Série K
L’été 2024, Catherine Mavrikakis traverse les États-Unis d’est en ouest, sur les traces de Kerouac et McCarthy. Entre paysages lunaires et rencontres troublantes, elle dresse un portrait saisissant d’un pays à la fois fascinant et inquiétant.
Et si la rage devenait une arme de libération ? Armer la rage dénonce sans détour la culture du viol et l’hypocrisie d’une société qui criminalise la défense des femmes.
Martine Delvaux et Jennifer Bélanger s'inscrivent dans une lignée de femmes allongées. Souffrant l'une et l'autre de douleurs chroniques, elles ont choisi d'écrire à partir de cette position qu'elles connaissent intimement : le corps étendu sur un lit, un divan, un plancher ou une civière, et qui attend. Entourées d'autres femmes - écrivaines, artistes, amies, mères, filles, amantes et soignantes -, les autrices rendent hommage à la vie horizontale des accidentées, des endolories, des insomniaques, des rêveuses et des survivantes. Les allongées défilent de page en page, de lit en lit, sur la pointe des pieds et ensemble. Elles résistent devant un monde qui, de tout temps, a préféré voir en elles des paresseuses, des martyres, des hystériques, des menteuses, des plaintives, des folles. Ainsi montent leurs voix, entre le chuchotement et le cri. Le plafond se brise. Un horizon apparaît.
L'homme dont il est question ici a longtemps préparé les morts pour une dernière exposition. Il aime le travail bien fait. Venu à ce métier à rebours des vivants par une sorte de vocation, il a accepté de répondre aux questions de sa fille et de raconter les corps. Pour plus d'efficacité, il a griffonné une liste : le pompier, le prêtre, deux jeunes filles retrouvées près d'une forêt, le métro, etc. Des dizaines et des dizaines de cas que l'embaumeur n'a pas oubliés. Anne-Renée Caillé a su faire de ces conversations avec son père un premier livre fort, sobre et profond.
Ce livre est un hommage aux images à la fois tendres et violentes de la photographe Nan Goldin. Goldin est une guerrière, une gardienne de la mémoire. Elle lutte pour qu'on n'oublie pas la vie des femmes, des sidéens, des bannis. Depuis la mort brutale de sa soeur aînée adorée, elle se bat pour le souvenir de ceux qu'elle a perdus. Goldin est une gorgone dont le regard sidère. Elle demande de poser les yeux sur ce qui est étranger, elle exige que les secrets soient dénudés. Martine Delvaux met ici ses pas dans les pas de Goldin, et avance avec elle dans la colère, la rébellion et l'amour fou. L'écrivaine trouve chez la photographe une oeuvre-soeur, un écho de sa propre esthétique et de son engagement à dire, coûte que coûte, ce qu'elle sait et ce qu'elle voit.
Un chômeur sombre dans l'itinérance alors qu'il est habité d'un singe, sorte de parasite imaginaire semblant déborder de lui ; à Montréal, un homme et une femme se rencontrent dans une ville secrète creusée sous la ville souterraine ; un jeune chercheur de l'Université McGill retrouve en rêve un primatologue soviétique habitant l'Abkhazie en guerre après la chute de l'URSS ; des écrivains ratés vivant à Yamachiche voient leurs imaginaires contaminés par ceux de Kafka et de Beckett ; une enfant arrivée aux portes de l'adolescence adopte un chien sans tête qui l'aide à affronter ses incertitudes et ses peurs... En brouillant les frontières entre l'humain et l'animal, le réel et le fictif, le passé et le futur, les douze nouvelles de «Dormir sans tête» semblent échapper au réel, mais proposent un portrait du temps présent où transparaissent nos angoisses et nos craintes.
Abrégé de la pensée de Thierry Hentsch, La mer, la limite fait l'éloge de la limite, du rivage. Loin de la toute-puissance de l'Occident et de son ambition sans frontière, l'éthique de la limite - une limite souple et mouvante - serait celle d'une civilisation nouvelle qui rayonnerait de l'aveu de son incomplétude et de sa fragilité. Nouvelle édition augmentée d'un inédit. Préface de Georges Leroux.
Le long des lignes jaune, verte, orange, bleue par lesquelles circulent chaque jour sous terre des milliers d'inconnus, les angles sont multiples et les voix changeantes. Titre de transport raconte vingt et une histoires qui se déroulent sur les quais, dans les wagons bleus ou aux abords du métro montréalais. À Berri-UQAM, les chaussures d'un homme sont trempées par le lave-vitre d'un squeegee assis juste à côté de lui. Station Beaudry, un écart de conduite au cabaret Mado brise un couple. À Atwater, une gardienne d'enfants philippine se perd au coeur de l'hiver. On retrouve, au métro Jean-Talon, la Plaza Saint-Hubert des années quatre-vingt-dix et ses salons de coiffure unisexes. Au petit matin, une jeune femme épuisée attend l'ouverture des portes devant la station Mont-Royal. Tantôt drôles, tantôt sombres, tragiques ou simplement étranges, les histoires de Titre de transport sont traversées par une même humanité et dressent le portrait d'une ville en mouvement, à la fois familière et imprévisible.
Exercice d'admiration, ce livre pose un regard sur l'oeuvre pétrifiante de Diamanda Galás, la chanteuse aux trois octaves. Loin de se laisser méduser par Galás et sa voix, Catherine Mavrikakis prend à bras-le-corps l'oeuvre de l'artiste et y donne à lire son propre idéal esthétique. De la Grèce ancienne aux États-Unis banlieusards, du génocide arménien à l'épidémie du sida des années 80 et 90, Galás renoue partout, sans cesse, avec un tragique trop vite relégué aux oubliettes de l'Histoire. Qui peut écouter Galás ? Qui sait regarder la Gorgone sans désirer la tuer ? Qui croit encore à la nécessité de la tragédie de nos jours ? Quel culte peut-on porter aux artistes prophètes du contemporain ? Mavrikakis se lance ici avec affection, ferveur et enthousiasme sur les traces de sa grande soeur Diamanda Galás.
À l'intérieur du bar où le fauve guette sa proie, l'ambiance est électrique. Et va s'intensifiant. Les échanges verbaux sont ramenés au minimum. Regards. Rythmes. Pulsations. Seule compte l'excitation. Seul compte le carnage à venir. En plein jour, l'atmosphère est tout autre. Une bête lèche ses plaies dans une tanière. Un jeune homme ressasse sa douleur, s'efforce de se reconstruire. Il est difficile de faire tomber les parois de la cage, d'ouvrir les grilles. Un récit-choc.
La nature humaine ne vous rassure pas ? La vie en société vous oppresse ? Le vide de l'Univers vous angoisse ? En cette période sombre qui est la nôtre, le florilège d'aphorismes de Généralités singulières - qui comble le fossé entre Dostoïevski et le dernier panda vivant, conjugue dictatures et spectacles de marionnettes et réussit le grand écart entre les origines du cosmos et la pizza surgelée - mettra à distance votre mal-être et illuminera votre quotidien.
Parce que c'est devenu intenable, une fille va tenter de reprendre possession de sa tête envahie par une araignée cruelle qui est aussi sa mère. Mais rien n'est facile, car la mère l'araignée est très forte. Heureusement, la progéniture a des alliés. Parmi eux, un scarabée sensuel et psychiatre, un renard capitaine de bateau, un dauphin rose et une souris sadomasochiste. J'ai percé un trou dans ma tête raconte l'irrésistible avancée, dans un réel dense fait de matière grise et peuplé d'animaux psychédéliques, d'une fille vers sa libération.
Plongez dans L'éternité en accéléré de Catherine Mavrikakis, un recueil percutant de 52 textes courts mêlant souvenirs, culture pop et réflexions sur notre époque.
Plongez dans Omaha Beach de Catherine Mavrikakis, une œuvre théâtrale poignante où une famille américaine affronte les fantômes du Débarquement en Normandie. Un texte percutant sur la mémoire, la guerre et l'héritage familial, à découvrir en ebook.
Que reste-t-il du Lancaster pulvérisé en plein vol au-dessus d'Utrecht ? L'oncle de Joanne était à bord. Joanne, elle, n'était pas née encore. Enfant, elle agite la main quand un avion passe dans le ciel en criant, Mononcle Phil. Tandis que son père creuse un abri antiatomique. Elle aura un fils, Max, avec un Américain qui fuit la guerre du Vietnam. Max fait des modèles à coller et passe ses nuits devant l'écran à jouer à des jeux de guerre. Mais depuis son anniversaire qu'il vient de fêter avec sa mère, il a disparu. Dans cette novella aérienne, où l'on entend le lointain fracas des armes, Carole David retrouve le fil invisible qui relie les générations entre elles.