Mémoires du XXe siècle
L'auteur de ce journal consigne son emploi du temps jour après jour, décrivant un quotidien on ne peut plus banal....pourtant la période, elle, ne l'est pas : il porte une étoile jaune. C'est en le suivant dans le Paris occupé que sa petite-fille tente de reconstituer la vie sociale et intellectuelle qu'il s'est efforcé de mener, tant bien que mal, avant la date fatale du 13 octobre 1943, jour de son arrestation et de son transfert à Drancy, puis Auschwitz, dont il ne reviendra pas.
On a beaucoup publié sur les soldats de la Grande Guerre, nettement moins sur les civils de l'arrière. Les deux récits présentés ici ont été écrits par des habitants de la campagne située juste au nord de Reims : le premier témoin était adolescent, le second instituteur à la retraite. Des expériences qui se complètent et nous en apprennent long sur la cohabitation forcée entre les Allemands et la population des zones occupées.
Chaque jour ou presque de la Grande Guerre, le Général Guillaumat (1863-1940) a écrit à son épouse. Ces lettres et diverses notes et correspondances du général avec des personnages connus constituent l'essentiel de cet ouvrage. En même temps que le témoignage historique d'un des chefs des armées françaises, ces lettres offrent le portrait d'un homme attaché à sa liberté de pensée, qui porte sur le monde et les hommes qu'il côtoie un regard à la fois sévère et plein d'humour.
Les personnalités d'André et Marcelle Blanc, formées entre les deux guerres au sein de familles engagées politiquement à gauche, sont caractérisées par un militantisme actif forgé à l'Ecole de la République. Tous les deux seront fortement impliqués dans le combat antifasciste. Après la participation active à la Résistance en Bourgogne, les succès universitaires du géographe André Blanc le conduisent en 1948 à Zagreb dans le cadre de ses recherches. Isolés à Zagreb André et Marcelle Blanc ne disposent d'aucun moyen d'analyse de la situation... C'est "l'affaire Tito", la rupture entre la Yougoslavie socialiste et le bloc soviétique, c'est l'époque des procès dans les "démocraties populaires".
Alexandre Nicolas est né le 6 juin 1917 à Saïda en Algérie. Pour cet enfant d'un petit village des Hauts Plateaux de l'Algérie, l'armée est une promotion dont il est fier. Comme celle de l'Education nationale qui le fait instituteur en 1937. C'est son histoire qu'il raconte ici : lieutenant pendant la guerre, instituteur jusqu'au bout, il deviendra en 1962, à Sidi-Bel-Abbès, directeur de l'Office culturel français, puis s'installera en 1964 à Aix-en-Provence, ville d'où était parti son père en 1912 pour Saïda.
Cet ouvrage évoque le séjour de l'auteur à Mauthausen et Gusen. Mais il retrace aussi un cheminement plus large : celui d'un lycéen bordelais résistant à l'occupant nazi, puis d'une reconstruction de soi au retour. "Je n'ai pas retenu l'ordinaire du camp". L'écriture investit ces instants sporadiques où se préserva la conscience, c'est-à-dire l'humanité...
La Première Guerre mondiale est déclarée depuis 4 mois quand Armand Truel, 18 ans, quitte son village du Lot pour rejoindre Montpellier. Instruit pour devenir sapeur-pompier du génie, il rejoint le front de Champagne en avril 1915. Pendant 100 jours, il creuse des galeries, met à feu des fourneaux de mine et aménage les entonnoirs causés par des explosions. C'est ce récit, reconstitué à partir d'éléments de mémoire familiale et de très nombreux documents d'archive, qui est ici proposé.
Robert Verdier incarne un demi-siècle d'histoire socialiste française et surtout une espèce rare d'homme politique: peu soucieux de faire carrière et pourtant très présent, toute une génération durant, sur un terrain capital mais méconnu, la social-démocratie à la française. Loyal à la social-démocratie et à quelques hommes choisis qui, à ses yeux, l'incarnent, son expérience des "allées du pouvoir" nous vaut quelques portraits définitifs. Un grand apport de ces Mémoires tient dans la reconstitution de toute une société social-démocrate trop longtemps laissée dans l'ombre.
Lucien Elkind fait le récit de sa déportation à Auschwitz, des multiples péripéties qu'il a subies et des souffrances qu'il a endurées.