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« Cela fait un demi-siècle que j'accompagne, en tant que journaliste, les transformations de notre planète. Huit années que j'analyse, chaque matin au micro de France Inter, la bascule de nos sociétés. Je tente ici de décrypter ce que nous vivons aujourd'hui : la fin d'un monde, celui qui est sorti de la Seconde Guerre mondiale avec ses institutions imparfaites et ses règles de droit souvent malmenées. Et surtout, la naissance d'un nouveau. Qu'en ferons-nous ? Sera-t-il celui des rapports de force et des systèmes autoritaires, ou aurons-nous la sagesse d'en bâtir un meilleur, plus équitable et ouvert ? »P.H. Un ouvrage essentiel pour comprendre les nouveaux enjeux mondiaux, par un témoin direct des grands bouleversements historiques de ces dernières décennies.
« Je ne pardonne pas. Ce n'est pas une incapacité, mais une volonté. » Certaines injustices sont irréparables, leur violence impardonnable. Elles suscitent la colère, jusqu'au désir de se venger. Mais personne n'ose l'avouer, car la vengeance n'a pas droit de cité : la sagesse la rejette, l'État la punit, la morale la condamne. Il se pourrait pourtant qu'un tel désir soit l'unique moyen de retrouver l'honneur d'être soi quand on a été humilié. Cette aspiration n'at- elle pas le pouvoir de dénoncer l'impunité, de retourner la honte contre l'offenseur ? Ni haine, ni pardon, ni loi du talion, vouloir se venger d'une injustice est un acte de libération. Dans cet essai aussi radical que rigoureux, Laurence Devillairs explore le désir de vengeance, à l'appui de témoignages, d'oeuvres classiques et contemporaines, d'affaires et de procès récents. Elle s'attaque ainsi aux discours dominants qui valorisent le pardon et la réparation au détriment de la juste colère et de la lutte contre les abus de pouvoir. Mettre enfin les victimes au centre de nos préoccupations demande peut-être de ne pas taire leur refus de pardonner.
« Encourager la Nation à croire que tout sera résolu par un homme, sans qu'elle intervienne elle-même, sans qu'elle choisisse et décide, c'est donner aux mauvais politiciens une chance inespérée. »Pierre Mendès France, La vérité guidait leurs pas Avec le déclin des grandes idéologies et de l'influence des partis, la conquête de l'Élysée est devenue une aventure plus personnelle que politique. Les journalistes sont les chroniqueurs de l'épopée des candidats, de leurs trahisons, leurs chutes et leur impuissance croissante. Plus que de leurs idées. Ces simplifications de la vie politique sont aujourd'hui démultipliées par les réseaux sociaux et toujours plus de Françaises et de Français semblent tentés par le choix de l'autoritarisme. Qui osera proposer la fin de l'élection présidentielle au suffrage universel direct ? Arrêtons (vraiment) d'élire des présidents bouscule nos certitudes en interrogeant les mécanismes qui sous-tendent nos décisions politiques les plus fondamentales.
« Ceci n'est pas un livre de développement personnel. » Pourquoi les hommes se croient-ils capables de faire atterrir un avion quand les femmes n'osent pas demander une augmentation ? Pourquoi les personnes issues de milieux populaires se sentent-elles illégitimes là où les plus privilégiées se croient partout à leur place ? Parce que l'estime de soi n'est pas une affaire individuelle. Elle se construit et se détruit selon le regard que la société pose sur nous. Les systèmes de domination - le capitalisme, le sexisme, le racisme - ne s'en prennent pas seulement à nos droits et à nos corps. Ils s'attaquent à une conviction intime : celle d'avoir le droit d'exister. Sans une estime de soi solide, nous croyons mériter les violences que nous subissons, devoir prouver notre valeur, nous excuser de prendre de la place. Ce livre ne vous dira pas comment devenir une meilleure version de vous-même : il vous dira pourquoi vous n'avez jamais eu besoin de l'être. Nesrine Slaoui défait les structures qui distribuent inégalement la confiance en soi. Dans une société qui organise la dévalorisation, s'estimer, c'est déjà résister.
Trump, Poutine, guerre en Ukraine, anéantissement de Gaza, retour des nationalismes et course à l'armement : partout, les hommes « forts » prennent le dessus. La violence et la conquête sont érigées en attributs de la puissance. Au regard des défis contemporains, c'est une impasse. Cet essai explore un angle mort de la géopolitique : le rôle de l'idéologie patriarcale dans les relations internationales et les stratégies militaires. Comment ne pas voir que la domination des femmes et la domination entre États obéissent à des mécanismes similaires : conquérir, posséder, intimider, imposer ? Depuis des siècles, la culture viriliste contribue à faire de la guerre une fatalité, de la diplomatie une faiblesse et de la coopération une naïveté. Le géoféminisme, concept inédit qui combine géopolitique et féminisme, tire de l'ombre une idée simple et radicale : l'émancipation des femmes est un levier nécessaire pour prévenir les conflits du XXIe siècle.
Tout commence par un choc : la montée fulgurante de l'extrême droite, les discours de rejet, un pays qui se ferme. La philosophe Jeanne Burgart Goutal décide de s'engager auprès de mineurs non accompagnés et voit sa vie basculer. Au fil des mois, elle découvre la violence de leurs existences, entre parcours migratoires brutaux, vies de lutte, précarité et rêves brisés, mais aussi les liens de confiance, les rires et la solidarité. Ce livre raconte une immersion traversée de doutes. Comment donner voix sans parler à la place ? Que signifie accueillir dignement quand le poids de l'histoire coloniale pèse encore autant ? Entre récit incarné et réflexion philosophique, l'autrice propose de faire place à l'autre comme antidote aux hantises de « grand remplacement ». Un texte frontal, où l'hospitalité cesse d'être une abstraction pour devenir une rencontre qui oblige et transforme.
Un journaliste français injustement condamné à sept ans de prison. Des tueurs à gages aux trousses d'opposants algériens en France. Des agents secrets en embuscade dans les consulats. Un ambassadeur qui dénonce une « lutte de clans au sein du système algérien ». Un préfet qui soupçonne Alger de vouloir « peser sur notre politique intérieure ». Le président Abdlemadjid Tebboune qui ne prend plus Emmanuel Macron au téléphone. Longtemps passionnelle, la relation entre Alger et Paris est devenue toxique. Au fil des dix dernières années, les fantômes de la colonisation n'ont cessé de ressurgir et attisent une crise profonde des deux côtés de la Méditerranée. En Algérie, le mouvement populaire du Hirak a profondément ébranlé la vieille garde, prête à tout pour conserver le pouvoir. En France, la question algérienne, longtemps terrain de l'extrême droite, fracture désormais l'ensemble du paysage politique. Marie-Christine Tabet et Christophe Dubois ont mené l'enquête, interviewé une centaine de ministres, diplomates, agents du renseignement, réfugiés politiques et eu accès à des documents inédits. Ils racontent les coulisses d'une nouvelle guerre froide entre deux pays incapables d'assumer leur histoire commune, devenus prisonniers l'un de l'autre.
Cette histoire est celle d'une époque et d'un déni. C'est un voyage dans la folie des années 1980-1990, l'âge d'or des podiums et des soirées jet set, où la cocaïne et le champagne coulent à flots. C'est aussi celle d'une ère ambiguë, où sous couvert de liberté, de glamour et d'insolence, on a laissé prospérer, à l'ombre de l'industrie la plus envoûtante de la planète, un système de prédation sexuelle d'une ampleur inédite. Si l'affaire Epstein est un scandale planétaire, on ignore que cette bombe a été activée en France. Dès la fin des années 1970, des directeurs d'agence de mannequins tout-puissants, des photographes, des bookeurs ont profité de leur influence pour abuser de jeunes adolescentes venues tenter leur chance à Paris. Un trafic sexuel dissimulé, protégé par l'entre-soi et le silence. Quand Epstein apparaît des années plus tard, la mécanique est déjà bien huilée. Il se glisse dans le système, il optimise, il industrialise. Aujourd'hui, la loi du silence se fissure. En s'appuyant sur des témoignages exclusifs, des archives judiciaires et des documents déclassifiés du dossier Epstein, Marie Peyraube livre une enquête choc, qui interroge l'enracinement de la culture du viol et les méandres toxiques du milieu du mannequinat.
Avec son double point de vue de lecteur fidèle depuis ses six ans et de journaliste qui l'incarne aujourd'hui, Vincent Duluc nous raconte le « roman de L'Équipe » qui, en 2026, fête ses quatre-vingts ans. Une institution à l'origine de multiples événements comme le Tour de France ou la Coupe d'Europe de football, et riche en succès innombrables - jusqu'à 1,6 million d'exemplaires vendus en 1998. Un laboratoire incomparable du journalisme de sport, spécialité longtemps marginalisée, qui grâce à une cohorte de personnalités hautes en couleur - Jacques Goddet, son directeur historique, en premier lieu - a su gagner ses lettres de noblesse. Car ce que rapporte Vincent Duluc, avec la ferveur d'une plume souvent drôle, c'est aussi une profession en constante évolution, des reportages d'exception, et les coulisses trépidantes d'un journal. Des exploits de nos footballeurs en Coupe du monde à l'épiphanie olympique de 2024, des poings levés de Smith et Carlos au pouce baissé de l'affaire Jacquet, L'Équipe rend compte du monde. Avec ses mots, son expertise et son indéfectible passion.
La « guerre de l'information » est sur toutes les lèvres. Depuis la crise sanitaire et plus encore avec le conflit en Ukraine, cette guerre, qui n'est pas militaire, sociale ou économique, déchire le débat public. Chacun veut imposer sa manière de raconter le monde, on peine à se mettre d'accord sur un récit commun. La vérité est devenue un champ de bataille. À l'aune des bouleversements géopolitiques des vingt-cinq dernières années - des attentats du 11 septembre 2001 aux évènements du 7 octobre 2023, en passant par le conflit syrien et l'élection de Donald Trump en 2017 - Marie Peltier montre que cette bataille narrative et sémantique a renforcé les dictatures en sapant la confiance de l'opinion publique envers les démocraties. Elle analyse la façon dont le débat a été constamment réduit à une opposition entre un récit présenté comme « officiel », porté par les démocraties, et un récit « alternatif », mis en avant par leurs détracteurs. Alors que la France est gagnée par l'extrême-droite, l'autrice s'interroge : comment expliquer une telle victoire du discours antidémocratique, tant sur le plan géopolitique que dans nos sociétés ? Et surtout, peut-on encore le combattre ?
Pourquoi devient-on violent·e ? Que se passe-t-il dans notre corps lors de traumatismes ? Comment plus de pouvoir facilite le passage à l'acte violent ? Et comment se soigner ? Telles sont les questions auxquelles s'attaque Juliet Drouar, thérapeute et spécialiste des sujets de dominations. Dans cet essai aux allures de révolution copernicienne, il explore le rôle des traumatismes comme terreau des violences y compris systémiques et leur articulation avec les inégalités sociales. Il propose une nouvelle éthique du soin et de la responsabilité et, grâce à des outils accessibles à chacun·e, il ouvre la voie à une guérison individuelle et collective. Une grille de lecture nécessaire pour comprendre la reproduction des violences. Un livre essentiel à notre époque. Juliet Drouar examine comment le traumatisme structure nos rapports sociaux et propose des outils pour sortir des crises. Limpide et salutaire ! Lauren Bastide
« Cher étranger, si je puis me permettre, c'est maintenant à ton tour. Écris-moi et raconte-moi ton étrange histoire. Raconte-la comme s'il y avait encore un lendemain. Raconte-la comme s'il n'y avait plus de lendemain. Après tout, chez-soi, c'est ici et maintenant. » Dans cette série de lettres adressées par une « étrangère » à un(e) autre, Ece Temelkuran, loin de sa Turquie natale, explore ce que signifie être déraciné dans un monde où les crises se multiplient et où le nombre d'exilés ne cesse d'augmenter. Elle interroge la perte, l'appartenance, et la possibilité de reconstruire un chez-soi au-delà des frontières physiques. Ece Temelkuran nous invite à repenser l'exil non comme une fin, mais comme un espace fertile de transformation, de résistance et de solidarité : celui d'une nation d'étrangers, unie, porteuse d'espoir. Traduit de l'anglais par Christel Gaillard-Paris
« Plus une société est exposée à une langue dégradée, plus elle est susceptible d'entrer dans un état de servitude volontaire. »M. R.-L. Dans les lycées où il enseigne, Mathieu Roger-Lacan constate une souffrance invisible face à l'apprentissage du français. Un nombre croissant d'élèves se trouve dans un état de précarité linguistique. À droite comme à gauche, cette situation fait l'objet de reprises idéologiques, sans que la question soit posée avec réalisme ni lucidité. L'enjeu dépasse les murs de l'école et engage toute la société, à un moment où l'intelligence artificielle révolutionne notre rapport au langage dans des proportions que nous peinons encore à comprendre. Car ce qui est menacé, c'est la capacité de chacun à s'informer, à concevoir des idées et à les exprimer librement. La perte de pouvoir sur la langue aliène les individus, divise, et nourritles inégalités. Avoir une langue à soi est la condition fondamentale de nos démocraties.
Notre démocratie ne traverse pas qu'une crise politique : elle affronte une tempête émotionnelle sans précédent. Pendant trop longtemps, notre société a imposé le silence aux émotions pour préserver un ordre social profondément injuste. Mieux valait, disait-on, faire taire sa colère, ses blessures et ses désirs que les laisser s'exprimer. Avec les luttes d'émancipation et l'émergence des réseaux sociaux, la parole s'est libérée. L'intime a fait irruption dans l'espace public et nos émotions sont devenues une force politique à part entière. À la croisée du personnel et du politique, Flora Ghebali décrypte la fin d'un ancien monde et propose des clés pour construire un avenir plus juste. Un essai à la plume acérée, qui offre une lecture radicalement nouvelle de notre époque.
« Je viens d'un espoir immense, celui du militantisme féministe qui pensait pouvoir réparer, un peu, la société. Il y a quelques années, lorsque s'éveillait ma conscience féministe, je m'y suis jetée à corps perdu. Mais j'ai été bien obligée de constater, assez vite, que quelque chose n'allait pas. Alors j'écris pour comprendre, pour témoigner, pour résister sans tomber dans l'amertume et le ressentiment. » Après la mort de Nahel puis le 7 octobre, Diane Richard constate un double standard inacceptable dans le féminisme. Confrontée au mutisme de ses camarades de lutte face aux féminicides et viols commis à l'encontre des Israéliennes, révoltée par cette différence de traitement, elle n'a pas d'autres choix que celui d'exprimer son indignation. Dans ce texte entre témoignage et essai, Diane Richard analyse les bouleversements qu'elle a vécus ces dernières années : des ruptures amicales au cyberharcèlement en passant par les tentatives de récupération de ses propos par l'extrême droite. Lutter sans se trahir est un appel à la remise en question afin que le féminisme reste une affaire de justice pour toutes et tous.
Ces cinq dernières années, les récits présentant la maternité comme une expérience déceptive abondent. Absence de désir d'enfant, réalité des premiers mois avec un nouveau-né, regret d'être mère... le ton est à la dénonciation. Jadis glorifiée, la maternité est aujourd'hui décriée. Un autre discours reste encore silencieux : celui de la joie, inédite et vibrante, de la vie maternelle. Ce livre saisit le chemin passionnant auquel nous ouvre l'enfant, la transformation qu'il opère, comme l'ambivalence de cette tâche, délicate et prenante, de le porter et de l'élever, précisément dans ce monde incertain. Avec tendresse et sincérité, Audrey Jougla offre un récit lumineux au coeur de ce grand bouleversement. Voici une nouvelle voie, une ligne de crête : celle qui célèbre la maternité sans en taire les sacrifices, et qui interroge leur essence autant que leurs remèdes.
Le foot est une passion déraisonnable, parfois excessive. Loin d'être de simples spectateurs, les fans ont des conversations enflammées répondant à un langage codé, partagé bien au-delà des frontières, des langues, des cultures, et qui reste en constante évolution. Éditorialiste de la vie politique française, Maurice Szafran - tout comme ses coauteurs - n'ignore rien des mutations du foot. Ce « dictionnaire inattendu » balaie d'un regard nouveau et décalé ce sport universel qui, de mercato en Coupe du monde, gagne encore en influence.
Une voix unique. Une carrière lumineuse. Un récit de femme pour toutes les femmes. « Mon histoire s'adresse à celles et ceux qui ont osé transformer leur rêve d'enfant en réalité et à celles et ceux pour qui il est encore temps. » L. F. Liane Foly est bien plus qu'une voix iconique du répertoire de la chanson française : c'est avant tout une artiste plurielle qui, tel un phénix, se réinvente continuellement depuis quarante ans. Aujourd'hui, elle prend la plume pour nous raconter son histoire, son enfance dans « la droguerie du sourire » de ses parents au coeur de Lyon, ses débuts, ses inspirations, ses passions, son désir de transmission, les rencontres qui ont bouleversé sa vie - et encore et toujours sa détermination à rester une femme libre. La Droguerie du sourire est une autobiographie sincère et authentique où l'émotion affleure à chaque page.
C'est l'histoire d'une rencontre entre une femme et un homme qui partagent le même amour, le même rêve pour l'Océan, bien commun de l'humanité. Elle, est scientifique. Elle a parcouru le monde, travaillé avec les plus grands chercheurs, mesuré le dramatique effondrement des écosystèmes marins, l'élévation du niveau de la mer et les menaces sur les populations. Lui, est diplomate. Il a navigué, côtoyé les puissants, certains pollueurs, d'autres prédateurs ou pirates, négocié auprès d'eux pour alerter et préserver la paix sur l'Océan. Ensemble, deux années durant, ils ont mené une enquête éclairante qui court du Japon aux États-Unis en passant par l'Afrique du Sud, la Chine et la France. Marina Lévy et Olivier Poivre d'Arvor donnent enfin la parole à notre planète bleue et sonnent l'alarme.
« Le restaurant, invention datant d'un peu plus de deux siècles et demi, fait partie de notre quotidien, de notre budget mensuel, de nos désirs, de la façon dont chacun se projette dans la société et dans le monde. » Tommaso Melilli a travaillé dix ans en cuisine avant de sauter le pas et d'ouvrir son établissement à Milan. Alors qu'il imaginait ce que serait sa Trattoria della Gloria, une question a commencé à le tarauder : à quoi servent les restaurants ? Pour tenter d'y répondre, il a traqué les secrets de son métier, scrutant ses représentations dans le cinéma, la littérature et la pop culture, mais aussi dans son propre parcours. Des premiers bouillons parisiens aux menus en huit temps, le chef-écrivain retrace les débuts et les mutations de ce lieu de vie, de partage et de création, et s'interroge sur le bistrot de demain. Une plongée haute en couleur et en saveur dans les coulisses de l'institution du restaurant, véritable ode au plaisir universel d'avoir une table à soi.
Pendant plus de trente ans, Virginie Viard a vécu au coeur de la maison Chanel. Bras droit de Karl Lagerfeld puis directrice artistique après sa disparition, elle est demeurée une figure discrète. Son départ brutal en 2024, sans prise de parole publique, a suscité de nombreuses interrogations. Ce livre est une tentative de réponse intime, en forme de récit d'émancipation. Virginie Viard révèle les coulisses d'une maison rarement racontée de l'intérieur : les ateliers de la rue Cambon, la naissance des collections, les défilés mythiques, les collaborations multiples, les métamorphoses de la mode contemporaine. Et surtout la grande complicité artistique qui l'unissait à Karl Lagerfeld. Construit comme une traversée de la mémoire, Un regard est le portrait d'une femme qui a conquis sa liberté créative avant de devoir réinventer sa place.
« Je soupçonne que de nombreuses, très nombreuses mères vont dévorer Les Abandonneuses. » The Guardian Que peuvent bien avoir en commun Maria Montessori, Joni Mitchell, Doris Lessing ou Anna Karénine ? Toutes, à un moment de leur vie, ont choisi l'art ou la passion au détriment de la maternité. En refusant de se sacrifier pour leur progéniture, elles ont affronté leur culpabilité mais aussi le jugement d'une société qui considère que, si un homme quitte ses enfants, une femme les abandonne. Entremêlant sa propre expérience aux destins de ces artistes, la journaliste espagnole Begoña Gómez Urzaiz signe un récit percutant qui déconstruit le mythe de la « mauvaise mère » et pose un regard novateur sur la maternité. Traduit de l'espagnol par Anne Plantagenet
Que se passe-t-il derrière les portes d'une maison funéraire, ce lieu où nos morts deviennent, pour un temps, les protégés des vivants ? Après avoir perdu son frère puis sa mère à quelques mois d'intervalle, Michel Lussault a partagé le quotidien de ce lieu singulier : les gestes précis des professionnels, les visites des familles, les mots chuchotés, les moments de pudeur, de chagrin - et de rire parfois. Il raconte l'accueil sans réserve des défunts, la veille des corps, l'accompagnement des proches, et l'équilibre subtil entre dignité et contraintes matérielles. Avec une sensibilité rare, l'auteur livre un récit à la fois intime et réflexif. Il révèle comment, au coeur du deuil, la compréhension des lieux parcourus, des étapes, des imaginaires et des rituels des obsèques, est nécessaire pour continuer à vivre.
« Peu de Joumblatt ont terminé leur vie de mort naturelle. Mon père et mon grand-père ont été assassinés. Je suis un survivant. Cette histoire est la mienne, celle du Liban et de mon combat. » À la mort de son père Kamal Joumblatt en 1977, Walid Joumblatt devient le chef politique des Druzes au Liban, communauté de langue et de culture pratiquant une religion issue de l'Islam chiite. Depuis son fief de Moukhtara, au Sud-Est de Beyrouth, il assiste et participe aux crises majeures qu'a connues le Proche-Orient au cours de la deuxième moitié du xxe siècle, et qui le soulèvent à nouveau aujourd'hui. Figure prééminente de la gauche dans son pays, soutien historique du peuple palestinien, il s'est toujours opposé à la partition confessionnelle du Liban et a plaidé sa cause auprès des plus grands dirigeants internationaux. Ses mémoires sont un document pour l'Histoire, un témoignage à vif que les récents événements ont rendu nécessaire, et plus que tout un hommage vibrant à la liberté au Proche-Orient.
« Mon père m'a toujours conseillé de ne pas écrire de mémoires. Les rois ne se confient pas. Encore moins publiquement. Leurs secrets restent enfouis dans la pénombre des palais. Pourquoi vais-je aujourd'hui lui désobéir ? Pourquoi ai-je finalement changé d'avis ? J'ai le sentiment qu'on me vole mon histoire. » Si après presque quarante ans de règne, Juan Carlos Ier d'Espagne prend la plume, fait rarissime en soi, c'est que son exil à Abu Dhabi, les reportages à sensation dans la presse dite people, les erreurs d'un roi qui est aussi un homme avec ses faiblesses, ont obscurci ce qui a été une réussite démocratique exemplaire. Cette histoire est celle d'un pays, dirigé par un général austère, partisan d'une autocratie militarisée et catholique, Francisco Franco, qui choisit au mépris de la règle dynastique de succession, un jeune prince inexpérimenté pour lui succéder. C'est celle de ce monarque qui fera basculer une Espagne en noir et blanc en un état moderne, démocratique, prospère et coloré. De Giscard d'Estaing à sa cousine, la reine Elizabeth II du Royaume-Uni, de Nelson Mandela aux Bush père et fils, ces mémoires riches en images fortes et en anecdotes savoureuses voient revivre ce Roi Lear que ne visite plus son fils, le roi Felipe VI, et qui, le crépuscule venant, pense comme tout un chacun à sa terre aimée. Il ne cache rien de ses regrets, et parle comme quelqu'un qui sait qu'il n'a plus beaucoup de temps, à coeur ouvert.
Bienvenue au Blanc-Mesnil, ville populaire de Seine-Saint-Denis au nord de Paris, illustration la plus parfaite de ce que la politique peut faire de pire, en toute opacité. Dans cette commune passée à droite il y a dix ans, clientélisme, népotisme, chasse aux sorcières, censure, racisme, affairisme immobilier, manipulation, harcèlement sont au coeur du pouvoir, au point qu'un des cadres de la ville s'est suicidé. Il est celui qui a compris très tôt le devenir d'une commune qui a discrètement fait alliance avec l'extrême droite pour garder le pouvoir. À sa tête, un ancien des renseignements, un coupeur de têtes communistes et un zemmouriste de la première heure. Les victimes de ce système : les habitants des quartiers, les étrangers, les agents en mairie, les opposants, les familles pauvres que la municipalité rêve de voir partir pour faire du Blanc-Mesnil un Neuilly du 93, au service d'un clan. Le récit glaçant d'une emprise politique, à l'image d'un système à l'oeuvre sur d'autres territoires.
Dans Décolonisations africaines, adapté du podcast de France Inter, Pierre Haski nous invite à (re)découvrir les personnages historiques qui ont marqué l'Afrique lors des indépendances. Accompagné d'experts, et en premier lieu de l'historien Pap Ndiaye, il retrace entre autres les destins du syndicaliste Sékou Touré en Guinée, « l'homme qui a dit "non" à De Gaulle », de Patrice Lumumba au Congo, martyr des indépendances, de Léopold Sédar Senghor au Sénégal, penseur de la Négritude et homme politique, ou encore de Ahmadou Ahidjo au Cameroun, où la France est responsable d'une décolonisation extrêmement violente. Un livre à mettre entre toutes les mains pour comprendre les enjeux actuels du continent africain et la responsabilité des pays colonisateurs.
Villiers-sur-Marne, banlieue est de Paris. Une cité HLM au bord d'une voie ferrée. Un jour de chance, le cinéma vient à la rencontre de Fabien Onteniente, quand Michel Audiard pose sa caméra en bas de chez lui. Fabien a douze ans. Son coeur s'emballe et il sait tout de suite où le conduira sa vie. Mais qui se cache vraiment derrière le regard espiègle, le rire contagieux de ce réalisateur pudique, fils d'un Pied-noir déraciné et d'une Bretonne au fort caractère ? D'une plume mélancolique et poétique, ce livre raconte un parcours hors norme. Il évoque les joies simples d'une enfance modeste, les copains de toutes les couleurs et les séances de cinéma au Casino de Villiers. Mais aussi, plus tard, les conneries, les années 1980, les nuits parisiennes, les amours, les rencontres qui changent une vie - Coluche, Smaïn, Souad Amidou, Franck Dubosc, Mathilde Seigner, Gérard Lanvin, Rolland Courbis, Didier Bourdon - jusqu'aux succès qui installent le réalisateur comme l'un des plus populaires (Camping 1, 2 et 3, Jet Set, 3 Zéros, Disco...). Au total, plus de 20 millions d'entrées ! Il revient avec lucidité sur ses échecs, dévoile les coulisses de ce métier difficile et nous rappelle qu'au final, il faut toujours y croire. « Quand il n'y a plus d'espoir, toujours penser aux homards dans le vivier du Titanic ! » Un livre qui se déguste comme une chanson populaire. Une parenthèse enchantée. Le tout avec une sincérité qui fait du bien. Alors, on n'attend pas Fabien ?
La ville de Jean Calvin et de la Réforme change. Derrière sa réputation austère de refuge pour les exilés politiques, le berceau de la Croix-Rouge, de Rousseau et des conventions de Genève abrite des fortunes bien cachées. Pas plus peuplée que Toulouse, une seule de ses banques dispose d'avoirs supérieurs au PIB de la Belgique. Marc Guéniat a enquêté sur le nouvel ordre de cette ville qui aime l'argent des autres, y compris français, et sait le faire fructifier. On y rencontre des oligarques russes, des avocats qui défendent les intérêts de leurs clients jusque dans l'enceinte du Palais fédéral, un détective au coeur de ces affaires interlopes, et la fondation d'une célèbre montre aux ramifications opaques et à la bonté bien distribuée. Il y a les pauvres aussi, et les travailleurs qui migrent, dont personne ne parle mais sans lesquels l'horlogerie se détraquerait vite. Une enquête aux allures de thriller économique et politique sur une cité aussi irrésistible qu'énigmatique. À qui profite le crime ? Sans doute un peu tout le monde.
« Ce que vous allez lire est un plaidoyer pour l'enfance. » À la suite des révélations sur l'affaire Bétharram ayant entraîné le Premier ministre François Bayrou dans la tourmente, la députée Violette Spillebout n'a pas hésité à descendre dans l'arène. Aux côtés de Paul Vannier, elle a dirigé la commission d'enquête parlementaire pour briser le silence autour des violences faites aux enfants dans les établissements scolaires. L'élue nous livre ici les coulisses de cette investigation, ses rencontres bouleversantes avec les victimes, les visites glaçantes, les auditions mouvementées, les recommandations du rapport parlementaire, et nous révèle aussi les pressions politiques... Violette Spillebout en est persuadée : cette lutte doit dépasser la guerre des partis. Un livre transpartisan pour enfin mettre un terme au silence et lutter contre les violences systémiques en milieu scolaire.
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Dès 2021, alors que La Familia grande de Camille Kouchner relance le débat public autour de l'inceste, Romane Brisard remarque un décalage saisissant : la France célèbre la libération de la parole, tandis que des enfants qui dénoncent l'inceste, et dont les plaintes sont classées sans suite, sont contraints à revoir leurs agresseurs, rien n'empêchant alors que les crimes soient répétés. Frappée par cette dissonance, la journaliste analyse une centaine de dossiers judiciaires et recueille autant de témoignages de victimes et de professionnels de la protection de l'enfance. Bientôt, son investigation prend une tournure plus grave encore : les mères d'enfants victimes, ses principales sources, disparaissent. Prêtes à tout pour sauver leurs enfants de leurs bourreaux, ces femmes ont décidé de fuir leur pays, quel qu'en soit le prix. Fruit de près de cinq ans d'investigation, ce livre met en lumière une violence d'État méconnue : celle qui, sous couvert de droit, criminalise les mères et trahit les enfants. Document d'utilité publique, il rend aussi hommage à ces femmes qui, refusant l'inacceptable, sont devenues à leur corps défendant des résistantes. Ces mères en cavale que Romane Brisard a retrouvées, afin de faire entendre leur parole.
En France, 8 animaux abattus sur 10 sont issus de l'élevage intensif. Si 84 % de la population est opposée à ce mode de production, seul 2 % se déclare végétarienne. Pour explorer ce paradoxe, la politiste Réjane Sénac offre une plongée dans le mouvement animaliste. En allant à la rencontre de ses acteurs, en observant des actions militantes - Nuit debout devant les abattoirs, campagnes de sensibilisation, diffusion de vidéos chocs, refuges... - elle montre comment ces mobilisations nous bousculent et font « entrer par effraction » la maltraitance animale dans l'espace public. À partir de son enquête de terrain, elle interroge la manière dont la question animale met à l'épreuve notre rapport à l'injustice, à la violence, à l'amour et à l'espoir. Réjane Sénac esquisse ainsi un chemin pour apprendre à être humblement humain.