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L'érotisme féminin est l'un des thèmes les plus fascinants de la littérature antique. Cependant, les travaux qui s'y intéressent considèrent souvent la littérature comme une source à partir de laquelle reconstituer la réalité des pratiques et des moeurs du monde romain. C'est une perspective différente qu'adopte cette étude des représentations du désir féminin chez les poètes latins de la fin de la République au Haut-Empire : le désir féminin est observé en tant qu'objet construit et modelé par la littérature, qui doit avant tout aux codes génériques, à la langue poétique et à ses spécificités, ou encore à certains traits auctoriaux. La poésie est à la fois un espace de liberté et un espace de contrainte pour le sujet érotique : le poète joue avec les codes du genre et met en place des stratégies pour rendre la représentation du désir de la femme acceptable, dans un contexte culturel où il est condamné, voire nié. La forme poétique exerce une influence considérable sur la représentation du désir et ses modalités : c'est alors le processus de construction de cet objet par le poète que nous mettons en lumière. Cet ouvrage éclaire, dans une première partie, les différents types de condamnations de la libido féminine chez les poètes et les différentes représentations qui leur sont associées. La deuxième partie étudie l'exaltation du désir féminin et les formes qu'il prend lorsqu'il est chanté par des poètes masculins.
Attesté depuis l'Antiquité, le tirage au sort est une pratique dont l'histoire s'inscrit dans la longue durée. Dès l'Iliade et les autres épopées, parce qu'il reposait sur le hasard et l'intervention des dieux, il était opposé, philosophiquement et concrètement, au choix des hommes, que celui-ci fût fondé sur la raison et la délibération, le vote ou le bon vouloir personnel. C'est à cette procédure à la fois fréquente et commune dans le bassin méditerranéen antique que ce volume est consacré. Au travers de dix-huit contributions, il esquisse une réflexion collective sur les usages politiques, religieux, administratifs et ludiques qui étaient prêtés à la sors. L'enquête débute avec les mondes grec et italien des époques archaïque et classique et conduit le lecteur jusqu'à la Rome républicaine et impériale, espace et époques pour lesquels la sortitio n'a à ce jour pas reçu encore l'attention qu'elle mérite. En prenant le parti d'une démarche diachronique et comparatiste, ce volume cherche à mettre en lumière les différentes significations et vertus attachées au tirage au sort en fonction des régimes qui y eurent recours et de leur culture politique. Pourquoi les Romains, comme tant d'autres peuples antiques, choisirent-ils de laisser une telle place au hasard dans la conduite des affaires de la cité ? Au-delà des enjeux propres à l'histoire ancienne, l'ouvrage s'inscrit dans une réflexion contemporaine. Il veille tout particulièrement à donner une profondeur historique et anthropologique au débat actuel sur la réintroduction du tirage au sort dans le contexte d'une crise de la « représentativité » que connaissent actuellement les démocraties occidentales.
Byzance, IXe–XIIIe siècle : comment les empereurs et les moines ont façonné ensemble un nouveau modèle de pouvoir, entre spiritualité et stratégie politique. Une plongée inédite dans les coulisses de l’Empire byzantin.
L'une des conséquences de la guerre du Péloponnèse a été le développement d'une politique navale à grande échelle de la part de deux puissances terrestres : Sparte et la Confédération béotienne. À l'époque de leurs hégémonies respectives (404-371 et 371-362 av. J.-C.), elles ont dû se tourner vers la mer pour contrer le pouvoir qu'Athènes y exerçait, en mettant ainsi fin à la répartition ancrée dans les esprits entre la puissance sur terre (Sparte) et la puissance sur mer (Athènes). Cette nécessité a conduit Sparte et la Béotie à s'adapter à ce nouveau contexte : la surveillance des lieux stratégiques et la guerre navale étaient désormais au coeur de leurs préoccupations. L'ouvrage propose d'examiner les modalités d'adaptation entre les contraintes liées à une puissance terrestre et la mise en place d'une politique navale. Quelles ressources en argent, en hommes et en matériaux étaient nécessaires pour la construction et l'entretien d'une flotte et de ports militaires ? Quels étaient la disposition et l'aménagement des sites urbains à proximité de la mer ? Quel était leur rôle dans le développement de la navigation ? De tels changements ont entraîné un nouveau type de contrôle des réseaux routiers et du territoire. La question de l'organisation hiérarchique de la flotte se pose également. Par ailleurs, le développement de lieux stratégiques dans le cadre d'une politique navale crée de nouvelles relations sur le plan international. À travers l'analyse de ces changements, ce livre montre comment des puissances terrestres ont pu développer une politique navale et jouer ainsi un rôle central dans le monde égéen.
Les principaux accès à l'orchestra et aux gradins dans les théâtres et les odéons grecs ou romains étaient partagés par les artistes comme les spectateurs. Essentiels pour l'usage des monuments, ils ont été en grande partie négligés dans la mesure où, comme tout passage, ils se définissent par un vide. Aucun ouvrage ne leur a été entièrement dédié. Aucune synthèse sur le théâtre antique ne comporte de chapitre qui en retrace l'histoire.Le présent recueil tente de combler une lacune en envisageant l'évolution de ces accès depuis la naissance du théâtre grec jusqu'à la mort du théâtre romain, du Portugal au Proche-Orient. Il comporte sept synthèses régionales et autant de présentations monographiques, regroupées en trois zones géographiques : l'Orient, l'Italie et l'Hispanie, les Gaules et les Germanies.Ces contributions témoignent de l'importance essentielle de ces passages dans le fonctionnement des édifices de spectacles antiques et la diversité régionale de leur configuration. Elles invitent à s'interroger sur la pertinence même de l'usage des termes « parodos » et « aditus » en soulignant les normes qu'ils véhiculent dans l'analyse architecturale.
Comment les élites provinciales de Haute-Égypte du Nouvel Empire sont-elles parvenues à atteindre les plus hautes sphères de l'État pharaonique ? Quelles ont été leurs stratégies pour s'y maintenir et y prospérer ? Quel rapport spécifique ont-elles entretenu avec le pouvoir royal ? Cet ouvrage, en s'appuyant sur une étude diachronique couvrant plusieurs siècles (1539-1077 av. J.-C.), propose des éléments de réponse à ces questions. En faisant appel à l'anthropologie de la parenté et à l'analyse de réseaux sociaux - Social Network Analysis (SNA) -, l'auteur remet en perspective les données historiques et prosopographiques pour révéler des évolutions majeures dans les relations des notables provinciaux, aussi bien entre eux qu'avec le pouvoir royal. La comparaison de la structure des différents réseaux restitués fait émerger des changements de comportement importants au sein de ces élites. Les replacer dans leurs contextes historique, géographique et politique permet de saisir les raisons qui ont provoqué la perte progressive d'influence du pouvoir pharaonique sur le sud de l'Égypte à la fin du Nouvel Empire. Si, durant la XVIIIe dynastie, les notables provinciaux de Haute-Égypte ont gravité autour du pouvoir royal au sein d'une véritable société de cour, la situation se trouve bouleversée dès le début de la période ramesside : alors ces élites semblent s'émanciper, voire concurrencer l'emprise du pharaon sur cette aire géographique. On passe ainsi d'une société de cour où l'on représente un pharaon tout puissant dans l'attribution des hautes charges étatiques, à une société de réseaux, où la reproduction sociale et les stratégies, notamment matrimoniales, fonctionnent pleinement.
L'épigramme est le genre littéraire le plus bref qu'ait connu l'Antiquité romaine. C'est aussi le plus productif. Des premières adaptations, sous influence hellénistique, jusqu'aux VIe et VIIe siècles de notre ère, il a été particulièrement prisé à Rome. Sa pratique impose au lecteur une attention aigüe aux détails du style et illustre l'ingenium du poète. Les études réunies dans ce volume proposent des analyses nouvelles sur ce qui caractérise la stylistique et, par-delà, la poétique de l'épigramme : aspects métriques, outils rhétoriques à l'oeuvre, de la figure de style aux manipulations syntaxiques, jeux intertextuels et enjeux métapoétiques. Les divers aspects des techniques propres à ce genre poétique, abordés ici, sont aussi au service de l'exercice périlleux de la traduction, plus ardu encore, du point de vue stylistique en tout cas, dans le genre épigrammatique, que dans tous les autres.
Les treize études réunies dans ce volume sont consacrées au phénomène de la dérivation depuis l'indo-européen (sanskrit védique, tokharien, vieux norrois, vieux slave, grec ancien, latin) jusqu'à nos langues modernes. Les contributions réunies ici proposent, pour une part d'entre elles, de nouvelles hypothèses sur l'origine de certains suffixes, tandis que d'autres exposent les résultats de leurs évolutions et leur productivité. Les observations synchroniques et diachroniques sur le comportement suffixal concernent à la fois la sémantique, la question du développement du vocabulaire spécialisé et celle de leur rôle proprement grammatical, en particulier le rapport entre adjectif et substantif. Une contribution centrée sur l'accentuation forme la conclusion de l'ensemble.
L'usage de versions abrégées des oeuvres littéraires de tous les domaines, de l'ouvrage de botanique à l'ensemble de l'oeuvre d'un historien comme Tite-Live, est extrêmement courant dans l'Antiquité. Ces résumés ont des formes variées, qui vont des « sommaires » (periochae) à la sélection d'extraits (épitomé), en passant, entre autres, par la paraphrase ; l'absence de cadre théorique, dans le monde gréco-romain, explique une telle diversité. Les contributeurs de ce volume se sont intéressés à des cas particuliers de résumés antiques, en s'interrogeant sur les pratiques à l'oeuvre dans des domaines précis : les ouvrages scientifiques et techniques (médecine, astronomie, histoire) et le contexte rhétorique et scolaire (poésie, commentaires scolaires). Ils observent, chez les Anciens, un usage surprenant, pour le scientifique moderne, du résumé. En effet certains savants, en Grèce et à Rome, au cours de la rédaction d'un ouvrage, n'hésitent pas à puiser dans des résumés, et non dans les oeuvres intégrales, tandis que d'autres vont jusqu'à ajouter des éléments aux sources qu'ils abrègent, voire à « réinventer » l'oeuvre qu'ils résument. Dans le contexte scolaire, les résumés ont un rôle particulièrement important, dont les épitomateurs anciens sont souvent parfaitement conscients : les suppressions et les modifications manifestent une attention particulière à tel ou tel lectorat et le résumé a ses propres enjeux dans la transmission de toutes les formes de littérature.
Les quinze communications regroupées dans cet ouvrage confrontent les données provenant des sites archéologiques à celles tirées de chantiers spécialisés dans l'expérimentation de la construction et dans la restauration de monuments. Dans le domaine de l'archéologie du bâti, la lecture des vestiges conduit à la déconstruction mentale des élévations afin de restituer les phases d'occupation d'un bâtiment. Elle consiste aussi à distinguer les étapes de construction inhérentes à tout chantier, quels que soient les périodes et les lieux, en Orient comme en Occident. Il s'agit donc d'adopter une méthode d'analyse régressive pour renseigner les périodes anciennes à partir d'exemples récents de chantiers bien documentés. Si la notion de progrès existe à travers l'évolution de la science et des techniques modernes, le chantier médiéval de construction du château de Guédelon permet, par l'expérimentation, de retrouver des savoir-faire hérités du passé.
Dans ses aspects aussi bien théoriques que matériels, le système du vote dans les mondes grec et romain a depuis longtemps été exploré au sein d'études plus générales sur les institutions ou les différents types de régimes politiques. Il n'a cependant jamais fait l'objet de publications réunissant à la fois les témoignages textuels et les résultats des fouilles archéologiques, dans l'optique d'une compréhension globale de cette pratique. De ce constat est né le projet d'une synthèse portant sur les modalités, les lieux et les finalités du vote en Grèce, à Rome et en Gaule, dans une perspective comparatiste. Menée dans le cadre d'un programme de recherche interdisciplinaire soutenu par l'université Lumière Lyon 2 et la Maison de l'Orient et de la Méditerranée, cette recherche a suscité, selon les régions et les périodes concernées, des questionnements spécifiques mais elle a aussi fait émerger des points de convergence. La collaboration de chercheurs issus de plusieurs disciplines - l'histoire, la philologie et l'archéologie - a permis de cerner la pratique du vote à travers ses implications politiques, ses modalités procédurales et la place qui lui a été réservée dans l'espace civique par les différentes sociétés antiques qui l'ont mise en oeuvre. Le présent ouvrage, qui présente une synthèse sur chacune des aires géographiques étudiées et rassemble vingt et une contributions issues de séminaires ou de journées d'études qui se sont tenus à Lyon, à la Maison de l'Orient et de la Méditerranée, de la fin de l'année 2012 au printemps 2014, propose une approche inédite de l'acte de vote dans l'Antiquité.
Née dans un cadre scolaire, conçue à l'origine comme un instrument de formation et d'instruction de la jeunesse, la déclamation, qui n'était d'abord qu'un moyen, suscita un tel engouement qu'elle devint aussi très vite une fin en soi : si l'on déclamait au départ pour apprendre à parler, on déclamera bientôt pour le plaisir de déclamer ; le genre oscille donc entre instruction et distraction des élites. Par les jeux intertextuels et génériques qu'elle instaure avec d'autres productions littéraires, par les liens qu'elle tisse avec son contexte juridique, politique et social, la déclamation a été un élément essentiel de la vie culturelle antique, fonctionnant parfois comme une sorte de laboratoire des idées et des formes. Les textes ici réunis prennent en compte la déclamation antique, aussi bien grecque que latine, de Sénèque le Père jusqu'aux déclamateurs de la Troisième Sophistique, et au-delà, dans une perspective croisée permettant de mieux comprendre comment la déclamation a pu être - et rester - pendant près de deux millénaires la norme de toute culture supérieure, concourant à la transmission des valeurs, esthétiques, éthiques, juridiques, politiques, et à la fabrique des élites.
Cet ouvrage rassemble les travaux de chercheurs qui contribuent à mettre en lumière l'intérêt de conduire des recherches archéologiques systématiques dans le cadre d'espaces funéraires en partie rupestres, occupés de l'époque hellénistique à la période islamique dans la moyenne vallée de l'Euphrate. Le site d'Apamée de l'Euphrate, maintenant immergé sous les eaux d'un lac de barrage, a été exploré entre 1996 et 1999 par des fouilles de sauvetage encore inédites, conduites dans la ville et les espaces funéraires autour du site. Ces dernières fouilles constituent le sujet de l'ouvrage : trente-deux tombes ont été étudiées, parfois de façon partielle, auxquelles s'ajoutent deux tombes relevées antérieurement. Malgré les difficultés inhérentes à ce type d'intervention, l'équipe a abordé ces contextes avec la volonté d'intégrer l'ensemble des données du terrain en appliquant une méthodologie pluridisciplinaire rarement utilisée dans les contextes funéraires moyen-orientaux, caractérisés par de nombreuses réoccupations qui souvent découragent les archéologues. Grâce aux données livrées par l'architecture, l'ensemble du matériel mis au jour, aussi modeste soit-il, sa répartition spatiale et, dans les contextes les moins perturbés, la stratigraphie, cette approche permet de proposer de nouvelles hypothèses. On peut suivre l'évolution de l'occupation du territoire sur la rive orientale du fleuve. Une chronologie est proposée pour des types de tombes bien connus dans la région, mais jusqu'à présent mal datés. Ces contextes ont également livré de nombreuses données sur la typologie de vases ou lampes de production régionale, sur les pratiques funéraires et leur évolution, ainsi que les liens entretenus par les populations de cette rive du fleuve avec les traditions locales, les apports anatoliens, grecs et occidentaux.
Au coeur d'un espace phrygien géographiquement mal défini dans l'Antiquité, l'installation de colons militaires, d'anciens soldats et de troupiers encore en activité, répondait à des objectifs stratégiques parfaitement identifiés pour les Achéménides, les monarques hellénistiques ou encore les Romains. Il s'agissait de contrôler un espace essentiel pour les communications terrestres entre l'intérieur du plateau anatolien d'une part et l'Égée d'autre part, mais aussi entre cette même côte et la Cilicie, puis au-delà la Syrie. Sur un plan tactique, cette présence militaire devait servir à protéger plateau et vallées phrygiens de la convoitise de populations voisines mal contrôlées comme les Pisidiens. S'appuyant sur de très nombreuses sources archéologiques, numismatiques et épigraphiques, examinant chaque communauté au cas par cas, cet ouvrage étudie les conséquences de l'installation de ces militaires sur la réalité locale, que ce soit au niveau économique, culturel, religieux ou social. Parcourant un temps long allant du IVe siècle avant J.-C. jusqu'à la fin de la dynastie des Sévères, il s'efforce de peser les évolutions liées à la présence de ces soldats allogènes. Entre la Phrygie achéménide et celle hellénistique puis romaine, le faciès de la région, essentiellement rurale au départ, a progressivement évolué : dès l'époque hellénistique, on observe un phénomène de poliadisation important, rendant le réseau de communication plus dense et le contrôle des populations locales plus complexe.
The 34 articles published in this volume form the proceedings of the 9th Red Sea conference held at Lyon in July 2019, whose core topic was the "spatiality of networks in the Red Sea", including the western Indian Ocean. In the networked space that the Erythra Thalassa never ceased to be, stable factors such as landscape, climate, and wind patterns have been constantly entangled with more dynamic elements, such as human activity. The contributors to this volume explored how the former were integrated into the countless networks formed by humans in the region, and how these were impacted by spatial constraints over the long course of history. This volume offers a wide range of stimulating contributions. The first articles are devoted to medieval and modern European sources on the Red Sea and its exploration, and to the networks of knowledge dissemination about the region. They are followed by papers relating to the main nodes, the ports and islands of the Red Sea. Several articles are then focusing on the agency of hinterland populations in the networks, and the relationships between the regions bordering the Red Sea and central powers that governed them, often from distant lands. Production and consumption networks are the subject of the next articles, to assess the extent and nature of exchanges and to shed light on the archaeology of circulations. The logistics of exploration, exploitation and trade in the regions bordering the Red Sea are then examined. The last series of papers focuses on regions where archaeological work started only recently: Somaliland, Tigray, and the Horn of Africa. Thanks to all the participants, whether they have exploited new data or re-examined long-known material, the 9th edition of the "Red Sea Project" gave rise to vibrant debates, showing that the Erythra Thalassa remains an endless source of knowledge.
De 1984 à 1999, la mission archéologique française de Kition, dirigée par Marguerite Yon, a conduit des fouilles extensives au nord du sanctuaire de Bamboula. Ces fouilles ont révélé les restes d'un hangar à trières d'époque classique, parmi les mieux conservés en Méditerranée, qui ouvrait au nord sur un bassin portuaire fermé. Cet ouvrage propose une étude détaillée et transversale de cette découverte exceptionnelle : le bâtiment est replacé dans son paléoenvironnement (à l'échelle locale et régionale), ses différentes phases d'utilisation sont datées, son architecture est soigneusement décrite et restituée pour les parties manquantes (élévation). On interprète enfin l'importance de ce port militaire dans l'histoire de Kition, de Chypre et de la Méditerranée orientale, à l'époque du royaume classique (IVe siècle av. J.-C.) et au début de l'époque hellénistique. Le volume est complété par une étude du mobilier céramique d'époque impériale découvert dans le comblement du bassin. Les archives de la fouille sont consultables en accès libre sur le portail chypre.mom.fr.
An international conference focused on the beginnings of mining and metallurgy in the Caucasus was organised in Tbilisi in June 16th-19th 2016 under the auspices of the National Museum of Georgia. This conference, which was funded by the Agence nationale de la recherche (France) and the Deutsche Forschungsgemeinschaft (Germany), aimed at discussing the intricate relationships between the emergence of mining and metallurgy, and the shaping of late prehistoric societies in south-western Asia. The Caucasus is renowned in Near Eastern archaeology for its wealth in natural resources, in particular in metal ores: for decades, scholars have surmised a specific causal relationships between the rise of complex, hierarchical societies in the Near-East and the development of extractive metallurgy. Metallurgy, however, is only the most visible part of the story that accounts for the dramatic changes perceptible in south-western Asia in the course of the 5th millennium BCE. Early mining, which is not restricted to metal-ore mining, certainly also had an impact in terms of economic networks, social dynamics, settlement patterns and regional integration, not only across the Caucasus, but also in the ancient Near and Middle East. Drawing on these fundamental questions, this book explores the socio-economic, technological and environmental background that favoured the rise of systematic mining and extractive metallurgy in the Caucasus at the end of the Chalcolithic. How far was early mining linked to the spread of specific subsistence strategies such as pastoral herding? Were mined resources mainly intended for local consumption or distributed throughout the Near East, towards Anatolia, Iran or Mesopotamia? Here are some of the issues that are discussed in the present volume, which contains 21 articles written by some of the most eminent specialists in Caucasian archaeology.
Un jour de 43 avant J.-C., L. Munatius Plancus, ancien lieutenant de César mêlé aux intrigues des guerres civiles, vient avec ses vétérans fonder la colonie romaine de Lugdunum, sur une colline au-dessus du confluent de la Saône et du Rhône. Aux alentours de 460, les Burgondes chassent définitivement le pouvoir romain et font de Lugdunum une de leurs capitales. À plusieurs reprises au cours de ces cinq siècles, l'histoire de Lyon rencontre l'Histoire tout court, celle de l'Empire romain. Des empereurs naissent à Lyon ; un autre y aurait été proclamé ; plusieurs y meurent tragiquement. Une ville gauloise, romaine, orientale aussi, se bâtit, brûle, se défend, subit le pillage. Des populations venues du plus loin de l'Empire (soldats, fonctionnaires, commerçants, médecins, hommes libres, affranchis ou esclaves) y passent, s'y installent, se mêlent ou s'affrontent, avec leurs langues, leurs coutumes et leurs croyances. De ces événements souvent tragiques, parfois comiques, l'archéologie et l'épigraphie ont révélé de nombreux témoignages. Pour la plupart d'entre eux cependant, faute de traces exhumées du sol d'une ville qui occupe toujours le même emplacement, les descriptions et les récits des géographes, historiens, hagiographes, ou encore des poètes de l'Antiquité et des débuts du Moyen Âge, restent pour nous irremplaçables. Bon nombre de ces textes originaux sont proposés ici. Certains, célèbres, ne sont en réalité connus que par ouï-dire, par une tradition qui en a déformé la signification. D'autres dormaient dans des recueils accessibles aux seuls spécialistes - et ce ne sont pas les moins vivants ! Tous sont présentés, traduits et rapidement commentés. Ces vingt dernières années, les recherches archéologiques, épigraphiques et historiques ont profondément renouvelé ce que nous savons de Lyon dans l'Antiquité. Cette seconde édition, corrigée, augmentée de nombreux textes méconnus et illustrée, tient le plus grand compte des progrès accomplis.
This volume brings together archaeologists, archaeological scientists and historians contributing different specialisms to an emerging field of research: food and foodways in the medieval Eastern Mediterranean. It presents the output of the POMEDOR project "People, pottery and food in the medieval Eastern Mediterranean" funded by the French National Research Agency. POMEDOR focused on changes in transitional periods, such as the Crusades and the Turkish conquests, as viewed through archaeological and archaeometric studies of pottery. The volume offers a wider scope, with research based on archaeobotany, archaeozoology, biological anthropology, and the study of archaeological structures, texts and iconography. Last but not least, it reveals the recipes conceived for a "Byzantine" dinner, held at the Paul Bocuse Institute during the final conference of the POMEDOR project.
C'est au Ier millénaire av. J.-C. que le dromadaire et, plus marginalement, le chameau commencent à imposer leurs hautes silhouettes sur les routes du Proche-Orient et d'Égypte. Réunis lors de deux ateliers, à Lyon puis à Nanterre, seize archéologues et historiens ont tenté de prendre la mesure de cette révolution chamelière. Du Xinjiang au désert Libyque, l'usage de plus en plus intensif des grands camélidés de l'ancien monde est en effet venu bouleverser les domaines du transport caravanier mais aussi l'agriculture, redessinant les routes commerciales, accroissant les capacités d'exportation des oasis, désenclavant des régions autrefois isolées. Devenus progressivement une pièce majeure des systèmes économiques des régions désertiques ou semi-désertiques, les camélidés demeurent en même temps associés à des populations nomades disposant d'un savoir-faire sans lequel l'élevage et le dressage de ces grands animaux se révèlent impossibles à réaliser. Les sources écrites (akkadiennes, bibliques, démotiques, grecques...) mais aussi l'archéozoologie, l'iconographie, sans oublier l'ethnologie et la zootechnologie, sont convoquées pour traiter cette révolution chamelière dans ses multiples aspects. Ce livre présente un très grand nombre de documents, dont des inédits, et aborde un large éventail de thématiques : les différents usages des camélidés, le lien entre ces animaux et les populations nomades et sédentaires, leur place au sein des imaginaires des peuples d'Asie et d'Égypte, mais aussi dans la vie quotidienne des Grecs, Romains, Nabatéens, Arabes, habitants du Levant byzantin, populations d'Asie centrale ; au sein d'environnements aussi variés que la Mésopotamie, l'Assyrie, la péninsule Arabique, le Levant, l'Égypte et l'Asie centrale. Deux articles sur le devenir récent de l'animal et sur les pratiques actuelles de l'élevage camelin en Mongolie complètent ce tour d'horizon sur un animal décidément central dans l'histoire des régions envisagées.
Akh Purattim ou « les rives de l'Euphrate » est une des expressions utilisées au xviiie siècle av. J.-C. pour désigner le royaume de Mari, qui s'étendait de la confluence du Khabour au verrou de Baghouz, actuellement à la frontière syro-irakienne. La série ainsi dénommée, précisée par son sous-titre « Mémoires d'archéologie et d'histoire régionales interdisciplinaires », est destinée à devenir le point de rencontre des recherches historiques, archéologiques, épigraphiques ou archéométriques sur la région, en faisant en priorité appel aux travaux engagés par les diverses missions, françaises (Mari, Terqa...) et étrangères, en particulier pour la publication de leurs rapports préliminaires. Mais le titre peut également être pris dans une acception géographique beaucoup plus vaste et héberger des études qui s'intéressent le plus largement possible au rôle de cette confluence dans le jeu syro-mésopotamien tout au long de l'Antiquité.
Akh Purattim ou « les rives de l'Eupkrate » est une des expressions utilisées au xviiie siècle av. J.-C. pour désigner le royaume de Mari, qui s'étendait de la confluence du Khabour au verrou de Bagbouz, actuellement à la frontière syro-irakienne. La série ainsi dénommée, précisée par son sous-titre Mémoires d'archéologie et d'histoire régionales interdisciplinaires, est destinée à devenir le point de rencontre des recherches historiques, archéologiques, épigraphiques ou archéométriques sur la région, en faisant en priorité appel aux travaux engagés par les diverses missions, françaises (Mari, Terqa...) et étrangères, en particulier pour la publication de leurs rapports préliminaires. Mais le titre peut également être pris dans une acception géographique beaucoup plus vaste et héberger des études qui s'intéressent le plus largement possible au rôle de cette confluence dans le jeu syro-mésopotamien tout au long de l'Antiquité.
Ce quatrième ouvrage de la série « Conquête de la steppe » présente de nouvelles études d'archéologie, de géoarchéologie et d'anthropologie issues d'un important programme de prospection de la zone steppique de la Syrie centrale à l'est de Hama, qui s'est déroulé de 1995 à 2010. Les périodes dont il est question ici vont du PPNB à l'époque contemporaine (VIIIe millénaire av. J.-C.-xxie s. ap. J.-C.). L'adaptation de l'homme à l'environnement est abordée du point de vue de l'acquisition et du stockage de l'eau en milieu aride, grâce aux citernes pluviales, et à travers deux études de cas : celle d'un village du PPNB et celle de deux années pluviométriques extrêmes. Une partie des articles (céramique, monnaies, monuments religieux) éclaire d'un nouveau jour la définition du territoire régional, durant l'Antiquité et par la suite. Des questions de topographie historique sont aussi abordées grâce à la publication de nouvelles inscriptions. Enfin, plusieurs contributions concernent les formes de l'habitat, aussi bien les résidences luxueuses des propriétaires terriens (des époques omeyyade et contemporaine) que les villages byzantins et les processus de sédentarisation à l'époque contemporaine.
Quelles sont les relations entre les deux genres complexes, variés et changeants que constituent les romans grecs anciens et la poésie, épique, lyrique, dramatique, d'époque archaïque, classique, hellénistique ? Ce recueil de dix-sept articles, issus d'un colloque tenu à Nice en 2013, ouvre à nouveaux frais ce dossier. Au-delà des influences et intertextualités, quatre domaines sont étudiés : lien entre images et figures poétiques et romanesques ; jeux de références, lectures, réécritures ; effets de rythme et jeux de structure ; roman comme poésie et poésie comme roman. Chaque aspect fait l'objet d'approches à la fois théoriques et appliquées, présentant un état des lieux critique et proposant des perspectives renouvelées, voire des interrogations originales. Sont ainsi abordés l'évolution de la prononciation du grec à l'époque impériale, le rapport description/narration et l'ekphrasis , la métaphore et la fiction, la relation des romanciers anciens à la tradition rhétorique voire scolaire, le roman épique ou tragique et la poésie romanesque, ou encore les liens avec la littérature latine. Enfin, ce sont les relations entre théorie littéraire contemporaine et réflexivité ancienne, ainsi qu'entre littérature générale et philologie classique, qui sont ici réinterrogées.
En Égypte ancienne, la mort semble être une préoccupation constante. Pour affronter cette étape tant redoutée, le dogme prévoit une existence dans l'au-delà, mais celle-ci demeure conditionnée au maintien de la mémoire des individus parmi les vivants. Chaque personne va donc tenter, en fonction de son statut et de ses capacités, de développer certaines stratégies pour rendre son propre culte éternel et garantir ainsi son immortalité. Cette étude, fondée principalement sur l'analyse des pratiques post-inhumatoires, souhaite mettre en évidence les différents leviers qui sont utilisés en vue de pérenniser les cultes mémoriels : le choix du lieu, celui des supports et enfin - peut-être surtout - l'intégration à de multiples matrices sociales complémentaires. Car le maintien de la mémoire est avant tout affaire de société. L'individu, pour exister, se doit d'interagir avec la communauté, qu'il soit vivant ou bien mort.
This volume presents the results of a multidisciplinary research program ("Balkans 4000") financed by the French National Research Agency (ANR) and coordinated by the editor between 2007 and 2011, when she was a member of the Maison de l'Orient et de la Méditerranée (Laboratory of Archaeology and Archaeometry). 192 new radiocarbon dates have been produced in the laboratories of Lyon, Saclay and Demokritos, from 34 archaeological sites, spanning the years from the end of the 6th to the beginning of the 3rd millennium BC. They shed light on the evolution of human settlement during the late stages of the Neolithic period in Greece and Bulgaria, and more specifically on the transition from the Neolithic to the Early Bronze Age during the "obscure" 4th millennium BC. Thirty-one scholars, archaeologists as well as radiocarbon scientists, are signing the contributions.
Le second volume de cet ouvrage se donne pour but de présenter au lecteur l'ensemble des très nombreux documents sur lesquels s'est basée cette réflexion historique. Il ne prétend point à l'exhaustivité mais cherche à fournir de la façon la plus aisée possible, c'est-à-dire communauté par communauté, toutes les données épigraphiques et numismatiques, très dispersées au départ, que l'auteur a pu rassembler. Une brève présentation au début de chaque corpus permettra de bien saisir le système de classification de ces textes et monnaies.
À partir de tous les types de textes disponibles, les actes de ce colloque international invitent à s'interroger sur les mots et les discours relatifs à la ville dans les territoires où l'on a parlé grec au cours de l'Antiquité et du Moyen Âge. L'étude du vocabulaire et du langage vise à mieux comprendre le sens des mots eux-mêmes, leur évolution dans le temps, leur variation selon les régions et la diversité de leurs usages dans des écrits de nature différente. Elle a aussi pour but d'expliciter les représentations mentales qui tout à la fois sous-tendent l'usage de ces mots et en résultent. Comment les mots de la ville se façonnent-ils ? Comment les mots façonnent-ils la ville ? Les articles, consacrés à un terme pris isolément, à une famille lexicale, à un champ sémantique ou à une oeuvre concernant des mondes urbains réels ou fictifs, examinent la ville dans son ensemble, ses édifices, les activités conçues comme proprement urbaines, ou les personnes qui y vivent. Ils sont répartis en quatre chapitres intitulés « Des hommes et des villes », « Composantes et composition de l'espace urbain », « Nommer et classer les villes » et « Des villes dans un empire ».
Les nécropoles de l'ancienne Kition (sous la ville moderne de Larnaca) ont fait l'objet de nombreuses fouilles depuis le xixe siècle : aux recherches d'antiquités ont succédé des fouilles d'urgence, sans qu'aucune exploration toutefois n'ait pu se faire de façon programmée, avec les méthodes de l'analyse stratigraphique et anthropologique. Entre 2012 et 2014, la mission archéologique de Kition a conduit des fouilles systématiques dans une des nécropoles de l'âge du Fer de la ville, au lieu-dit Pervolia. Programmée dans le cadre d'une étude générale de la topographie urbaine à l'âge du Fer, cette fouille a permis de conduire une étude exhaustive, à la fois à l'échelle du site (occupation diachronique de l'espace) et à celle de la tombe (architecture, cycle d'utilisation, pratiques funéraires). Les résultats de ces travaux occupent la majeure partie de ce volume, que complètent la publication du matériel de tombes découvertes lors de fouilles plus anciennes sur le même site et celle des fouilles d'urgence réalisées par le Département des Antiquités de Chypre en 2012 dans une autre nécropole de la ville, au lieu-dit Tourapi. Le volume est dirigé par Anna Cannavò, Sabine Fourrier et Alexandre Rabot, en collaboration avec Anna Satraki pour la publication des fouilles de Kition-Tourapi. Plusieurs spécialistes ont bien voulu apporter leur concours : Fabien Belhaoues, Rémi Corbineau, Nathalie Delhopital, Nathalia Denninger, Lluis Garcia Petit, Armelle Gardeisen, Anna Georgiadou, Evangéline Markou, Maria A. Socratous et Prisca Vareilles. Les archives scientifiques de la fouille de la mission à Kition-Pervolia sont consultables en libre accès sur le portail chypre.mom.fr, développé par Bruno Morandière (MOM).
Akk Purattim, ou « les rives de l'Eupkrate », est une des expressions utilisées au xviiie siècle av. J.-C. pour désigner le royaume de Mari, qui s'étendait de la confluence du Khabour au verrou de Baghouz, actuellement à la frontière syro-irakienne. La série ainsi dénommée, précisée par son sous-titre « Mémoires d'archéologie et d'histoire régionales interdisciplinaires », est destinée à devenir le point de rencontre des recherches historiques, archéologiques, épigraphiques ou archéométriques sur la région, en faisant en priorité appel aux travaux engagés par les diverses missions, françaises (comme Mari et Terqa) et étrangères, en particulier pour la publication de leurs rapports préliminaires. Mais le titre peut également être pris dans une acception géographique beaucoup plus vaste et héberger des études qui s'intéressent le plus largement possible au rôle de cette confluence dans le jeu syro-mésopotamien tout au long de l'Antiquité.
Citée discrètement, utilisée comme toile de fond ou comme motif principal, l'Antiquité irrigue, inspire et influence les productions audiovisuelles contemporaines de tout genre. La culture classique occupe en effet une place majeure dans la construction des sociétés occidentales et fait depuis de nombreuses années l'objet de travaux scientifiques, notamment dans les pays anglo-saxons. Ces études, que certains nomment les « reception studies », commencent depuis peu à intéresser la recherche française. Cependant, celle-ci se concentre avant tout sur l'époque moderne et les débuts de la période contemporaine, délaissant la période la plus actuelle. De plus, les études concernant les manifestations les plus récentes de l'Antiquité dans la culture populaire se consacrent généralement à la littérature, à la bande dessinée et aux péplums, ceux de la vague d'après 2000 ayant cependant été peu traités. Ce volume rassemble les actes du colloque Antiquipop qui s'est tenu en mai 2016 à Lyon. Il propose de se concentrer sur les références à l'Antiquité dans la culture populaire la plus contemporaine, et sur des supports trop peu considérés : le jeu vidéo, les séries télévisées, l'art, la musique pop... Ces médias, à la fois divers et interconnectés, et pour la plupart issus de la culture de masse, constituent une vaste interface entre nos sociétés et la culture classique : y étudier la présence de l'Antiquité fournit un miroir de notre époque et de notre rapport au passé, que les auteurs réunis ici proposent de saisir. En abordant des figures emblématiques, telles qu'Alexandre ou Cléopâtre, ou des références mythologiques, comme les sirènes ou les Amazones, ces actes offrent un panorama de ces représentations dans la culture populaire contemporaine et suggèrent d'analyser notre relation à l'Antiquité, dans toute sa profondeur et sa complexité.
Vienne antique comme vous ne l’avez jamais lue : 150 textes grecs et latins, traduits et commentés pour la première fois, retracent l’histoire mouvementée de cette cité, des Allobroges à l’occupation burgonde.