REVUE POLITIQUES DE COMMUNICATION
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Depuis 2015 et les attentats à Charlie Hebdo, l'« éducation aux médias et à l'information » (EMI) connaît un renouveau en France. Les pouvoirs publics y déploient dispositifs, textes prescriptifs, politiques d'équipement et de formation. À côté des enseignant·es ou des acteur·ices de l'éducation populaire, des journalistes, des bibliothécaires, des médiateur·ices culturels, des éducateur·ices du champ de la protection de l'enfance, ainsi que des acteur·ices privés participent à ce redéploiement. Lutter contre les fake news et former à « l'esprit critique » constituent l'armature symbolique d'une action d'État construite autour d'une panique morale à destination de publics réputés « fragiles » et fragilisés par les « désordres informationnels » - fourre-tout regroupant des problématiques très hétérogènes. Ce numéro thématique questionne les pratiques concrètes de cette entreprise de « (ré)éducation » aux médias et à l'information avec le regard critique des sciences sociales.
Face au poids électoral croissant de l'extrême droite en France, ce dossier met à l'épreuve l'hypothèse d'une « extrême-droitisation » de l'espace médiatique. Différentes dimensions de ce phénomène sont examinées : l'évolution des pratiques de communication médiatique et numérique au sein du FN-RN, les dynamiques d'engagement dans les mobilisations informationnelles des droites radicales, la visibilité exacerbée des acteurs et des thématiques d'extrême droite dans les médias audiovisuels en période électorale. Le dossier entend ainsi contribuer à l'analyse des récentes transformations des rapports de force politiques et médiatiques.
À l'occasion de ses dix ans d'existence, la revue Politiques de communication consacre ce double numéro thématique à une réflexion sur « l'emprise de la communication », à partir de recherches menées sur une pluralité d'espaces sociaux, de secteurs d'activité et de groupes professionnels. Exploré dans les années 1980 et 1990, ce thème caractérisait, dans une perspective structurale, la place croissante de la communication dans les sociétés contemporaines. Ce numéro se propose de mettre à l'épreuve cette notion à partir d'une variété de terrains, de montrer la façon dont elle s'exerce, de façon différenciée, en fonction des univers, des agents et des configurations.
L'implication de personnalités publiques telles que Dominique Strauss-Kahn, Harvey Weinstein ou encore Patrick Poivre d'Arvor dans des « affaires » d'agressions sexuelles contribuent, par leur médiatisation, à la construction des violences sexistes et sexuelles en problème public. Là où le scandale se constitue autour d'une dénonciation, l'affaire se singularise par le fait qu'elle prend forme autour de deux camps, clairement définis et personnifiés. Ce dossier interroge la médiatisation de ces « affaires » et leur rôle dans la structuration du débat public. Les contributions analysent les dynamiques à l'oeuvre entre différents acteurs sociaux (journalistes, victimes, activistes, influenceurs, chercheurs...) pour porter les « affaires de violences sexistes et sexuelles » dans l'espace public.