Nouvelle Clio
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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A partir de l'étude de nombreuses sources, retrace la constitution et la mise en mouvement de l'expansion planétaire de l'Occident chrétien maritime entre le XIIIe et le XVe siècle, qui mènera au désenclavement des différentes régions du monde. « Copyrigh
Aujourd'hui, le monde de l'Islam est aussi éloigné dans le temps, de l'époque classique du Prophète et des califes, que l'Occident l'est de Charlemagne. Au XIe siècle seulement, apparaissent certains traits qui marquent encore les pays musulmans. Pour l'Occident, le XIe siècle est l'époque des Croisades. Dans le monde musulman, des peuples nouveaux s'imposent aux États. La fin de ce que nous appelons le Moyen Âge verra l'expansion de l'Islam dans le monde.
Un des rares ouvrages en français portant sur les pays du Nord, dont la carte a été considérablement modifiée au début du XIXe. Après une bibliographie de plus de 650 ouvrages consacrés à ces pays, Jean-Jacques Fol nous retrace dans une seconde partie, l'histoire et l'évolution de la Suède, du Danemark, de la Norvège et de la Finlande depuis 1815 et sur tous les plans : artistique, politique, économique, etc.
Du VIe siècle avant notre ère à l’avènement du sultanat de Delhi, voici la première synthèse en français sur l’Inde du Nord, berceau des grandes religions et carrefour des empires.
Étudier l'histoire du Japon des années 1392 à 1709 permet de voir comment une petite formation sociale féodale aux assises économiques globalement fragiles, dotée de structures étatiques rudimentaires, et située aux marges orientales de l'Empire chinois, est devenue une société plus prospère, coiffée par des structures d'État désormais assez puissantes pour encadrer de près une population nationale de trente millions d'âmes et s'affirmer sur la scène internationale, par le biais de politiques impérialistes et partiellement isolationnistes. La fin du Moyen Âge (XVe et première moitié du XVIe s.) est une période de transition qui permet l'intégration profonde et définitive de l'archipel dans l'espace régional de l'Asie orientale puis dans l'espace-monde, et crée ainsi les conditions de la formation d'un « Japon moderne » à partir de la seconde moitié du XVIe s. Le Japon affirme alors une identité nouvelle à l'extérieur (conquêtes, « fermeture du pays », domination des Aïnous) comme à l'intérieur (essor démographique, perfectionnement de l'État, développement économique, bouillonnement culturel, redéfinition du paysage religieux) et constitue lui-même le socle de la « modernisation » de l'époque de Meiji (1868-1912). L'ouvrage présente une réflexion inédite sur cette période de transition. Il intègre toutes les dimensions de l'histoire de ces trois siècles, qu'elles soient politiques, sociales, économiques, culturelles ou religieuses. On y découvre également l'impressionnant travail des historiens japonais d'hier et d'aujourd'hui.
Ce second volume sur le monde byzantin est consacré à l'Empire byzantin de la mort de Heraclius en 641 jusqu'à 1204, chute de Constantinople, suivie d'un effondrement politique de l'Empire. La structure de ce volume est proche de celle du volume 1, l'Empire romain d'Orient de 330 à 641: présentation des grandes lignes de l'histoire événementielle, analyse des principales structures (empereur, église, armée, aristocratie byzantine et monde rural), fondements de la civilisation et études régionales. Les fondements de la civilisation byzantine ont été posés durant l'Antiquité tardive et sont restés les mêmes. Durant ces cinq siècles et demi l'Empire subit de nombreux revers face aux Arabes, mais au prix d'amputations territoriales majeures et d'une militarisation de la société, les empereurs réussirent à rétablir l'équilibre des forces et trouvèrent des ressources financières pour faire face aux guerres, ils recentrèrent l'Empire sur l'Asie mineure tout en sauvant la capitale. La chute de Constantinople marque la fin de la civilisation byzantine.
Ce premier volume est consacré à la période fondatrice, de l'inauguration de la capitale de Constantin sur le site de l'antique Byzance en 330 aux débuts de la conquête arabe au milieu du VIIe siècle qui détermine les limites territoriales réduites de l'empire mésobyzantin. Depuis 30 ans les perspectives et données ont été bouleversées par les nombreuses découvertes archéologiques et épigraphiques. Ce volume leur accorde la place nécessaire en particulier pour ce qui concerne l'économie et la vie des provinces.
Pluriel et ancré dans son histoire, le judaïsme n'en obéit pas moins à une loi, la torah, dont le développement est soumis aux époques et aux territoires qu'elle traverse. Les huit siècles couverts ici sont ceux du glissement du judaïsme des prêtres à celui des chrétiens et des rabbins, du judaïsme de Palestine à celui de la Diaspora. À la suite notamment de l'échec des révoltes contre Rome, il a fallu à ce peuple forgé dans la déportation, qui ne reconnaît d'autre dieu que le sien, affirmer mais aussi - bien plus qu'on ne le croit - adapter son identité. Dans cette somme sur le judaïsme ancien, nouant les histoires politique et religieuse, il apparaît évident que l'évolution de la religion judéenne - juive -, mais aussi de la culture et de la société qui en découlent, n'est pas le produit d'une autarcie. Le judaïsme s'est moulé dans son époque, a évolué avec elle et les civilisations qui l'ont faite. Cette histoire antique y est décryptée dans une étude qui fera date pour tous ceux qui cherchent à comprendre réellement les racines d'un judaïsme bien moins figé que l'historiographie ne l'a laissé transparaître jusqu'ici.
Avec la chute du Nouvel Empire vers 1069 av. J.-C., l'Égypte entre dans la dernière période de son histoire ancienne, avant l'arrivée d'Alexandre et la période grecque. Ces sept cents ans sont marqués par des crises importantes (présence libyenne et koushite, invasions assyriennes et perses), mais aussi par une résilience de l'État pharaonique et de sa culture. Après une phase de décentralisation puis d'éclatement pendant la Troisième Période intermédiaire (1069-655 av. J.-C.), le pays est réunifié et réformé par les pharaons de la dynastie saïte, qui introduit l'Époque tardive (655-332 av. J.-C.). L'Égypte retrouve alors une grande prospérité tandis que se perpétue la renaissance culturelle initiée pendant les années de division. Le pays attise cependant les convoitises des empires d'Asie, babylonien puis perse, ce dernier mettant fin à la dernière dynastie autochtone en 342. Cet ouvrage fournit, en sus des grandes étapes d'histoire politique de l'Égypte tardive, un état des lieux des mutations sociales, culturelles et économiques du pays, en cohérence avec les évolutions méthodologiques de l'égyptologie.
De Pierre le Grand à Nicolas II, la Russie s'affirme comme un des acteurs majeurs du concert des nations européennes, empire multiethnique et multiconfessionnel à cheval sur deux continents et objet d'une quête identitaire entre nationalisme, spiritualité orthodoxe et mystique révolutionnaire. Pierre le Grand projette son empire sur la scène internationale et le remodèle, dans une transformation qui s'apparente à une réinvention complète du peuple russe. Puis, sous le sceptre de quatre impératrices, la Russie se porte à la tête des nations civilisées, tandis qu'au XIXe siècle, au contraire, le trône est occupé par des empereurs affichant un style de gouvernement masculin. Sous Alexandre Ier, le rayonnement du pays atteint son apogée avec la victoire remportée sur Napoléon, avant que son successeur, Nicolas Ier, s'attire une hostilité quasi générale dans son rôle de « gendarme de l'Europe ». La défaite de Crimée (1855) ouvre enfin une période de tension extrême. L'alliance avec la France, scellée à la veille du XXe siècle, ainsi que les défis logistiques et militaires auxquels la Russie est confrontée l'amènent au grand tournant d'octobre 1917.
1204 : prise de Constantinople par les Croisés ; 1453 par les Turcs. Entre ces deux grandes dates, le troisième et dernier volume du Monde byzantin retrace le crépuscule de l'empire grec, de son poste avancé, Trébizonde et de ses voisins serbes, bulgares ainsi que des « Latins » installés sur son territoire à la suite de la IVe croisade. Cette histoire d'un espace fragmenté est étudiée ici dans toutes ses composantes, y compris turque. On y voit l'ancienne grande puissance du XIIe siècle désormais un simple État grec, perdre ses territoires d'Anatolie, puis de Grèce du Nord, devenir dès 1373 vassale du sultan ottoman, réduite à Constantinople et au Péloponnèse, sa survie dépendant du bon vouloir turc ou du soutien intéressé de Gênes et de Venise plus que de rares croisades souvent avortées. L'Union des Églises grecque et latine à Lyon (1274) puis à Florence (1439), conclue par les empereurs dans l'espoir de sauver Byzance, fut refusée par la plupart des orthodoxes et n'eut aucun effet. L'autorité du patriarche l'emporta définitivement sur celle de l'empereur. Mais cet appauvrissement de l'État - accentué par la Peste noire et la récession du XIVe siècle avec son cortège de conflits sociaux - contraste avec la prospérité de certains. Car paradoxalement Byzance participe au développement économique, artistique et culturel de l'Occident. Elle le précède même : ses techniques (soie, verre) y sont transférées, ses intellectuels redécouvrent et transmettent aux humanistes l'héritage grec et ses artistes influencent la peinture italienne du Trecento. Le traumatisme de la IVe croisade empêcha toute fois toute fusion. L'identité byzantine perdit son universalisme pour se réduire à deux traits : l'hellénisme et l'orthodoxie - qui permirent au grec de survivre.
La fin de l'Antiquité est une période majeure dans l'histoire du christianisme, celle où le christianisme devient majoritaire dans l'Empire romain et où il commence à se répandre hors des frontières de l'Empire. C'est également celle où les institutions se fixent, dont certaines existent encore de nos jours, c'est également une époque de grandes crises doctrinaires entraînant les premières divisions. Cet ouvrage aborde tous ces aspects, du IVe siècle au milieu du VIIe siècle, il vise à apporter une information exacte et dépassionnée sur cette période capitale de l'histoire du christianisme.
Les mille ans qui sont l'objet de ce volume voient, après la fin de l'Ancien Empire, l'ensemble de la vallée du Nil entrer dans l'histoire. L'Égypte devient une sorte d'Empire colonial. La jonction se fait entre le domaine égyptien et celui de la Syrie et des États mésopotamiens. La civilisation égyptienne atteint des sommets en littérature et dans les beaux-arts. C'est la période la plus créative de cette longue histoire, que l'intense activité égyptologique du dernier demi-siècle a permis de mieux connaître.
La réponse de Solon à Crésus - nul ne peut se dire heureux avant le terme de son existence - ne s'applique qu'imparfaitement à l'hellénisme, car s'il fut vaincu sur les champs de bataille, davantage d'ailleurs en raison de ses dissensions internes que par la force de ses ennemis, il triompha dans une large mesure dans le domaine de la civilisation. Le premier tome du Monde hellénistique est consacré à la chronologie du monde hellénistique, à la figure du roi et à la guerre, omniprésente depuis la fin du règne d'Alexandre jusqu'à la destruction et la réduction de la Macédoine au rang de province. L'ère des conquêtes ne pouvait s'achever avant la disparition du fougueux Alexandre, tandis que la date de -146 marque la défaite historique de l'hellénisme face à la puissance romaine, alors que les Parthes surpassent déjà presque les Séleucides. Le berceau, la Grèce elle-même, est désormais aux mains des Barbares, et le territoire hellénique se réduit désormais, ironie de l'histoire, à une fraction de l'ancien Empire achéminides, lui aussi abattu par une puissance occidentale. L'hellénisme se caractérise en effet, du point de vue politique, par la monarchie militaire issue de la tradition macédonienne. Le roi n'est ni un basileus revêtu de la majesté attachée aux iera, ni un tyran dressé contre l'oligarchie dont il est issu : il est un chef de guerre. Ce modèle nouveau, auréolé de la gloire de Philippe, plus encore de celle d'Alexandre, conjugué avec le sentiment profond d'une unité du monde hellénique, qui eut un temps un seul maître et possède alors une relative unité culturelle, explique l'état de guerre permanente des États issus de l'ancien empire du grand conquérant. Le monde hellénique est organisé, économie comprise, autour du contrôle royal et de la nécessité de soutenir un conflit permanent, ce qui est d'autant plus difficile que les populations autochtones ne s'accommodent pas aisément d'un joug étranger dont seule la terreur permet le maintien.
Rome est une cité qui a conquis un empire, en établissant d'abord son hégémonie sur l'Italie, dont les peuples lui ont fourni hommes et ressources. Cet ouvrage étudie les structures de l'Italie romaine (la terre et les hommes, les productions, les échanges, les finances, l'armée, les institutions), puis les évolutions et dérèglements qui entraînèrent la fin de la « libre République » et conduisirent au pouvoir d'un seul homme. Le premier tome envisage les ressources et les hommes de la conquête, ainsi que les structures qui unissent Rome et ses alliés, d'une part, les Romains entre eux, d'autre part. Si le commentaire des auteurs anciens forme le coeur des chapitres consacrés aux institutions, à la vie politique et aux structures sociales, ce premier tome débute par une reconstitution de l'état démographique et économique de la péninsule, qui joua un rôle essentiel dans la conquête. Si la constantia et la virtus romaines expliquent en partie les succès militaires et la résistance à l'adversité, ce livre rappelle à propos que les Pères pouvaient compter sur une immense réserve d'hommes et de ressources, ce qui vient éclairer les nombreux moments où la cité surmonta des épreuves qui en auraient condamné une autre, des désastres subis face à Hannibal jusqu'aux guerres civiles menées sans jamais ouvrir une brèche aux envahisseurs étrangers. Si le second tome insiste sur le rôle des dirigeants romains et la présentation de leurs adversaires, ce premier tome s'attache à la constitution de la cité romaine, au sens le plus large et pas seulement juridique. Alors que la plupart des cités et des Etats que combattit Rome s'abîmaient dans la stasis - à l'exception significative de Carthage -, la cité romaine, si elle compta quelques personnages d'exception, est dans ce tome envisagée davantage comme un ensemble. Le rôle des individus dans la conquête n'est certes pas négligeable, mais il convient d'abord, ne serait-ce que pour évaluer exactement le rôle des individus, d'examiner les fondements de la puissance romaine, ses ressources, ses institutions et la façon dont elle sut poursuivre, au prix de solutions de plus en plus violentes à mesure que l'accroissement de l'Empire et du rôle du peuple attisait la compétition aristocratique, la conquête du monde méditerranéen. Voltaire écrivait dans les Lettres anglaises que les nobles Romains tournaient l'agressivité de la plèbe vers l'étranger de peur que, laissée oisive, elle ne s'en prît à ses maîtres pour revendiquer sa liberté. Ce premier tome est l'histoire de ce conflit interne.
Les Romains eux-mêmes écrivaient l'histoire consulat par consulat, mais cette approche ne conviendrait pas à une conquête qui fut polymorphe en raison des différences géographiques ainsi que des stratégies, de l'organisation politique et de l'état socio-économique des vaincus. Conquête mise à part, qu'y eut-il de commun entre les âpres guerres puniques, la longue soumission des Ibères, la rapide destruction des Grecs et la guerre des Gaules ? Certains furent menaçants, d'autres résistèrent longtemps dans leur pays sans jamais menacer l'imperium, d'autres encore étaient profondément divisés entre eux au point parfois de préférer l'envahisseur à leur voisin. Rome les a certes tous vaincus, mais jamais de la même manière, ne serait-ce qu'en raison de leurs différentes façons de combattre. Ce second tome adopte par conséquent une démarche thématique, vaincu par vaincu plutôt que consul par consul. L'approche polycentriste ne réduit pas les peuples à leur rôle d'adversaire temporaire de Rome, mais en dégage les caractérisques essentielles, les forces et les faiblesses, le génie propre à chacun d'eux. L'analyse de Carthage est à cet égard la plus éclairante, parce qu'elle ne se réduit pas à la reprise des commentaires, nécessairement biaisés par l'ignorance et l'hostilité, des nombreux écrivains grecs et latins. Elle remet en question de nombreux préjugés et s'appuie notamment sur les découvertes récentes des sémitisants pour expliquer les institutions carthaginoises et réfuter nombre de lieux communs tels que l'origine essentiellement commerciale de la richesse punique ou le manque de pugnacité des Puniques accoutumés à recourir au mercenariat par peur d'exposer leur propre sang. L'analyse de Carthage, la puissance la plus dangereuse pour Rome et par beaucoup d'aspects le plus original de ses adversaires, est érigée en méthode pour le reste de l'ouvrage, tant il s'agit sans doute du chapitre le plus précieux de tous. Les modalités d'exploitation varient en outre en fonction des pays conquis, et si la politique de la praeda reste la norme s'esquissent dès cette époque des tentatives d'organisation durable des espaces et des peuple conquis sur un autre mode que la fides, dont les Etoliens demandaient au Sénat en quoi elle était différente de l'esclavage. L'histoire de la conquête est aussi celle de l'apprentissage de l'exercice de la domination, qui ne saurait se réduire aux formes traditionnelles de relation avec l'hostis issues de la plus haute Antiquité.
Deux siècles d'histoire coloniale puis de décolonisation et enfin d'indépendance : cette étude très complète sur le territoire africain montre les dynamismes sociaux et culturels, le poids des dépendances, les effets du contexte mondial, les réalités et les intiatives des sociétés africaines, leur large ouverture au commerce, à l'islam et au christianisme. Elle examine et analyse la nature profonde de la situation coloniale et pour le XXe siècle, évalue la problématique de la dépendance et du sous-développement en observant les mutations du monde paysan, l'explosion urbaine et les remous de la vie politique. Cette nouvelle édition est entièrement revue et mise à jour.
Si la domination grecque ne fut pas aisée à maintenir, tant en raison des vélléités d'indépendance des autochtones que des guerres répétées entre Grecs ainsi que contre les envahisseurs étrangers, le monde hellénistique reste pourtant un prodige d'acculturation et de transformation d'un immense espace par une minorité dynamique de quelques conquérants. Ce second tome est consacré à la culture, à l'économie et à la société hellénistiques, qui restent dans une large mesure proprement grecques. L'histoire du monde hellénistique n'est en effet pas seulement celle des rois et des armées, elle est aussi celle des Grecs qui y vécurent presque toujours en conquérants. Ce manuel fait la part des transformations réelles d'origine grecque et des nombreux aspects des modes de vie autochtones que la conquête et deux siècles d'occupation laissèrent souvent inchangés. Les Grecs des territoires conquis, à l'abri de leurs nouvelles cités, ne se distinguent guère de leurs cousins de Grèce et de Grande Grèce que par la domination qu'ils exercent sur les peuples infiniment plus nombreux qu'eux qu'ils dominent. Les mariages de Suse ont fait long feu, et le clivage reste vivace tout au long des deux siècles d'occupation entre les vainqueurs et les vaincus d'hier. Peu ou pas de mélange, en dépit de l'admiration de certains Orientaux, tels les prêtres égyptiens, au cours des siècles précédents. Malgré certains apports autochtones, notamment dans le domaine religieux, où les Grecs admettent depuis Cadmos la prééminence égyptienne, la tension reste permanente entre les autochtones et les Grecs dans cet espace que l'on a coutume d'appeler hellénistique. La diversité des statuts, y compris des droits, perdurent même au sein de l'empire le plus ancien et centralisé des Lagides. C'est pourtant dans ces quasi-forteresses que sont leurs cités que les Grecs d'Asie mettront en place un modèle urbain et économique original, et participeront au même essor intellectuel que leurs cousins restés en Grèce historique. Philosophie, au sens ancien du terme, et art hellénistiques se développèrent en effet avec le plus vif éclat tout au long de l'époque hellénistique, malgré l'instabilité politique et l'état de lutte constante entre Grecs et, pour les Grecs d'Asie, contre les Asiatiques.
La Renaissance catholique qui suivit le concile de Trente est justiciable de deux lectures historiques concomitantes. Elle fut durcissement des structures, enrégimentement des masses par un clergé mieux tenu en main, puissante entreprise de catéchèse, et cela grâce à l'appui de l'État. Mais elle fut aussi sainteté et piété. Ces deux aspects, qui peuvent paraître contradictoires l'un avec l'autre, cohabitèrent en réalité dans le vécu quotidien. Et si une christianisation quantitativement importante résulta de l'action méthodique de l'Église romaine, c'est parce que cette action fut qualitativement doublée, appuyée, vivifiée de l'intérieur par des trésors de dévouement, d'héroïsme, de charité, de spiritualité, d'imagination créatrice.Se pose toutefois la question des limites de la christianisation ainsi réalisée entre l'arrivée de Luther sur la scène historique et l'époque de la mort de Voltaire. À peine remis de la secousse protestante, le catholicisme dut affronter le choc des « Lumières ».
Dès le VIIe siècle, le monde arabo-musulman a été l'un des plus importants dans l'histoire, les Arabes ont étendu leur domination sur une large part de la zone méditerranéenne et sur le Proche et le Moyen-Orient. Cette suprématie a été marquée par un système politique original, par l'expansion de la religion musulmane et celle de la langue arabe, par une activité économique considérable et par de multiples réalisations culturelles et artistiques. Le souvenir de cet âge d'or est encore très présent dans l'esprit des populations musulmanes et explique en partie quelques unes des réactions actuelles.
Ce livre reconstruit les deux vies et les deux visages du plus important État de type nouveau du XXe siècle. Il repose sur les documents d'archives rendus disponibles par l'effondrement de l'URSS, sur les mémoires post-soviétiques, sur les recensements, les oeuvres littéraires, les témoignages de la dissidence, ainsi que sur les recherches novatrices qui sont parues après 1991. Ces sources, dont une présentation raisonnée - à la fois thématique et chronologique - sert d'introduction au volume, ont permis à l'auteur de présenter une image nouvelle, et plus crédible, d'une histoire qui a fasciné et effrayé le XXe siècle.
SOMMAIREAvant-propos -- Orientations bibliographiques Première partie : NOS CONNAISSANCESChap. I : Les lieux, espace rural, villes -- Chap. II : Le corps, le sens de la beauté corporelle, plaisirs du corps, le corps sous surveillance, le corps souffrant -- Chap. III : Le travail, les clercs de cour, les clercs organiques, les conquêtes de l'idéologie des métiers et du travail -- Chap. IV : Les représentations socio-politiques -- Chap. V : Prophéties et visions de la fin des tempsDeuxième partie : VOIES, RECHERCHES, DEBATSChap. VI : Les sources -- Chap. VII : Concepts -- Chap. VIII : Recherches et nouvelles perspectivesConclusion générale
« Les Îles britanniques, les Pays-Bas, la Scandinavie ne sont pas seulement voisins. Leurs histoires aux XVIIe et XVIIIe siècles sont apparentées. Il y a là un secteur distinct, un plus grand dynamisme économique, le détachement de valeurs traditionnelles - qu'exprime l'hostilité contre la religion romaine -, le rejet précoce de la monarchie absolue. Mais le schématisme de ces traits saute aux yeux. [...] Un panorama d'entreprises en cours, de projets séduisants, ouvre des voies nombreuses, qu'une profession de foi peut toujours déclarer prometteuses. Pour regarder de plus près les matériaux et montrer à quoi et comment ils s'emploient, il valait mieux renforcer l'éclairage sur un petit nombre de chantiers, en poussant assez à fond la discussion. C'est en tout cas un moyen de rappeler que les questions cruciales sont toujours ouvertes. »
Sur le plan de l'histoire juridique, dans l'Europe de l'ouest qui relevait de Rome et de son droit, la persistance d'une Antiquité tardive jusqu'à l'orée du Moyen Âge que Duby qualifiait de « classique » semble se confirmer : la survivance des codes impériaux, la constitution d'un premier droit de l'Église, le maintien d'une pratique formulaire, les calques romains dans les lois dites « barbares » et les échos d'Isidore de Séville jusqu'en Irlande. Pourtant, à y regarder de plus près, le droit romain est un droit populaire, qui compose avec des pratiques provinciales, et si le droit qu'établit l'Église au IVe siècle respecte celui de la res publica, il n'en est pas moins une nouveauté. Les lois barbares s'efforcent d'adapter les coutumes des nations aux exigences de l'ordre impérial : la permanence de l'Antiquité en droit, surtout dans le nord de l'Europe, est peut-être plus une illusion de forme qu'une réalité de fond. C'est ainsi que tous ces courants confluent pour former un droit vivant qui, à travers ses déclinaisons multiples, peut être qualifié d'« européen ».
L'intérêt de cette étude des divers aspects de la civilisation romaine sur une longue durée, depuis le début de l'hellénisation de Rome au IIIe siècle av J-C jusqu'à l'Antiquité tardive, est de proposer une approche différente sur ce sujet classique, pour le comprendre autrement. En s'abstenant de privilégier une Rome classique idéale, les auteurs ont voulu rendre compte des mutations et des renouvellements perceptibles jusqu'à la christianisation et au début de l'âge byzantin, des diversités régionales, en particulier de l'émergence en Orient des cultures syriaques et copte. Ce ne sont pas des chapitres juxtaposés sur l'histoire de l'art, de la littérature, de la philosophie... mais une relation avec le contexte politique et social dont elles étaient l'émanation. Un ouvrage ambitieux et original, parfaitement maîtrisé, supposant de la part des auteurs une grande culture et une profonde réflexion, donnant en outre un aperçu des débats et des controverses en cours. "L'Histoire de la civilisation romaine ne décrit pas le tableau figé d'une Rome éternelle, qui n'a jamais existé, sinon comme rêve des Modernes. L'ouvrage insiste au contraire sur les évolutions au cours des siècles d'une civilisation dont les structures furent le droit, les villes, les arts figurés et une culture de lettrés et de spectacles. Il analyse les relations entre le pouvoir romain et les cités, offre des synthèses thématiques, propose des mises au point sur les débats historiographiques actuels et rassemble une large bibliographie."
Un des faits marquants de l'histoire du monde occidental fut que la religion catholique soit devenue, à peine trois siècles après son apparition, la religion de l'Empereur puis la religion dominante. Elle s'enracine dans l'historie du peuple juif et prétend en être l'aboutissement.
Habituellement perçu dans l'ombre du siècle précédent , le IVe siècle n'en est pas moins une période capitale dans l'histoire de la culture grecque : celui qui fait passer de Périclès à Alexandre, qui voit s'opérer des transformations aussi diverses que fondamentales. Résultant de la collaboration de spécialistes reconnus, ce livre propose un bilan complet et largement renouvelé par les découvertes et recherches récentes de ce siècle charnière. « Nous avons cherché à donner un sens le plus clair possible à la période qui a souvent à tort été assimilée à un moment de crise pour le monde grec. » Le volume précédent consacré au Ve siècle est paru dans la même collection en 2001 sous la signature de Pierre Briant, Pierre Levêque, Pierre Brulé, Raymond Descat, Marie-Madeleine Mactoux
Sur toutes ces mutations étonnantes qui se déroulent sur quelque six siècles et furent les témoins de plusieurs temps forts, tragiques parfois, de la grande aventure grecque d'Homère à Hérodote, l'auteur réalise une synthèse passionnante des connaissances actuelles. Le lecteur chemine de la culture orale des maîtres de l'épopée aux premiers pas décisifs d'une culture écrite, de la si singulière et féconde pensée mythique à cette conscience historique qui va révolutionner la vision humaine du monde, de la mystérieuse guerre de Troie aux bien réelles guerres Médiques, d'un mode de vie sociale archaïque à des expériences de vie plus proches de notre sensibilité démocratique.
Cette approche régionale est, d'une certaine manière, une histoire éclatée : par exemple, la Grèce, l'Égypte et la Gaule, même réunies au sein de l'Empire, restèrent des mondes profondément distincts. Pourtant on percevra, tout au long de ces chapitres, une unité de destin liée à l'adoption d'une culture dominante hellénistico-romaine et à la référence à la communis patria romaine, transcendant les particularismes. Rassemblés au départ par une conquête brutale, ces peuples, ces régions disparates sont lentement devenus solidaires de l'Empire et solidaires les uns des autres. Plus que la conquête, ce fut le grand succès de Rome.
Sous ce titre général se cache un pan d'histoire dont la diversité et la complexité thématique sont considérables. Dans ce vaste Orient appelé aussi par les Italiens et Catalans du Moyen Âge Ultramare, la présence des Latins, avec la création des Etats latins en Syrie-Palestine, Constantinople, en mer Egée et en Morée, se manifeste sous trois formes d'intensité variable selon la période étudiée : le commerce, la guerre, les pèlerinages et voyages de découverte jusqu'en Chine avec implantations de missions. L'activité commerciale s'appuie sur une entreprise de colonisation avec la création de comptoirs dans les Etats nés à la suite des conquêtes réalisées lors des croisades. Les croisades unissent deux pratiques essentielles : la guerre sainte et le pèlerinage vers les Lieux saints. Une synthèse fondamentale sur une période historique clef, pour laquelle une "vision coloniale" a trop souvent guidé la recherche en donnant à l'Occident un rôle dynamique face à un Orient considéré comme passif. Il devient nécessaire de réexaminer l'image laissée par les Latins en Orient.