Sylvie Chalaye
Sylvie Chalaye
Conscient des mutations de son époque, à l'affût du renouveau théâtral, Jean-Marie Serreau fait connaître Brecht après-guerre et ouvre la voie à Beckett, Ionesco, Genet. Il est le premier à croire en la modernité de leur écriture et à introduire sur les scènes les technologies audiovisuelles. Il contribue à l'aménagement du cloître des Carmes, la seconde scène du festival d'Avignon, et fonde le Théâtre de la Tempête, à la Cartoucherie. Convaincu que l'universalisme occidental doit céder la place, il participe à décoloniser les imaginaires en révélant en France Kateb Yacine ou Aimé Césaire et en déployant au plateau des distributions polychromes. Son engagement esthétique et politique fait étonnement écho aux questionnements qui soulèvent le théâtre d'aujourd'hui.
Ces dernières années, les artistes non-blancs de France se sont engagés dans diverses actions pour faire entendre la discrimination dont ils sont victimes. Le but de cet ouvrage est d'analyser l'enjeu sociétal et créatif que représente la présence de ces artistes dans le paysage théâtral français.
Après le succès du beau livre événement de la rentrée 2011 et des trois documentaires associés, en voici la version " texte ", brochée et sans illustrations, amenée à devenir la référence au carrefour de la culture, de l'histoire et des mémoires croisées de trois siècles de présences des communautés noires en France.
Longtemps passées sous silence, la sexualité dans les empires coloniaux et la domination sur les corps apparaissent aujourd'hui comme des sujets de recherches majeurs. Les héritages de cette histoire font désormais débats dans nos sociétés de plus en plus métissées et mondialisées. Six siècles d'histoire ont construit des imaginaires, des fantasmes et des pratiques analysés dans cet ouvrage au fil des cinquante contributions de spécialistes internationaux. Coordonné par un collectif paritaire de dix chercheur.e.s de plusieurs disciplines, l'ouvrage Sexualités, identités et corps colonisés tisse des liens entre passé et présent, et explore les nombreuses facettes de cette histoire. La publication de Sexe, race & colonies en 2018 a initié débats et polémiques, mais a aussi reçu un écho sans précédent. Ce nouveau livre va plus loin. Aux quinze articles majeurs du précédent ouvrage, réédités pour les rendre accessibles au plus grand nombre, ont été ajoutées trente contributions inédites éclairant la transversalité de cette question dans tous les empires coloniaux jusqu'aux sociétés postcoloniales actuelles. Ce livre permet de saisir comment la sexualité et les hiérarchies raciales ont été consubstantielles à l'organisation du pouvoir dans les empires et à l'invention d'imaginaires transnationaux. Déconstruire les regards coloniaux qui sont omniprésents dans nos représentations suppose de regarder en face cette hégémonie sexuelle mondialisée et ce passé, aussi complexe soit-il. C'est à ce prix qu'une décolonisation des imaginaires sera possible. Avant-propos d'Antoine Petit, président du CNRS Postfaces de Leïla Slimani et Jacques Martial