l'action et du mouvement ? Parce que, comme l'écrit saint Augustin, « si ce qu'on appelle "la force" résulte de l'impulsion de l'âme, de l'appareil compliqué des nerfs et du poids du corps, c'est la volonté qui fournit cette impulsion, qu'intensifie l'espoir ou l'audace, mais qu'abat la crainte et encore plus le désespoir ». La volonté imprime son impulsion dans la matière spirituelle de l'âme, pour la diriger vers le bien ou le mal, tout comme l'archer envoie la flèche vers sa cible. Toute puissance pose un regard (aspectus) sur son objet : le regard du soleil sur la terre qu'il éclaire, le regard de la pierre qui tombe vers le centre de la terre, le regard de l'aimant qui attire le fer, le regard de l'âme sur son objet de désir. À la faveur de ce nouveau modèle de la puissance, c'est bien une réforme radicale de la physique aristotélicienne que propose Olivi : sur le rapport entre action et création, l'action instantanée à distance, la relation entre mouvement et matière, la définition du mouvement comme propriété relationnelle, jusqu'à la réduction des catégories aristotéliciennes à de simples aspects de la réalité physique.Dominique Demange est Maître de conférences auprès du département de philosophie de l'Université Paris-Nanterre, où il enseigne la philosophie ancienne et médiévale.
Charité bien ordonnée commence par soi-même : le dicton est si commun qu'on a cessé de s'en étonner. Pourtant, il n'a rien d'anodin. Non seulement parce que la charité, selon saint Paul, ne cherche point son intérêt, mais aussi parce que les notions d'ordre et d'amour semblent mal s'accorder. Si l'amour de soi est premier, quels sont les autres amours qui devraient s'y ordonner ? Et surtout, comment définir le bon ordre ?Répondre à ces questions signifie retracer la fortune d'un thème augustinien, celui de l'ordre de la charité, du Moyen Âge à l'époque moderne. Les six études réunies ici proposent moins une histoire de ce thème qu'une analyse de ses métamorphoses les plus marquantes. Car l'idée d'ordo charitatis s'épanche comme une sève au cours des siècles et sous les plumes d'innombrables auteurs, qui s'en emparent et la refaçonnent.De saint Augustin à saint Bernard, saint Thomas et Dante de Montaigne et Thomas Browne à Descartes, Pascal et Goethe. Mais aussi des juristes médiévaux aux casuistes du xviie siècle et aux théoriciens de la raison d'État : l'ordo charitatis revient sans cesse, en se chargeant d'enjeux multiples et parfois contradictoires. De sorte qu'il faudra désormais y reconnaître une de ces cellules idéelles qui structurent en profondeur l'histoire de la culture européenne.Agrégé et docteur en philosophie, Alberto Frigo est professeur d'histoire de la philosophie moderne à Milan. Il est l'auteur de deux monographies consacrées à Pascal, L'évidence du Dieu caché. Introduction à lecture des Pensées de Pascal (2015) et L'esprit du corps. La doctrine pascalienne de l'amour (2016). Son dernier essai est consacré à la philosophie de la peinture (L'expérience peinture. Le temps, l'intérêt et le plaisir, 2020).