Le Théâtre d'Actes Sud-Papiers
Banale rencontre d'après-guerre, comme il s'en est produit des milliers... Elle a survécu aux camps. Il a survécu lâchement, avec marché noir et petites combines. Leurs souvenirs ne sont pas les mêmes ; chacun a entassé dans sa mémoire d'autres moments de vie. Ils se tendent la main, sans pouvoir faire que leurs doigts s'effleurent. Et pourtant, on aimerait tellement qu'ils renouent avec une raison de vivre. N'importe laquelle...
L'insupportable quotidien de deux hommes qui se déchirent. 5 hommes, 4 femmes / durée : 1 h 30.
"Je dois savoir tous les goûts de vie. Tristesse. Mélancolie. Lenteur qui rend lourd, ça fait partie du tout. Je dois vivre et connaître tout ça, l'un et l'autre. La peur, la joie, le vague à l'âme de vie. Tout." 17 août, 17 h 58 : c'est la date et l'heure de la fin du monde, annoncée par les scientifiques. Au milieu du chaos provoqué par cette prédiction, une femme attend un enfant qui ne naîtra pas. Vient alors pour elle l'urgence de le mettre au monde et pour lui de vivre toute une vie en seulement quelques jours.
J'aime beaucoup les étincelles des courts-circuits, les immeubles qui tombent, les gens qui glissent ou qui s'envolent, bref les sursauts. Ces petits moments délicieux qui nous disent que le monde n'est pas définitivement prévu et qu'il existe encore quelques endroits où la réalité ne nous a pas refermé ses portes sur la tête. Ces courtes fables, portraits, gribouillis, réunis sous le titre "Théâtre sans animaux", sont une modeste contribution à l'art du sursaut et un hommage à tous ceux qui luttent contre l'enfermement morose de la mesure. Jean-Michel Ribes, L'Eloge du sursaut.
La nouvelle pièce tragicomique de Jean-Claude Grumberg. Un couple, Le Vieux et La Vieille, voit son quotidien bousculé lorsque leur fils, quarantenaire, revient vivre chez eux et passe son temps enfermé dans sa chambre.
L'été, à l'ombre d'une maison paternelle, les secrets d'une famille réunie croisent les secrets d'État, et l'intimité des personnages est traversée par les tremblements de l'Histoire. Entouré de plusieurs figures de pouvoir exemplaires, d'un ministre, d'une conseillère en stratégie militaire, d'une responsable de parti politique, d'une avocate, d'un metteur en scène, un vieil homme doit répondre à de graves accusations.
Cet enfant: Une succession de scènes courtes autour de la relation parents-enfants, avec des personnages durs et fragiles, terriblement humains. Sans jugement moral, ils interrogent la norme sociale d'un impossible modèle idéal de bonheur familial. «Né en 1963, Joël Pommerat, auteur et metteur en scène, a fondé la compagnie Louis Brouillard en 1990. Au théâtre, comme pour ses collaborations à l'opéra, il a la particularité de ne mettre en scène que ses propres textes, Toute son oeuvre est publiée chez Actes Sud-Papiers.»
Ca ira (1) Fin de Louis sera jouée du 4 au 29 novembre 2015 au théâtre Nanterre-Amandiers. Dans un monde bouleversé par les printemps révolutionnaires, alors que l'Europe est secouée par le retour des nationalismes et la radicalisation, l'auteur et metteur en scène interroge l'histoire de la Révolution française. Comment s'emparer de cette matière historique bouillonnante élevée au rang de mythe et éclairer ses liens avec notre présent ?
À l'aube des 80 ans de la Libération, Éva Doumbia livre un diptyque sur les tirailleurs sénégalais, longtemps oubliés de l'histoire. Elle ancre les pièces dans deux temporalités différentes, en 1940 et en 2012, continuant ainsi sa fresque familiale initiée avec Le Iench, publié en 2020, chez Actes Sud-Papiers.
Le récit de Lacrima, la commande d'une robe de mariée passée par la princesse d'Angleterre à un atelier de haute couture français, pourrait être celui d'un conte de fées. Toute fois, histoire de larmes plus que d'un vécu heureux, trajectoires de petites mains plus que d'altesse royale, Lacrima dénoue les fils qui, de génération en génération, tissent le secret, exerçant chez les êtres qui en sont le réceptacle inconscient, dans les corps qui en portent les stigmates, une violence muette. Entre Paris, Alençon et Mumbai et à travers l'éclatement des abcès putrides contenus dans ces enveloppes charnelles sacrifiées, les péripéties de cette robe-trésor provoquent dans la vie de ceux qui travaillent à sa conception des cataclysmes irréversibles.
Lorsque nous pensons à Phèdre, d'emblée s'impose à notre esprit l'image d'une fureur tragique, qui dévaste tout sur son passage. C'est oublier deux éléments : d'une part, la liberté dont use Phèdre quand elle s'oppose à l'autorité masculine, faisant d'elle une héroïne contemporaine capable de questionner les rapports de désir et de domination actuels ; et d'autre part, la puissance des passions qui aveuglent aussi bien Thésée qu'Hippolyte, conduisant tous les personnages dans le cercle infernal d'une violence indomptable. En adaptant la version de Sénèque avec audace et poésie, Frédéric Boyer parvient à rendre dans une langue française contemporaine la vigueur de ce texte, qui résonne alors étrangement avec nos propres tourments. Comme si l'histoire de cette tragédie était d'abord celle de notre parole, celle que nous taisons, que nous refusons d'entendre, et qui soudain fait irruption sur la scène.
Du 12 Septembre au 1er Octobre 2017 au théâtre du Rond-Point (Paris), puis en tournée dans toue la France pour 74 dates. Kery James, rappeur et poète humaniste, écrit une joute en phase avec le monde : deux avocats s'affrontent, les voix de « deux France » opposées, nantis et délaissés. Une agora passionnée pour un théâtre politique, radical.
Dans une mise en scène de Jean-François Sivadier : du 7 au 15 mars à la MC2 Grenoble, du 10 mai au 15 juin au théâtre de l'Odéon (Paris). Les frères Tomas et Peter Stockmann se ressemblent comme le jour à la nuit. Ensemble, ils ont pourtant fondé l'"établissement des bains" d'une petite ville portuaire du sud de la Norvège. Tomas, médecin intègre, mesure la qualité des eaux. En tant que maire, Peter compte sur la prospérité de la station thermale pour asseoir son pouvoir. Quand les eaux s'avèrent contaminées par la tannerie locale, les masques tombent. Le médecin croit devoir la vérité au peuple quand le politicien ne songe qu'à défendre ses intérêts. Le socle d'une pure tragédie ? Henrik Ibsen maintient sa fable sur une crête plus ambigüe. Autour de la fratrie déchirée, les citoyens papillonnent, hésitent et bifurquent jusqu'à la bouffonnerie. Quant à nous, c'est entre la consternation et le rire franc que nous balançons.
Polar, fiction et poésie se côtoient dans cette pièce de théâtre qui éclate les genres. À partir d'un fait divers fictif, Baptiste Amann cherche à démêler les rouages qui sous-tendent les féminicides. Réaffirmant que la littérature est le lieu du pardon et de la réflexion, l'auteur restaure l'humanité des individus particuliers, perdue dans la fureur médiatique et politique, qui instrumentalise les tragédies.
"L'époque est aux acharnés, Malal. La liberté ne se donne pas, elle se prend. Quiconque marche dans la mer ne doit pas craindre de se mouiller." Fajar raconte l'odyssée de Malal, jeune homme qui décide de quitter son pays d'origine pour rejoindre l'Europe et devenir poète. Un voyage initiatique qui fait vaciller les frontières et explore les chemins de la construction de soi. L'histoire d'un exil et de la découverte d'un monde des possibles.
Les représentations de la pièce auront lieu du 25 septembre au 3 novembre 2019 à La Cartoucherie de Vincennes. S'appropriant la figure d'Électre, Simon Abkarian propose une réécriture du mythe, plongeant le personnage à la pureté intransigeante dans les bas-fonds.
Une femme raconte. Son mal de dos, les rêves de sa voisine et amie, l'usine locale menacée de disparition, les familles au bord de la catastrophe, la guerre possible. Une simple chronique de la misère ? L'histoire déborde vite la volonté de neutralité de la narratrice, le paranormal infiltre le réel, l'action des individus contredit la parole collective. Sur un mode ironique et tragique, les artisans de cette fable théâtrale Missent une comédie noire. «Joël Pommerat met en scène ses propres textes avec la compagnie Louis Brouillard qu'il a créée en 1990. Au-delà du texte, il écrit avec la présence des acteurs sur scène, la lumière et le son. »Les Marchands« est le dernier volet de la trilogie commencée avec »Au monde« en 2004 puis »D'une seule main« en 2005 .»
Dans un lieu qui pourrait faire penser à un théâtre ou un cabaret, un présentateur, un maître de cérémonie orchestre une soirée hors du commun, divertissante, et brûlante mais aussi très déconcertante. Personnages : plus de dix hommes et femmes / Durée : 2 h 30.
Vingt-quatre siècles après la création de Philoctète, Wahid entreprend de monter cette tragédie de Sophocle, l'immortel porteur des peines du monde. Mais le décès du poète Robert Davreu, qui devait en assurer une nouvelle traduction, complique son travail. Afin de retourner aux origines de la pièce et d'en imaginer la scénographie, il entame alors un voyage en Grèce, à la recherche des malheurs du grand Argonaute. «Connu pour la force de son théâtre épique, notamment le cycle »Le Sang des promesses« (»Littoral, Incendies, Forêts, Ciels«), Wajdi Mouawad est aussi l'auteur du roman »Anima«, traduit en plusieurs langues. Son oeuvre a été saluée par de nombreuses récompenses, dont le prix littéraire du Gouverneur général du Canada en 2000 et le grand prix du théâtre de l'Académie française en 2009.»
Après "Électre des bas-fonds", Simon Abkarian s'inspire d'un nouveau mythe antique, l'histoire d'amour entre Ménélas et Hélène, en conservant sa dimension épique et tragique, mais en le plaçant dans une criante modernité, faisant la part belle aux questionnements des femmes de notre temps. Hélène, loin de la lascive passivité dont elle fait preuve dans le texte d'Homère, confronte Ménélas à ses abus et l'oblige à constater les dégâts commis par ses pairs.
Ce diptyque retrace l'histoire d'amour de Paul et Liliane. Une trajectoire banale de deux personnes issues de milieux sociaux radica lement opposés. Au milieu des années 1970, leurs chemins se croisent dans un train pour ne former qu'une seule ligne de vie. Dix-sept ans plus tard, alors qu'ils sont désormais séparés, Paul et Liliane se retrouvent. Les pièces mettent en exergue l'influence des conditionnements sociaux et des rapports de classe au sein des relations amoureuses et nous interroge sur ce que l'on garde de nos utopies lorsque l'expérience de la vie les a épuisées.
Estelle, femme de ménage honnête et dévouée, est le souffre-douleur des employés de l'entreprise. Convaincue pourtant que l'humanité est profondément bonne, elle tente de trouver un sens à la cruauté des hommes dans la symbolique des rêves. Grand Prix de la critique 2011.
Le combat de Drissa Diarra, un garçon noir, qui rêve d'une vie banale dans un pavillon de province : une famille blonde, deux voitures dans le garage, les repas du dimanche, un chien. Mais cette vie-là est-elle possible ?
A l'entrée d'une Athènes moderne en émeute, Oedipe s'arrête de cheminer en compagnie d'Antigone, à la fois sa fille et sa soeur. Ici prendra fin, selon l'oracle, la traversée des malheurs de cet ancien roi de Thèbes, dans les ruines d'un antique théâtre, au bord de l'aube. Quand s'ajoutera à la sienne la mort du jeune Alexandros Gregoropoulos, Oedipe reconnaîtra qu'en ce mélange de vies égarées et de temps confondus les aiguilles du chagrin font tourner le cadran des présages ineptes : aujourd'hui comme hier, il faut s'enfoncer dans le labyrinthe des mots pour que vibre l'écho des enfances perdues. «Connu pour la force de son théâtre épique, notamment le cycle »Le Sang des promesses« (»Littoral, Incendies, Forêts, Ciels«), Wajdi Mouawad est aussi l'auteur du roman »Anima«, traduit en plusieurs langues. Son oeuvre a été saluée par de nombreuses récompenses, dont le prix littéraire du Gouverneur général du Canada en 2000 et le grand prix du théâtre de l'Académie française en 2009.»
Ces dernières années, les artistes non-blancs de France se sont engagés dans diverses actions pour faire entendre la discrimination dont ils sont victimes. Le but de cet ouvrage est d'analyser l'enjeu sociétal et créatif que représente la présence de ces artistes dans le paysage théâtral français.
Deux pièces, drôles et cyniques, mettant en scène l'auteur de théâtre dans tous ses états. Dans "Tachkent", un auteur de théâtre ne parle plus que pour dire du mal des metteurs en scène qui ont monté ses pièces. Une actrice qu'il a aimée, un acteur idolâtre et une maîtresse opportuniste essaient de le ramener à la réalité. Mais sont-ils bien réels eux-mêmes ? Dans "Comment j'ai écrit la pièce", Rémi De Vos se met en scène pour la première fois et se montre en plein processus d'écriture, révélant ainsi ses obsessions, ses craintes, ses doutes et les rouages de la création.
Les trois pièces que Jean-Claude Grumberg a consacrées à la judéité. Dreyfus... : 8 hommes, 2 femmes / durée : 1 h 30 L'Atelier : 4 hommes, 6 femmes / durée : 2 h Zone libre : 7 hommes, 5 femmes, 2 enfants / durée : 2 h 30
Dans un huis clos sombre comme un gouffre, comme un ventre, une famille se protège de la lumière et de la vie du dehors. La scène s'ouvre avec la célébration de l'anniversaire de la fille adoptée, et le retour du fils cadet, militaire. Vieux monde masculin des affaires, de la transmission familiale, du pouvoir, de l'argent, monde qui cohabite avec celui des femmes, la jeunesse, la beauté, l'amour qu'elles n'arrivent pas à exprimer. Chacun recherche avec obstination sa vérité, mais plus la quête progresse, plus c'est l'indicible, le mystère nourri de désir et de trouble qui devient évidence.
Dans "Cercles / Fictions", l'inquiétude naît du croisement de courtes histoires autour de périodes de guerre ou de crise, du Moyen-Âge à celle de 1914-1918, de crises domestiques en crise sociale. Qui mène le jeu ? Qui a pouvoir sur qui, en définitive ? Qui est au centre, la fiction ou la réalité ? PERSONNAGES : une multiplicité, pouvant être joués par 3 femmes et 5 hommes. Durée : 2 h 40.
À travers des exercices d'improvisation, Alain Knapp propose une démarche graduelle et méthodique pour inviter les comédiens à se poser les bonnes questions face un canevas et à faire preuve de créativité sans pour autant tomber dans différents écueils tels que le pittoresque, l'anecdotique, le spectaculaire ou le "théâtral" à tout prix.
Ce premier volume se consacre aux années de jeunesse de Patrice Chéreau, de sa première mise en scène en 1963 (L'Intervention de Victor Hugo) à la création du Prix de la révolte au marché noir au Théâtre de la Commune à Aubervilliers en 1968. Pendant ces cinq ans, le lecteur suivra les réflexions du metteur en scène depuis ses débuts dans le groupe théâtral du Lycée Louis-le-Grand au Festival d'Erlangen (1963-65), de Gennevilliers à Sartrouville (1966-69). Devant cette oeuvre monumentale aux fabuleux travaux préparatoires, conservés à l'IMEC, il a fallu renoncer à l'exhaustivité. Voici une sélection de notes, restituées chronologiquement, dans lesquelles le metteur en scène pense son travail, analyse une pièce, cherche son geste et évoque ses collaborations. Dès ses premières mises en scène, Patrice Chéreau prend l'habitude de dater ses notes, couchées à la hâte, le plus souvent sur des feuilles volantes qu'il émaille de nombreux croquis. On y lit qu'il travaille simultanément sur différents projets, que l'artiste change de paradigme médiatique, pensant d'abord le théâtre avec la grammaire de la peinture avant de lui préférer celle du cinéma. En parcourant ces écrits et ces dessins, c'est la pensée, la définition de l'esthétique, le discours sur le monde du metteur en scène et les questions politiques de son temps qui apparaissent au lecteur. Ces écrits sont aussi la trace de ses lectures marxistes à partir desquelles il analyse les oeuvres littéraires et les rapports de forces dans les sociétés. On y retrouve enfin l'admiration de Patrice Chéreau pour Bertolt Brecht et le Berliner Ensemble, sa tentative d'un théâtre militant à Sartrouville qui précède un intérêt marqué pour la troupe américaine du Bread and Puppet Theatre.
Aujourd'hui. Dans un night-club de la péninsule arabique. Alors que la Vierge-immaculée-miraculée essaie de réécrire l'Historie pour se réapproprier son corps et les plaisirs qui lui reviennent, alors qu'Aphrodite-désir-du-monde se tourne vers le cinéma, Phèdre toujours passe du corps du père à celui du fils. Humiliée par Thésée, mais incapable de résister à la terrible inflammation de son coeur et au regard d'Hippolyte, elle repasse et trépasse - depuis que les dieux ont fermé boutique - à travers les siècles de l'odyssée féminine. «Comédien, metteur en scène, romancier d'»Anima« (2012) et directeur de La Colline - théâtre national, Wajdi Mouawad est l'auteur du quatuor épique »Le sang des promesses« (»Littoral, Incendies, Forêts, Ciels«). Son oeuvre, traduite en plusieurs langues, a été saluée par de nombreuses récompenses internationales.»