Combats
Désormais, le renouvellement de toute la gauche est devenu le préalable évident de son unité et de sa victoire. C'est pourquoi, après "l'Enarchie ou les Mandarins de la société bourgeoise", Jacques Mandrin, poursuivant sa quête dans, la société française d'aujourd'hui, livre, dans "Socialisme ou social-médiocratie" son expérience de militant et ses réflexions sur les chances et les malchances du socialisme et de son parti : cortège d'hommes, de textes et de mots dont on ne sait plus très bien lesquels des premiers ou des derniers le conduisent. Mais ce livre n'est pas seulement un pamphlet ou un essai : il se veut aussi un petit guide de la lumière et de la nuit pour d'aventureux militants.
1973, France. Yvonne Huriez, mère de neuf enfants, est incarcérée pour une traite de télévision impayée. Son fils Thierry se suicide, incapable de supporter cette injustice.
Et si l’entreprise moderne reproduisait les abus de la féodalité ? L’entreprise, société féodale de Guy Courtieu dépeint avec force comment le pouvoir privé des entreprises peut menacer nos libertés individuelles, bien au-delà de l’État.
"L'importance des événements de mai-juin est telle, la mise en avant du nom de Cohn-Bendit est si bien orchestrée, que nous n'avons plus besoin d'aller supplier un éditeur, c'est lui qui vient nous chercher pour écrire un livre qui, de toute façon, bon ou mauvais, intéressant ou pas, devrait devenir - en bon objet de consommation - le gadget révolutionnaire de la rentrée... Pourquoi avons-nous alors accepté de faire ce livre ? Pour retourner l'arme contre cette société, en y disant ce qu'on a pu dire longtemps avant et pendant les événements, ce qui nous paraît important dans ce mouvement révolutionnaire et pour en dégager l'essentiel : les perspectives d'avenir, car il n'est pas question pour nous d'en rester là. Ce n'est qu'un début, continuons le combat !" C.-B.
Depuis le début de l'année, le monde suit avec attention, inquiétude et espoir, le processus de libéralisation tchécoslovaque. Des dates mémorables resurgissent : 1938, Munich ; 1948, le coup de Prague ; 1956, Budapest. La présence des troupes soviétiques, les menaces voilées d'intervention, la lettre des PC réunis à Varsovie, un début de campagne d'intoxication, la dénonciation de "contre-révolutionnaires" et autres brebis galeuses à sacrifier, le soutien apporté aux ex-dirigeants staliniens rejetés par la population toute entière, ont pu faire craindre le pire en dépit de l'opposition ou des réserves de nombreux "partis-frères" et de la fermeté des nouveaux responsables du PC tchécoslovaque. Mais cette lutte contre la terreur, la sclérose, la dictature bureaucratique - outre ce qu'elle a de commun avec les combats actuels contre toutes formes d'abus de pouvoir et de "violence institutionalisée" - cette lutte ne met-elle pas en question le dogme même du centralisme démocratique, le règne du parti unique ? Entre une contestation contagieuse et la répression, y-a-t-il place pour une évolution pacifique à l'intérieur de ce qu'on ne peut déjà plus appeler le "bloc" communiste ? Voici, pour comprendre ce printemps de Prague et de Bratislava, les principaux documents de la renaissance tchécoslovaque : depuis les sombres éphémérides de l'ère Novotny jusqu'aux fameux Deux mille Mots - anthologie politique d'une nation débâillonnée.
1973, Buenos Aires : Perón revient après 18 ans d’exil, porté par l’espoir d’un peuple et l’engagement des guérilleros montoneros. Mais l’enthousiasme se transforme en cauchemar.
Huit histoires sarcastiques et ironiques où Claude Daigneault dépeint avec humour la mésentente humaine. Un recueil mordant sur la pédanterie, l'égoïsme et la cruauté, à lire pour rire jaune de nos travers.
1971, sous-continent indien : la guerre indo-pakistanaise et la naissance du Bangladesh révèlent l’affrontement silencieux des trois grands. Entre USA, URSS et Chine, un cinquième de l’humanité devient l’enjeu d’un nouveau jeu d’influence.
Depuis plus de dix ans - depuis la publication en français d' « Une journée d'Ivan Denissovitch » à laquelle il fut étroitement mêlé -, Pierre Daix n'a cessé d'étudier et de se montrer l'indéfectible défenseur de l'oeuvre de Soljénitsyne. La bataille de ce dernier pour « les droits de l'écrivain » ne pouvait pas ne pas toucher directement les Lettres françaises dont Pierre Daix était, avant leur disparition, rédacteur en chef. Ce journal, né de la résistance à l'obscurantisme hitlérien, entra en lutte contre le retour aux errements staliniens dont témoignaient, en URSS, l'assassinat littéraire ou artistique, la coercition ininterrompue, la menace psychiatrique, l'organisation étatique de la misère matérielle à l'encontre des éléments jugés « pernicieux ». Au centre de ce conflit : le « cas Soljénitsyne ». Ce livre réunit le récit de sa lutte et de sa persécution, l'analyse de son oeuvre et de son rôle, là-bas comme ici, par un communiste français de la génération de l'ombre, lui-même ancien déporté : les Lettres françaises disparues, ce témoignage entend les continuer quelque peu, sur l'essentiel.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Cinq jeunes délinquants se sont réunis pour parler, dans leur langue de tous les jours, de leur vie et de ce qui leur importe. Sans retenue ni concessions, ils vident leur sac : sur leur recrutement social, leurs motivations propres, leur initiation, les raisons de la récidive, leurs rapports avec l'argent, ce qu'ils savent et pensent de la prostitution, de la criminalité féminine, du monde des revendeurs, du milieu ancien style, des juges et de leurs jugements, des psychiatres et de leurs expertises, des matons, des diverses formes et conditions d'incarcération qu'ils ont connues, de la façon dont la presse parle de ce qui les concerne, dont l'opinion les considère, de ce qui incite certains d'entre eux à renoncer, d'autres à continuer... Face aux multiples discours de ministres, sociologues, juristes et journalistes sur une recrudescence de la violence et l'apparition d'une nouvelle délinquance, ces dialogues risquent de heurter la plupart des idées reçues et exprimées. Faut-il, cependant, attendre que leurs auteurs ou leurs semblables se retrouvent dans le box des accusés pour les autoriser à dire qui ils sont, ce qui les a conduits là, ce qui les y maintient ou ce qui les incite, au contraire, à porter ailleurs leurs espoirs ?
La psychiatrie se donne pour but le traitement des maladies mentales. Pourtant, on ne sait pas, on n'a jamais su quelle est l'origine de ces maladies mentales, ce qu'est la folie, ce qui la produit, ce qui pourrait la guérir... Cela n'a pas empêché - depuis Pinel, depuis l'édification d'un système d'institutions psychiatriques autonomes - l'apparition de cent théories, aussi vite démenties les unes que les autres. Ni la mise au point, de nos jours autant qu'autrefois, de cent méthodes de traitement aussi saugrenues les unes que les autres. Sous le baroque des premières tentatives thérapeutiques, sous leur aspect artisanal et souvent dérisoire, s'ébauchent les premiers gestes d'un pouvoir absolu : celui d'un groupe professionnel sur le corps de quelques milliers d'individus d'abord, de centaines de milliers aujourd'hui.
Après la défaite de la gauche, juste avant son XXIIIe congrès, où en est le PCF ? En décidant, avec plus de vingt ans de retard, de tenir compte du rapport Khrouchtchev, le PCF s'est donné bonne conscience et a pensé faire l'économie d'une réflexion en profondeur. En effet, s'il critique aujourd'hui les manquements à la démocratie à l'Est, il ne rompt toujours pas, bien au contraire, avec le camp socialiste. Ces ruses avec la déstalinisation et avec la crise du monde communiste sont allées de pair avec les ruses vis-à-vis des exigences de l'union de la gauche. Plus le PCF proclame qu'il change, plus il se raccroche à son utopie du XIXe siècle, plus il se protège contre une évolution qui sape ses certitudes. La critique interne et publique aidera peut-être le PCF à sortir de sa sclérose, à se donner les moyens intellectuels et le statut d'un parti moderne. En tout cas, au grand dam de ses chefs, et aussi de ses adversaires, l'avenir du PCF est devenu une affaire française.
Brice Lalonde, Serge Moscovici, René Dumont : trois générations, trois personnalités, trois démarches. Jean-Paul Ribes les interroge sur ce nouveau phénomène politique qu'est, en France, l'écologie. Quels en sont les fondements, l'enracinement historique ? Quel est le sens de cette intervention en place publique, sur quoi débouche-t-elle ? Les écologistes ont-ils un programme ? Quelle société veulent-ils construire ? Les questions fusent, les réponses se bousculent. Nul dogmatisme, tout reste ouvert et pourtant voici le premier manifeste des écologistes français.
Pour des hommes obligés de s'expatrier afin de vendre leur force de travail, l'absence d'affectivité se traduit quotidiennement ; abstinence forcée, refoulement croissant de leurs désirs sexuels. La misère matérielle dans laquelle ils vivent est de plus en plus connue et souvent dénoncée. Mais que dire de l'autre misère, moins visible, aussi évidente, celle de la solitude, celle qu'ils subissent dans la rue, dans la chambre, dans le sommeil ? C'est de cette misère vécue que Tahar Ben Jelloun témoigne, en transcrivant le discours de ces hommes venus le consulter dans le centre de médecine psychosomatique où il a exercé trois années durant.
" Un heureux pamphlet philosophique et politique... Un des livres qui m'ont le plus poursuivi..., incité à réfléchir, inventorier, retourner aux sources, relire Soljenitsyne, Lénine et Marx, réinterpréter la réalité. " Jean Daniel, Le Nouvel Observateur " La cuisinière, c'est celle que Lénine conviait dans une apostrophe célèbre à la direction des affaires soviétiques. Le mangeur d'hommes ? N'importe quel chef de camp, garde-chiourme, membre du bureau politique ou du comité central, fonctionnaire d'autorité ou non, profiteur du nouveau système, ou l'idéologue qui les couvre. Ou encore le cannibale suprême, l'État. Leur réunion : une grenade que l'on commence à se passer de main en main. " Paul Gillet, Le Monde " André Glucksmann nous fait voir non seulement la réalité de la République "socialiste', mais aussi le Goulag qui est dans nos cervelles, cet établissement "éducatif' où nous avons "mis au pas' et "redressé' nos contradictions et nos déviances. " Robert Maggiori, Libération " Comment en sommes-nous venus à supporter le plus gros mensonge du siècle et les plus grands camps de l'histoire jusqu'à voir en l'URSS le socialisme à quelques erreurs près ? " J.-P. R., Actuel " C'est féroce parce que totalement irrespectueux, mais bienveillant... Glucksmann a cette intelligence si rare de ne pas prendre Marx pour le marxisme et d'écouter en Gramsci un jeune intellectuel qui cherche et non un pape dudit marxisme. Oui, c'est féroce, mais pour le marxisme, pour l'isme... " Pierre Daix, Le Quotidien de Paris " L'espérance véritable semble se réveiller dans les cris. Le cri de Glucksmann a récusé le ronron marxiste agonisant. " Maurice Clavel, France-Culture
Il y a beau temps que l'Afrique est mal partie. Juqu'à une période récente , les ultimes soubresauts de la décolonisation, les péripéties sanglantes ou feutrées des mainmises néo-coloniales, les affrontements intertribaux, les tyrannies néroniennes et les républiques musclées, les bunkers de l'apartheid, les sécessions et les espoirs ou les mirages d'unités nationales, voire de cohésion continentale, cette actualité violente - Katanga, Biafra, Ouganda, Angola, Soweto... - était lue par le public des pays nantis comme les faits divers d'un infra-monde qui, pour avoir été le berceau de l'humanité, ne méritait guère qu'on lui reconnût une histoire donc un statut de sujet politique. Voici aujourd'hui que l'Afrique accède au rang de terrain de manoeuvre privilégié des luttes d'influences planétaires, de nouveau champ de bataille des inétrêts multinationaux, et qu'un gigantesque safari politico-économique en fait l'enjeu de toutes les convoitises. Dernière zone de la planisphère à ne pas constituer une chasse gardée, la voici en proie aux battues des uns, aux braconnages des autres. L'Afrique bien arrivée, mais au point de non-être. Jean Ziegler, sociologue de l'Afrique noire à laquelle il a déjà consacré plusieurs travaux, auteur du très fameux Une Suisse au-dessus de tout soupçon où les empires occultes de la banque et de la finance sont accusés de contribuer à la paupérisation absolue du Tiers-Monde, étudie à travers l'idéologie et l'action des mouvements de libération, la tragédie historique d'un continent qui, du puzzle colonial aux plus récentes curées néo-impérialistes, n'a cessé d'être mis en pièces.
"Si vous voyez un banquier suisse sauter d'une fenêtre, sautez derrière lui. Il y a sûrement de l'argent à gagner" (Voltaire). "Neutres dans les grandes révolutions des Etats qui les environnaient, les Suisses s'enrichirent des malheurs d'autrui et fondèrent une banque sur les calamités humaines" (Chateaubriand). A quoi Jean Ziegler - né en Suisse, sociologue, spécialiste du Tiers-Monde - ajoute aujourd'hui ce livre-réquisitoire sur la Suisse contemporaine, sa face cachée, son "impérialisme secondaire" dans les pays en voie de développement, les rouages de son gouvernement visible et ceux du pouvoir réel qu'il dissimule, son rôle de receleur des capitaux en fuite, de plaque-tournante de l'activité des sociétés multinationales, grâce aux "admirables" institutions que constituent le secret bancaire et le compte à numéro - le tout voilé dans les plis du drapeau de la Croix-Rouge et couvert par un discours de neutralité et de paix qui fait passer les Seigneurs de la banque de Genève ou Zürich pour de pieux et inoffensifs philanthropes. A propos : combien d'enfants morts de faim en Amérique latine là où les trusts alimentaires ont implanté leurs monopoles ? Combien de tentatives d'étranglement économique de gouvernements populaires, du fait de la volonté discrète de quelque banques suisses ? Combien de tués par an par l'industrie de mort ou les invisibles rapines de la très-neutre et bien-pensante Confédération helvétique ?