FeniXX réédition numérique (Corrêa - Buchet-Chastel)
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Ce livre s'adresse à tous ceux qui ne peuvent accepter leur propre mort, ni la mort des êtres qu'ils aiment. Point de philosophie dans ces pages, de systèmes se déroulant sur le seul plan de l'esprit, mais la chair et le sang d'une expérience quotidienne. Dès les premières lignes, nous savons que nous sommes au coeur même d'un problème qui nous concerne tous, bien que nous nous efforcions de l'oublier à chaque heure du jour. Un être, sommé d'avoir à sortir de l'impasse du doute, s'engage devant nous sans réserve. Avec une lucidité à la fois rigoureuse et passionnée, Maria Le Hardouin confronte les aspirations de son coeur avec les exigences de sa raison. C'est bien d'une tentative de parvenir à une image de Dieu qui puisse satisfaire une conscience contemporaine qu'il s'agit, et cela, de la part d'un être qui ne peut rien recevoir pour vrai qu'il ne l'ait repensé, revécu par lui-même. Aussi, le combat qui se poursuit devant nous, ne cesse de s'amplifier avec une intensité dramatique.
Cet essai, qui se signale par une extraordinaire richesse de pensée, traite d'abord de l'évolution de la condition féminine et de la condition masculine, de l'Antiquité à nos jours. L'auteur insiste ensuite sur les risques variés qui manifestent, à ses yeux, l'apparition d'un nouveau matriarcat, caractérisé par une certaine dévalorisation du mâle (disqualification de la guerre, des castes militaires, du patriotisme, réduction du rôle du père à celui d'une mère auxiliaire, féminisation de l'intellectuel, etc.), ainsi que par la libération de la femme, et par la prépondérance prise par la mère dans la société contemporaine. Pour traiter ce grand sujet, si actuel, l'auteur évite constamment l'obscurité et l'abstraction. Son livre - audacieux et dynamique, prophétique parfois - excite l'esprit et lui fournit cent sujets de réflexion personnelle.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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La vie et la mort d'une communauté juive de Transylvanie, tel est le sujet de ce roman. Alba est une localité disputée entre la Hongrie et la Roumanie, l'Allemagne et la Russie. L'auteur nous présente d'abord le cocher, Anselme Losch, qui va chercher à la gare ceux qui reviennent d'Europe, puis les divers membres de la communauté animée par le Rabbin : le boucher, le meunier, etc., en même temps qu'il nous introduit dans une vie extraordinaire, où réalisme et spiritualité sont inextricablement, pittoresquement, et authentiquement mêlés. Mais la guerre bouleverse la vie de ces Juifs. On nous montre leur lutte - ou leur acceptation - la vie misérable à laquelle ils sont réduits, la dislocation intérieure, qui fait se dresser les uns contre les autres des gens jusqu'alors unis ; tout s'en mêle : les débordements sexuels, la déportation, la lutte pour l'amour, la révolte contre le Dieu de Colère. Persécutés par les Roumains, assiégés par les S.S., les survivants mettent leur espoir dans les Russes qui approchent. Ils sortent de leurs abris pour les acclamer, mais les énormes chars leur passent dessus. Seul le cocher Anselme Losch échappe à la mort pour raconter ces événements apocalyptiques. Ce récit, d'une extraordinaire puissance, a l'éclat saisissant de l'authenticité. On croit assister à quelque épisode de l'histoire biblique et cette impression est renforcée par le ton, par le style à
« Les enragées de Cornebourg » est le premier véritable roman de Roger Rabiniaux. On y trouvera en effet une intrigue suivie, une histoire complète. Et quelle histoire ! À Cornebourg, gros bourg peuplé de commerçants, de paysans, de retraités, éclate soudain la guerre des sexes. C'est une Vénus cantonale, terriblement attachée à sa proie, Améla Jambechiche, qui est à l'origine de ce conflit. Les Cornebourgeoises voulant châtier cette sirène - coupable d'avoir éloigné de leur devoir de nombreux mâles respectables - s'acharnent sur son mari, le pauvre Léon Jambechiche, qu'elles laissent pantelant au seuil de son auberge après l'avoir roué de coups. Jambechiche va se défendre. Les Cornebourgeoises seront condamnées et prendront leur revanche au cours d'une guerre intestine, qui va voir successivement les hommes épuisés sous les caresses, avant d'être privés d'amour et abandonnés dans leur maison sans femme. Un jour, enfin, les « Justicières » conquerront le Conseil municipal, la Mairie et feront peser sur les hommes une insupportable dictature. Comme on voit, Cornebourg, la France, et le monde sont bien mal partis. Heureusement, Señor Bacchus, sorte de Pantagruel up to date, mâtiné de Don Juan, surgira à temps pour redresser la situation ; il y sera puissamment aidé par le déchaînement de fureur érotique, que connaîtront Cornebourg et Crouzeval à la suite d'une sournoise vengeance de Jambechiche. Telle est l'histoire, hautement morale, des « Enragées de Cornebourg ». S'agit-il d'un roman paysan, d'un pamphlet antiféministe, d'une chronique romancée ? Sans doute d'un peu tout cela, mais il s'agit surtout d'un livre écrit avec une verve entraînante, et où le burlesque n'est jamais très éloigné du lyrisme, d'un livre rempli de trouvailles charmantes ou pittoresques, et d'une véritable ivresse verbale.
Un homme aime sa femme sans pouvoir néanmoins renoncer aux autres femmes. À travers de multiples aventures, ce qu'il découvre, peu à peu, dépasse largement le problème de la fidélité, voire du domaine des rapports amoureux : il ne s'agit pas de profiter d'autrui mais de le reconnaître. Le premier roman de Caplain, Le Conquérant, qui avait fait beaucoup de bruit il y a trois ans, était le roman du couple impossible. L'homme marié veut montrer comment le couple est possible, et quelles sont les conditions de sa création.
Ce n'est pas impunément qu'un petit provincial naïf, qui étouffe chez lui, découvre un jour, à 14 ans, les odeurs et la vie foisonnante de la campagne, et, par l'intermédiaire d'un maître trop aimé, l'abîme qui sépare le monde des rêves du monde tout court. Il peut se faire qu'on en meure. C'est ce qui arrive au jeune Alain, dans ce premier roman d'un auteur de 28 ans qui fut musicien avant d'être romancier, et qui l'est resté. Alain ne demande qu'à s'émerveiller, M. de Soussarin, châtelain du pays, s'enivre de son pouvoir sur cette âme neuve, et ne résiste pas au plaisir d'en jouer. Travaillé en secret par la puberté, incapable d'intégrer à ses rêves le monde de la sexualité brutalement découvert, l'enfant voit dans la mort une purification et le plus haut accomplissement de lui-même. Son suicide est un geste parfait dont M. de Soussarin comprend la grandeur désespérée. Ce roman longuement mûri est avant tout l'oeuvre d'un poète qui sait tenir son lecteur sous le charme, et le conduire, d'une main miraculeusement légère, jusqu'aux frontières de la vie et de la mort.
"Si c'était la plus jolie personne qu'on pût voir, c'était aussi la plus déraisonnable qu'on pût imaginer" écrivait un de ses contemporains, le poète Arnault. Pierre Chanlaine, dans ce livre peu tendre pour son héroïne nous avertit tout de suite que "Pauline était ce que nous appellerions aujourd'hui une garce" Elle devait épouser en premières noces le général Leclerc après avoir été, à 15 ans, la maîtresse de Fréron (qu'elle devait retrouver à Saint-Domingue) et après avoir été demandée en mariage par Junot. N'ayant pas tardé à devenir veuve, elle épouse alors, après diverses aventures, le prince Borghèse, fabuleusement riche mais presque impuissant. Pas question pour elle de lui être fidèle. Blangini, Talma, Duchand, les liaisons se succèdent, les scandales aussi. Les frasques de cette Messaline de l'Empire défrayent la chronique de l'Europe. Toutefois, en 1814, elle gardera confiance en son frère Napoléon et ira le rejoindre à l'île d'Elbe où elle sera "la surintendante des plaisirs". La vie de cette femme, aussi pittoresque que scandaleuse, se déroule au rythme de l'épopée napoléonienne. La petite histoire se mêle à la grande. On lira ce livre aussi distrayant qu'instructif avec un plaisir certain.