1001 BB - Drames et aléas de la vie des
Dès sa vie intra-utérine, le bébé a sa propre histoire. Mais comment y accéder ? L'observation attentive est un puissant levier pour être au contact de ce qui trouble le tout petit, pour accueillir, ressentir, voire transformer en histoires les mouvements indicibles qui le traversent et traversent les professionnels. L'approche psychanalytique du bébé et les données les plus récentes en psychologie du développement ou en embryologie s'enrichissent mutuellement et nourrissent les pratiques cliniques thérapeutiques des situations extrêmes en institution. La contribution de chaque auteur plonge toujours ses racines dans une pratique clinique éprouvée.
La douleur n'a pas bonne presse ! Et celle du bébé, restée longtemps « sans voix », non plus ! Elle est même « scandaleuse » tant elle bat en brèche et offense nos tentatives successives d'organisation. Reconnaître l'erreur de jugement encore récente et coriace au sujet de la douleur du bébé demande une révision des positions du savoir, soulève, collectivement et pour chacun, une intense culpabilité, un retour du refoulé. Comment se fait-il ? Nous n'avions pas vu ! Ces bébés d'hier opérés sans anesthésie ! Comment intégrer un tel changement de point de vue, un tel changement d'ontologie ? Comment passer d'un monde « barbare » à « l'humanisme moderne » ? Et surtout ces progrès sont-ils acquis ? Douleur organique, douleur morale, douleur sociale : il y aurait un continuum dans cette polyphonie de la douleur. Ce constat empirique a été validé par des études histo-physiologiques pionnières (Eisenberg) et reprises à Lyon (Sirigu, Mauguière). Elles démontrent que la douleur sociale active les mêmes zones cérébrales qu'une nociception due à une atteinte physique. Prolongée, elle cause des dégâts irréversibles. Quid des effets délétères de l'exposition prolongée d'un bébé tant au retrait d'une mère déprimée qu'aux nombreuses autres distorsions du lien ? La douleur chez les bébés est un puissant paradigme de « l'air du temps », de nos théories pluridisciplinaires, de nos pratiques et de l'attention soignante. Avec le soutien de la Fondation apicil contre la douleur, mécénat pour notre recherche-action en cours à Lyon (KiTDP, outil de prévention des douleurs intersubjectives entre mère et bébé).
La prise en charge des bébés évolue, ainsi que celle des parents. De nouveaux dispositifs de soins sont mis en place. Comment envisager leur pertinence ? Comment affiner le diagnostic du soin ? Quelles méthodes utiliser ? Comment aider les parents à aller consulter ? Pendant de nombreuses années l'idée même de souffrance des bébés n'était pas envisageable. De nos jours des soins psychiques sont très spécialement mis en place pour eux. Comment caractériser alors la spécificité de cette prise en charge ? Est-elle vraiment différente de celle d'un enfant plus grand ? Doit-on apprendre de nouvelles techniques pour les soigner ? Cet ouvrage, issu du travail du groupe Waimh-France fait le point sur ces avancées, suscite des confrontations entre praticiens et chercheurs et explicite les problèmes que posent les soins parents-bébé.
De nombreux rites, traditions populaires et dictons anciens illustrent la redoutable proximité entre le moment de la naissance et celui de la mort, et attestent de la conscience du danger qui menace la future mère et son enfant. Mort de la mère qui ne verra pas grandir son enfant, mort-né qui n'a pas eu le temps de naître, mort du nouveau-né qui n'a pas eu le temps de vivre. Historiquement, la lutte des soignants pour faire baisser la mortalité des mères et des nouveau-nés a été un long combat qui a légitimé peu à peu les avancées de la médicalisation de l'accouchement. Si aujourd'hui, la mort en couches a presque disparu, la mort néonatale et périnatale est toujours présente et a été longtemps traitée avec une apparente indifférence. Les analyses et témoignages de soignants, de psychologues, de sociologues et de parents nous montrent comment, depuis les années 1990, de nouvelles pratiques ont remplacé l'évitement traditionnel. Institués par les endeuillés eux-mêmes, réunis en associations ou regroupés sur internet, de nouveaux discours, gestes et rituels ont été inventés autour des tout-petits morts.
Venu du monde anglo-saxon, le dispositif de « compagnon thérapeutique en crèche » rapproche un étudiant en psychologie, intensément supervisé, et un enfant qui, de par son handicap ou son comportement, manifeste une souffrance d'adaptation à la structure collective et déstabilise l'équipe professionnelle. Le compagnon thérapeutique est un allié bienveillant dont l'attention individualisée est acquise à l'enfant en difficulté, semaine après semaine, pendant six à douze heures. Il lui permet d'être rassuré et soutenu dans son intentionnalité balbutiante, ou au contraire débordante et sans continuité. Par ce soutien précoce, il facilite son intégration progressive en tirant profit d'un environnement riche et stimulant qui sinon serait « trop » pour lui, et favorise son évolution. Des psychologues formateurs, d'anciens étudiants devenus psychologues et superviseurs de compagnons thérapeutiques, mais aussi des parents et des professionnels analysent et témoignent de la pertinence de ce dispositif innovant, souple et facile à mettre en oeuvre.
Un bébé va naître, un bébé est né. Le voilà parfois, soumis à des souffrances ou à des violences, qu'il va vivre, dans son corps et dans son psychisme, dans la plus grande détresse. Comment identifier ces souffrances multiples auxquelles un tout-petit peut être soumis ? Comment les recenser, les dire et les penser ? Comment les éviter, les prendre en compte et y remédier ? Avec la collaboration de Corinne Gérard et Evelyne Laforgue-Ricard
Comment prendre soin d'un bébé lorsqu'il est malade, hospitalisé ? Il est des bébés qui débutent leur vie dans des conditions dramatiques ou qui, pour des raisons moins tragiques font l'expérience de la maladie, de la souffrance et doivent s'en remettre aux bons soins de l'hôpital, des équipes, des pédiatres ou des médecins qu'ils vont dès lors rencontrer. Après tous les progrès réalisés ces dernières années, tant sur le plan de la pédiatrie et de la puériculture que sur celui des découvertes concernant le monde psychique du nourrisson, quels bons soins peut-on apporter aux bébés malades et comment les accompagner au mieux dans leur traversée de la maladie ? Comment aider les parents à dépasser ces instants difficiles et les équipes à s'affirmer bien-traitantes ?