Jeune poésie NRF
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Né à Paris en 1923, Roger Parisot est professeur. Il a fait sa licence de philosophie en Sorbonne. Nature vive est le premier ouvrage qu'il publie. "La poésie, dit-il, il me semble qu'elle est un effort pour combler le vide et effacer la distance qu'il y a entre les mots sel, blé, sang, lune, mer, été, et le sel, le blé, le sang véritables, la lune vraie, etc. La poésie vraie est une image de l'Incarnation. On ne peut parler de la poésie, sans parler de la Grâce, de laquelle on ne peut point parler. La chronique rapporte que Saint Budoc, qu'on vénère en Bretagne, monta un jour prier dans un pommier. Il y resta vingt ans, sans descendre jamais, parlant aux oiseaux, chantant avec eux la gloire de Dieu. La poésie serait ce chant, par lequel se restitue à Dieu ce qui est à lui."
Françoise Brusson, née à Paris en 1928. Mariée, deux enfants. A déjà publié un recueil de poèmes hors commerce, "Les yeux féeriques". « J'aimerais vivre le secret permanent des hommes et des bêtes. Et ne pas être vue. J'écris les choses quand je ne peux plus les supporter. Elles vivent dans l'immédiat. Elles éclatent. « Avec La branche, j'ai essayé de créer un monde intermédiaire entre le réel et l'irréel. Je l'ai vécu chaque jour. J'ai eu connaissance de chaque élément, de chaque couleur, qui le composent. Lorsque l'ensemble a obtenu un blanc presque parfait, un blanc aveugle, alors j'ai vu. « Un homme se croyait en équilibre, mais il était pris dans un réseau, comme une herbe entre deux pierres. Pour lui, il n'existait pas d'autre pays : la transparence du monde lui appartenait. »
André Miguel est né en 1920, à Ransart (Hainaut belge). Depuis une dizaine d'années, il habite un mas solitaire en Provence, à Saint-Étienne-du-Grès. Il a déjà publié un recueil poétique : Onoo. La nature méditerranéenne, et le règne végétal en particulier, sont le domaine de sa poésie, riche de sensations qui cherchent leur transformation. Il y a, pour André Miguel, une métamorphose essentielle : celle qui associe la sensualité et l'imagination, de manière à faire jaillir du réel ses significations les plus pures et les plus insolites. La sensibilité au réel, si elle est assez ingénue et libre, amplifie, pense-t-il, nos façons habituelles de voir et de sentir, et nous transporte dans un surréel éclairé de l'esprit des choses. Pour lui, la sensation ne devient poétique que lorsqu'elle a réussi à se dépasser vers un espace neuf, où elle est livrée « à la multiplicité, l'ubiquité, l'agitation, la mobilité, la souplesse infinie des analogies ». André Miguel s'adonne aussi à la peinture. Dans l'art non figuratif, il recherche, comme en poésie, l'alliance des contraires, de la matière sensuelle et du rythme, de la couleur à sa plénitude, et du graphisme subtil.
Découvrez la pensée vivante de Georges Canguilhem, philosophe et médecin, à travers le regard éclairé de son disciple Dominique Lecourt.
Paru en 1960 et couronné par le Prix Gérard-de-Nerval, Europe maigre de Gérard Prévot est un recueil de poésie percutant, où l’auteur explore les cicatrices de l’après-guerre et la fragilité d’un continent en reconstruction.
« La poésie, c'est d'abord une perception presque toujours sensuelle, un appel souvent ténu. Puis viennent les images en désordre qu'on essaie de dominer avec les mots. « Il y a peu de pensée dans ma poésie. Ce n'est pas voulu. Je suis satisfaite lorsqu'il en naît une toute petite. Elle vient toujours après l'image, la communion avec les choses. « Je n'aime pas l'intellectualisme et assez peu l'abstraction. « Il faut savoir débusquer la poésie de l'ombre où elle se cache. C'est pour moi, souvent, couronner de clarté les plus simples choses que d'écrire un poème. »
Entre l’écorce et l’aubier, Terres de hêtres révèle la poésie comme une sève secrète, où chaque mot vibre au rythme des silences et de la nature.