Hors série Littérature
"J'ai l' étrange sensation que personne n'a été vieux avant moi. La vieillesse de ceux qui m'ont précédé ne me sert pas de modèle et ne me prépare à rien. Lorsqu'elle arrive, c'est la première fois pour le corps de chacun." Jamais une génération n'avait atteint un âge avancé en aussi grand nombre et dans un état aussi actif, constate Erri De Luca. La vieillesse devient aujourd'hui un territoire inédit, un âge encore largement à inventer, qui ne se réduit pas à un temps de repli ou de contemplation nostalgique. Elle ouvre au contraire un espace de découverte, offre une occasion de porter un regard neuf sur soi-même et sur les autres, d'entraîner son corps et son esprit avec plus de conscience, et peut-être avec plus de plaisir. Le contrepoint d'Ines de la Fressange, sensible et amical, vient enrichir cette réflexion d'une dimension nouvelle. Sa voix complice dialogue avec celle d'Erri De Luca et donne chair à l'exploration de cet "âge expérimental", vécu non comme un crépuscule, mais comme un moment de transmission, d'élan et de réinvention.
Publier aujourd'hui les Écrits et paroles féministes (1947-1985), c'est rappeler que Le Deuxième Sexe n'a été qu'un commencement. Pendant près de quarante ans, Simone de Beauvoir n'a cessé de penser, d'écrire, de parler et d'agir pour l'émancipation des femmes, au rythme des luttes françaises et internationales. Cette édition rassemble des textes, des traductions et des entretiens souvent difficiles d'accès et parfois inédits, et révèle la genèse de son oeuvre majeure et les transformations de son engagement féministe, des années 1950 aux "années Roudy", en passant par le Mouvement de libération des femmes. Au travers d'écrits autobiographiques, d'articles, de préfaces ou d'interventions audiovisuelles, Beauvoir aborde la contraception, l'avortement, le travail domestique et les violences sexuelles avec une lucidité toujours actuelle. Se donne ici à lire une pensée en mouvement, qui refuse l'essentialisme sans renoncer à l'universel et continue d'inspirer les combats féministes d'aujourd'hui.
Publier aujourd'hui les Écrits et paroles féministes (1947-1985), c'est rappeler que Le Deuxième Sexe n'a été qu'un commencement. Pendant près de quarante ans, Simone de Beauvoir n'a cessé de penser, d'écrire, de parler et d'agir pour l'émancipation des femmes, au rythme des luttes françaises et internationales. Cette édition rassemble des textes, des traductions et des entretiens souvent difficiles d'accès et parfois inédits, et révèle la genèse de son oeuvre majeure et les transformations de son engagement féministe, des années 1950 aux "années Roudy", en passant par le Mouvement de libération des femmes. Au travers d'écrits autobiographiques, d'articles, de préfaces ou d'interventions audiovisuelles, Beauvoir aborde la contraception, l'avortement, le travail domestique et les violences sexuelles avec une lucidité toujours actuelle. Se donne ici à lire une pensée en mouvement, qui refuse l'essentialisme sans renoncer à l'universel et continue d'inspirer les combats féministes d'aujourd'hui.
Erri De Luca nous invite à un voyage gustatif dans lequel chaque plat, chaque expérience culinaire ouvre une porte sur un souvenir. Des épisodes et des lieux, issus de son enfance ou de sa vie d'adulte, ressurgissent grâce à une mémoire sensorielle : les déjeuners du dimanche au parfum de ragù, les repas pris sur des chantiers ou en montagne, l'ambiance chaleureuse des osterie populaires où la jeunesse militante côtoyait la classe ouvrière. En écho à chaque récit, Valerio Galasso, nutritionniste et ami, livre des conseils pratiques et des clés pour de saines habitudes alimentaires. De sa plume limpide et poétique, Erri De Luca se dévoile tout en poursuivant l'exploration des thèmes qui lui sont chers. Dans ce livre intime, traversé par les traditions culinaires italiennes, la cuisine devient un langage de transmission et de partage, jusque dans les recettes familiales proposées en fin d'ouvrage.
Erri De Luca nous invite à un voyage gustatif dans lequel chaque plat, chaque expérience culinaire ouvre une porte sur un souvenir. Des épisodes et des lieux, issus de son enfance ou de sa vie d'adulte, ressurgissent grâce à une mémoire sensorielle : les déjeuners du dimanche au parfum de ragù, les repas pris sur des chantiers ou en montagne, l'ambiance chaleureuse des osterie populaires où la jeunesse militante côtoyait la classe ouvrière. En écho à chaque récit, Valerio Galasso, nutritionniste et ami, livre des conseils pratiques et des clés pour de saines habitudes alimentaires. De sa plume limpide et poétique, Erri De Luca se dévoile tout en poursuivant l'exploration des thèmes qui lui sont chers. Dans ce livre intime, traversé par les traditions culinaires italiennes, la cuisine devient un langage de transmission et de partage, jusque dans les recettes familiales proposées en fin d'ouvrage.
"Je suis convaincue de l'urgence morale qu'il y a à nous atteler à imaginer ensemble une éducation différente pour nos enfants, pour tenter de créer un monde plus juste à l'égard des femmes et des hommes." À une amie qui lui demande quelques conseils pour élever selon les règles de l'art du féminisme la petite fille qu'elle vient de mettre au monde, Chimamanda Ngozi Adichie répond sous la forme d'une missive enjouée, non dénuée d'ironie, qui prend vite la tournure d'un manifeste. L'écrivain nigériane examine les situations concrètes qui se présentent aux parents d'une petite fille et explique comment déjouer les pièges que nous tend le sexisme, à travers des exemples tirés de sa propre expérience. Cette lettre manifeste s'adresse à tous : aux hommes comme aux femmes, aux parents en devenir, à l'enfant qui subsiste en nous et qui s'interroge sur l'éducation qu'il a reçue. Chacun y trouvera les clés d'une ligne de conduite féministe, qui consiste à croire en la pleine égalité des sexes et à l'encourager. Grand Prix de l'Héroïne Madame Figaro.
"Je suis convaincue de l'urgence morale qu'il y a à nous atteler à imaginer ensemble une éducation différente pour nos enfants, pour tenter de créer un monde plus juste à l'égard des femmes et des hommes." À une amie qui lui demande quelques conseils pour élever selon les règles de l'art du féminisme la petite fille qu'elle vient de mettre au monde, Chimamanda Ngozi Adichie répond sous la forme d'une missive enjouée, non dénuée d'ironie, qui prend vite la tournure d'un manifeste. L'écrivain nigériane examine les situations concrètes qui se présentent aux parents d'une petite fille et explique comment déjouer les pièges que nous tend le sexisme, à travers des exemples tirés de sa propre expérience. Cette lettre manifeste s'adresse à tous : aux hommes comme aux femmes, aux parents en devenir, à l'enfant qui subsiste en nous et qui s'interroge sur l'éducation qu'il a reçue. Chacun y trouvera les clés d'une ligne de conduite féministe, qui consiste à croire en la pleine égalité des sexes et à l'encourager. Grand Prix de l'Héroïne Madame Figaro.
Plongez dans Les pieds froids, le récit poignant de Francesca Melandri où l’histoire familiale se mêle à la grande Histoire.
En février 2022, les images de l'invasion russe en Ukraine réveillent chez Francesca Melandri un écho douloureux : ces mêmes plaines, où la guerre fait son retour en Europe, sont celles qui ont marqué à jamais la vie de son père, Franco. Comme des dizaines de milliers d'Italiens, il fut envoyé sur le front de l'Est entre 1942 et 1943, sous le régime fasciste. Son histoire, qu'il a lui-même tenté de raconter dans plusieurs romans jamais publiés, est devenue au fil du temps une légende familiale, où les valenki - ces chaussures en feutre typiques de la région - symbolisent à la fois sa survie et le lien indéfectible entre sa famille et cette terre lointaine. En puisant dans les écrits qu'il a laissés, mais en creusant aussi dans les silences, sa fille enquête aujourd'hui sur les zones d'ombre d'un homme qui, comme tant d'autres de sa génération, s'est retrouvé à combattre du mauvais côté. À cette recherche intime, elle mêle une poignante méditation sur la guerre, interroge notre responsabilité de citoyens européens et nous invite à réfléchir à ce que signifie véritablement le mot "paix". Et si l'Histoire n'était pas un lointain récit mais une question qui nous concerne tous, ici et maintenant ?
"Donnez à un enfant un morceau de papier, des crayons de couleur, et demandez-lui de dessiner une voiture, il dessinera sûrement une voiture rouge." Enzo Ferrari Ce recueil contient : La vilaine petite auto en fer-blanc de l'avenue Simon-Bolivar - La camionnette de la Royal Mail, Einstein, le Brighton Rock, Bartók et Don Camillo - Grace Kelly, Fangio, mais surtout Stirling Moss - L'autocar garance de la flèche brabançonne, Jean Mineur, Cioran, mais aussi Knokke-le-Zoute - Coltrane, la guitare, la Gaîté-Montparnasse et l'Aston DB4 Cinzano Red - Les pavés, la plage, les poubelles et la MGA de 1946 La Fiat Topolino - L'échalote, mon mariage et une autre MGA, rouge elle aussi bien sûr Saravah, la peugeot « Columbo », Montmartre et la fourgonnette Morris Mini - RCA, Landru, Starsky, Hutch, et le vert orage de chez Tollens - Sèvres, « Mélissa » et la Ferrari au parking de la place Dauphine - Diên Biên Phu, Ringo Starr, Christine et central Park West - Mon septième album, l'avenue Foch, l'Olympia et la Cadillac rouge de Toots Thielemans - Auteuil, les Loubavitch mais surtout le camion des pompiers - Monaco, le Fairmont et hélas à nouveau l'Aston Cinzano Red.
Au jeu des apparences, les règles ne sont jamais celles que l'on croit... Lucas, vingt-huit ans, est un jeune homme charmant, à qui l'avenir semble sourire. Quand sa compagne le quitte et qu'une promotion attendue lui échappe, son équilibre vacille. À en croire Étienne Etgazier, son sympathique voisin de palier, un sexagénaire souvent en robe de chambre, cela ne fait aucun doute : Lucas est victime d'une injustice. L'affaire est trouble. Mais Étienne a peut-être une solution. Cette aventure tendre et décalée, sur fond d'espionnage et de secrets de famille, nous entraîne crescendo des tours de la Défense à l'île de La Réunion, en passant par quelques épisodes hallucinatoires.
Pour donner la vie, une mère sacrifie un peu de la sienne. Ce phénomène, bien connu des biologistes, s'appelle la dépense maternelle. L'exemple le plus flamboyant du règne animal est celui des flamants roses, qui perdent leur couleur dès le début de la couvaison. Une dépigmentation due à l'épuisement. S'il fallait prouver que la maternité est un sacerdoce éreintant, cette démonstration aurait un nom tout trouvé : le théorème du flamant rose. Archéologue, Jennifer Kerner a parcouru la planète pour étudier les rites funéraires. L'expérience de sa première maternité lui a permis d'interroger les pratiques obstétricales dans la France d'aujourd'hui à la lumière de celles d'autres civilisations, passées ou lointaines. Toutes nourrissent un point de vue à la fois malicieux, documenté et militant, pour une meilleure prise en compte du vécu féminin.
Pour donner la vie, une mère sacrifie un peu de la sienne. Ce phénomène, bien connu des biologistes, s'appelle la dépense maternelle. L'exemple le plus flamboyant du règne animal est celui des flamants roses, qui perdent leur couleur dès le début de la couvaison. Une dépigmentation due à l'épuisement. S'il fallait prouver que la maternité est un sacerdoce éreintant, cette démonstration aurait un nom tout trouvé : le théorème du flamant rose. Archéologue, Jennifer Kerner a parcouru la planète pour étudier les rites funéraires. L'expérience de sa première maternité lui a permis d'interroger les pratiques obstétricales dans la France d'aujourd'hui à la lumière de celles d'autres civilisations, passées ou lointaines. Toutes nourrissent un point de vue à la fois malicieux, documenté et militant, pour une meilleure prise en compte du vécu féminin.
Comment dire adieu à un être cher alors que le monde entier est frappé par une crise sanitaire, que le défunt repose au Nigeria et que ses enfants sont bloqués en Angleterre et aux Etats-Unis ? Le père de Chimamanda Ngozi Adichie vient de mourir. Séparée de ses proches, cette dernière vit un deuil empêché et solitaire. Elle écrit alors sous la forme de courts chapitres, composés comme des soubresauts de chagrin et de rage, où l'amour et l'admiration qu'elle portait à son père explosent à chaque page.
Comment dire adieu à un être cher alors que le monde entier est frappé par une crise sanitaire, que le défunt repose au Nigeria et que ses enfants sont bloqués en Angleterre et aux Etats-Unis ? Le père de Chimamanda Ngozi Adichie vient de mourir. Séparée de ses proches, cette dernière vit un deuil empêché et solitaire. Elle écrit alors sous la forme de courts chapitres, composés comme des soubresauts de chagrin et de rage, où l'amour et l'admiration qu'elle portait à son père explosent à chaque page.
Recueil récompensé par le National Book Award for Poetry. La nuit, une femme noire traverse en rêve les musées du monde. Dans les vitrines et les galeries, elle piste des visages, des corps, des traces effacées. Chaque pas ouvre un territoire de mémoire et de résistance. Avec Odyssée de la Vénus Noire, Robin Coste Lewis, lauréate du National Book Award et voix majeure de la poésie américaine - signe un poème hors norme. Tissé d'archives, le texte fait surgir la figure du corps noir féminin : vibrant, insurgé, souverain. Ample triptyque, le livre déploie une méditation sur la représentation. Au centre, un geste poétique radical : faire des titres d'oeuvres et cartels une matière recomposée. Ce montage implacable révèle combien le regard occidental a déformé et fétichisé. Mais ce voyage est aussi un chant, une révolte et une élégie. Entre rêve et mémoire, lyrisme et critique, Robin Coste Lewis, avec une audace rare, nous apprend à regarder - enfin. Elle retourne les cadres et ouvre un espace neuf : ici, le corps de la femme noire n'est plus réduit à un objet d'exposition. Il devient sujet de parole, de désir, d'émotion et de puissance.
Plongez dans Odyssée de la Vénus Noire, un poème-récit bouleversant de Robin Coste Lewis, lauréate du National Book Award. Une quête onirique à travers l’art occidental, où le corps noir féminin devient sujet de parole et de puissance.
"Histoires de Samora Mâchel n'est pas un livre comme les autres. C'est un volume légendaire annoncé dès les années 1980, toujours retardé par Pierre Guyotat qui ne cessa jamais d'y travailler. Les artistes si nombreux qui l'admirent en avaient vu des fragments publiés ici et là, ils avaient entendu son auteur en parler dans des entretiens. Et pourtant, rien ne sortait. Pierre Guyotat, ce moderne radical héritier de Rimbaud, continuait son aventure dans la langue, ce français qui rassemble tous les français dont il est l'instigateur, et Histoires de Samora Mâchel demeurait invisible. C'est un grand massif de la modernité française qui se révèle aujourd'hui. Personne ne s'attendait à découvrir un inédit d'une telle ampleur ni d'une telle qualité. Partant de Samora Mâchel, le révolutionnaire du Mozambique, Pierre Guyotat en faisait une de ses créatures, les putains, mêlant réalité, monde parallèle, figure de l'oppression et ambition dans la langue. Il donnait à voir un théâtre à vivre en soi, en lecture intime. Dans une époque où nous pensons que l'histoire est de nouveau en marche, vers le lire, où nous avons donc besoin d'un élan moderne, lire Pierre Guyotat, lire Histoires de Samora Mâchel, c'est faire confiance à la poésie de la langue, renouer avec une aventure intérieure où nous nous ouvrons aux figures des autres mondes, de notre monde, auquel Pierre Guyotat donne naissance." Donatien Grau
Plongez dans Histoires de Samora Mâchel, l'œuvre posthume et légendaire de Pierre Guyotat, enfin révélée.
À Nice, sur la promenade des Anglais, des destins se croisent, qui sont autant d'histoires de vie. Comme celle de cette dame élégante qui a ses habitudes au Negresco et qui semble lasse de ne plus être aimée, sinon de cette affection qu'elle trouve dans la sollicitude des serveurs. Celle de Simone, qui reçoit la lettre d'une lointaine parente qu'elle n'a pas revue depuis longtemps et qu'elle ne reconnaîtra pas tout de suite lorsqu'elle ira la voir, à Vallauris. Ou encore celle de Monica, qui, après son divorce, ne veut pas se désabonner de Nice-Matin de peur que le facteur ne pense qu'elle a peut-être un peu raté sa vie... Figures de femmes qui font le bilan de leurs rêves et de leurs désillusions. Leur histoire se heurte aussi à l'histoire "avec une grande hache". Comme ce 14 juillet 2016, où un attentat au camion-bélier cause la mort de quatre-vingt-six personnes. "La nouvelle est un genre à part, exigeant, avec ses règles, auxquelles Olympia Alberti obéit avec une grande virtuosité. Nous en gardons l'émotion dans la retenue." PIERRE ROSENBERG, de l'Académie française
L'amitié entre Claude Lanzmann et Marc Sagnol, alors directeur de l'Institut français d'Ukraine, s'est nouée en septembre 1998, à l'occasion d'une invitation du cinéaste à Kiev et à Odessa pour y présenter Shoah. Claude Lanzmann a ensuite proposé à son ami germaniste, familier de l'Europe centrale et de la culture juive, de l'accompagner sur le tournage de Sobibor, entre Pologne et Biélorussie, avant de l'accueillir au comité de rédaction de la revue Les Temps modernes en 2000. D'autres invitations ont suivi, en Allemagne ou en Russie, tantôt pour des projections de Shoah, tantôt pour la présentation du Lièvre de Patagonie. À l'occasion du centenaire de la naissance de Claude Lanzmann (1925-2018), Marc Sagnol revient ici sur vingt ans de proximité et de fidélité, avec le récit très humain et personnel d'une collaboration intellectuelle et cinématographique amicale, où les enjeux de mémoire de la Shoah s'entrecroisent avec ceux de l'héritage critique de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, tel qu'accompli par Les Temps modernes.
L'amitié entre Claude Lanzmann et Marc Sagnol, alors directeur de l'Institut français d'Ukraine, s'est nouée en septembre 1998, à l'occasion d'une invitation du cinéaste à Kiev et à Odessa pour y présenter Shoah. Claude Lanzmann a ensuite proposé à son ami germaniste, familier de l'Europe centrale et de la culture juive, de l'accompagner sur le tournage de Sobibor, entre Pologne et Biélorussie, avant de l'accueillir au comité de rédaction de la revue Les Temps modernes en 2000. D'autres invitations ont suivi, en Allemagne ou en Russie, tantôt pour des projections de Shoah, tantôt pour la présentation du Lièvre de Patagonie. À l'occasion du centenaire de la naissance de Claude Lanzmann (1925-2018), Marc Sagnol revient ici sur vingt ans de proximité et de fidélité, avec le récit très humain et personnel d'une collaboration intellectuelle et cinématographique amicale, où les enjeux de mémoire de la Shoah s'entrecroisent avec ceux de l'héritage critique de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, tel qu'accompli par Les Temps modernes.
1956 : le prix Goncourt est attribué aux Racines du ciel, roman dont le héros, Morel, se bat contre l'extermination des éléphants dans une Afrique en lutte pour son indépendance. Romain Gary le présente comme le premier roman écologique. L'écologie lui permet de résoudre la contradiction politique insoutenable dans laquelle se débat l'Occident après guerre : impossibilité de croire en l'homme, impossibilité de renoncer à y croire. Comment continuer à donner un sens à l'idée de civilisation ? Le maintien de l'idéal humaniste suppose d'en passer par un combat dont l'homme n'est plus le centre. Tel est le paradoxe ici exploré. Cet essai littéraire et philosophique montre toute la complexité de la pensée de Romain Gary, son ironie et son humour permanents, ses contradictions, son rejet de tout dogmatisme. Et sa modernité : en avance sur son temps, le romancier anticipe les controverses qui animent la pensée écologique contemporaine, où l'humain n'est qu'une partie de la nature mais où la nature devient elle-même inséparable de l'histoire, de la société et de la politique. Cette synthèse inédite de l'oeuvre de Romain Gary est une analyse originale de la tension entre engagement humaniste et cause écologique.
1956 : le prix Goncourt est attribué aux Racines du ciel, roman dont le héros, Morel, se bat contre l'extermination des éléphants dans une Afrique en lutte pour son indépendance. Romain Gary le présente comme le premier roman écologique. L'écologie lui permet de résoudre la contradiction politique insoutenable dans laquelle se débat l'Occident après guerre : impossibilité de croire en l'homme, impossibilité de renoncer à y croire. Comment continuer à donner un sens à l'idée de civilisation ? Le maintien de l'idéal humaniste suppose d'en passer par un combat dont l'homme n'est plus le centre. Tel est le paradoxe ici exploré. Cet essai littéraire et philosophique montre toute la complexité de la pensée de Romain Gary, son ironie et son humour permanents, ses contradictions, son rejet de tout dogmatisme. Et sa modernité : en avance sur son temps, le romancier anticipe les controverses qui animent la pensée écologique contemporaine, où l'humain n'est qu'une partie de la nature mais où la nature devient elle-même inséparable de l'histoire, de la société et de la politique. Cette synthèse inédite de l'oeuvre de Romain Gary est une analyse originale de la tension entre engagement humaniste et cause écologique.
Le narrateur, déjà repéré par le club de football de Saint-Étienne quand il avait douze ans, raconte, vingt ans après, son arrivée au centre de formation du Montpellier Hérault Sport Club dans l'espoir de devenir joueur professionnel. Une plongée dans cet univers masculin et violent où les jeunes garçons sont coupés de leurs familles, à la merci d'une institution qui les méprise, d'un entraîneur qui les humilie, où l'on ne sait à qui se fier. "Ils ont pas compris que, par exemple, chez vous, ils auraient dû générer une ambiance et une fête, on va s'marrer. Non, non, là il fallait quand même, t'étais un investissement, il faut qu'tu comprennes que t'es un investissement quand ils te font signer cinq ans, ils ont mis du blé sur toi. Donc ils ont pas l'temps de rigoler. T'es un produit, c'est pas qu'tu d'viens un produit, on achète un produit, on achète un gosse à ses parents." Des parents qui ont l'espoir que leur enfant accomplira son rêve et réussira sa vie dans le football mais n'imaginent pas la réalité de garçons livrés à eux-mêmes, dans tous les excès. Le texte dit la passion, les désillusions et les souffrances du vécu de footballeur, scandé par les monologues de la mère, du père, d'un entraîneur et d'autres gamins qui tentent, comme ils le peuvent, de faire face et de s'en sortir.
Le narrateur, déjà repéré par le club de football de Saint-Étienne quand il avait douze ans, raconte, vingt ans après, son arrivée au centre de formation du Montpellier Hérault Sport Club dans l'espoir de devenir joueur professionnel. Une plongée dans cet univers masculin et violent où les jeunes garçons sont coupés de leurs familles, à la merci d'une institution qui les méprise, d'un entraîneur qui les humilie, où l'on ne sait à qui se fier. "Ils ont pas compris que, par exemple, chez vous, ils auraient dû générer une ambiance et une fête, on va s'marrer. Non, non, là il fallait quand même, t'étais un investissement, il faut qu'tu comprennes que t'es un investissement quand ils te font signer cinq ans, ils ont mis du blé sur toi. Donc ils ont pas l'temps de rigoler. T'es un produit, c'est pas qu'tu d'viens un produit, on achète un produit, on achète un gosse à ses parents." Des parents qui ont l'espoir que leur enfant accomplira son rêve et réussira sa vie dans le football mais n'imaginent pas la réalité de garçons livrés à eux-mêmes, dans tous les excès. Le texte dit la passion, les désillusions et les souffrances du vécu de footballeur, scandé par les monologues de la mère, du père, d'un entraîneur et d'autres gamins qui tentent, comme ils le peuvent, de faire face et de s'en sortir.
En 1995, à cinquante-deux ans, mourait Jean-Patrick Manchette, le romancier qui, dans un même mouvement, a profondément renouvelé le polar français et largement contribué à forger son statut littéraire. Pour le trentième anniversaire de sa disparition, Nicolas Le Flahec nous propose une étude qui, pour la première fois, embrasse les différentes composantes de l'oeuvre de Manchette : romans, nouvelles, pièce de théâtre, scénarios, articles de journaux, traductions, correspondance, entretiens... Des travaux de commande aux publications posthumes, il redessine les contours d'une production composite pour en appréhender la cohérence et les tensions, tout en éclairant les liens qu'entretient Manchette avec Hammett, Chandler ou Westlake, mais aussi avec Hegel, Marx, Flaubert, Orwell, Perec ou Debord.
En 1995, à cinquante-deux ans, mourait Jean-Patrick Manchette, le romancier qui, dans un même mouvement, a profondément renouvelé le polar français et largement contribué à forger son statut littéraire. Pour le trentième anniversaire de sa disparition, Nicolas Le Flahec nous propose une étude qui, pour la première fois, embrasse les différentes composantes de l'oeuvre de Manchette : romans, nouvelles, pièce de théâtre, scénarios, articles de journaux, traductions, correspondance, entretiens... Des travaux de commande aux publications posthumes, il redessine les contours d'une production composite pour en appréhender la cohérence et les tensions, tout en éclairant les liens qu'entretient Manchette avec Hammett, Chandler ou Westlake, mais aussi avec Hegel, Marx, Flaubert, Orwell, Perec ou Debord.
En février 1914, le prince Félix Youssoupoff épouse la très belle Irina Romanova, la nièce du tsar Nicolas II. Entre autres joyaux composant sa corbeille de mariage, il lui offre un bandeau de diamants d'une étonnante modernité, le Triple Soleil. Après l'effondrement du régime tsariste en 1917, le couple princier doit fuir la Russie et s'exiler en France. Félix Youssoupoff a fait cacher sa collection de bijoux sous un des escaliers de son palais moscovite. En 1925, il découvrira dans la presse une photographie des bolcheviks occupés à démanteler ce trésor. Le diadème Triple Soleil, encore intact, se trouve au centre de la table. La scène illustre le contraste fascinant entre la splendeur des bijoux de haute joaillerie et leur destin commun : le plus souvent, ils disparaissent dans des conditions tragiques. Véritables attributs du pouvoir, ils sont indissociables des soubresauts de l'histoire et des turpitudes des grands. À partir des archives de la maison Chaumet, Laurence Cossé fait revivre des figures brillantes de l'Empire à nos jours dans un jeu de récits aussi documentés que romanesques.
En février 1914, le prince Félix Youssoupoff épouse la très belle Irina Romanova, la nièce du tsar Nicolas II. Entre autres joyaux composant sa corbeille de mariage, il lui offre un bandeau de diamants d'une étonnante modernité, le Triple Soleil. Après l'effondrement du régime tsariste en 1917, le couple princier doit fuir la Russie et s'exiler en France. Félix Youssoupoff a fait cacher sa collection de bijoux sous un des escaliers de son palais moscovite. En 1925, il découvrira dans la presse une photographie des bolcheviks occupés à démanteler ce trésor. Le diadème Triple Soleil, encore intact, se trouve au centre de la table. La scène illustre le contraste fascinant entre la splendeur des bijoux de haute joaillerie et leur destin commun : le plus souvent, ils disparaissent dans des conditions tragiques. Véritables attributs du pouvoir, ils sont indissociables des soubresauts de l'histoire et des turpitudes des grands. À partir des archives de la maison Chaumet, Laurence Cossé fait revivre des figures brillantes de l'Empire à nos jours dans un jeu de récits aussi documentés que romanesques.
Parfois considérés comme des artisans du mensonge, souvent comme de grands sensibles, les comédiens fascinent. Sur scène comme à l'écran, ils donnent à voir et à éprouver une large palette d'émotions. De nombreux penseurs ont tenté de déchiffrer le rapport qu'ils entretiennent avec leurs émotions afin de définir la méthode du grand acteur. Faut-il jouer avec raison et distanciation, comme le préconisaient Diderot, dans son Paradoxe sur le comédien, puis Brecht ? Ou puiser en soi pour atteindre l'authenticité des sentiments de son personnage, comme le recommandaient Horace ou Stanislavski ? Qui mieux que les comédiens eux-mêmes pour répondre ? Laurence Marie donne la parole à cinquante professionnels des arts de la scène. Que ressentent les acteurs sur scène ? Comment préparent-ils leur rôle ? Quelle est l'influence de la présence du public sur leur jeu ? Cet ensemble exceptionnel d'entretiens inédits, qui dialogue avec Diderot à plus de deux siècles d'écart, dresse les contours du spectacle vivant en France. En nous dévoilant les rouages de leur pratique, comédiens, danseurs, chanteurs et metteurs en scène nous emmènent avec eux dans la fabrique du spectacle, au coeur du mystère des émotions théâtrales.
Parfois considérés comme des artisans du mensonge, souvent comme de grands sensibles, les comédiens fascinent. Sur scène comme à l'écran, ils donnent à voir et à éprouver une large palette d'émotions. De nombreux penseurs ont tenté de déchiffrer le rapport qu'ils entretiennent avec leurs émotions afin de définir la méthode du grand acteur. Faut-il jouer avec raison et distanciation, comme le préconisaient Diderot, dans son Paradoxe sur le comédien, puis Brecht ? Ou puiser en soi pour atteindre l'authenticité des sentiments de son personnage, comme le recommandaient Horace ou Stanislavski ? Qui mieux que les comédiens eux-mêmes pour répondre ? Laurence Marie donne la parole à cinquante professionnels des arts de la scène. Que ressentent les acteurs sur scène ? Comment préparent-ils leur rôle ? Quelle est l'influence de la présence du public sur leur jeu ? Cet ensemble exceptionnel d'entretiens inédits, qui dialogue avec Diderot à plus de deux siècles d'écart, dresse les contours du spectacle vivant en France. En nous dévoilant les rouages de leur pratique, comédiens, danseurs, chanteurs et metteurs en scène nous emmènent avec eux dans la fabrique du spectacle, au coeur du mystère des émotions théâtrales.