Autrement Mêmes
Félix Eboué, Grand Commis et Loyal serviteur est un des derniers ouvrages publiés par René Maran (1887-1960). Maran y retrace l'itinéraire et la personnalité de son ami Félix Eboué (1884-1944), utilisant beaucoup de lettres inédites. Né à Cayenne, administrateur des colonies en Afrique centrale, secrétaire général des Gouvernement de la Martinique et de la Guadeloupe, puis en 1939, gouverneur du Tchad, Félix Eboué fut nommé en 1941 par le général De Gaulle Gouverneur général de l'AEF et Compagnon de la Libération.
Dernier ouvrage publié par Maurice Delafosse (1870-1926), les Nègres (1927) peut apparaître comme une synthèse de l'ensemble des recherches menées par celui-ci sur les sociétés de l'Afrique subsaharienne. On notera l'intérêt que Delafosse porte à l'histoire des constructions politiques de l'Afrique comme à l'art et à la littérature. Cette réédition des Nègres permettra de mieux saisir les raisons du prestige exercé par l'oeuvre de Delafosse sur les écrivains négro-africains des années 30.
C'est une femme, Charlotte Adélaïde Dard, qui la première a offert une vision de l'Afrique noire au public français du 19ième siècle. Elle est sans doute aussi une des seules à avoir survécu à un naufrage et à le rapporter dans un livre. Ouvrage hétéroclite, composé de scènes sentimentales et personnelles, de relations de faits historiques et politiques, de descriptions géographiques et anthologiques du Sénégal, ce livre décrit la classe moyenne colonisatrice à laquelle l'auteure appartient, les conditions matérielles et politiques de la colonisation en Afrique au 19ième siècle, et les rapports entre Noirs et Blancs.
Gaspard Théodore Mollien (1796-1872), explorateur et diplomate, est connu essentiellement pour son Voyage en Sénégambie publié en 1820. Son histoire d'Haïti, rédigée avant 1830, est restée manuscrite jusqu'à aujourd'hui. Ce texte est un témoignage inédit et irremplaçable sur le soulèvement victorieux des esclaves de Saint-Domingue contre la France coloniale et les premières décennies de l'indépendance haïtienne.
Voici l'oeuvre d'une féministe, une militante passionnée, jusqu'à sa mort en 1914. Quel courage elle déploya pour exiger le vote des femmes ! Et pourtant, de son vivant du moins, le combat resta vain. En Algérie, pendant quatre ans, elle découvre le triste sort des "femmes arabes" et définit au moins deux urgences : la création d'écoles pour les filles, car il n'y en a point, et l'abolition de la polygamie, dont les Musulmanes se plaignent cruellement. Mais comment convaincre le pouvoir colonial ?
Abolitionniste de la première heure, l'abbé Grégoire n'a eu de cesse de défendre la cause des "gens de couleur". Un sens aigu de la justice, des droits de l'homme, de la fraternité sans distinction de classe, de foi ou de race, anime sa ferveur soutenue. Malgré des compromis voire des échecs, il n'a jamais perdu de vue les principes des Lumières qui ont guidé ses combats. La présentation de ses écrits sur les Noirs permet de suivre l'évolution et la continuité tenace de ses efforts en leur faveur.
Abolitionniste de la première heure, l'abbé Grégoire n'a eu de cesse de défendre la cause des "gens de couleur". Un sens aigu de la justice, des droits de l'homme, de la fraternité sans distinction de classe, de foi ou de race, anime sa ferveur soutenue. Malgré des compromis voire des échecs, il n'a jamais perdu de vue les principes des Lumières qui ont guidé ses combats. La présentation de ses écrits sur les Noirs permet de suivre l'évolution et la continuité tenace de ses efforts en leur faveur.
Gaspard Théodore Mollien (1796-1872), explorateur et diplomate, est connu essentiellement pour son Voyage en Sénégambie publié en 1820. Son histoire d'Haïti, rédigée avant 1830, est restée manuscrite jusqu'à aujourd'hui. Ce texte est un témoignage inédit et irremplaçable sur le soulèvement victorieux des esclaves de Saint-Domingue contre la France coloniale et les premières décennies de l'indépendance haïtienne.
Certes Albert Truphémus (1873-1948) semble dépeindre la colonisation en Algérie, de manière réaliste, "à la Flaubert" ou "à la Maupassant", sous les traits truculents et "bon enfant" de blédards pittoresques, ridicules et parfois même attachants. Mais très vite les masques tombent et le comique grince, à travers la découverte d'un univers sordide et injuste où les faibles, les misérables, les malades, sont impitoyablement sacrifiés sur l'autel du pouvoir et de l'hypocrisie.
De tous les drames romantiques qui agitèrent les scènes des théâtres du boulevard sous la Monarchie de Juillet, Le Docteur noir fut sans doute le mélodrame le plus extravagant que le Théâtre de la Porte Saint-Martin eût jamais donné. Le célèbre Frédérick Le maître y jouait le personnage du mulâtre Fabien, victime humiliée par amour pour une jeune héritière dont la marquise de mère ne peut accepter l'union avec un esclave noir de l'île Bourbon, tout affranchi et docteur qu'il est.
Le More-Lack représente une exception dans la littérature abolutionniste du XVIIIème car il réunit deux types apparemment inconciliables d'écriture : d'un côté le soit-disant témoignage passionné d'un jeune homme qui a vécu l'expérience déchirante de l'esclavage dans les colonies américaines, de l'autre l'essai rigoureusement documenté, qui fait le point sur le débat concernant la traite négrière et l'esclavage et propose des solutions. Cette réédition révèle pour la première fois un véritable patchwork de lectures abolitionnistes.
L'étude des Moeurs d'Haïti de Gaspard Théodore Mollien (1796-1872), explorateur et diplomate, rédigée en 1830 alors qu'il négociait au nom de la France la reconnaissance de la république haïtienne contre une lourde indemnité, est restée manuscrite jusqu'à aujourd'hui. Ce texte est un témoignage inédit et irremplaçable sur la vie de la nouvelle république dans ses premières décennies.
L'ouvrage présente les récits de deux femmes, parentes et martiniquaises, ayant appartenu à l'aristocratie des planteurs, témoins et victimes des événements du 23 mai 1848 ayant conduit à l'abolition de l'esclavage dans leur île. Ces textes inédits, accompagnés de tableaux généalogiques et de cartes, révèlent un versant ignoré, voire censuré, de l'histoire des Antilles françaises durant la seconde moitié du XIXè siècle.
Publié en 1835 par le jeune auteur martiniquais Louis de Maynard de Queilhe, il s'agit d'un des premiers romans antillais. ce texte , quoique vilipendé au XIXème siècle, est un très riche témoignage d'un moment crucial (1829-1831) dans l'histoire des Antilles françaises. Le texte reflète les préoccupations de la caste békée, caste ébranlée par la révolution haïtienne, l'abolition de la traite en Angleterre, le déclin économique de l'empire français, et surtout, la position ambivalente du mulâtre dans une société de plus en plus "bigarée".
Publié en 1835 par le jeune auteur martiniquais Louis de Maynard de Queilhe, il s'agit d'un des premiers romans antillais. ce texte , quoique vilipendé au XIXème siècle, est un très riche témoignage d'un moment crucial (1829-1831) dans l'histoire des Antilles françaises. Le texte reflète les préoccupations de la caste békée, caste ébranlée par la révolution haïtienne, l'abolition de la traite en Angleterre, le déclin économique de l'empire français, et surtout, la position ambivalente du mulâtre dans une société de plus en plus "bigarée".
Ce texte, écrit en 1931 par Louis Roubaud, fut publié à l'heure du consensus colonial des "années de Vincennes". Modèle du genre du reportage qui intègre l'urgence du politique à l'émotion du crime, il est à la fois un récit de voyage, un reportage critique sur la misère de la population du Viêt Nam et la revendication des colonisés de l'Indochine française, mais aussi une enquête sur les mouvements anticoloniaux et leur répression.
Aimé Merlo alias Marius-Ary Leblond et Georges Athénas sont deux cousins originaires de la Réunion. Au début du XXe siècle, ils se font praticiens, historiens, critiques. Leurs écrits sur la littérature coloniale présentent un intérêt triple, avec notamment des renseignements bio-bibliographiques, des jugements sur des ouvrages de l'ère coloniale. Quant à la "théorie" coloniale, elle garde un intérêt documentaire incontestable : elle laisse apercevoir les rouages d'une logique devenue opaque, qu'il convient d'élucider.
Drame dépouillé de toute surcharge exotique, désencombré d'un engagement idéologique trop appuyé, resserré sur une analyse psychologique fine des deux protagonistes, ce roman d'Emile Nolly, paru en 1909 et depuis longtemps indisponible, méritait de renaître. Indochine coloniale, début du XX siècle : Hiên, un tirailleur annamite fruste, privé de son contact primordial avec la nature sauvage, endure le difficile apprentissage de la vie militaire, et souffre plus encore d'être repoussé par une jeune congaï coquette et cruelle.
Romancière dont la vie et l'oeuvre restent entourées d'un silence provocateur, Madame A. Cashin doit reprendre sa place unique dans les archives coloniales. Son ouvrage Amour et liberté. Abolition de l'esclavage (1847) se déroule à Sainte-Lucie durant le soulèvement des esclaves de Saint-Domingue. Sous le couvert d'un roman historié, voire d'une histoire romancée, l'auteur transmet un plaidoyer en faveur de l'émancipation complète des Noirs.
Gustave de Beaumont a écrit Marie ou l'esclavage aux Etats-Unis au retour d'un voyage d'étude de dix mois effectué en compagnie d'Alexis de Tocqueville. Il choisit d'aborder l'exposé des moeurs américaines à partir du statut des minorités. Il s'intéresse au sort des esclaves et, plus précisément, à celui de l'individu de couleur libre. Marie est une jeune fille blanche dont l'ascendance ethnique n'est pas irréprochable. Cette tache rend impossible son union avec un jeune Français, cependant dénué de tout sectarisme.