L'éducation spécialisée au quotidien
Cet ouvrage relate douze scènes de la vie d'une éducatrice spécialisée auprès d'enfants, d'adolescents et de jeunes adultes, dans différents lieux d'accueil et d'hébergement. Il montre l'importance de la rencontre authentique, de la disponibilité à l'imprévu, de l'écoute de l'Autre, de l'ouverture à ce qui « fait signe », à ce qui fait sens et priorité chez un humain en mal de « grandir ». Les situations rapportées mettent en lumière l'importance de l'engagement dans le champ de l'éducatif. Elles saisissent la poignante complexité des réactions d'un humain privé d'enfance, proie de violences et de tensions incompréhensibles pour lui. Leurs dénouements - parfois improbables - révèlent les possibilités surprenantes de l'éducatif appréhendé en tant que « mise au travail » de personnes se réconciliant avec elles-mêmes et leur environnement, en s'autorisant à exister. Les deux auteurs s'accordent sur la place des émotions et sur la prise en compte des vulnérabilités en tant que creusets du travail d'humanisation dont l'éducatif est en charge. Ils insistent sur l'indispensable capacité du professionnel à se reconnaître lui-même vulnérable afin de pouvoir « faire rencontre » avec des personnes démunies. Ils alertent sur la double nécessité de l'implication et de la réflexion, tant personnelle que collective, afin de décrypter le sens sous-jacent qui fait énigme et permettre au professionnel une distanciation de ses propres affects et des « prêts-à-penser ».
« Révéler l'humanité du môme derrière l'acte délictuel réprimé, voilà la quête permanente mais usante de tout éduc de la Protection judiciaire de la jeunesse. La dissonance cognitive m'a parfois paralysée devant l'inversion des valeurs de leurs discours dénués de remords. Je regrettai presque de leur trouver tant de circonstances atténuantes. Je claudiquai, luttant entre deux forces contraires, oscillant entre coeur et raison, foi et résignation. Et il suffisait alors parfois d'un sourire authentique, d'un rire tonitruant, de sanglots désespérés, d'excuses ou d'efforts sincères pour que je me mette à y croire à nouveau. J'expérimentai l'ambivalence, le tiraillement, le syndrome du professionnel secoué. Ce douloureux apprentissage intime et collectif de la désillusion permet paradoxalement à l'éducateur et à l'équipe de trouver l'équilibre dans un univers toujours sur le fil du rasoir. » Dans ce récit écrit à la première personne, Sophie Moreau explore la dimension collective de la relation éducative dans un foyer de la PJJ. Elle porte un regard aigu sur les difficultés du travail en équipe, sur les illusions d'un accordage des visions éducatives selon le seul intérêt de l'enfant, sur la singularité de la place de la « femme-éducatrice » auprès de groupes d'adolescents essentiellement composés de garçons, sur les liens entre la délinquance et la psychiatrie pour des mômes aux parcours chaotiques, sur l'impact des vécus parentaux sur le devenir de ces mineurs... tout en proposant une réponse éducative « décalée » au quotidien.
La presque banale expérience éducative d'une équipe au travail en lieu de vie et d'accueil est une véritable aventure ! Patrick Tesson transmet les savoir-faire et savoir-être accumulés tout au long de sa carrière auprès d'enfants et d'adolescents placés à l'Aide sociale à l'enfance. S'inscrivant dans une dynamique militante, l'ambition de l'auteur est de convaincre du potentiel si mal exploité des lieux de vie et d'accueil (ldva) qui sont une alternative éducative à l'inadéquation des modes d'accueil de l'ase pour les 55 000 enfants et jeunes majeurs en grande souffrance placés en établissement. En 40 chapitres, composés chacun d'un témoignage sur un aspect de la vie quotidienne, d'un dessin humoristique et d'une fiche pratique, l'ouvrage montre que malgré les difficultés rencontrées - et parfois à cause d'elles - jeunes et éducateurs construisent le « vivre ensemble » si particulier d'un lieu de vie et d'accueil. Une documentation précise, mise à jour et complétée - avec fichiers à télécharger -, donne toutes les clés (administratives, juridiques, financières, organisationnelles...) pour faciliter la création d'un tel lieu. Cette nouvelle édition s'est enrichie d'une Foire aux questions qui apporte des réponses concrètes aux interrogations que l'auteur a reçu via son groupe Facebook « Le lieu de vie et d'accueil, une relation éducative, pourquoi pas moi ? » Avec des dessins en couleur de FRANX (Michel Vrancks) et HACHE (Didier Henroz),
« S'ils veulent sauver leur métier, et de manière plus générale s'ils veulent sauver les métiers de l'humain, les adultes éducateurs n'ont d'autre choix que d'oser le verbe aimer. Aimer veut dire éduquer chaque fois que la rencontre est un dialogue entre l'intimité de deux « je » : celle d'un adulte perçu comme référent et celle d'un gamin aperçu dans ses possibles. Dès lors, parce que fondée sur le consentement et la réciprocité, se trame une relation éducative qui est aussi une relation d'amour. » Philippe Gaberan poursuit sa réflexion sur la relation éducative (érès, 2003, rééd. 2016) en s'attaquant au dogme de la posture professionnelle détachée des implications affectives. Parce qu'elle met en scène l'homme dans ce qui fait l'essentiel de son humanité, la relation d'amour est l'un des plus puissants leitmotivs de la littérature, un incontournable du discours philosophique mais aussi un concept majeur des sciences de l'éducation. Aux limites de la présence de l'être au monde, elle oeuvre à faire advenir du « pas encore là » dans le « déjà là » pour peu qu'elle intègre les éléments essentiels d'une éthique de l'éducation.
Dans cet ouvrage qui se lit comme un roman, Jacques Trémintin raconte le quotidien d'un référent de l'Aide sociale à l'enfance. Il embarque le lecteur dans sa voiture, au domicile des familles, dans son bureau, au collège, au tribunal pour enfants... Avec gravité, empathie et humour, il rend compte de situations poignantes où se mêlent souffrances et violences, négligences et maltraitances, mais aussi parfois tendresse et émotion. Son propos, sans concession, n'hésite pas à écorcher son administration, tout en exposant tant ses propres réussites que ses échecs, ses fulgurances que ses hésitations, ses satisfactions que ses déceptions. Même si chaque accompagnement demeure singulier, il dessine, dans une logique de transmission de valeurs, de passage de relais à la jeune génération, les contours d'une fonction éducative qui, relevant de l'art de la relation d'aide, oblige à inventer et à innover. « L'intérêt et la force des récits de Jacques Trémintin résident dans la pensée de l'agir éducatif. Le lecteur est invité à partager une posture éducative qui n'est pas seulement celle de l'auteur mais aussi celle de tout éducateur véritablement engagé dans le métier. Au plaisir de la lecture s'ajoute alors la sensation d'une plénitude liée au sentiment d'appartenir à une même corporation ; non pas au sens d'un groupe d'intérêts mais d'une communauté de savoirs. » Philippe Gaberan
L'ouvrage est une réponse à la question « à quoi ça sert d'être éducateur ? » A contre-courant d'une pensée unique qui réduit le sens d'une pratique à son utilité, l'auteur affirme que la relation éducative ne sert ni à guérir, ni à ramener des individus dans la norme, ni à réparer un préjudice comme y invite l'arrêt Perruche, mais à les aider à surmonter l'injustice liée à leur différence et à trouver du sens à leur vie. C'est ce que l'auteur appelle passer du « vivre » à « l'exister ». Prenant appui sur l'expérience de terrain et sur cinq histoires de vie, l'ouvrage présente une relation éducative fondée sur l'engagement de l'éducateur autant que sur son savoir-faire professionnel. Il renoue avec les valeurs fondamentales du métier et tisse le lien entre l'éthique et la pratique.
« Éducatrice en foyer de la PJJ, moi, Sophie, d'un tempérament anxieux et hypersensible. Du haut de mon mètre cinquante-cinq arborant quarante-huit kilos, mon esprit buvard a témérairement intégré un environnement inconnu, hostile sur le papier pour un profane de la délinquance juvénile : un foyer d'hébergement du ministère de la Justice, accueillant des mineurs entre 13 et 18 ans sous mandat judiciaire, ayant commis des actes de délinquance plus ou moins lourdement réprimés sur l'échelle judiciaire, plus ou moins graves et contestables sur le plan moral. Des délits ordaliques proches d'une forme de rite initiatique, fruits pourris d'une pensée immature et influençable, aux crimes insupportables et inimaginables dignes de l'ignominie, j'ai fait face, sans fard ni fioritures, à des mômes mis en examen pour une palette d'infractions allant du plus banal au plus sombre, du plus anecdotique au plus impensable. » Ce journal intimiste constitue une immersion dans la délinquance juvénile à travers le regard engagé d'une jeune éducatrice en foyer du ministère de la Justice. Il décrit un métier atypique et un quotidien mouvementé auprès d'un public méconnu et pourtant fantasmé : les mineurs délinquants.
La protection de l'enfance s'est longtemps appuyée sur une logique du OU : OU on soutenait la famille (AEMO, AED...), OU, si les problèmes paraissaient trop graves, on plaçait l'enfant, souvent pendant des années, ce qui aboutissait parfois à sa mise à l'écart de sa famille. L'auteur propose une approche neuve de la protection de l'enfance, guidée par une logique du ET, qui implique de déployer un soutien - bien plus conséquent qu'en AEMO ou en AED - au domicile familial. Jean-Pierre Thomasset a pu constater les effets de cette clinique neuve, qu'il nomme « clinique de la Place », dans le Service d'adaptation progressive en milieu naturel (SAPMN) du Gard depuis le début des années 1980. Il en transmet la culture et propose les outils concrets pour la mettre en oeuvre. À partir de son expérience, il repère en quoi cette pratique s'inscrit, au-delà des discours traditionnels de la contrainte, des affects, du savoir, dans un quatrième discours qui prend acte de la place de chacun : le parent détenteur de l'autorité parentale, le mineur soumis à cette autorité, le professionnel chargé de remplir une mission de service public.
« Renaître par les métiers du cheval est le défi proposé à des jeunes en rupture de lien social par La Chabraque, un lieu de vie et d'accueil situé à Sever, dans l'Aveyron. Par des récits courts, offerts à une lecture libre, l'ouvrage donne à la notion de « vivre avec » du sens, des couleurs et du son, empruntés à l'amour, la filiation, le temps partagé, les espaces de la vie quotidienne. Autant de points de convergence jamais éloignés d'une carrière, d'une écurie, d'un cheval et de sa chabraque, nom donné à la couverture qui protège la peau du cheval des frottements de la selle. Ce livre témoigne-t-il d'un passé révolu ? Les auteurs n'éludent pas la question face à l'émergence d'une éducation spécialisée préférant le modèle nouveau d'une société inclusive à celui plus ancien des lieux de vie et d'accueil. Et pourtant, rien ne dit que ces deux modèles, l'ancien et le nouveau, ne peuvent pas coexister dans une même cohérence. L'un et l'autre disent le même besoin, pour des gamins en désespérance, de puiser en leur environnement les signes d'amour nécessaires pour retrouver un sens à la vie. Les auteurs proposent une définition au grandir comme étant l'art, tant pour le cheval que pour l'homme, de mettre son instinct à distance. Du bel ouvrage. » Philippe Gaberan
Ce travail propose une réflexion originale sur ce qui fait à la fois la nécessité et la difficulté de travailler aujourd'hui avec les familles, que ce soit dans le secteur social, celui de l'éducation ou celui de l'animation. S'appuyant sur une pratique vivante et des situations rencontrées et vécues dans différents types de structures, il invite à voir autrement les difficultés de communication et les malentendus qui grèvent trop souvent la relation parents/professionnels. Au-delà, le livre plaide pour une véritable coéducation en actes qui réunisse tous les protagonistes des relations éducatives, et qui soit ainsi susceptible de dépasser la plainte de la démission parentale ou les illusions de la répression. S'appuyant sur le travail d'une structure innovante, il propose des pistes d'action et de réflexion dans ce but. Tour à tour éducateur spécialisé, animateur et enseignant, Laurent Ott est actuellement directeur d'école primaire et docteur en philosophie.
« À la fois boîte à outils, manuel pédagogique et guide pratique, ce livre intéressera tant les professionnels aguerris que les novices, par la force de conviction qu'il véhicule et la riche expérience qu'il transmet : sonder les racines des comportements humains, donner du sens aux démarches administratives, transmettre un savoir-faire et un savoir-être. Patrick Tesson a eu cette fertile intuition d'articuler ces trois dimensions, offrant l'occasion au lecteur d'affronter le maquis de la réglementation, en donnant du sens à sa démarche ; de le nourrir de la richesse de la rencontre, en le convainquant d'être en situation autant de recevoir que de donner ; mais aussi de l'associer à cette réflexion conduite en permanence pour percer à jour les tenants et aboutissants de cette énigme qu'est et sera toujours l'être humain. Cette ambition, il l'a tout d'abord menée à bien en trempant sa propre plume dans l'encrier des vingt ans d'existence du "vivre avec" et du "vivre ensemble" de son lieu de vie et d'accueil : Les Alizés. Mais il a également voulu réaliser sa mission en installant sur l'écritoire ses compagnons d'aventure : salariés, stagiaires, bénévoles, ainsi que les jeunes accueillis qui livrent leurs souvenirs de leur passage chez le "père Tesson". [...] À l'heure où toute une génération passe la main, faisant de la place à du sang neuf, il est heureux que la transmission fasse son oeuvre. Ce livre m'a d'abord fait penser. Il m'a aussi fait rire. Et puis, il m'a ému. Mais, au crépuscule de ma propre carrière, ce qu'il m'a le plus apporté, c'est sans doute un coup de jeune. En refermant la dernière page, une envie m'a saisi : celle de créer un lieu de vie et d'accueil. Dans une autre existence, sûrement. » Jacques Trémintin, référent ase, journaliste à Lien social.
1975-1991, des dates, des événements ponctuent la vie institutionnelle... une enfant se noie, des accidents, des incidents, des parents disparaissent, Adieu Lucien, Adieu Madeleine...des enfants naissent, des faits divers dans les journaux, des nouvelles d'anciens bonnes et mauvaises, la drogue, la prison, le viol, l'hôpital psychiatrique, les sévices sexuels et psychiques, les suicides, les mouvements sociaux, des étonnements, des imprévus heureux. On vide l'institution en quelques heures pour raison de grève. On part tous à Paris en avion militaire. Merci pour l'année des handicapés ! Un voyage en moto au Maroc... des rigolades, des disputes, des réunions glaciaires, d'autres tropicales... Quoi qu'il arrive, la vie continue, la pensée seule peut sauver. Je ne suis pas un journaliste, je ne suis pas un romancier, je suis un psychanalyste qui a occupé des fonctions de direction dans une institution... Comment cela peut-il être possible ! La paradoxalité est le propre de l'humain, me direz-vous, mais quand même ! Je ne cesse de penser que l'éthique de la psychanalyse passe aussi par le fait de ne pas se désintéresser du monde qui nous entoure et de faire bénéficier les plus démunis d'une pensée qui me paraît essentielle pour la vie. R.P. Avec cet ouvrage, à la fois poétique et clinique, Rémy Puyuelo nous introduit dans cette institution, où les joies, les peines, les doutes et les trouvailles ponctuent le quotidien de ces enfants gravement blessés et de leur entourage soignant.
Des liens de sens existent, nous dit Lin Grimaud dans cet ouvrage, entre certains aspects de notre histoire personnelle et de notre engagement de soignant. Pour ces deux raisons complémentaires, un approfondissement de la connaissance de soi est donc indispensable au bon exercice de nos métiers. : 1. Nous travaillons avec ce que nous sommes et pas seulement avec ce que nous avons appris formellement ; nos repères personnels interviennent dans nos attitudes et nos propositions techniques ; 2. La confrontation avec des personnes en grand souffrance est déstabilisante, elle requiert du professionnel une compétence particulière à se mobiliser et à se réorganiser psychologiquement. Se référant à trois créateurs, Tosquelles, Lacan, Winnicott, qui ont balisé son parcours professionnel, Lin Grimaud témoigne ici de ce travail jamais achevé qui consiste à laisser parler et se répondre le proche et le lointain, l'expérience professionnelle et les traces de l'expérience infantile. Ce n'est qu'à ce prix que les professionnelle de la relation pourront efficacement s'engager dans un quotidien à visée thérapeutique. Ouvrir les lieux d'accueil et de soins à la vie sociale et à la singularité de la parole de chacun, apprendre à élaborer l'outil collectif, telle est la tâche des travailleurs sociaux qui se réalise à travers l'équipe et pas seulement à l'abri d'un statut d'éducateur, d'assistant social, de psychologue ou de psychiatre.
Cet ouvrage est le témoignage de la vie des adolescents et de leurs éducateurs dans un centre "d'éducation surveillée en Anjou, dans les années l938-1943, du temps de mon séjour. ll veut également rendre compte de l'influence de l`éducation active, inspirée des travaux de Decroly et de Montessori notamment, comme elle se pratiquait dans des lieux tels que le foyer de Soulins à Brunoy créé dès 1929 pour "enfants difficiles et instables", une réalisation parmi celles qui ont ouvert la voie à une pratique plus généralisée de l'éducation active» ER. Avec ce travail d'ethnographie au quotidien, l`auteur fait oeuvre de transmission. Il nous livre le combat des premiers éducateurs pour une humanisation des conditions de vie des enfants et des adolescents, jeunes reclus des maisons de conection. Même si ce temps fondateur de leur profession paraît lointain aux éducateurs d'aujourd'hui, ils découvriront entre les lignes une réflexion pertinente, ancrée dans la réalité, sur l'acte et Pengagement éducatif. La question de l'éthique (éduquer ou enfermer ?) qui est mise en scène d`une façon très vivante reste à méditer à l`heure où nous nous interrogeons sur le devenir des jeunes "sauvageons de nos banlieues.
« On parle d'eux, on parle sur eux, on leur parle beaucoup, on tente parfois de parler avec eux... "et si au lieu de leur parler, nous apprenions à nous taire (Deligny) » B. M. Ancien éducateur, compagnon de route de Célestin Freinet et de Fernand Oury, Bernard Montaclair, docteur en psychologie, a lancé et dirigé le service d`action éducative en milieu ouvert de Caen. puis l'école d'éducnteurs spécialisés de Caen-Hérouville. avant de poursuivre son chemin dans la psychothérapie et l'écriture.. Dans cet ouvrage, il met à profit son expérience professionnelle et personnelle pour livrer au lecteur des exemples vécus qui deviennent des supports de réflexions sur la fracture sociale, lïllétrisme, la marginalité_ le handicap. la maltraitance, etc. et sur les réponses des institutions aux problèmes qu`elles cherchent à résoudre. Chemin faisant, il témoigne d`une éthique personnelle alliée ît une grande humanité. Il apporte également un éclairage instructif sur la place et le rôle des psychologues en institution éducative. Présence chaleureuse, écoute, bien-veillance", ces qualités qu'il illustre si bien ne sïmprovisent pas. et leur pratique suppose formation appropriée et soutien attentif. Elles demeurent, par delà les techniques, les clés plus que jamais d'actualité de l'intervention sociale.
Transmettre le savoir-faire des éducateurs dans leur travail quotidien ne relève pas d'un traité d'éducation. Au contraire, il s'agit de montrer à quel point l'éducation, affaire d'individus singuliers, de rencontres interhumaines, est intraitable. Au fil de l'ouvrage, Jacques Loubet déploie une conception de l'éducateur comme « personne de permanence », réceptacle des histoires d'enfants en difficulté, qui, à tout moment, peuvent sortir de leur isolement et projeter sur lui la mise en mots de leur mal-être. Il mêle ici théorie (aussi bien psychanalytique qu'anthropologique) et expérience personnelle pour proposer une vision riche et profondément humaniste du savoir-faire de l'éducateur. Après avoir été, pendant vingt-cinq ans, éducateur spécialisé en ITEP et en hôpital de jour, Jacques Loubet est aujourd'hui psychanalyste et formateur en travail social. Il conduit des analyses de pratiques et des supervisions d'équipes. Mise en vente le 24 mai 2012
Ce qui manque aujourd'hui dans le travail social, ce ne sont pas les idées, c'est l'énergie, l'envie et la question du sens. Où trouver les forces pour réenchanter le social, pour récréer ici et maintenant l'aventure du social ? Comment continuer à travailler avec les enfants, les familles en grande difficulté, alors que nous-mêmes, acteurs sociaux, sommes condamnés à la précarité de nos moyens ? Comment favoriser l'autonomie des individus et des groupes alors que nous-mêmes, dans nos institutions, nous sommes de plus en plus souvent condamnés à la dépendance et à l'hétéronomie ? Face à de tels enjeux, Laurent Ott illustre les 1001 facettes d'une résistance nécessaire pour inventer ensemble les pratiques sociales et éducatives d'aujourd'hui et de demain. Il puise au coeur de l'action de l'association Intermèdes Robinson les raisons d'agir, de sortir de la routine, d'aller vers l'autre, d'abolir les distances, d'interroger les frontières, de nous confronter à une réalité complexe, sociale, économique, relationnelle et politique. Ce recueil poétique et pourtant éminemment concret constitue un manifeste politique ambitieux : ces textes courts, accessibles à tous invitent à une réappropriation de la vie commune. Leur ancrage local dans l'action et dans la culture, loin de relativiser le propos, de le limiter à de simples événements, ouvre au contraire sur des thèmes de réflexion universels. Telle est en effet le sens du travail local au coeur du « milieu » : trouver ici et maintenant ce qui nous permet de comprendre une condition qui nous dépasse et qui nous est commune. Mise en vente le 5 septembre 2013.
L'auteur mêle son expérience d'éducatrice spécialisée à sa pratique de chercheure pour restituer le vécu d'enfants, âgés de 8 à 19 ans, séparés de leur milieu familial et proposer une analyse des enjeux du placement en institution. Ballottés, chahutés, en mal d'un chez soi, des enfants et des adolescents connaissent parfois des parcours de vie et des itinéraires marqués par des placements hors du milieu familial, notamment en internat (maison d'enfants ou foyer éducatif). Mêlant son expérience d'éducatrice à une recherche de type clinique, l'auteur restitue les propos tenus par quelques-uns de ces enfants âgés de 8 à 19 ans. De leurs témoignages, elle dégage leur vécu du placement et donc de la séparation. Comment chacun d'eux comprend, vit et tire profit de cette décision de placement prise souvent pour eux, mais sans eux ? Autrement dit, qu'est-ce que cela fait d'être placé? Institutrice formée à la méthode Montessori au Liban, Nada Abillama-Masson poursuit une formation d'éducatrice spécialisée en France avant d'exercer en tant que telle auprès d'enfants et d'adolescents en difficultés (internat puis AEMO). Aujourd'hui docteur en sciences de l'éducation, elle est formatrice à l'IRTS de Paris.
Il s'agit de moments de vie quotidienne à lire comme on feuillette un album d'instantanés photographiques rassemblés par un amateur, sans projet de démontrer quoi que ce soit. Le lecteur se trouve ainsi introduit dans un endroit étonnant où chacun est pris en compte dans sa singularité avec ses bizarreries, ses éclairs de génie, sa souffrance, ses colères, ses émotions... Une vie collective qui donne sens à l'utopie de la psychothérapie institutionnelle. Anne-Marie Norgeu est infirmière en psychiatrie.
La création constitue le noyau, la problématique centrale du travail éducatif. À l'heure des procédures et des référentiels de tous ordres, la création est difficile à cerner et à identifier au quotidien, en particulier dans les situations de crise chez des enfants et des adolescents en grande difficulté. Or la créativité, pratiquée et reconnue tant pour les professionnels que pour les enfants, permet la sortie des répétitions en restaurant les multiples potentiels des situations vécues et en instaurant un avenir ouvert à des choix possibles et désirables.
Plongez dans le récit poignant et authentique de mères confrontées au handicap de leur enfant. Mère d'un enfant handicapé, pourquoi moi ? brise les tabous et offre un témoignage rare sur la résilience, la culpabilité et l'amour inconditionnel.
Cet ouvrage rassemble des récits d'acteurs du terrain de la prévention spécialisée. Ces témoignages, vifs et cohérents, tournent pour la plupart autour d'une méchante affaire et ont été choisis pour leur capacité à en dire long sur les jeunes et les habitants dans le quotidien de leurs interactions, sur l'action éducative et sociale des éducateurs et de leurs équipes, sur les institutions concernées, et sur les rapports croisés et complexes des uns avec les autres. Ils laissent apparaître en arrière-plan l'histoire d'un territoire d'intervention, les transformation de sa morphologie urbaine, de son peuplement, de ses équipements, si bien que le lecteur est invité à délaisser l'idée générale de banlieue pour découvrir un quartier ou une cité dans sa configuration particulière.
L'auteur, orthophoniste de formation, psychothérapeute, rapporte ici le déroulé, au très long cours, de prises en charge individuelles d'adultes souffrant d'autismes ou de psychoses de l'enfance, et pour la plupart, sans langage verbal. Bien que reposant sur des éléments de théorisation, cet ouvrage ne se place pas sous l'angle d'un exposé strictement théorique. Il prend le parti d'un témoignage au quotidien d'une pratique institutionnelle. En effet, sont également analysés l'univers très particulier et trop peu connu des Maisons d'accueil spécialisé, et les résonances que cette institution peut avoir avec les pathologies des personnes qui y sont hébergées et avec les problématiques existentielles fondamentales (le temps, l'abandon, la séparation, les morts psychiques et corporelles...) qu'elles génèrent.
Influencés par la dynamique des groupes, le psychodrame et la psychanalyse, les deux auteurs ont exercé diverses fonctions dans l'Education spécialisée, dont celle de directeur d'une école d'éducateurs spécialisés à Caen-Hérouville dans les années 1970. Cette expérience qui doit beaucoup à la pédagogie institutionnelle, à l'éducation active ne manque pas d'enseignements. A l'heure des IRTS, qui tentent de s'aligner sur l'université, cet ouvrage qui se lit comme un roman, bâti sur une pédagogie de l'être et non pas de l'avoir, pose les questions pertinentes sur la formation et la fonction des éducateurs spécialisés aujourd'hui.
L'une des attributions les plus fondamentales et les plus controversées de l'internat est d'organiser la séparation. Comment les professionnels de l'enfance peuvent-ils utiliser la séparation comme outil éducatif ?
Dans le cadre de la protection judiciaire d'un mineur pressenti en danger, qui se signale, ou est signalé, au tribunal pour enfants du fait de son impossibilité à résoudre ses difficultés au sein du réseau naturel ou institutionnel assumant sa charge, le magistrat missionne le service d'investigation et d'orientation éducative pour obtenir les informations nécessaires à sa décision : étude de la personnalité du mineur en lien avec son environnement élargi, vérification de la notion de danger et de la capacité des parents à porter attention aux difficultés de leur enfant, suggestion quant aux programme d'actions envisageables. Hommage rendu à cette mission bien spécifique ordonnée par le juge des enfants, cet ouvrage est surtout un témoignage personnel rendant compte des réalités éthiques et pratiques qu'elle sous-tend à travers la multitude des rencontres, tâches, rapports, évaluations qui en constituent le quotidien. Joëlle Loiseau-Blachère a travaillé plus d'une trentaine d'année à la Sauvegarde de l'enfance des Bouches-du-Rhône. Préface de Joseph Rouzel
Loin des sentiers battus de la recherche classique, des auteurs venant des quatre coins de la Francophonie se sont efforcés, en filant une métaphore de leur choix, de mettre en lumière les aspects les moins visibles de l'activité socio-éducative. Dans une démarche originale, ils apportent des perspectives de recherches qualitatives susceptibles de donner de ce métier une vision renouvelée. Puisse cette approche kaléidoscopique contribuer à faire connaître du grand public ce métier dont le mérite est, en dernière analyse, d'apporter un supplément d'humanité là où sévit le drame de l'inadaptation ou de l'exclusion. Jean Brichaux, psychologue clinicien et psychopédagogue en Belgique
Plutôt que de risquer de perdre sa singularité en se fondant purement et simplement dans la nébuleuse des travailleurs sociaux, l'auteur défend l'idée d'une nécessaire accélération du processus de professionnalisation de l'activité socio-éducative. Sans ranimer un combat d'arrière-garde aux relents corporatistes, sans chercher à ravir des parts du marché aux autres intervenants sociaux et éducatifs, l'enjeu essentiel est de sortir le métier d'éducateur de l'immaturité structurelle et conceptuelle dans laquelle il se trouve encore, un demi-siècle après son apparition. Tout au long de ce texte, l'auteur montre que la noblesse du métier d'éducateur réside finalement dans le supplément d'humanité qu'il apporte là où sévit le drame de l'inadaptation et de l'exclusion.
Cet ouvrage rend compte du travail effectué lors des réunions cliniques qu'il conduit dans les institutions de soins et d'éducation : les professionnels rassemblés (éducateurs, infirmiers, assistantes sociales, psychomotriciens, orthophonistes, psychologues...) essaient de comprendre ce qui se rejoue, sur la scène de la vie quotidienne de l'institution, de traumatismes passés. Il s'agit de décrypter les différentes pensées, sensations, sentiments, observations des membres de l'équipe, et à travers ces diverses lectures du quotidien d'inventer une autre réponse que celle qui fut traumatisante et ainsi d'ouvrir sur d'autres possibles. De certaines réunions, l'auteur sortait insatisfait. Désirant construire autrement analyses et perspectives, il poursuivait le travail en écrivant aux équipes éducatives, installant ainsi un processus dynamisant : de la parole à l'écrit, de l'écrit à la parole, tissant un espace de pensée plus complexe. Philippe Bouchez est psychologue-psychanalyste, il exerce depuis 25 ans dans différentes institutions de soins.
Fruit d'une recherche collective, cet ouvrage montre comment le secteur de l'enfance inadaptée s'est structuré aux confins de l'assistance, de l'éducation, de la justice et de la médecine, comment cette évolution s'est concrétisée dans le quotidien, à travers une expédition dans la mémoire et l'histoire de l'établissement Saint-Simon à Toulouse. À Saint-Simon dans les années 50, bien plus tôt que presque partout ailleurs, s'inaugure, avec l'arrivée d'André Chaurand venu de l'hôpital psychiatrique de Saint-Alban, un changement significatif : un éloignement d'avec l'univers des « bonnes oeuvres » au profit d'un certain professionnalisme et d'une perspective largement ouverte sur le monde extérieur. En témoignent, par exemple, le rapprochement avec l'Éducation nationale, l'appel élargi aux sciences de l'homme et de la société dans une démarche de transdisciplinarité ou encore l'émergence d'un nouveau modèle de formation pour les éducateurs, l'alternance au quotidien. Maurice Capul est docteur d'État ès lettres et sciences humaines, psychologue.
La démarche qualité s'inscrit dans une mutation culturelle qui affecte nos sociétés en profondeur. En comprendre les enjeux dans le champ médico-social permet une meilleure appropriation par les acteurs et contribue au développement d'une créativité professionnelle. Dans cet ouvrage, des chercheurs et des praticiens issus des secteurs de l'éducation spécialisée, de la santé et de la formation décryptent et interrogent la démarche qualité dans ses multiples dimensions, mais aussi dans ses implications pratiques. L'objectif de cette entreprise collective est de penser la qualité autrement, théoriquement et cliniquement : réhabiliter le sujet au coeur de la rencontre, promouvoir un travail d'observation qui laisse place au complexe et à l'imprévisible, reconnaître la part sombre de l'humain, et souligner l'exigence d'une vigilance institutionnelle comme voie d'accès à un accompagnement de qualité au quotidien. Educateur spécialisé, docteur en sciences de l'éducation, Xavier Gallut est formateur en travail social et psychanalyste. Docteur en sciences de l'éducation et docteur en psychologie, Abdelhak Qribi est formateur en éducation spécialisée.
À partir d'entretiens croisés, deux formateurs et chercheurs, spécialistes du travail social, revisitent les pratiques professionnelles de l'éducation spécialisée au regard de leurs propres expériences. Ils explorent tout à la fois des concepts majeurs des sciences de l'homme, les politiques sociales actuelles, les grands courants pédagogiques. Ils évoquent leurs rencontres avec des hommes et des femmes qui ont marqué le travail social jusqu'à aujourd'hui et interrogent les évolutions des missions, des métiers, des publics... Leurs réflexions éclairent l'histoire du travail social, tout en dégageant des perspectives pour l'action sociale et les intervenants sociaux de demain. Les théories des auteurs sont largement illustrées par une solide pratique de terrain dans des champs aussi divers que le monde du handicap, l'adolescence en crise, la grande précarité... Thierry Goguel d'Allondans est éducateur spécialisé et anthropologue. Jean-François Gomez a exercé les professions d'éducateur spécialisé, de directeur d'établissement social, de thérapeute en psychomotricité, et a assuré des enseignements et des formations institutionnelles et universitaires.