Territoires
À propos d'ABANDONS : Abandon dans la mort, dans l'amour, dans la violence, dans la peur, dans l'alcool: le propos de cette poésie tient dans les faits du quotidien, du réel. Les mêmes attitudes, les mêmes mots se retrouvent d'un poème à l'autre, mais chacun d'entre eux bascule inévitablement dans le rêve ou le fantasme. Abandons révèle des scènes concentrées où l'intensité provient de détails superflus, inattendus, quelque chose qui soudainement serait plus grave que la mort. Peu à peu s'établissent entre ces scènes des liens, des rythmes communs. Ces visions fugitives sont fixées là, tout de suite, sans nécessairement être développées. Le poème est la forme idéale pour qu'on ne puisse oublier ces instants. À propos de LA MAISON D'OPHÉLIE : La maison d'Ophélie explore la frontière qui sépare la vie normale du chaos. Chaque poème a le pouvoir d'investir les objets et les êtres d'une inquiétante étrangeté en suggérant une menace omniprésente cachée au coeur des apparences. Ces poèmes écrits en écho sont à la fois commentaires l'un de l'autre, et jeu de dualité et de résonances. L'imaginaire y contamine peu à peu la réalité. À preuve, ces nombreuses scènes du quotidien qu'un élément suffit à brouiller et à faire basculer dans une autre dimension.
Et après ? Oui notre honte, oui notre ardeur, nous l'avons bue et quoi encore, dites-le-moi ; entendez-vous ma langue malade, mon chant de grillon, mon trou de nuit béant du grand feu des savanes, du charbon brûlé, de la pluie bénie ? Ma langue folle, mon corps transpercé de faims : ma lumière, ma joie ?
Entre Québec et Anticosti, Le Saint-Laurent et ses îles vous embarque pour une traversée littéraire unique, où Damase Potvin mêle géographie, légendes et récits historiques.
« Remplaçons le sermon du curé par un atelier de réparation de petits électroménagers ou par des méditations guidées et voyons ce qui se passe. Inondons le parvis de l'église de bons légumes, d'oeufs frais, de chandelles à la cire d'abeille et de chaussettes en laine d'alpaga et voyons ce qui se produit. Au fond, le marché artisan est peut-être à l'écologie humaine ce que la messe a déjà été à la religion; une rencontre, un mouvement, une manière de briser la solitude et de retrouver la force du collectif. » Elisabeth Cardin nous invite, par ses réflexions et ses rencontres avec des artisan·e·s de sa région d'adoption, à retrouver le goût des produits faits localement de matériaux durables. Cet héritage n'est-il pas, après tout, le meilleur moyen de renouer avec notre territoire et d'assurer le futur des prochaines générations ?
L'état de notre territoire agricole est inquiétant : très petit, aux possibilités inégales selon les régions, gaspillé en quantité et en qualité malgré une loi censée le protéger, il ne comble que partiellement nos besoins alimentaires. Comment en sommes-nous arrivés là ? Nos pratiques agricoles actuelles résultent de politiques adoptées il y a un demi-siècle, qui ont servi leurs objectifs mais ont aussi eu des effets pervers dont on parle peu - et pourtant, elles n'ont pas été révisées depuis. Les auteurs décortiquent la crise que traverse notre agriculture en nommant les dysfonctionnements de ces politiques désuètes, en osant remettre en question la toute-puissante UPA, ses pratiques et ses privilèges. Ils montrent enfin comment nous pourrions diversifier notre agriculture tout en mettant en valeur le potentiel de chaque région.
André Roy, écrivain, poète ainsi que critique cinématographique et littéraire, est né à Montréal en 1944. Il a collaboré à plus de cinquante revues littéraires et culturelles, tant des Amériques que des pays européens. Il a publié toute son oeuvre poétique, plus de vingt-cinq titres, aux Herbes rouges. Sa poésie est traduite en albanais, en anglais, en chinois, en espagnol (Espagne et Mexique), en italien, en macédonien, en portugais, en serbo-croate et en slovaque.
n fin d'époque de la traite des fourrures, le Pacifique Nord-Ouest parlait français. Depuis leur arrivée au début du XIXe siècle, les Canadiens français furent les premiers à explorer cette région et à s'y installer durablement. Puis, l'arrivée massive des Américains de l'est a tout changé. Avec le déclin du commerce des fourrures et la fixation de la frontière entre les deux pays, l'usage du français stagna et s'effaça ensuite progressivement face à l'anglais de plus en plus dominant. Les francophones se replièrent dans les réserves autochtones, se joignant ainsi à une minorité, ou devinrent Américains, en se reconnaissant ou non comme Métis.
Et si l’autonomie alimentaire était à portée de main ? Vivace raconte treize mois de vie sur une ferme de subsistance, entre sueur, recettes et rêves partagés. Un manifeste joyeux pour cultiver sa liberté, les deux mains dans la terre.
François Charron, né à Longueuil en 1952, publie dès 1972 une oeuvre à la fois lyrique et engagée. Puis survient un point de bascule, un choc. De l'autre côté émerge, dans un dépouillement déroutant, Toute parole m'éblouira. Remarques vives, questions posées au vide, aveux nus qui grattent un mystère : ce livre compte parmi les plus intrigants de la poésie québécoise des années 1980.
Donc le paradis en 1987, je vous le dis, le paradis ce serait d'écrire des livres singuliers et puis après de pouvoir dire : « J'ai fait ça. » Ce sont les livres qu'on a pensés en rêves. Car ils sont si fous qu'on n'aurait pas pu les rêver éveillé. Car il faut qu'ils soient fous. Je vais vous raconter tout sur la ville et le monde, sur le ciel et l'enfer. Mais il n'y a pas d'enfer, mes amis. Ni de monde. Nous voulons être des femmes avec du tonus musculaire.
C'est en 1945 que Smart publie À la hauteur de Grand Central Station je me suis assise et j'ai pleuré, récit-poème bref et incantatoire qui met en scène l'éternel triangle : l'amant adoré, la femme délaissée et la maîtresse qui exulte, souffre et, surtout, écrit. Chaque génération éprouve, semble-t-il, le besoin de revenir à cette femme difficile, ardente, exemplaire et seule. Lori Saint-Martin, Le Devoir À l'orée de ce livre en forme de lamentation amoureuse et perçante, ce constat : « L'amour me possède et je n'ai plus de choix. » Marie-Hélène Poitras, Voir Qui aurait pu croire que le langage pourrait arriver à de tels sommets? Qui aurait cru que des grognements feraient renaître ainsi le miracle du monde? Yann Martel, 101 lettres à un premier ministre Je ne crois pas qu'on ait jamais exprimé plus fortement la grandeur et la déchéance de l'amour, de l'ivresse des sens jusqu'à ses ultimes conséquences biologiques et sociales. Louis Hamelin, Le Devoir
À propos de MÉLANCOLIE: «Mélancolie est un des plus forts textes de la nouvelle poésie québécoise. Cette «mélancolie de fin du monde» et de fin de soi qu'il faut écrire pour l'oublier, Michael Delisle nous en donne le sentiment exact. Mieux que tous les poètes de sa génération réunis, Delisle réussit à investir la forme du journal jusqu'à la poésie.» - Jean Royer, Le Devoir À propos de CHOSE VOCALE : «Les émotions éclatent à chaque page au milieu de ces phrases saccadées et courtes. Delisle trouve une sorte d'équilibre entre la tragédie de vivre et le bonheur d'être, bonheur qui semble trouver son apogée dans le travail d'écriture. Il y a des passages splendides qui rendent à merveille cette tension: Alors, je pense que les mots sont des bulles. / Je pense que ces bulles sont molles. / Que souvent, elles forment des globes. / Que souvent, au-dessus de petits lions enjoués, / Elles frissonnent devant la mort.» - Gilles Toupin, La Presse
Un couple modèle de Montréal, jeune et cultivé, qui assiste à des pièces d'avant-garde et à des happenings. Derrière cette apparence de couple branché, mais ordinaire et raisonnable, se dissimule une fracture : une longue période de délire, une plongée dans l'alcool et la drogue. Depuis, Anne ne porte que des tailleurs stricts, car il y a «un lien entre la rigidité des tenues et la protection nécessaire pour affronter le quotidien». Michael Delisle sait combien les mots ne sont jamais innocents, que, une fois qu'on les a prononcées, il faut aller «au coeur des phrases». Alain Salles, Le Monde
NUIT, PENSER Toujours, depuis si longtemps, des poèmes: manières de voir ou de vivre, on le dit, mais peut-être aussi, un à un, manières de penser ou de vieillir, maintenant. Dix mille nuits sans dormir font des poèmes, encore. La nuit - avec tous ces objets qui s'échangent leurs noms et ces souvenirs qu'il faut inventer - fait des poèmes. Des yeux, dans l'obscurité, je cherche des mots qui me suivront jusqu'au lendemain, sans doute dans le bon ordre. Je fume, j'écoute les voix qui sont la mienne quand les autres dorment. Elles sont des poèmes. DIXHUITJUILLETDEUXMILLEQUATRE La mort de la mère: ce moment où le fils est anéanti et... libéré. Rarement la poésie a témoigné de façon aussi personnelle de l'entrée en agonie d'un parent. Quand la mort fait de la mère son pantin, le fils veut fuir ce qui crie entre les murs «gris de la couleur du jour de la chambre de la seule avec / Dieu qui gratte et Dieu qui tire et Dieu qui mord: / douzejuilletdeuxmillequatre». La mère en allée, la famille envolée avec elle, rien ne reste au poète que sa poésie pour trouver grâce devant leur mémoire.
Danyal est si beau, que personne n'écoute ce qu'il a à dire !Danyal, 19 ans, n'est peut-être pas une lumière, mais tout le monde le trouve beau à tomber par terre. Avec son humour, son assurance et ses talents de cuisinier, il a tout pour réussir. Sauf que son père, musulman d'origine pakistanaise et très traditionnel, voit d'un mauvais oeil les choix un peu trop occidentaux de son fils. Pire, il commence à lui chercher une femme... C'est dans ce but que ses parents lui présentent Bisma, jeune fille brillante qui, dès leur première rencontre, lui avoue un lourd secret qui fait d'elle tout sauf " un bon parti ". Danyal parviendra-t-il à conjuguer traditions et modernité, pour à la fois trouver le bonheur et satisfaire ses proches ?
Marquée par trente-cinq années d'affrontements, de la seconde guerre mondiale aux deux guerres d'Indochine, par deux décennies de partition héritée de la décolonisation et par une autre décennie de fermeture après la réunification en 1975, la République Démocratique Populaire Lao est aujourd'hui un pays mal connu. Or, passé en dix ans de la collectivisation à la décollectivisation, le Laos est devenu le plus ouvert des trois pays communistes indochinois. Il a par ailleurs retrouvé sa fonction d'État-tampon qui assure sa permanence au coeur de la péninsule depuis le XIVe siècle, en dépit de ses faiblesses apparentes. Ce livre, grâce à une documentation statistique et cartographique inédite, retrace l'évolution singulière des stratégies politiques, économiques et spatiales. Le Laos, renouant avec des configurations territoriales anciennes a renforcé sa cohésion, libéralisé sa gestion économique et sociale, arrêté l'hémorragie des réfugiés et relancé la mobilisation des ressources nationales. S'ouvrant vers l'Occident, il a accru les investissements pour le développement. Profitant de la redéfinition des équilibres régionaux, il a élargi sa marge de manoeuvre vis-à-vis de ses principaux voisins. Cette évolution, replacée dans la longue durée, permet de dégager les conditions de reproduction qui garantissent l'avenir de l'État-tampon.
Septembre 1974, Véronique Flanet, une jeune ethnologue de 24 ans pénètre, à Jamiltepec, sur la côte ouest du Mexique, au sein d'un monde de violence où la mort règne en maîtresse. Pendant deux ans, quotidiennement, elle va vivre dans cet univers de meurtres provoqués par de simples querelles de voisinage, des rivalités politiques, cet univers dans lequel des hommes se tuent pour la gloire, pour rien. Cette violence s'explique par des facteurs d'ordre social, économique et politique, mais l'on ne peut en trouver les fondements que dans une certaine conception de la vie et de la mort. Ce « carnet de notes » sur la vie quotidienne de Jamiltepec montre comment la mort est la figure de proue de la culture mexicaine, et comment, sans elle, la vie « n'aurait pas de sens ».