Alternatives économiques
Selon les experts officiels, le chômage, en Europe et en France, n'est pas lié à l'insuffisance de la croissance, mais aux « rigidités du marché du travail », et tout particulièrement à l'excès du coût du travail. Pas question donc de relance keynésienne : la « seule politique possible », c'est la désinflation compétitive, la réduction des déficits publics, qui permet de gagner la confiance des marchés financiers et d'ancrer le franc au mark. Hoang-Ngoc Liêm montre comment la pensée unique, en matière de politique économique, est le fruit du ralliement à un schéma théorique unique. Par souci de conférer à la science économique le statut de science dure, les héritiers académiques de Keynes se sont progressivement glissés dans le moule néoclassique. Pourtant, des analyses et des propositions alternatives existent chez les économistes hétérodoxes, même si leurs travaux demeurent souvent « éclatés ». L'auteur se propose d'en dégager une somme cohérente, matrice possible d'une « autre politique » qui s'affirme fort éloignée des forces sociales conservatrices.
Connaître les travaux des économistes et des sociologues qui, par le passé, ont marqué l'histoire de leur discipline est un exercice imposé pour tous les étudiants ou lycéens en sciences sociales. Mais c'est aussi, pour les non-initiés, un excellent moyen pour comprendre la logique des débats actuels d'experts sur l'emploi, la croissance, les inégalités... Le parti pris de ce livre n'est donc pas celui de l'exhaustivité, mais de la clarté : après le tome 1 de « Déchiffrer les grands auteurs de l'économie et de la sociologie » (des mercantilistes à Schumpeter et Keynes), ce tome 2 présente les auteurs majeurs de l'après-guerre (François Perroux, Milton Friedman, Friedrich Hayek, Pierre Bourdieu, John K. Galbraith, Albert Hirschman, Joan Robinson, Gunnar Myrdal ou Nicholas Kaldor). Avec cette qualité de style qu'on lui connaît pour rendre vivantes et accessibles les analyses de spécialistes, Denis Clerc expose de façon remarquablement limpide l'originalité scientifique de chacun des auteurs sélectionnés, et leurs polémiques - parfois vives - sur des débats toujours d'actualité : l'aggravation des inégalités nuit-elle à la croissance économique, comme le pense N. Kaldor ? Pourquoi J. Robinson, F. Hayek, M. Friedman ou J. Hicks plaident-ils pour, ou contre, l'intervention économique de l'État ? Peut-on relancer la croissance et l'emploi en créant de la monnaie ? Comment le prix Nobel A. Hirschman explique-t-il le rôle des idées et des mouvements sociaux dans l'évolution économique ?... Des débats académiques qui n'ont rien d'académique !
Fonctionnaire, "service public" : pour les uns c'est l'horreur bureaucratique, pour les autres c'est la fierté nationale. Pierre Bauby entend démontrer ici non seulement que cette opposition est une illusion mais de plus qu'elle bloque toute évolution qui permettrait aux services publics de coller à leur époque. «Copyright Electre»
Voici réunis en un seul volume les auteurs essentiels au fondement de la pensée économique et sociologique moderne : d'Adam Smith à John M. Keynes et Milton Friedman, d'Émile Durkheim à Max Weber, en passant par des auteurs moins connus comme François Quesnay ou Joseph A. Schumpeter. L'oeuvre de chaque auteur est ici expliquée, mais aussi resituée dans son contexte historique et par rapport aux débats avec des auteurs antérieurs ou contemporains. C'est donc une pensée en action qui est présentée, permettant notamment de mieux appréhender les débats d'actualité : quelle est la pertinence des analyses de Marx ou de Keynes par rapport à la dynamique du capitalisme contemporain ? Qu'auraient dit les classiques et les keynésiens des choix actuels de politique économique ?... Un choix de textes significatifs d'oeuvres originales des auteurs présentés est proposé à la fin de chaque chapitre et permet de saisir sur le vif les grands moments de l'histoire de la pensée. Bref, un outil indispensable pour les lycéens et les étudiants en sciences sociales, et pour tous ceux qui veulent comprendre la réflexion économique et sociologique d'aujourd'hui. Cette deuxième édition est enrichie d'une présentation des multiples interprétations possibles de l'oeuvre de Keynes.
L'écroulement des pays communistes semble avoir clos tout débat sur l'avenir de nos sociétés. De l'Est à l'Ouest, du Nord au Sud, aucun salut ne serait envisageable en dehors des lois du marché : un marché universel et intemporel, un marché composé d'individus mus par leurs intérêts privés que vient harmoniser, pour le bonheur de tous, la libre concurrence. Pourtant, tout au long de l'histoire, le marché a recouvert des réalités sociales fort diverses. Perçu tantôt comme facteur de chaos - dans la cité grecque - tantôt comme moteur de la société - dans l'État-nation -, il a toujours été l'objet d'un règlement politique. Le XXIe siècle sera peut-être celui de l'économie de marché, mais laquelle ? Celle d'un marché soumis à la loi du plus fort, ou celle d'un marché régulé par une autorité internationale ? Le livre d'Hervé Defalvard est un antidote puissant à la pensée unique. C'est aussi une relecture originale et passionnante de grands auteurs comme Aristote ou Adam Smith, bien souvent caricaturé par ceux-là mêmes qui se réclament de lui.
L'accroissement des richesses économiques a jusqu'à présent mobilisé l'essentiel des énergies. Mais aujourd'hui l'amélioration de la productivité entraîne une augmentation du chômage qui apparaît alors à la fois comme le signe d'une réussite économique et celui d'un échec social. Pour résorber cette exclusion sociale, il faut donc repenser les objectifs de nos sociétés productivistes, les règles du jeu social, les règles de répartition. Ainsi chacun pourra prendre part aux activités, qu'elles soient productives ou désintéressées.
Le mythe du petit entrepreneur devenu patron de multinationale est vieux comme le capitalisme. En son nom, patronat et gouvernements (mais, souvent aussi, de nombreuses associations : junior entreprises, clubs d'investisseurs, boutiques de gestion, banque des pauvres...) ont fait de la création d'entreprise et de la défense de la petite entreprise la planche de salut pour sortir du chômage et stimuler la croissance : de la prime Barre à la fin des années soixante-dix à la loi Madelin des années quatre-vingt-dix, chômeurs et fonctionnaires, soupçonnés de vivre aux crochets de la société, sont ainsi priés de faire preuve d'initiative et de créer leur entreprise. Malheureusement, il y a loin du mythe à la réalité de l'économie de marché. Ce livre remet les pendules à l'heure en retraçant la véridique histoire de l'entrepreneur (depuis que le terme existe), en montrant comment le mythe s'est construit, dans la théorie économique aussi bien que dans le discours social, et en démontrant, enquête à l'appui, comment la réussite entrepreneuriale est toujours une oeuvre collective : pas de réussite sans un capital social - on reconnaîtra la référence à Pierre Bourdieu - dont hérite l'heureux élu et qu'il fait fructifier avec l'aide de l'État, de sa famille, de ses amis, etc. Il ne s'agit cependant pas, pour Sophie Boutillier et Dimitri Uzunidis, de dénigrer l'esprit d'entreprise, mais de mettre en garde contre sa mythification (l'échec est lourd de drames humains et familiaux). Ce livre est donc indispensable aux conseilleurs et aux candidats à l'aventure entrepreneuriale...
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Malgré ses quarante ans seulement, l'industrie informatique est devenue un enjeu majeur pour les pays industrialisés. À tel point que les États y ont joué ou tenté d'y jouer un rôle prépondérant. Cette industrie fut longtemps dominée par les firmes américaines. En Europe, chaque État a tenté de s'adapter au modèle américain, mais avec du retard et des moyens inférieurs. Le Japon, au contraire, a mis en place, dès le début des années 60, une stratégie originale fondée sur la coopération. Aujourd'hui cependant s'ouvre pour tous une ère d'incertitudes. Face aux mutations en cours, États et entreprises sont à la recherche de nouvelles stratégies. Les politiques étatiques conditionnent en effet le destin de cette industrie. Et les choix libéraux qu'a faits l'Europe ne sont pas étrangers aux graves problèmes qu'elle rencontre dans ce domaine. Clair et pédagogique, ce livre est accessible à tous ceux qui veulent en savoir plus sur un secteur clé de l'économie. C'est également un outil précieux pour tous les étudiants en économie industrielle.
Les pays capitalistes ont vécu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale sur un modèle productif baptisé fordisme, qui accompagna les plus belles années de la croissance. Ce modèle est en crise depuis le milieu des années soixante-dix. Mais sortir de la crise implique-t-il une rupture totale avec les principes de Taylor et de Ford ? Un ou des modèles productifs sont-ils en train d'émerger ? Comment les caractériser ? Quelle est l'influence du système japonais, du modèle suédois ou des méthodes de travail allemandes sur ceux-ci ? En s'appuyant sur l'analyse des mutations en cours dans les entreprises - non seulement en France mais aussi au Japon, aux États-Unis et dans les autres pays européens - , ce livre fait émerger une réalité nuancée et complexe. On lira aussi avec profit la postface des auteurs - actualisant la première édition de 1993-, qui permet de prendre la mesure des évolutions récentes (des crises asiatiques aux nouvelles formes du taylorisme en France...) et d'approfondir les enseignements tirés de leurs analyses antérieures : les thèses régulationnistes sont ici soumises à l'épreuve du terrain. Fruit d'une collaboration entre un économiste et un sociologue, cet ouvrage s'adresse aux étudiants, enseignants, chercheurs, syndicalistes, mais aussi à tous les salariés soucieux de comprendre les enjeux de leur époque.
Les réformes économiques en Chine sont volontiers présentées comme un succès. Pourtant, si le taux de croissance dépasse 10 % l'an, les déséquilibres macro-économiques (inflation, déficit budgétaire) s'installent et les inégalités sociales se creusent. En démantelant l'économie planifiée, le gouvernement du Parti communiste chinois a scié la branche sur laquelle il s'appuyait. Du fait de la décentralisation, il n'est plus capable de mettre en place une politique économique d'ensemble. La méthode du « double track », qui consiste à doubler d'un marché chaque instance de l'économie planifiée, a favorisé le développement d'une corruption qui infiltre tous les rouages de la société. L'ouverture sur l'extérieur a par ailleurs soumis la Chine aux exigences d'un marché mondial dominé par la spéculation financière. Les capitaux étrangers, concentrés dans des zones économiques spéciales qui connaissent une croissance débridée, ont déconnecté ces régions du reste du pays. La Chine ne sera pas un « nouveau dragon ». La réussite de la Corée et de Taïwan, dans les années 1970 et 1980, s'est appuyée sur un contexte international très différent et sur une action politique très volontaire, ici totalement absente.
Luttes d'influence, mafia, « affaires », pots-de-vin, fausses factures, népotisme. Aucun pays n'est épargné, qu'il s'agisse de ceux du Nord, du Sud ou de l'Est. Toutefois, la corruption recouvre des phénomènes extrêmement différents suivant les contextes. Elle a un rôle économique, politique et social, qui, selon certains, n'est pas forcément négatif. Peut-elle, par exemple, se substituer aux carences de l'Etat et jouer dans les pays du Sud un rôle de moteur de développement ? Mais si elle est parfois créatrice de richesse, la corruption ne relève-t-elle pas de l'informel, de l'arbitraire et de l'utilitarisme pur ?
Depuis sa première édition, en 1994, "La Mondialisation du capital" s'est imposé comme un livre de référence par l'ampleur de l'information présentée et la qualité de la synthèse réalisée. Cette édition de 1997 permet en outre de prendre la mesure des bouleversements apportés depuis la fin des années 80 par la montée en puissance de la logique financière (fonds de pension, marchés financiers...) qui s'impose de plus en plus aux entreprises industrielles et aux États. Cependant ce pouvoir de la finance ne s'est pas forgé tout seul : sa force, tout comme celle du capital industriel et, a contrario, la faiblesse du mouvement ouvrier sont à la fois cause et conséquence des politiques libérales qui ont déréglementé les échanges internationaux de marchandises, de services et de capitaux, qui ont privatisé les services publics et qui s'attaquent à l'État-providence depuis le début des années quatre-vingt. C'est donc à une analyse complète - et détaillée - des circuits économiques de valorisation du capital que nous invite l'auteur. La thèse est forte, et s'inscrit en faux contre ceux qui soutiennent que la mondialisation n'est qu'un avatar mineur dans l'évolution de l'économie de marché.
Les auteurs dénoncent ceux qui, sous prétexte de modernité, bradent le statut salarial : ils dressent un bilan critique de la flexibilité des horaires, de la dérèglementation du travail, des contrats de travail partagés entre plusieurs entreprises, etc. Mais ils montrent aussi comment infléchir le cours des politiques d'emploi, proposant des éléments pour un nouveau contrat salarial. «Copyright Electre»
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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Les banques sont souvent critiquées. Vingt années d'hégémonie dans la collecte des dépôts et le financement de l'économie les ont dotées d'un pouvoir accru et de situations confortables. Participant à toutes les fonctions économiques, la banque est indispensable. Confrontée aujourd'hui au triple défi de la montée des risques, du renouveau de la Bourse et de la baisse des taux d'intérêt, la banque redéfinit sa stratégie et donc son métier. Saura-t-elle inventer, avec ses partenaires, les solutions financières qui dynamisent une économie en crise ?
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Ce livre part d'un constat sévère : la mondialisation de la finance a provoqué instabilité et crises, favorisé un partage des richesses au profit des actionnaires et des revenus du capital mais au détriment de l'emploi et des revenus du travail. D'où une croissance malsaine, assise sur l'endettement et la spéculation. Pour sortir de ce piège, il faut d'abord comprendre comment nous en sommes devenus prisonniers : c'est le premier mérite de ce livre. Il explique précisément comment les investisseurs financiers (à commencer par les fonds de pension) imposent leurs exigences de rentabilité aux entreprises. Mais il souligne aussi la responsabilité des États qui, par leurs politiques libérales ou restrictives, dans les années quatre-vingt, ont fait le lit de la mondialisation financière. Le second mérite des auteurs est d'aller au-delà du diagnostic et d'explorer les voies d'une nouvelle régulation de la finance mondiale : comment endiguer de nouvelles crises financières malgré la déréglementation et l'imprudence des banques ; comment, notamment grâce à une taxe Tobin, freiner l'instabilité due à la volatilité des capitaux spéculatifs ; comment mieux stabiliser les taux de change entre monnaies... Bref, sans minimiser les difficultés et les doutes qui subsistent, comment réguler à nouveau la finance et reconquérir des marges de manoeuvre pour les politiques publiques sans pour autant s'isoler dans un cadre strictement national.
Dans cet ouvrage daté de 1986, Philippe Norel livre une critique de l'économie moderne et des perspectives du développement des pays du Tiers Monde : selon lui, nos idées sur le développement sont aujourd'hui brouillées... Apologie des « Nouveaux pays industriels » au Sud et d'un libéralisme salvateur au Nord, déclin des utopies socialistes, gestion laborieuse d'une crise interminable ou encore « fin de développement », autant d'images, de réalités qui se télescopent. En deçà des thèses à la mode, l'histoire économique et les stratégies de développement existantes nous renvoient aux faits : asservissement des peuples aux objectifs productivistes, dépossession des autonomies, intégration des individus comme travailleurs peu ou pas reconnus... Tels sont les visages d'une économie mondiale qui réaménage ses hiérarchies sans transformer sa logique. Dans la crise du Nord comme dans les soubresauts du Sud, là sont les enjeux du développement.
Cet ouvrage est l'oeuvre d'un économiste qui, en 1995, cherchait à contribuer par des propositions concrètes au rétablissement du plein emploi. Pour Michel Gaspard, tout se joue sur notre capacité à accélérer la croissance de façon durable : avec une croissance molle, on n'a que des emplois nombreux mais pauvrement payés, ou alors des pauvres sans emploi. Comment faire alors ? L'auteur nous montre, à l'aide de quelques scénarios très pédagogiques, comment l'État peut desserrer les freins de la croissance économique, comment une accélération de la croissance rend plus efficaces les politiques publiques pour l'emploi, comment la réduction du temps de travail peut alimenter cette dynamique, à quel point les activités tertiaires sont encore porteuses de création d'emplois. Et ces emplois ne seront pas des « petits boulots » si la réglementation du travail ne disparaît pas. Telle est l'ambition de ce livre.
Apparemment la cause est entendue : la lutte contre le chômage passe par le rétablissement de la croissance économique et, en attendant, par des actions préparatoires au retour à l'emploi (formation, action sociale). Pourtant, la reprise économique des années 1988-1989 en France, l'amplification des programmes d'insertion, n'ont eu que peu d'effets sur le processus d'exclusion économique d'une partie des chômeurs. Faut-il en déduire que le chômage d'exclusion devient un phénomène inéluctable ? Que d'autres voies d'intégration que celle de l'emploi seraient plus appropriées pour les chômeurs durablement écartés de la production ? L'auteur, montrant les limites et les menaces d'une telle perspective, se refuse à s'y résigner. Il réfute la thèse selon laquelle toute modernisation économique ne peut qu'engendrer l'exclusion des moins qualifiés. Analysant les marges de manoe
Le changement climatique et l'épuisement des ressources provoqueront des crises toujours plus dramatiques si nous ne réagissons pas très rapidement. La bonne nouvelle, c'est que des solutions existent et qu'elles n'ont rien de punitif : elles peuvent au contraire nous permettre de vivre mieux. Engager la transition écologique, ce n'est pas proposer un simple verdissement du système actuel, c'est adopter un nouveau modèle économique et social, rompant avec la dictature du PIB. Un modèle qui renouvelle nos façons de consommer, de produire, de travailler, de vivre ensemble. Qui fait la part belle au plaisir, aux liens, au temps libre. Qui permet et encourage la participation des citoyens. C'est une société plus juste et plus douce qui est ici présentée. Un " mode d'emploi " pour réconcilier le nécessaire et le souhaitable.
Dans la famille Gide, André est très connu, mais Charles - l'oncle du précédent - vaut la peine de l'être également. Voilà en effet un économiste à barbiche qui était tout sauf barbant. C'était un auteur à la plume alerte et aux compétences reconnues, notamment dans le domaine de la pensée économique, où il fait toujours référence. Mais surtout, au lieu d'encenser le capitalisme d'alors (celui des années 1880-1930), comme le faisaient la plupart de ses confrères, il lui trouvait beaucoup de défauts. Aussi plaidait-il en faveur d'un système coopératif qui, sans répudier le marché, instaurerait, espérait-il, davantage de démocratie et de justice sociale. Ce plaidoyer garde aujourd'hui une étonnante actualité, comme le montrent les extraits sélectionnés ici.
L'économie sociale et solidaire fait aujourd'hui figure de nouvelle alternative au capitalisme. De fait, son objectif premier n'est pas de dégager du profit, mais de produire des biens et services utiles à tous. Issue d'initiatives citoyennes, elle apporte la preuve que la recherche de l'enrichissement personnel n'est pas l'unique motif qui puisse donner envie d'entreprendre. Constitue-t-elle pour autant une force politique, un mouvement susceptible de transformer profondément notre économie et notre société ? Sa gouvernance, qui se veut démocratique, est-elle vraiment exemplaire ? A-t-elle vocation à s'étendre, se généraliser ? Enfin, cette généralisation est-elle souhaitable ? Autant de questions auxquelles l'auteur répond dans ce livre, nourri de nombreux exemples. Pour lui, il est temps de regarder " l'ESS " telle qu'elle est, et non dans sa version idéalisée : c'est à cette condition qu'on pourra apprécier dans quelle mesure et à quelles conditions elle peut contribuer à rendre l'économie plus démocratique, plus juste et plus soutenable.
Les arbres sont menacés un peu partout dans le monde. Dans les pays pauvres, où de véritables drames sont en gestation. Mais en Europe aussi : maladies généralisées, incendies et, surtout, dépérissement lié à la pollution atmosphérique apparu depuis le début des années 80. La disparition d'un arbre est une perte de patrimoine dommageable à tous. D'autant que les enjeux économiques, sociaux et fonciers sont énormes (filière-bois, loisirs, emplois...), et mal utilisés. Il faudra une véritable prise de conscience pour résoudre cette crise de l'arbre, ces carences dans l'utilisation rationnelle de la forêt, mais y sommes-nous prêts ?
On les appelle « alternatives », ces entreprises qui se veulent différentes, et cherchent à promouvoir une autre pratique de l'économie : une économie à visage humain, fondée sur la solidarité et l'épanouissement de tous les individus dans leur environnement quotidien. Souvent fragiles, encore isolées, elles essaiment pourtant. En France comme à l'étranger, elles témoignent d'un possible aux antipodes du tout-économique. Toute modestie gardée, ne sont-elles pas l'amorce d'une réponse à la crise des années 80 ? C'est là qu'elles placent leur ambition.
Une utopie, la réduction du temps de travail ? Pourtant, il y a cent ans, il était courant de travailler quatre-vingts heures par semaine... S'appuyant sur une analyse historique aussi bien que sur les modèles prévisionnels de l'INSEE et de l'OFCE, Jacques Rigaudiat montre que la réduction du temps de travail est une variable essentielle à la régulation des rapports réciproques entre l'économie et le marché du travail Pourquoi alors l'ordonnance de 1982 sur les trente-neuf heures a-t-elle été un échec ? Et pourquoi la durée collective du temps de travail reste-t-elle bloquée depuis, alors que l'on assiste à un développement rapide du travail à temps partiel subi ? Ce n'est qu'en mobilisant simultanément tous les moyens dont on dispose - réglementations, incitations financières et négociations - qu'il sera possible d'enclencher un processus durable. S'il revient à l'État d'affirmer une volonté politique et d'impulser une dynamique, le problème de la compensation salariale ne peut être abordée de façon dirigiste et centralisée. Le jeu en vaut la chandelle : passer à trente-sept heures, voire trente-cinq heures hebdomadaires, permettrait d'ici cinq ans de créer de 1,5 à 3,3 millions d'emplois supplémentaires.
Totalitarisme politique et culturel, inefficacité économique, le modèle soviétique n'a rien de bien engageant : la cause est entendue. Mais sait-on réellement, au-delà des principes officiels et du désordre apparent, comment ça marche ? Planification, salariat, répartition, organisation politique et sociale : ce petit livre explique le système économique soviétique de façon accessible, sans sacrifier la dimension d'analyse indispensable pour comprendre.
A travers une série de chapitres consacrés à l'Allemagne, à l'Espagne, à l'Italie, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, à la Suède, au Japon et aux États-Unis, ce petit livre propose une autre lecture des chiffres et s'efforce de restituer les réalités du marché du travail et des relations sociales dans chaque pays. Les années quatre-vingt ont privilégié dans ce domaine le modèle anglo-saxon : flexibilisation, déréglementation, baisse du coût du travail et de la protection sociale. Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, les dirigeants libéraux ont poussé cette logique jusqu'au bout. Forts de leur succès - un taux de chômage qui recule - , ils l'ont imposée à l'ensemble de l'Europe occidentale, en gommant soigneusement le revers de la médaille : la précarisation croissante d'une grande partie de la population. Aujourd'hui, on peut avoir un emploi et vivre au-dessous du seuil de pauvreté.
Après la crise du fordisme, les principes d'un nouveau modèle productif ont émergé au tournant des années quatre-vingt Il s'accompagne d'une généralisation des technologies de l'information qui transforment le contenu et l'organisation du travail. Où en est-on de sa mise en oeuvre ? A quelles résistances se heurte cette mutation ? Quelles en sont les conséquences possibles, notamment en ce qui concerne les rapports sociaux ? Existe-t-il un modèle unique qui s'inspirerait de l'exemple japonais ou bien une multiplicité de voies nationales divergentes ?
L'économie sociale est à la mode. Tout le monde en parle, chacun s'y intéresse. De l'ouvrier menacé de chômage qui crée une SCOOP, à l'État qui développe une politique de l'économie sociale, en passant par les syndicats, tous en demandent, mais tous demandent-ils la même chose ? Ce monde foisonnant de l'économie sociale, dont les trois branches essentielles sont les Coopératives, les Associations et la Mutualité, est-il en mesure de proposer une logique différente de celle imposée par le système dominant (économie libérale plus économie administrée) ? Qu'est devenue, au cours de l'évolution, l'utopie des fondateurs du XIXe siècle ? Quel rôle peut jouer aujourd'hui cette nouvelle économie sociale alternative ? Autant de questions que pose cet ouvrage, au-delà d'une description nécessaire de ce que l'on appelle de plus en plus le Tiers-secteur. Le contexte de crise n'est pas non plus absent de notre réflexion. Et puisque l'économie sociale est aujourd'hui conviée à la lutte pour l'emploi, d'autres perspectives s'ouvrent à elle : la décentralisation, les solidarités à créer. Entre l'utopie fondatrice et la réalité quotidienne, quelles chances pour l'économie sociale ?