Questions au XXe siècle
Depuis 1973, l'économie mondiale présente des symptômes de malaise : chocs pétroliers, désorganisation monétaire et inflation, endettement généralisé et carence de nombreux débiteurs, marchés boursiers passant brusquement de l'euphorie à l'effondrement, tels sont les faits évidents qui forment la trame d'une histoire chaotique ponctuée de récessions douloureuses et de reprises incertaines. Faillite de la sidérurgie, marasme des chantiers navals, difficultés de l'automobile..., gêne des entreprises et licenciements, gonflement du chômage et remous sociaux affectent gravement le tissu vivant de vieilles mais puissantes régions industrielles de la planète tandis que d'autres affichent une prospérité désarmante ; cependant, des continents entiers ne parviennent pas à s'arracher à la pauvreté qui maintient une grande partie de l'humanité dans le dénuement le plus complet. Au moment où la maîtrise de l'inflation et la réapparition de la croissance se conjuguent pour dessiner ce qui ressemble de plus en plus (au moins dans les grands pays occidentaux) à une véritable « reprise » sur fond de « troisième révolution industrielle », il semble opportun de recenser les événements écoulés et d'explorer quelques pistes susceptibles de conduire à l'intelligence des phénomènes qui influencent les grandes tendances planétaires comme notre vie quotidienne.
1979 : au Nicaragua, le dictateur Somoza est renversé, la révolution sandiniste commence. Le Salvador et le Guatemala sont à leur tour plongés dans la guerre civile. Les États-Unis, contestés dans leur « arrière-cour », sont entraînés dans la tourmente. L'Amérique Centrale devient un point chaud, un nouvel enjeu entre les deux superpuissances. 1989 : la crise s'est installée dans la durée. La révolution sandiniste a survécu à l'ère Reagan. Entre-temps, tous les pays de l'isthme se sont transformés en profondeur. Pourquoi cette crise ? Quels en sont les enjeux ? Quelle est la stratégie des États-Unis ? Quels changements politiques en une décennie ? La démocratie a-t-elle une chance en Amérique Centrale ? Alain Destexhe propose ici une vision synthétique d'un conflit aux multiples dimensions.
1989 marque la fin d’un monde bipolaire et le réveil brutal des nations. Le Retour de l’histoire décrypte comment la chute du mur de Berlin a redessiné les équilibres géopolitiques.
Cette analyse fouillée des rapports complexes reliant de Gaulle et l'Allemagne ne traite pas seulement de l'histoire des relations franco-allemandes pendant la Ve République, mais de toute la vision gaullienne de l'Allemagne qui se forge dès 1916. Jacques Binoche aborde tour à tour l'Allemagne au centre des réflexions militaires de l'officier de Gaulle pendant l'entre-deux-guerres, les réactions allemandes aux idées politiques et stratégiques de De Gaulle, le chef de la France libre face à l'Allemagne nazie, l'ermite de Colombey jugé par l'Allemagne d'après-guerre, la politique allemande du président de Gaulle, « La solution d'un problème aussi vaste que celui de l'Allemagne ne peut avoir que de grandes dimensions et de grandes conséquences. La France, pour sa part, croit qu'il ne pourra être résolu autrement que par l'Europe elle-même, parce qu'il est à la dimension de l'Europe tout entière. C'est là à terme, sur ce continent, l'objectif essentiel de la politique de la France », dit de Gaulle en 1965,
La CGT a un siècle. Ce livre constitue la première histoire globale du syndicat, de sa naissance à nos jours. Cette histoire, qui s'explique par certaines caractéristiques du mouvement social et politique français (syndicalisme très revendicatif et peu gestionnaire, montée du communisme en 1936 et à la Libération), lui a donné une physionomie différente de celle des autres syndicats européens. Née des besoins d'organisation et de défense du monde du travail, l'existence de la CGT apparaît presque comme une succession de séismes à l'issue desquels l'organisation peut remporter ses plus belles victoires (1936 et dans une moindre mesure 1968) mais aussi connaître des échecs et la répression dont elle ressort gravement affaiblie (1906, 1919-1920, 1947-1948). À travers cette histoire se révèle également une caractéristique générale de la société française : sa difficulté à mener « à froid » des réformes. S'il n'a pas l'ambition d'apporter une ou des réponses à la grave crise que traverse le syndicalisme - français et étranger -, à travers cette étude minutieuse, l'auteur nous propose, par l'analyse des spécificités du mouvement syndical français, de la resituer dans la succession de crises qui ont jalonné son histoire depuis un siècle.
La crise du Golfe éclate en août 1990 avec l'invasion du Koweït par l'Irak, point central d'une crise grave qui bouleverse le monde entier. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, un État s'empare par la force d'une nation reconnue par la communauté internationale. Le monde se trouve tout à coup devant la menace d'une guerre à grande échelle. Comment en est-on arrivé là ? Cet ouvrage analyse les origines historiques, géopolitiques, économiques et sociales de cette crise, décrit les ambitions régionales de Saddam Hussein et les éléments conjoncturels et structurels qui ont précipité son agression contre le Koweït. Il explique également l'importance économique et géostratégique du Golfe, la politique des grandes puissances au Moyen-Orient après le changement des relations Est-Ouest ainsi que le rôle des États-Unis dans la conduite de la guerre, à la tête de la coalition anti-irakienne. Enfin, Chapour Haghighat s'interroge sur les conséquences de cette guerre qui était censée rétablir l'ordre et le droit. Le dictateur que l'on voulait éliminer est toujours en place et les Kurdes ont été une fois de plus abandonnés à leur sort. A-t-on réellement mis fin à la course infernale aux armements au Moyen-Orient ? A-t-on réglé le problème de la prolifération des armes nucléaires ? A-t-on favorisé l'accession au pouvoir de régimes plus démocratiques ? À l'évidence, la guerre s'est soldée par une écrasante défaite de l'Irak et la restauration du régime koweïtien mais ne porte-t-elle pas les germes de nouveaux déséquilibres et de profondes transformations dans le monde arabe ? Et n'a-t-elle pas accru le fossé entre l'Occident et le monde arabo-musulman ?
Depuis 1920, le Parti communiste français traverse crises et dissidences, façonnant son histoire et celle de la gauche.
Du Grand Trek du XIXe siècle, fondement historique de la nation afrikaner, à l'Afrique du Sud de Pieter Botha et de Frederik De Klerk, en passant par la guerre des Boers au tournant du siècle et l'instauration officielle de l'apartheid en 1948, Paul Coquerel écrit une histoire des Afrikaners qui prend en compte non seulement l'évolution politique et sociale de l'« Afrikanerdom » mais également l'évolution idéologique des Afrikaners. Descendants des colons néerlandais installés à la pointe de l'Afrique australe au XVIIe siècle, les Afrikaners se sont constitués en nation distincte au XIXe siècle, sur une terre arrachée aux Africains et âprement disputée aux Anglais. La première moitié du XXe siècle est marquée par leur lente reconquête du pouvoir sur l'impérialisme britannique, l'émergence et l'affirmation d'un nationalisme virulent qui luttera avec acharnement pour préserver son identité tandis que les idéologues afrikaans forgent le concept d'apartheid, érigeant l'ethnicité en dogme. Après leur victoire électorale en 1948, les Afrikaners poursuivent leur longue tradition de ségrégation et font de l'Afrique du Sud le pays de l'homme blanc, où ils s'imposent comme les maîtres absolus. Paul Coquerel retrace l'histoire des Afrikaners au XXe siècle en évaluant le poids des mentalités, de la culture et de l'idéologie, mais aussi celui des règles du système politique et institutionnel, l'évolution des structures sociales et la volonté des hommes qui ont institutionnalisé en Afrique du Sud la ségrégation raciale.
Par deux fois, en 1941 et 1991, la chute d'un régime politique s'est traduite, en Yougoslavie, par l'effondrement au moins provisoire de l'État. Rêvée par des intellectuels, surtout croates, la Yougoslavie a d'abord été réalisée par des Serbes après 1918, puis ressuscitée par une coalition multinationale de Communistes. Spécialiste de l'histoire yougoslave, Joseph Krulic montre, à la lumière de l'analyse historique - mais sans négliger la philosophie politique et l'étude des relations internationales - pourquoi la Yougoslavie n'a connu de stabilité que pendant sa période totalitaire (1945-1965). La libéralisation (1965-1985), puis la démocratisation (1989-1991), lui ont été fatales. L'analyse de l'antinomie entre démocratie politique et unité yougoslave, constitue l'originalité de ce livre.
Lorsque Gorbatchev accède au pouvoir en 1985, il engage la réforme, contraint par la débâcle du système soviétique. Il est entendu que la Perestroïka doit rendre le système efficient. Cependant, le radicalisme de la réforme s'avère bientôt incompatible avec la préservation du système et la désintégration générale n'épargne plus aujourd'hui la composante soviétique la plus stable : l'armée. Dans cette vaste mutation, vers quoi l'Armée rouge glisse-t-elle aujourd'hui ? Les auteurs se sont efforcés pour chacune des cinq grandes composantes du système militaire (l'infrastructure, la pensée militaire, l'économie, le désarmement et les alliances) d'expliquer les mutations en cours à partir de l'histoire du régime et de l'évolution des structures. À travers cette approche globale de la machine militaire soviétique, l'ouvrage analyse en fin de compte la fin du communisme et la constitution d'un nouvel ordre international.
De 1945 à la fin des années quatre-vingt, la course aux armements n'a cessé de développer ses effets funestes pour la stabilité mondiale. Une course aux quantités mais aussi à la diversification et à la qualité des systèmes d'armes. Initialement limitée à la dimension Est-Ouest, la course aux armements s'est progressivement propagée à l'ensemble beaucoup plus chaotique et incertain des nations du tiers monde. Depuis 1987, l'URSS et les États-Unis se sont engagés dans un processus de désarmement qui paraî
Au moment où l'Exposition universelle de 1900 ouvre ses portes, la question du « déclin » de la France se trouve déjà posée aussi bien par les adversaires français ou étrangers de la République triomphante, que par les héritiers de la « Grande Nation » qu'inquiète la montée en puissance du Reich wilhelmien. Qu'en est-il en réalité ? Le fantasme de la décadence qui hante l'imaginaire social d'une partie des habitants de l'Hexagone, ou au contraire le messianisme que nourrissent chez d'autres les références au passé, au rôle civilisateur de la France, à l'universalisme de sa culture, à la puissance supposée de son Empire et de son armée, correspondent-ils à des données objectives aisément discernables ? Pour tenter de répondre à cette question une quinzaine d'historiens français et étrangers ont confronté leurs travaux et leurs sources. Ce livre est le produit fructueux de leur rencontre.