Hors collection - Série société
Comment respecter les accords de la COP 21 et réduire d'un facteur cinq nos émissions de CO2 d'ici 2050 ? Parmi les différents leviers d'action, il en est un dont on parle depuis plus de vingt ans et souvent repris par de nombreux activistes climatiques : le compte carbone individuel. Sa raison d'être et son mode opératoire sont d'une simplicité déconcertante : à tout achat de quelque bien que ce soit, à chaque consommation ou prestation de toute nature, notre compte carbone, dont le montant est alloué en début d'année, diminue d'un montant équivalent aux émanations de CO2 ou autre gaz à effet de serre dont cet achat se trouve responsable. Ce compte n'est rendu possible que par l'existence de dispositifs numériques liés au smartphone, qui rendent possible pour chacun de suivre son évolution et de prévoir l'impact carbone de nos actions. Profilage souhaité, recommandation, simulation, arbitrage automatisé : tout un large pan du monde digital qui est le nôtre, du big data, de l'internet des objets et de l'intelligence artificielle se trouve mobilisable afin de s'adapter à ce compte carbone et de le maîtriser. En un mot, le compte carbone revient à mettre les algorithmes au chevet de la Planète.
Dans un monde en mutation rapide, comment le système d'enseignement supérieur et de recherche français peut-il s'adapter, se réinventer et prospérer ? Ce manifeste pour un système éducatif français audacieux, moderne et inclusif, propose une refonte radicale de l'Université, guidé par une vision innovante. L'auteur y explore les dysfonctionnements actuels, dissèque les obstacles et propose des solutions concrètes. Au travers d'une approche systémique, il esquisse une vision de l'enseignement supérieur et de la recherche capable de répondre aux défis du XXIe siècle en valorisant la créativité, l'innovation et l'égalité des chances. Un ouvrage indispensable pour tous ceux qui se préoccupent de l'avenir de l'enseignement supérieur et de la recherche en France.
Les sous-performances de notre système scolaire et universitaire sont cruellement mises en évidence aujourd'hui par les classements internationaux. La France, qui fut jadis un des «?cerveaux du monde?», semble engagée dans une baisse angoissante de son niveau intellectuel. On peut légitimement incriminer les structures d'un système monopolistique centralisé dont l'expérience a suffisamment montré qu'en raison de sa taille, et parce qu'il est paralysé par le statut de la fonction publique et la cogestion syndicale, il ne peut plus fonctionner. On doit aussi mettre en cause les idéologies qui le dominent depuis des années?: rejet de l'entreprise, égalitarisme, pédagogisme, inexplicable réticence à transmettre les savoirs. Si l'on veut remonter la pente, il faut repenser tant les structures que les contenus d'enseignement. Il est indispensable d'instaurer un pluralisme permettant autonomie, émulation et responsabilité, ce qui pourra se faire au sein même du service public, par déconcentration ou décentralisation, mais aussi par le développement d'un secteur privé d'un nouveau type associant financement public et prestation par des acteurs non étatiques. Cette liberté retrouvée permettra de mettre sur pied un enseignement secondaire diversifié comportant, d'une part, des filières techniques et professionnelles d'excellence, d'autre part, un secondaire académique rompant avec le non-sens du «?collège unique?». Ainsi pourront être formés les scientifiques, ingénieurs, médecins, administrateurs, experts en tous domaines dont la France a évidemment besoin si elle veut tenir son rang face aux nations qui menacent de la dépasser aujourd'hui sur les plans scientifique, économique et géopolitique.
Lorsqu'elles relèvent de fake news ou de théories alternatives, les « informations » que les jeunes recueillent sur Internet déforment leur vision du monde et remettent en question ce que l'école cherche à leur enseigner. Plus que jamais, la formation à l'esprit critique est donc une mission fondamentale de l'école. Le premier chapitre montre en quoi le monde numérique incite souvent à penser de manière approximative et à « gober » les fausses informations qui y circulent. Au deuxième chapitre, on tente de comprendre pourquoi notre cerveau peut se montrer faillible face à la désinformation numérique. Le troisième chapitre explore une piste nouvelle de formation à l'esprit critique : comprendre pourquoi on pense faux nous rend plus vigilants face aux tentatives de désinformation. Des piste concrètes de cette pédagogie sont ensuite proposées et illustrées.
Depuis trois décennies, les réformes successives des retraites n'ont apporté qu'une réponse partielle au vieillissement démographique massif de la population française. Les dépenses de retraite restent parmi les plus élevées d'Europe, et l'âge de départ parmi les plus bas. Le système français de retraite a trois défauts majeurs. De nombreux dispositifs récompensent les assurés pour leur comportement, en plus de ce qu'ils ont réellement contribué , cette logique rétributive offre de très bonnes pensions à des retraités souvent aisés, pour un âge de départ encore très bas. Ensuite, la fragmentation en plusieurs régimes freine la mobilité professionnelle, nourrit le ressentiment et complexifie toute réforme. Enfin, le système est devenu trop dépendant des subventions de l'État, qui finance des dépenses dites de solidarité devant relever des régimes, et absorbe les déficits des caisses de retraite quand elles sont en perte. Cet ouvrage propose trois axes de réforme : une unification partielle des régimes, à droits quasi constants pour éviter une longue et coûteuse harmonisation par le haut , une remise à plat des subventions de solidarité de l'État et du pilotage du système , une rationalisation des dispositifs rétributifs et un effort demandé aux générations actuelles de retraités. Derrière les aspects techniques, il s'agit bien d'une révolution culturelle de notre rapport au travail.
Depuis les années 2000, le visage de la France a bien changé, sur le plan de ses caractéristiques économiques, de la morphologie des mouvements sociaux, ou encore de la physionomie du personnel politique et de ses objectifs. La France est entrée dans l'ère de la mondialisation, et cette nouvelle donne transforme en profondeur le pays sous de nombreux aspects. La France industrielle est durablement affaiblie, les luttes sociales ne sont plus réductibles à la lutte ouvrière, et la gauche s'est progressivement alignée sur la conservation de l'ordre social. Une nouvelle réalité socio-économique, politique et idéologique s'est imposée, qui est précisément l'objet du livre, celle d'un pays dont la locomotive est constituée par le secteur financier et celui des services, dans le cadre d'un État activant à la fois la libéralisation de l'économie et l'autoritarisme répressif à l'encontre des perdants de la mondialisation.
Que doit-on aux autres, et que nous doivent-ils ? Le crédit rythme notre quotidien d'obligations chiffrées et d'échéances précises. Vivre aujourd'hui implique donc de faire ses comptes dans une société disciplinée, prévisible, en un mot : conservatrice. Rien ne doit changer pour que les dettes soient honorées. « L'argent magique n'existe pas », résuma un jour un président de la République. Mais parfois, rien n'arrive comme prévu, et le conservatisme financier devient intenable. Il suffit d'une pandémie ou une guerre pour bouleverser nos obligations financières. À coup d'argent magique, les banques centrales rachètent les dettes fragiles, publiques et privées , des travailleurs sont payés pour vivre sans travailler , les finances d'un État paria sont soudainement invalidées. Est-il donc possible de réviser nos obligations, supposées la veille inflexibles ? Peut-on éviter le pire d'un « retour à la normale », celle de sociétés structurellement figées face aux tragédies de notre temps comme la catastrophe climatique ?