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Êtes-vous adophobe ? À l'ère du numérique, nombre d'adultes confrontés à des images mettant en scène la violence et la sexualité des adolescents s'inquiètent, convaincus que les nouvelles générations sont à la fois menacées et menaçantes. Pourtant, si le sentiment d'insécurité est bien palpable, la peur qui en découle ne résiste pas à l'épreuve des faits. Portés par les émotions plutôt que par la rationalité, impressionnés par les images plutôt que par les recherches et déroutés par ce qui est rendu visible sur nos écrans, les parents, les professionnels et les spécialistes tombent dans le piège de l'adophobie... et ils ont peur à la fois pour les ados et de leurs ados. À partir d'un examen de faits médiatisés depuis l'avènement de YouTube et de Facebook - du happy slapping à la propagande djihadiste, en passant par l'hypersexualisation et les sextos -, cet essai explore l'hypothèse selon laquelle l'adophobie a aujourd'hui un terrain fertile pour fleurir : un monde débordant d'images. Jocelyn Lachance est chargé d'enseignement à l'Université de Pau et des Pays de l'Adour (Laboratoire CNRS UMR-Passages). Il est également membre de l'Observatoire Jeunes et Société de Québec.
Désormais, nous sommes tous photographes. Les appareils intégrés à nos téléphones nous permettent de capter, de visualiser, de modifier et de partager nos photos sur les réseaux sociaux en moins d'une minute. Omniprésente sur nos écrans, la photographie est devenue une nouvelle forme de langage. Alors que les clichés s'accumulent par centaines sur nos disques durs, où l'on finit par les oublier, certaines voix s'élèvent pour se demander si, dans sa transition de l'argentique vers le numérique, la photographie n'aurait pas perdu ce qui la rendait justement photographique. Pour comprendre ces mutations fascinantes - et un peu inquiétantes - de la culture visuelle, l'auteure analyse les pratiques photographiques contemporaines, à la fois amateurs et artistiques, ainsi que les discours, surtout littéraires, consacrés à l'image. Elle décortique ainsi les nouvelles mythologies de l'image pour mieux les recadrer dans une histoire générale de l'idée de la photographie, avec autant de brio que d'érudition.
Univers en perpétuelle expansion et au foisonnement chaotique, Internet offre un nombre incalculable d'outils, dont l'exploration paraît parfois hors de portée. Dans le paysage des sciences humaines, les blogs, les logiciels bibliographiques, les bases de données, les éditions en ligne et les wikis, tous ces objets qui éveillaient notre curiosité il y a une décennie, sont devenus aussi anodins qu'omniprésents. Mais comment bien s'en servir ? Les appréhensions face à ces outils - et leur simple mais robuste méconnaissance - sont encore largement répandues. Or on ne peut plus ignorer leur intérêt, voire leur nécessité, et les chercheurs qui s'y essaient ne savent souvent pas par quel bout attraper ces logiciels nouveaux. C'est à cela que cet ouvrage veut les aider, de façon simple et précise, et il entend le faire sans en cacher les difficultés, mais sans dissimuler non plus qu'elles sont désormais connues, donc surmontables, et que, dans la majorité des cas, le résultat vaut tous les efforts à consentir. Étienne Cavalié est conservateur à la Bibliothèque nationale de France. Frédéric Clavert est chercheur senior à l'Université du Luxembourg. Dana Martin est maître de conférences en allemand à l'Université Clermont-Auvergne. Olivier Legendre est conservateur à la Bibliothèque Clermont Université.
Qui peut dire ce que sera le paysage universitaire de demain ? Une chose est certaine : les Massive Online Open Courses, ou MOOCs, en feront partie. Encensés ou décriés, les cours en ligne ouverts et massifs - cette petite révolution dans le contexte en pleine ébullition de la transformation des universités - participent d'ores et déjà à la nouvelle configuration de l'enseignement supérieur. En replaçant ces cours dans l'histoire de l'enseignement, l'auteur évalue leur influence actuelle, future ou probable, sur les universités. Il montre en particulier que, loin d'étouffer les formations en présence d'un professeur en chair et en os, ils peuvent au contraire s'articuler avec celles-ci afin de les rendre plus personnalisées, plus séduisantes et surtout plus efficaces. Si ce phénomène touche avant tout l'enseignement, il est de plus en plus souvent associé à de nouvelles formes de recherche, dont la science participative n'est sans doute qu'une des illustrations. Après un doctorat en physique des particules au CERN et à l'Université de Genève (UNI GE), puis cinq années de recherche en neurosciences computationnelles en France, en Belgique et aux États-Unis, Pablo Achard est revenu à l'UNI GE en 2008. Au rectorat depuis 2009, il a successivement été responsable de plusieurs domaines dont la planification stratégique et prospective, l'évaluation de la recherche et la mise en place des MOOCs.
Quel est l'avenir de notre mémoire à l'ère du numérique ? Notre passé, revisité par la séquence binaire, est-il toujours intelligible ? Tout semble désormais accessible dans ce nouvel environnement technologique, mais cette disponibilité assure-t-elle une véritable compréhension des contenus anciens ? À partir d'un cas précis, celui de l'archive audiovisuelle diffusée sur la toile, Matteo Treleani pose une série de questions sur la mise en ligne de notre mémoire et la reconfiguration - ou recontextualisation - de celle-ci. Appuyé par une riche variété d'exemples parfois cocasses, il jette un regard critique sur la gestion du passé, qui relève autant de la philosophie que de l'histoire des médias et de l'archivistique.