Publications de l´Institut de recherches historiques du Septentrion
Si les combattants, du fait de l'intensité des batailles et du nombre de ceux qui y sont engagés, concentrent l'intérêt historique, les populations des « régions envahies » en France du nord et du nord est et en Belgique, inventent quelques formes « d'une résistance sans armes » selon les termes utilisés dès les années 1920. Aide à l'évacuation des soldats qui veulent éviter la captivité, recherche de renseignements sur des objectifs militaires, publication des journaux clandestins, illustrent quelques-unes des pratiques de civils volontaires qui s'engagent au sein d'une population hostile au travail pour l'Allemand malgré les difficultés de la vie quotidienne. Quelques noms ont échappé à l'usure du temps. Gabrielle Petit ou Édith Cavell en Belgique, Léon Trulin, Eugène Jacquet, Louise de Bettignies, en France du Nord, offrent des exemples de ce patriotisme qui agit de part et d'autres de la frontière. Cette publication est le fruit des recherches menées par des historiens français et belges qui ont confronté leurs analyses au cours de la cinquième journée d'études bisannuelles tenue, en partenariat la ville et le Musée de la Résistance de Bondues, en janvier 2010.
Les Résistants, quelles que soient leurs sensibilités initiales, estiment que les élites françaises d'avant 1939, ont failli. Faillite personnelle comme celle de Pétain qui signe l'armistice avec l'Allemagne nazie et se soumets au déshonneur. Faillite collective également qui concerne ceux que l'on appelle les « catégories dirigeantes ». La nécessité s'impose donc de renouveler en profondeur ces anciennes élites défaillantes pour libérer et reconstruire la France. Très vite s'impose un objectif : le renouvellement des élites, qui passe par la promotion nécessaire et légitime des Résistants, implique une véritable révolution susceptible de prolonger et de compléter celle de 1789. À cet effet, le programme du Conseil national de la Résistance annonce de profondes réformes pour reconstruire le pays et pour en assurer la renaissance. Les interventions produites à l'occasion de la XIe journée d'études évaluent l'ampleur du projet résistant et les effets de son ambition.
Ce soixante-dixième volume de la collection IRHiS forme les actes de la sixième journée d'études du Projet collectif de recherche Les places fortes des Hauts-de-France (DRAC-SRA Hauts-de-France, IRHiS-ULille/CNRS, Inrap), intitulée : Le démantèlement des fortifications dans les Hauts-de-France (XVIe-XXe siècle) - Entre pertes patrimoniales et (re)découvertes archéologiques. Cet ouvrage rassemble les communications, complétées par plusieurs autres contributions, de cette journée qui s'est tenue le 22 juin 2023 à l'université de Lille, réunissant archéologues et historiens, spécialistes de la fortification et du démantèlement dans la région Hauts-de-France.Le choix de ce thème a permis de réfléchir à la démolition de différentes portions de l'architecture défensive septentrionale, mais également aux apports scientifiques, techniques et iconographiques de ces chantiers. Des approches locales comme des comparaisons thématiques ou chronologiques ont mis en lumière l'intérêt de cette transition entre l'avant et l'après du fait fortifié, ouvrant ainsi des perspectives sur l'évolution des places fortes des Hauts-de-France.Si, aujourd'hui, le fait fortifié est encore particulièrement présent dans les Hauts-de-France, une part non négligeable des enceintes urbaines et des châteaux a pourtant disparu depuis l'époque moderne. Ce phénomène trouve davantage son origine dans les démolitions en temps de paix, plutôt que dans les destructions de guerre. En effet, le démantèlement, qui signifie le fait de dévêtir de son « manteau » un espace fortifié et, par extension, les murailles qui le protègent, s'inscrit dans une temporalité plus longue et s'effectue avec des moyens plus efficaces que la sape ou le bombardement. Cependant, ces démolitions n'aboutissent pas systématiquement à des disparitions complètes de la fortification. Quand elles sont motivées par des raisons militaires ou politiques, elles consistent à retirer à un espace fortifié ses qualités de défense. Les murailles sont alors totalement arasées ou désorganisées par la création de trouées indéfendables. Parfois, ces démolitions se justifient par des enjeux urbanistiques et peuvent se limiter à certaines portions de remparts ou aux portes.Les démantèlements sont une période marquante pour les espaces fortifiés. En concentrant une main d'oeuvre et des moyens importants, ces démolitions constituent des chantiers remarquables qui permettent d'appréhender les enjeux d'une époque, les acteurs impliqués et les techniques utilisées. Transition entre le temps du cloisonnement et celui du décloisonnement dans le cas des enceintes urbaines, le démantèlement provoque l'émergence d'espoirs, mais également de regrets pour ce qui est de la disparition, pas toujours désirée, d'un paysage historique, regrets maintes fois évoqués dans les nombreux ouvrages rédigés durant les démolitions. Ces travaux s'accompagnent régulièrement de (re)découvertes archéologiques multiples, dont les acteurs, les méthodes et les conclusions ont évolué dans le temps, entre dégagements et études succincts du XIXe siècle et approches scientifiques rigoureuses des XXe et XXIe siècles : plusieurs chantiers d'archéologie préventive récents ont mené à l'étude d'éléments fortifiés, autrefois sacrifiés sur l'autel de la reconfiguration urbaine, mais considérés aujourd'hui comme des témoins incontournables du passé guerrier de la région et de son évolution à l'ère industrielle.
Le présent ouvrage est donc le résultat du colloque d'Amiens des 21 et 22 juin 2018, intitulé : Administrer la ville dans et hors les murs, continuité(s) ou rupture(s) ? Ladite rencontre a donné lieu à quatorze communications s'organisant en cinq thématiques majeurs qui permettent d'appréhender la société urbaine médiévale dans une grande partie de sa globalité, à savoir : le commerce et l'économie, la défense militaire et sécuritaire, la défense et son impact urbain, la perception et occupation des espaces, et la justice. Douze de ces interventions ont été retenues pour ces actes qui sont ici réorganisés en quatre parties : la défense militaire et la sécurité, la défense et son impact urbain, la perception et occupation des espaces, et la justice.
Cette publication rassemble quelques unes des communications du séminaire Apprentissage, travail et création 2017 et des journées d'études des 11 décembre 2017 et 29 mai 2018
L'IRHiS-UMR 8529 (Univ. Lille, CNRS) a organisé à l'université de Lille le 25 novembre 2016 une première journée d'étude consacrée aux collections extra-européennes dans les musées d'Europe du Nord-Ouest. Cette rencontre, au cours de laquelle sont intervenus des conservateurs de musées, des chercheurs et des doctorants de France et de Belgique, a donné lieu à une publication en ligne : https://books.openedition.org/irhis/3279. À travers les différentes contributions proposées, il a été possible de saisir l'histoire de la constitution et de la présentation de collections ethnographiques muséales en Europe du Nord-Ouest ainsi que les problématiques et les enjeux divers qui en découlent. Il s'agissait de faire prendre conscience à la fois aux chercheurs et aux pouvoirs publics de la nécessité de mieux considérer ces collections, de les valoriser aux yeux du plus grand nombre et de permettre un accès facilité aux chercheurs. Lors de cette deuxième édition, une place plus large a été donnée à l'histoire d'objets extraeuropéens issus de collections muséales européennes. À l'heure où les demandes de restitutions se font toujours plus pressantes, il devient indispensable de mieux connaître l'origine des collections et de re-contextualiser les objets. Le principe de cette publication a été de demander aux intervenants de choisir un objet extra-européen ou une collection d'objets extraeuropéens en particulier, peu importe l'origine géographique, et d'en raconter l'histoire : quels sont les propriétaires, quelles sont les conditions de sa collecte (instructions, cadre normatif, activité prédatrice, hasard, simple acquisition monnayée, etc) ; quel est l'usage et quelle est la signification de l'objet dans son contexte ethnographique ; comment a lieu le passage du statut de spécimen ethnographique à celui d'oeuvre d'art. Il a également été demandé de préciser la situation de médiation dans laquelle les objets choisis sont placés et les améliorations possibles pour mieux valoriser les artefacts, au moment où la volonté de « décoloniser » les musées est toujours plus palpable.
Ce volume regroupe les communications de la journée d'étude organisée le 12 septembre 2019 à l'université de Lille dans le cadre de la Structure fédérative de recherche « Numérique & Patrimoine ». Elle a accueilli des jeunes chercheurs, doctorants et docteurs, historiens, historiens de l'art, archéologues et architectes, appelés à partager leurs expériences sur l'utilisation des outils numériques pour la connaissance et la valorisation du patrimoine. À ce titre, les sept contributions réunies dans cet ouvrage constituent autant d'études de cas reflétant la diversité des méthodes mises en oeuvre afin d'apporter un éclairage nouveau sur leur objet d'étude. Adaptation et expérimentation sont les maîtres-mots de ces contributions qui présentent les raisons qui amènent à privilégier un outil plutôt qu'un autre et à en adapter l'usage. Elles soulignent l'apport et les perspectives que ces outils offrent à la recherche dans les domaines des sciences du numérique et du patrimoine, un domaine qui ne cesse de se développer et qui s'ouvre de plus en plus aux jeunes chercheurs.
Les arts premiers semblent n'avoir été représentés que rarement dans la peinture ou la littérature du Moyen âge à la fin du 18e siècle. Difficile à attester, il est cependant certains que des sculptures et objets « exotiques » faisaient bien partie de la cargaison des navires marchands européens. Les pièces les plus fragiles, celles en bois, ont souvent disparu victime du temps, alors que les ivoires font partie des artefacts les mieux conservés parmi ces artificialia : « Les collections ethnologiques, incluses dans ces lieux, ont rarement bien survécu. De temps à autre des écrits, postérieurs en gardent trace. Ainsi le fils d'André Tiraqueau, ami et protecteur de Rabelais, détenait une collection africaine du début du siècle, mais perdue depuis. Quelques années plus tard Charles le Bold rechercha et acheta des pièces africaines en 1489, à l'embouchure du Congo, pour le compte du roi du Portugal. Parmi elles se trouvaient des sculptures en ivoire et des étoffes en fibres végétales. Il apparaît quasiment impossible de connaître la date d'arrivée en Europe » indique Josette Rivallain, maître de conférences au Muséum national d'histoire naturelle (« Cabinets de curiosité, aux origines des musées », Outre-mers, 2001, Volume 88, p. 20). Repérer la mention d'objets ethnographiques dans les archives de cette période n'est guère plus simple, la provenance géographique de ces objets hétérogènes amassés pèle mêle n'étant souvent pas indiquée. Un des cabinets de curiosités les plus connus est celui du physicien hollandais Bernadus Paludanus (1550-1633) qui constitua une collection d'ethnographie africaine en 1580 à Enkhuizen aux Pays-Bas. La réflexion sur les artefacts non occidentaux prit une nouvelle envergure/dimension au début du 19e siècle. On assista alors à la naissance d'un changement de regard vis-à-vis de ces objets qui désormais furent classés et décrits par leurs possesseurs.
En 1789, plus de 3 000 assemblées du Nord et du Pas-de-Calais rédigeaient leurs doléances pour les États généraux.
Découvrez les coulisses politiques du Nord-Pas-de-Calais à travers une étude inédite sur ses parlementaires sous la IIIe République.
« Américanisation » est un mot entré de plus en plus dans le langage courant qui exprime des réalités fort diverses. Ce volume analyse les rapports entre l'Europe et l'Amérique selon une vision macro-économique large. De l'Espagne à la Finlande, de la Grande-Bretagne à l'Union Soviétique, les différents chapitres de ce livre montrent comment le modèle américain fut une référence autant pour les entreprises qu'aux trois niveaux politique, économique et culturel. Ils abordent pour cela le sujet selon quatre grands thèmes qui sont : les prémices de l'américanisation avant 1945 ; la dimension politique du projet de l'Amérique, les voies spécifiques de l'américanisation, l'enjeu propre des pays de l'Europe de l'Est. Ils présentent une analyse de la première phase du processus d'américanisation durant laquelle l'introduction du système américain de production revêt un caractère exceptionnel. Ils montrent comment dans l'entre-deux-guerres, une moindre présence américaine au niveau politique est compensée par leur intervention sur le double plan de l'économie et de la technologie. Ils insistent sur le tournant majeur que constitue la Seconde Guerre Mondiale après laquelle les États-Unis programment désormais les transferts culturels et technologiques ainsi que de leurs valeurs et de leur modèle d'organisation sociale. Ils insistent sur l'accueil alors réservé à cette démarche, consistant à la fois en un accueil enthousiaste et une très forte résistance. Ce livre montre aussi l'existence de décalages chronologiques dans le transfert des diverses composantes du modèle américain. Dans la plupart des pays européens, le modèle de consommation de masse a pénétré plus vite que les technologies, les modèles d'organisation de la production et de la gestion de l'entreprise. Il confirme également que l'hégémonie américaine se nourrit d'une relation de dialogue avec l'Europe. L'américanisation consiste davantage en une adaptation sélective, en une hybridation qu'en une adoption.
La compréhension d'une société ne peut ne réduire au suivi d'itinéraires individuels. Cela étant, nul ne conteste que les sociétés, même celles dominées par la stabilité ou la viscosité des processus de promotion sociale, peuvent céler des dynamiques familiales et des destins individuels que la quête prosopographique et des analyses de caractère anthropologique ont vocation à mettre en évidence. L'approche structurelle des groupes sociaux peut faire bon ménage avec la perception des trajectoires individuelles, familiales ou lignagères. Cette motion de synthèse que certains trouveront rapide ou commode ne nous exonère pas de nous interroger sur la validité scientifique du projet retenu.Prétendre travailler sur une période de cinq siècles relève d'une certaine mesure de la gageure. Pour ne pas diluer l'objet de notre recherche, nous avons certes souhaité ne pas aborder les profondes mutations ayant affecté le monde populaire des villes au cours du dernier demi-siècle. Il demeure qu'entre le peuple du temps des ducs de Bourgogne et les milieux populaires qui à l'issue des épreuves de la seconde guerre mondiale, s'apprêtaient à vivre les longues heures des Trente glorieuses dans une Europe du Nord-Ouest devenue très majoritairement urbanisée, il paraît y avoir un abîme. Ce sera un des multiples enjeux de ce colloque bi-annuel que de dégager les continuités et les mutations, voire les ruptures.
Le monde méditerranéen antique a inventé une forme culturelle qui a reçu le nom de polis en grec et de civitas en latin, d'où viennent en langues romanes les termes « politique » et « citoyenneté ». Dans cette structure, un groupe d'hommes, en principe originaires d'un territoire modeste, organisait sa vie par le moyen d'assemblées où seul le citoyen mâle avait droit à la parole et au vote. Si les femmes étaient maintenues à l'écart de ces institutions, elles avaient cependant une importance propre, non seulement dans d'autres sphères (domestique, religieuse), mais dans le domaine politique lui-même où leur fonction était essentielle. Plutôt que d'examiner du point de vue anthropologique et social la part limitée prise par des femmes dans les structures de pouvoir des civilisations de la Méditerranée antique, je voudrais examiner leur rôle dans la transmission de la qualité civique, c'est-à-dire dans la transmission de l'appartenance au groupe privilégié des citoyens. En tant que filles de citoyen ou - à Rome - comme affranchies d'un citoyen, elles pouvaient donner naissance à des enfants citoyens. Elles avaient donc une position fondamentale dans les lignées et dans la transmission du pouvoir civique.
1895 : Lille voit renaître ses facultés d’État après un siècle d’absence. Cent ans d’université lilloise retrace cette aventure intellectuelle et humaine, des débats fondateurs aux défis contemporains.
1893, Nord de la France : l'élection historique de Guesde, Basly et Lamendin marque l'avènement d'un socialisme régional unique.
Les 13 et 14 mai 1998, notre Faculté des Lettres et Sciences humaines a eu l'honneur et le plaisir d'accueillir la première des trois tables rondes organisées à l'initiative conjointe du CRHEN-O (Université de Lille 3), de l'IRED (Université de Rouen) et du CHRIV (Université de Valenciennes) sur le thème Du Directoire au Consulat : le lien politique local dans la Grande Nation. Cette première rencontre, à laquelle nos amis de l'Université catholique de Louvain et de l'Université libre de Bruxelles ont apporté leur actif concours, a pu réunir une bonne quarantaine de participants venus de diverses universités françaises, mais aussi belges et allemandes.À l'origine de ce projet, initié par notre collègue Jean-Pierre Jessenne en 1996, le constat que la période directoriale et consulaire, dont nous commémorons présentement le bicentenaire, continue d'être passablement délaissée, ou étudiée d'un point de vue restrictif, essentiellement constitutionnel, qui ne contribue assurément pas à restituer l'intérêt d'une transition historique, dont on a surtout souligné l'échec politique. Certes, en mai 1997, l'important colloque de Clermont-Ferrand, dont les actes ont été récemment publiés sous le titre La République directoriale est venu en partie redresser ou tout au moins nuancer cette image négative. Les organisateurs des tables rondes ont cependant jugé intéressant de revenir sur une période dont l'ambition proclamée était de « terminer la Révolution », à la lumière des actuelles recherches et réflexions sur le pouvoir local, « composante de la dynamique nationale » à l'époque concernée. Il s'agissait donc de « mettre l'accent sur les facteurs et les processus susceptibles de consolider ou au contraire de disloquer le lien social, politique ou culturel, dans le cadre des collectivités locales, [...] une attention particulière étant portée aux modes différenciés ou convergents selon lesquels se dessinent les évolutions régionales en fonction d'antécédents révolutionnaires différents » (Jean-Pierre Jessenne). L'optique était donc résolument comparative au niveau des régions de la France directoriale et consulaire, c'est-à-dire, non seulement l'ancien royaume dans toute sa diversité, du Nord ou du bassin parisien globalement conformistes, aux provinces d'anti-révolution, voire de contre-révolution comme dans l'Ouest ou le Midi, mais aussi les territoires récemment annexés (Genève, Belgique, rive gauche du Rhin) ou vassalisés (Républiques-soeurs batave et italiennes).
1795-1799 : comment la France, déchirée par la Révolution, tente de forger une nation unie. Ce deuxième volume explore les défis de l’intégration citoyenne, entre guerres, réformes et résistances, avant l’avènement de Napoléon.
Comment la France a-t-elle imaginé, construit et parfois rompu la paix au XXe siècle ? Cet ouvrage collectif explore les utopies, les conflits et les représentations qui ont façonné l’idée de paix, entre guerres mondiales.
1958, année charnière : le Nord-Pas-de-Calais face à la chute de la Quatrième République et à l’avènement de la Cinquième.
Du Moyen Âge aux Trente Glorieuses, ce premier volume explore la vie et l’évolution des milieux populaires urbains en Europe du Nord-Ouest.
1877 : la France tremble sous la crise du 16 mai, quand Mac Mahon tente de renverser l’ordre républicain.
Ce volume issu de la journée d'études du 30 novembre 2007, dont les textes suivent est d'une très grande richesse à un double titre : - Des témoins importants, voire très proches ont rappelé les diverses facettes de la personnalité de Maurice Schumann. La deuxième partie de cet ouvrage leur est exclusivement consacrée. De Michel Anfrol, journaliste-témoin à Christine Boel-Schumann, sa propre fille, en passant par Michel Delebarre et Gabriel de Broglie, chacun a pu restituer la quintessence de ce qu'il conserve du porte-parole de la France libre. - Des historiens spécialistes soit de Maurice Schumann, soit du contexte politique, ont apporté leur contribution dans un esprit de complémentarité. Cette journée d'études avait pour ambition de rendre à l'homme public toute sa complexité intérieure. Il en est ressorti la conviction que l'humanisme et la politique ne faisaient qu'un chez Maurice Schumann. Aux futurs historiens d'en appréhender avec précision toute la portée.
1940-1945 : comment la Résistance a-t-elle forgé ses propres légendes ? Ce colloque inédit explore les récits, les symboles et les mémoires contradictoires nés de l’engagement clandestin.
Lorsqu'au printemps 1989 Roger Mettam et moi-même envisagions d'organiser un débat sur l'état de la recherche historique en France et en GrandeBretagne, il nous est vite apparu qu'une des interrogations nouvelles les plus fécondes portait sur le patronage et le clientélisme dans le fonctionnement des deux monarchies à l'époque moderne. Qu'un nombre croissant d'historiens consacrent leurs travaux à des pays autres que le leur (dira-t-on suffisamment l'apport des chercheurs anglo-saxons au renouvellement de l'étude de la France d'Ancien Régime ces vingt dernières années) n'en rendait que plus intéressante une rencontre sur ce thème entre spécialistes européens.Né de ce constat, le colloque de mai 1990 affichait une triple ambition : réfléchir sur les concepts de patronage et de clientélisme, de préférence dans des structures peu étudiées de ce point de vue ; cerner leurs éventuelles évolutions sur une période chronologique longue ; comparer la réalité de ces notions dans plusieurs États européens.
Ce livre retrace l'histoire de l'enseignement élémentaire dans le Pas-de-Calais depuis la fin du xviie jusqu'au début du xixe siècle. Ce fut une période décisive pour l'institution scolaire. De l'époque de Louis XIV à celle de Napoléon Ier, l'École s'est imposée comme une nécessité sociale et comme une réalité institutionnelle incontournable. Comment cette évolution s'est-elle accomplie et quelles en furent les conséquences ? En particulier, ne préparait-elle pas l'entrée en scène de l'Etat enseignant ? Sous la Révolution en effet, l'éducation de la jeunesse est devenue un enjeu politique essentiel. Apparut alors un double système d'enseignement, l'un public et laïc, l'autre privé et confessionnel. Cette dualité devait caractériser pour longtemps l'Ecole contemporaine... Dans son ouvrage, René GREVET décrit aussi les conditions de vie des enseignants de cette époque. Il analyse également les lents progrès de l'instruction populaire et dégage une nouvelle problématique pour l'interprétation des taux d'alphabétisation. C'est l'un des apports majeurs de sa thèse.
Pendant la période qui va de 1791 à l'an IX, l'Etat lance de nombreuses enquêtes sur l'instruction publique. Citons en particulier l'enquête de 1791-1792 à l'initiative du Comité d'instruction publique, l'enquête directoriale de l'an V voulue par François de Neufchateau, l'enquête de l'an IX décidée par Chaptal. Elles n'ont jamais fait l'objet d'une publication et d'une exploitation systématique pour le département du Nord. Mais leur existence est connue. Ce n'est pas le cas de l'enquête sur « les différens établissemens destinés à l'instruction de la jeunesse » que je publie. Celle-ci présente deux caractéristiques. Lancée en octobre 1790 à l'initiative du directoire du département du Nord, elle est donc bien antérieure à la première grande enquête nationale sur l'instruction publique de 1791-1792. Elle est unique en son genre.
Bien adapté à l'année commémorative de la Libération, l'épuration demeure difficile à appréhender et à évaluer car les polémiques pèsent toujours sur les analyses et les interprétations. Qu'il s'agisse de la pertinence, de l'ampleur du processus, de sa sévérité, de son équité, ou, au contraire, de son insuffisance, les débats ont été intenses même si, aujourd'hui, la disparition progressive des acteurs permet une étude plus apaisée et plus sereine tandis que l'éloignement des faits contribue à renouveler en profondeur, son histoire.À la suite de Peter Novick, de Pierer Laborie, de Marc Baruch ou encore de François Rouquet, les chercheurs différencient, traditionnellement, une « épuration spontanée » ou « extra-judiciaire » que d'aucuns désignent comme « épuration sauvage » d'une « épuration légale » ou judiciarisée pour établir une chronologie et distinguer des pratiques. Car, derrière l'épuration, les intentions sont diverses et les enjeux importants. La Libération, joyeuse et douloureuse, suscite parfois un désir de « vengeance » tout en posant la question grave de la justice et de la restauration de l'État de droit. L'épuration devient, dès lors, un moment fort de la sortie de guerre...
À travers des exemples emblématiques et variés pris dans l'histoire contemporaine française, les communications de ce cahier montrent la récurrence d'un modèle d'héroïsation guerrière construit autour de la figure du héros sacrificiel inspiré des récits homériques, des chansons de geste et de l'hagiographie chrétienne. Tout récit d'événement militaire se décline en hommage - voire en sacralisation - de héros, individualisés ou collectifs, qui vise à la fois à donner une identité quasi généalogique au groupe combattant et à servir de modèle en son sein et, au-delà, dans l'ensemble de la société, pour galvaniser l'ardeur au combat ou l'acceptation de la mort individuelle au nom d'un idéal sacré. À l'image des vicissitudes politiques et militaires du pays, l'hommage aux héros amène une réécriture épique de pages sombres de l'histoire. La logique du récit héroïque aboutit ainsi à une sorte de sublimation grandiose où s'effacent les responsabilités et les culpabilités. Ce processus d'héroïsation témoigne à la fois d'un rapport au temps propre à l'époque contemporaine et de la spécificité de la culture militaire au sein de la société. À travers la mise en avant de ces personnages, ce sont de véritables pédagogies souvent concurrentes et évolutives de la nation qui sont mises en oeuvre. L'étude du héros militaire s'inscrit ainsi dans la veine de l'analyse des usages politiques du passé le plus contemporain qui se développe depuis les années 1980 jusqu'à aujourd'hui.
La Résistance, longtemps lieu de débat entre des mémoires antagonistes, offre à l'historien un champ d'unvestigation où exercer la confrontation entre la mémoire et l'analyse scientifique. De plus, en adoptant une démarche comparative, les auteurs entendent mettre en évidence les caractères communs et les spécificités de la Résistance en France du Nord et en Belgique. L'engagement dans la Résistance soulève de nombreuses questions parce qu'il renvoie à des motivations complexes et de références intelelctuelles, culturelles, sociales et politiques. Mais il relève aussi de phénomènes d'ordre moral et psychologique. C'est un acte de désobéissance civile et civique par lequel le Résistant refuse un état de fait et premeut une conviction forte, celle de la nécessité et de la légitimité du combat pour reconquérir la liberté perdue. Faisant fi des risques individuels encourus, les Résistants s'engagent dans ce combat qui devient vite colelctif. En s'appuyant sur la mémoire des acteurs et des témoins, les historiens qui appartiennent aux universités régionales et à l'Université libre de Bruxelles soulignent la très grande diversité des itinéraires, la précocité d'une résistance dans la région interdite sui se souvient de 1914-1918, la conjonction des facteurs qui lui donnent des formes patriotiques, mais aussi intelelctuels et humanitaires.
Simples machines à délivrer les grades ou lieux de conférences mondaines, les facultés des lettres sont profondément rénovées à partir de 1880, sous l'égide des Républicains désormais maîtres du pouvoir. Il s'agit de les transformer en véritables foyers de science, sur le modèle allemand, mais aussi en foyer d'esprit public au service de la nation. Les facultés de province, peu étudiées par les chercheurs, bénéficient de ces efforts polymorphes de l'État républicain et se voient dotées de moyens conséquents. Les acteurs majeurs de ce renouveau sont bien cependant les enseignants qui, au quotidien, animent la vie des facultés, forment les étudiants et font avancer la recherche. La faculté des lettres de Douai, transférée en 1887 à Lille, est un remarquable exemple de cette promotion de l'enseignement supérieur sous la Troisième République. Après avoir présenté l'évolution des effectifs enseignants littéraires entre 1870 et 1940, tout en décrivant l'évolution catégorielle et disciplinaire, l'ouvrage propose une étude des principales caractéristiques de la microsociété littéraire septentrionale (origines sociales, professionnelles, formation universitaire) avant de s'attacher aux liens multiples qui se tissent entre ces enseignants, l'espace local et la nation. La fin de l'ouvrage propose alors les notices biographiques des 93 enseignants titulaires (professeurs et maîtres de conférences) de la faculté des lettres entre 1870 et 1940 ainsi que quelques notices sur les chargés de cours les plus importants.
Comment les élites du XIXe siècle ont-elles reconstruit leur légitimité après la Révolution ? Élites et sociabilité au XIXe siècle explore les stratégies d’ancrage historique et les réseaux qui ont permis à la noblesse comme aux nouvelles élites.
Angleterre, VIIIe siècle. Bède le Vénérable incarne bien plus qu’un simple moine érudit : ce recueil d’études internationales révèle un réformateur audacieux, dont l’œuvre a façonné l’Europe médiévale.