CAPRICCI STORIES
Trois Sissi en trois ans. De quoi propulser cette adolescente au rang d'icône à tout juste 18 ans. D'un internat religieux très strict aux projecteurs, de l'adoration excessive du public à l'indifférence ou l'acharnement, de films kitchs à l'eau de rose au grand cinéma d'auteur des années 70, la vie et la carrière de Romy Schneider sont une succession de grands écarts. Eternelle insatisfaite, elle remet son titre en jeu dans chacun de ses rôles (prostituée, soeur incestueuse, actrice ratée ou femme brisée), dans lesquels elle se jette à corps perdu, quitte à y laisser un peu d'elle-même. La femme et l'actrice se confondent désormais. A tel point que son statut d'icône dépasse aujourd'hui sa seule carrière et vient auréoler sa vie de femme et son destin tragique. Collaboratrice au magazine Sofilm depuis 2016, Faustine Saint-Geniès a également co-écrit Les Soprano by Sofilm (éditions Capricci). Auparavant, elle a travaillé comme journaliste politique et comme correspondante à New York.
À Hollywood, elle a révolutionné les codes du glamour. À New York et Paris, ceux du style et de la mode. De Vacances romaines à Diamants sur canapé, en passant par Charade ou My Fair Lady, les chefs-d'oeuvre peuplent la filmographie d'Audrey Hepburn. Pourtant, c'est de son visage et de sa silhouette, d'abord, dont on se souvient. Tous les malheurs du monde et les drames intimes qu'elle a traversés - de son enfance sous la Seconde Guerre mondiale au début des années 90 - semblent s'éclipser derrière ce visage parfait, ce sourire bienveillant, ce regard accueillant, qui semblent dire que rien n'est grave, que tout va bien. Pierre Charpilloz est journaliste et critique de cinéma. Il collabore aux magazines « Viva cinéma » sur les chaînes Ciné+ et « Court-circuit » sur Arte, ainsi qu'aux revues Sofilm, Revus & Corrigés et Bande à part. Parallèlement, il enseigne le cinéma à l'université de Strasbourg.
C'est peu dire que le public japonais a été surpris de voir le saltimbanque du petit écran Beat Takeshi adoubé par la critique internationale sous le patronyme de Takeshi Kitano, jusqu'à décrocher le Lion d'or à Venise en 1997. Mais depuis qu'il a quitté l'université pour les cabarets d'Asakusa, le gosse de Tokyo n'a cessé de choisir seul qui il allait devenir, quitte à prendre tout le monde à contre-pied. Ou plutôt de ne pas choisir, entre son statut de comique outrancier et celui de comédien sensible, entre le présentateur foutraque derrière le succès planétaire Takeshi's Castle et le réalisateur d'avant-garde ultra-violent, poète et yakuza. Une improvisation au rythme effréné qui aura fait de lui une légende sur l'archipel, avec tout ce que cela comporte de fantasque et de merveilleux. Lucas Aubry est journaliste pour le magazine Sofilm. Il est l'auteur du podcast L'Argent de poche, qui raconte les petits boulots des grands acteurs. Takeshi Kitano, hors catégorie est son premier livre.
Enfant, Steve McQueen s'imaginait en nouveau Humphrey Bogart. Le rêve de ce gosse du Missouri a été exaucé. Les Sept Mercenaires, La Grande Evasion, Bullitt ou Guet-apens ont fait de lui bien plus qu'une star. Il est devenu le king of Cool, icône virile et incarnation de l'individu roi américain. Son sang-froid recouvrait un caractère explosif, celui d'une graine de voyou passée par une maison de correction et les rangs des Marines. Terreur des plateaux, l'acteur-pilote était mû par des forces aussi puissantes que contradictoires. Elles l'ont poussé à poursuivre la gloire autant qu'à lui tourner le dos, comme un appel à toujours fuir ce qu'il était. Steve McQueen a multiplié les échappatoires jusqu'à sa mort prématurée, à 50 ans. En étant persuadé cette fois de s'en aller au ciel. Vincent Gautier est journaliste (Le Point Pop, Sofilm, Socialter).
Il a publié son premier poème à 8 ans, été condamné aux travaux forcés à 15, a menti pour avoir son premier rôle, a été arrêté pour possession de stupéfiants, a giflé Otto Preminger, est devenu ami avec Marilyn Monroe, a chanté avec Elvis Presley, était plutôt pour la guerre du Vietnam et franchement contre certains journalistes, qu'il aurait volontiers enterrés vivants. Mais il l'a fait sans avoir l'air de vraiment s'y intéresser, à la fois complètement dedans et totalement à côté, l'oeil alangui et un sourire en coin.Éternel vagabond qui se considérait toujours entre deux trains, Robert Mitchum n'attachait que peu d'importance au métier d'acteur. Comme si, malgré le bruit, la gloire et l'agitation, il n'avait jamais été vraiment là. Lelo Jimmy Batista est auteur, scénariste, réalisateur et journaliste.
Il faut l'imaginer rejoindre le plateau à l'aube, prendre ses marques au milieu de l'agitation ambiante et réciter son texte d'une traite une fois la caméra lancée. Comme quelqu'un qui a fait ça toute sa vie. Repérée par les studios à l'âge de 5 ans, Natalie Wood a sauté sur les genoux d'Orson Welles et traversé le pays pour signer des autographes. Adolescente, elle est devenue l'icône d'une génération de rebelles aux côtés de James Dean dans La Fureur de vivre, l'inoubliable Maria dans West Side Story, la vedette aux grands yeux marron dont les frasques sentimentales s'affichent dans la presse. Jusqu'à sa disparition dans les eaux de la baie de Los Angeles au début des années 80, Hollywood a été son royaume. Elle y a vécu une histoire flamboyante, pas tout à fait un conte de fées. Lucas Aubry est journaliste pour le magazine Sofilm. Il est l'auteur du podcast L'Argent de poche, qui raconte les petits boulots des grands acteurs. Il a déjà publié Takeshi Kitano - Hors catégorie, dans la collection "Capricci Stories".
De sa naissance par ciel orageux dans le Massachusetts à sa mort qu'elle repoussa avant de l'accepter à Paris, la vie de Bette Davis n'a été qu'une infatigable lutte. Rien n'est assez bien, elle-même n'est jamais assez bonne. Comme actrice, comme femme, comme mère. Elle travaille dur et défend l'image d'une femme libérée du glamour d'Hollywood, des contrats des studios, des clichés sur la ménagère. Procès, divorce, colère, elle trace la voie d'un nouveau genre d'actrice, le genre qui obtient ce qu'elle veut ou part en claquant la porte. De ville en ville, sur les planches des théâtres et de ses parquets, dans la chaleur des studios et de ses maisons, entre les mains de ses amants et de ses maris, Bette Davis se précipite à la poursuite d'un bonheur impossible. Anne-Capucine Blot est habilleuse pour le cinéma. Elle a réalisé un court métrage et écrit des scénarios, et collabore à la revue Brefcinéma.
C'est l'histoire d'un vieux malentendu. Tous les grands comiques en ont souffert, de Jerry Lewis à Robin Williams : plus on vous demande de faire le clown, plus vous vous sentez glisser dans le gouffre du désespoir. Bill Murray, lui, a fait de ce malentendu une profession de foi. Après ses débuts avec la bande du Saturday Night Live, les comédies à succès des années 80 ont fait de lui une star mondiale. Il a fui, pour ne revenir que des années après, plus rare, plus évanescent. C'est devenu une légende urbaine à lui tout seul. Un gentil zombie, un spectre souriant, une mascotte du cinéma d'auteur bon teint et affranchi de l'industrie. Mais sans se départir de sa mine de vieux chien las, en promenade trop loin de chez lui. Yal Sadat est journaliste et critique de cinéma (Sofilm, Première, Carbone et anciennement Chronic'art).
Au début des années 70, le monde entier observe, fasciné, un jeune chinois jongler avec un nunchaku. Le fléau danse autour de son corps à moitié nu, il souffle et pousse descris féroces, portant au fond du regard une étincelle de folie. The Big Boss (1971), La Fureur de vaincre (1972), La Fureur du dragon (1972), Opération dragon (1973). En quatre films vite moulinés, Bruce Lee bondit aux yeux du monde entier... A 32 ans seulement, il est à la veille de sa mort. Du Hongkong de l'après-guerre au San Francisco des sixties, des studios de Hollywood à ceux de Kowloon, ce livre raconte son parcours, ses amitiés-rivalités avec Steve McQueen ou Roman Polanski, sa vie sentimentale complexe mais aussi l'aube de la mondialisation des arts martiaux, et toutes les folles ambitions d'une vie inachevée. Adrien Gombeaud est journaliste et critique de cinéma. Diplômé de chinois et docteur en langue et civilisation coréenne, il écrit notamment pour Les Échos, Le Figaro Magazine, Vanity Fair et Positif. Il est l'auteur d'une dizaine de livres, dont : L'Homme de la place Tiananmen (Le Seuil), Une blonde à Manhattan (Le Serpent à plumes), Dans les pas du Petit Timonier (Le Seuil), 30 secondes en Arizona (Espaces & Signes). Il a coordonné un Dictionnaire du cinéma asiatique (Nouveau Monde Editions).
Qui était vraiment Jean Alexis Moncorgé, dit Gabin ? Acteur impressionnant de naturel pour les uns, comédien au jeu monolithique pour les autres, l'homme a séduit autant qu'il a pu irriter. En choisissant quinze moments de la vie de l'acteur, de son enfance sous la Première Guerre mondiale à ses dernières cigarettes au milieu des années 1970, en passant par sa brouille avec Marcel Carné et Jacques Prévert, la prise du "Nid d'Aigle" pendant la Seconde Guerre mondiale ou encore ses débuts mouvementés avec Jacques Audiard, ce livre tente de percer l'homme à jour derrière la légende. Sébastien Gimenez est auteur de chansons, d'essais, de romans et de scénarios. Passionné de cinéma français et de contre-culture, il est l'auteur de deux ouvrages, Le Rire made in seventies, sur la comédie française des années 1970, et Gonzo, consacré à la représentation de la pornographie à l'écran, depuis ses origines à nos jours.
Dieu dansant rongé par un feu bouillonnant, flamboyant éloge de l'imperfection, Nicolas Cage s'est construit au long d'un parcours aux stupéfiantes incursions, où se croisent Francis Ford Coppola, David Lynch, Werner Herzog, des clowns, des cafards, des baleines, les Beatles, Elvis Presley et Internet tout entier. Il fait aujourd'hui à l'écran ce que plus personne n'ose faire : déconcerter, rompre, démolir, prendre des risques, essayer, quitte à perdre et sombrer. Un véritable monstre de cinéma, dans tous les sens du terme, qui depuis quatre décennies ne poursuit qu'une seule voie : la sienne, envers et contre tout. Lelo Jimmy Batista est auteur, scénariste et journaliste pour Libération. Dans la collection « Capricci Stories », il a déjà publié Robert Mitchum, l'homme qui n'était pas là. Lelo Jimmy Batista est auteur, scénariste, réalisateur et journaliste (Libération, Sofilm, Vogues Hommes...).
Dès son premier rôle sur les planches new-yorkaises, Marlon Brando a changé à jamais la manière de jouer au théâtre comme au cinéma. Originaire d'Omaha dans le Nebraska, fils d'un père rêche et d'une mère dépressive, débarqué à Broadway presque par hasard, il est devenu, en une poignée de grands rôles, rien de moins qu'un des plus grands acteurs du monde. Une icône sensuelle, fantasque et imprévisible avec une voix nasale et un marmonnement empêché, reconnaissable entre tous. Puis, plus rien, sinon des résurrections magnifiques dans Le Parrain, Le Dernier tango à Paris, Apocalypse Now et quelques autres. Comme si Brando était arrivé trop tôt, seul au sommet. Ce livre tente de cerner différentes facettes du mythe Brando et de saisir quelques instants d'une vie rongée par la mélancolie. Arthur Cerf est journaliste pour les magazines Society et Sofilm depuis 2015.
Comme toutes les autres, elle a modifié son physique pour plaire à Hollywood et joué le jeu des prétendues rivalités entre actrices. Comme toutes les autres, elle avait des jambes magnifiques et un regard de vamp à faire fondre les coeurs. Comme les autres, sa vie sentimentale était aussi incroyable que dissolue.Pourtant, Marlene demeure unique. La parfaite création cinématographique. Un mythe, dira-t-on. Car le secret de Dietrich, ce qui la différencie des autres, c'est sa voix grave inimitable. Suave et cajoleuse. Celle-ci n'est pas la plus belle ni la plus puissante. Mais la star saura l'utiliser mieux que quiconque pour envoûter le public, se construire une carrière à l'épreuve du temps et vivre quelques aventures rocambolesques. Journaliste et intervenant cinéma dans les lycées, Camille Larbey est également l'auteur de Berlin mis en scène (éditions Espaces & Signes, 2017).
Son visage a servi de modèle à la méchante reine de Blanche-Neige. Sa rivalité légendaire avec Bette Davis a inspiré la série Feud. Sa relation avec sa fille adoptive a fait l'objet d'un film qui lui a valu d'être classée parmi les « 50 plus grands méchants de l'histoire du cinéma »... Joan Crawford est devenue le symbole absolu du côté sombre d'Hollywood. Malgré une filmographie qui va du cinéma muet jusqu'aux débuts d'un certain Steven Spielberg, on ne la voit plus que comme un monstre. Elle était certes connue pour son ambition dévorante, mais ses sourcils sévères cachaient une vive inquiétude, celle de voir sa carrière d'actrice s'éteindre avec l'âge. Il est temps de jeter un peu de lumière sur la face sombre de l'énigme Joan Crawford. Journaliste specialise dans la pop culture (Tutotal, Tellement gay !, Dress Code), Maxime Donzelest redacteur pour le magazine Sofilm.
On l'a appelé « Mel-une-prise » pour sa capacité à livrer le meilleur de lui-même dès la caméra enclenchée. Mais Mel Gibson porte aussi le surnom moins flatteur de « Mad Mel ». Écho bien sûr au rôle de motard vengeur qui a lancé sa carrière et qu'il aurait décroché, selon la légende, après une bagarre de bar, mais aussi à cause de ses dérapages à répétition et de ses projets pharaoniques : le tournage épique de Braveheart, la reconstitution grandeur nature de Jérusalem pour La Passion du Christ, les centaines de figurants mobilisés en pleine jungle pour Apocalypto... Mel Gibson est à l'image des héros qu'il a interprétés, ceux de Mad Max, L'Arme fatale ou plus récemment du Complexe du castor : toujours sur la brèche, à cheval entre le coup d'éclat et le coup de folie. Collaborateur du magazine Sofilm depuis 2013, Matthieu Rostac a egalement co-ecrit La Saga HBO (editions Capricci).