Collection V
1598, Caraïbes : un jeune Français embarque clandestinement sur une flotte espagnole pour explorer les Indes occidentales. Samuel de Champlain y observe tout, dessine les côtes, étudie les peuples et les ressources.
Les immenses territoires de l'Ouest de l'Amérique du Nord, aujourd'hui comme hier, en ont fait rêver plus d'un. Avant l'arrivée des Européens, cette vaste contrée était habitée par des nations qui, au rythme des saisons et des époques, l'ont occupée pacifiquement ou se la sont âprement disputée. À peine les Européens eurent-ils mis le pied sur ce continent qu'ils échaffaudaient déjà plans et expéditions pour l'explorer et le traverser. Renée Joyal revient sur les grands moments de l'histoire de l'Ouest canadien, depuis les expéditions de La Vérendrye et de ses fils au XVIIIe siècle jusqu'aux combats de Louis Riel et des Métis au siècle suivant. Elle s'intéresse ensuite à la formation du peuple métis - issu d'unions entre hommes blancs et femmes autochtones - et aux luttes titanesques menées par Louis Riel et les siens pour la reconnaissance de leurs droits. Entremêlant la grande et la petite histoire, L'Appel de l'Ouest retrace les chemins empruntés par les descendants de Jacques Goulet - premier du nom à s'établir en Nouvelle-France - qui ont répondu à l'appel des grandes plaines. À travers leurs parcours, ce sont ceux de tous les pionniers de l'Ouest qui sont entrevus.
Cette nouvelle édition des Voyages de 1613 de Champlain rend enfin accessible un texte fondateur de l'Amérique française. Parce qu'elle est en français moderne et qu'elle contient l'iconographie de l'édition originale, elle permet de découvrir, et de savourer, les plus fameux récits des fondations de l'Acadie et de Québec. Par le texte et l'image, Champlain raconte les installations des Français sur l'île Sainte-Croix, à Port-Royal et sur la " pointe " de Québec. Il décrit les premiers hivers marqués par les ravages du scorbut. Il relate les explorations des provinces maritimes, de la Nouvelle-Angleterre et de la vallée du Saint-Laurent. Il rapporte les alliances avec les Mi'Kmaqs, les Etchemins, les Montagnais, les Algonquins et les Hurons. Il retrace les attaques des Almouchiquois et les combats contre les Iroquois. Il rappelle tout ce qu'il a vécu aux côtés des autres fondateurs, en particulier Pierre Dugua de Mons et François Pont-Gravé. Ses récits sont un témoignage capital sur les débuts de la présence française en Amérique du Nord. Ils sont aussi l'oeuvre essentielle d'un des auteurs les plus prestigieux de la littérature de voyages.Éric Thierry a établi, annoté et présenté ce texte. Né en 1964, il enseigne l'histoire et la géographie dans un lycée de Picardie. Docteur de l'Université de Paris-Sorbonne, il est l'auteur de Marc Lescarbot (vers 1570-1641). Un homme de plume au service de la Nouvelle-France (Paris, Honoré Champion, 2001) et de La France de Henri IV en Amérique du Nord. De la création de l'Acadie à la fondation de Québec (Paris, Honoré Champion, 2008). Il a été lauréat de l'Académie française en 2002. En 2009 et 2010, il publiera, dans la collection V, des éditions en français moderne de deux autres ouvrages de Champlain, ses Voyages de 1619 et ceux de 1632.
Un vent de rébellion souffle sur le Haut et le Bas-Canada en 1837. Les aspirations des Patriotes seront durement réprimées par l'armée britannique. C'est dans ce contexte que John George Lambton, comte de Durham, est nommé Gouverneur général et y est envoyé en 1838 pour faire rapport sur la situation de la colonie. Il est accompagné de son épouse, Louisa Elizabeth Grey.Lady Durham tient un journal certes pour rendre compte du quotidien, de ses impressions de voyage et de la vie mondaine qu'ils mèneront, mais surtout pour porter un soutien moral à son époux, alors plongé dans une tourmente politique à Londres. Elle y fait preuve de sollicitude pour la santé et le confort de son mari, alors que la maladie dont il souffre s'aggrave jusqu'à son décès en 1840.Dans l'entourage de lord Durham se trouve son secrétaire particulier, Edward Ellice ainsi que son épouse Katherine Jane. Alors dans la jeune vingtaine, elle consigne avec beaucoup d'humour et une plume vivante ses observations quotidiennes, en plus de dessiner et de peindre de magnifiques aquarelles. Les événements les rattraperont lorsqu'elle sera faite prisonnière par les Patriotes lors des derniers soulèvements à Beauharnois, point culminant de son récit.Deux journaux, deux intentions, deux points de vue sur cette page déterminante de notre histoire.
En 1684, René-Robert Cavelier de La Salle avait reçu la mission du secrétaire d'État à la Marine Colbert d'installer une petite colonie à l'embouchure du Mississippi. La rocambolesque aventure se terminera tragiquement en 1687 avec l'assassinat de l'explorateur par l'un de ses compagnons, dans des circonstances nébuleuses.Les récits en grande partie inédits de l'homme de confiance de La Salle, Henri Joustel, et celui de l'ingénieur Jean-Baptiste Minet rapportent ici les péripéties du voyage selon des points de vue divergents. Témoins vivants des heurs et malheurs de La Salle, ils répondent franchement aux demandes d'éclaircissements de la Cour de France sur une expédition par laquelle Louis XIV voulait affirmer sa puissance face à l'Espagne et à l'Angleterre.Raymonde Litalien, née à Saint-Pamphile (Québec), a étudié à l'Université de Montréal puis à l'université de Paris-Sorbonne, où elle a obtenu un doctorat ès lettres (histoire). Par la suite, elle a dirigé le programme de recherche des Archives nationales du Canada en France (1977-2005), qui a conduit à la numérisation de milliers de documents français relatifs au Canada. Auteure de plusieurs ouvrages sur l'exploration de l'Amérique du Nord, elle est actuellement membre titulaire de l'Académie de marine (France).
" J'ai lu, dans ma jeunesse, les relations des moeurs et des manières des Sauvages écrites par des religieux qui, quoique les auteurs passent pour des saints, étaient pleines d'absurdités et de contradictions. " Trudeau ne mâche pas ses mots. Au moment où il entreprend son voyage sur le Haut-Missouri, il a 45 ans, dont 26 passés parmi les Indiens, surtout les Sioux Yanktons et les Panis Républicains." Tous ces peuples sauvages ne connaissent point de subordination, ni de distinction entre eux [...]. Ils n'ont ni loi, ni juge, ni prêtre ". Moqueur, Trudeau souligne que les lois des " nations policées ressem-blent, en certaines circonstances, à ces toiles d'araignées qui arrêtent le moucheron et que les taons brisent ". La liberté sexuelle des Indiens le gêne, mais moins que la frénésie des " jeunes Canadiens qui, à leur arrivée [chez les Indiens], se mettent à courir à toute bride comme des chevaux échappés dans les champs de Vénus, d'où ils ne sortent rarement sans être munis des maux qui y sont irrévocablement rattachés ". Il ajoute un petit détail à propos des maladies vénériennes : " les Sauvages s'en guérissent parfaitement bien ".Trudeau ignore le politiquement correct. Quand il est scandalisé, il le dit sans détour. Le Sauvage de Trudeau n'est pas un Indien inventé. Il est bien réel, avec ses grandeurs et ses faiblesses, sa passion pour la guerre et sa recherche effrénée de scalps. Trudeau répond à bien des questions sur les pratiques et croyances des Indiens. Il bouleverse nombre d'idées reçues.
Un Robinson français, c'est ainsi que se présente Dumont de Montigny, désireux de livrer une " confession générale de toute sa vie ", laquelle n'a rien à envier à celle du héros de Daniel Defoe. De Québec à Saint-Domingue, en passant par Lorient, La Rochelle,La Nouvelle-Orléans et Biloxi, loin d'être seul sur une île déserte, il côtoie une faune extrêmement bigarrée où se pressent des commerçants, des militaires, des contrebandiers, des propriétaires d'esclaves, des spéculateurs, des coureurs des bois, aussi des Noirs, et surtout des Indiens et des Indiennes.Avec humour, un sens très poussé de l'observation et une exagération bien calculée, il captive son lecteur qui se laisse volontiers entraîner de part et d'autre du monde atlantique. À mi-chemin entre le roman et l'autobiographie, Dumont de Montigny donne tour à tour la parole à l'aventurier, au soldat, à l'ethnologue, à l'écrivain. Malmené par la vie, tant par les forces de la nature que par la malice des hommes, il rebondit chaque fois et réussit à s'apitoyer sur le malheur des autres, depuis les victimes du système Law jusqu'à ceux de la révolte des Natchez. Artiste dans l'âme, il manie le pinceau et la plume. Non seulement on ne s'ennuie pas en sa compagnie, mais on s'instruit sans effort.Ce travail d'édition a été réalisé par une équipe de la Newberry Library, dirigée par Carla Zecher, Gordon M. Sayre et Shannon Lee Dawdy.