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Rédigé à l'aube de la Renaissance, L'éducation de la femme chrétienne (1523), propose un modèle d'initiation féminine qui va de la plus petite enfance à la mort. En trois parties successives, il envisage les diverses épreuves de l'existence. Au delà des conseils ponctuels, cet ouvrage indique aux femmes, mais aussi de manière indirecte aux proches, comment mener une vie paisible conformément à un idéal chrétien revisité à la lumière de l'Antiquité. Ce texte a bénéficié d'un succès considérable dans toute l'Europe.
Publié quelques années après L'éducation de la femme chrétienne (1523), ce traité, Le devoir du mari (1929) en est le complément immédiat. Il explique les principes d'une existence paisible, comment il faut se comporter si on veut vivre sagement, en bon chrétien certes, mais aussi en époux honnête. Emu par la dureté misogyne des temps, il invite les maris au respect, à la confiance et surtout à la tendresse. Si Vivès ne rompt pas avec l'image traditionnelle de la famille patriarcale, fortement hiérarchisée, il en propose cependant une conception équilibrée.
Le siècle des Lumières fait renaître un profond intérêt pour l'éducation. Les lettrés d'alors relisent Plutarque et Quintilien où ils puisent des principes éducatifs inédits. Si Rollin questionne la bonne organisation de l'enseignement secondaire, Rousseau éduque l'Homme et construit son identité sociale, tandis que Condillac élabore une archéologie des savoirs afin de métamorphoser Ferdinand de Parme en prince éclairé et que Mme de Genlis prône les pleins pouvoirs de son éducation familiale. Ces quêtes convergent unanimement vers l'idée implicite que seule une relation éducative de qualité garantit la réussite de toute éducation.
Plusieurs spécialistes présentent ici une analyse de l'Emile de Rousseau par les regards croisés de Condorcet, Kant, Pestalozzi, Fichte, Herbart, Dilthey, Dewey et Freinet, penseurs et acteurs pédagogiques inscrits dans la postérité éducative de cette oeuvre. Il se pourrait toutefois que l'Emile, avec le noeud de questions qu'il tisse, soit encore devant nous.