FeniXX réédition numérique (Ubacs)
Un narrateur baladin sur des chemins d'exode, dans un pays en guerre qui ressemble comme un frère à celui de Goya. Témoin candide et malmené, il suit des convois, prête la main, se fait des compagnons. Un empailleur le prend à son service, un peintre devient son ami. Il les perd, les retrouve, traverse des villes, des marais, une mer morte et des montagnes. Des comédiens ambulants lui donnent un spectacle dans une mairie déserte. Et dans un ermitage, un moine, avec son aide rassemble un petit musée naturel. Trois saisons, le siège, le saccage, l'occupation, jusqu'au retour dans la ville, sur la place majeure et le deuxième jour de mai, des hommes tournant sur eux-mêmes font un manège sombre où le héros reprend sa place.
Un livre d'apparition, peut-être. Mais la nouveauté de l'aujourd'hui entend toujours une très ancienne mémoire. Voyages, légendes du site, êtres familiers ou célèbres, suite des heures, les versants et versions du temps coïncident, tandis que brille le présent sans prix. Chaque fois le poème apporte un flot qui se retire. J.-L.S.
Journal de voyage au Chili, un pays où on apprend le soupçon, par prudence, sans voir qu'il contamine le regard, qu'il convertit la sensation en pressentiment. « Copyright Electre »
Spécialiste de Pétrus Borel et de Charles Nodier, l'auteur a aussi publié plusieurs recueils de poésies. Le texte de J.-L. Steinmetz, nous dit J. Tortel, apparaît comme un de ceux qui conduisent nécessairement le lecteur à s'interroger sur la nature de l'acte poétique. « Copyright Electre »
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
«... il s'est dénudé dans le noir et son corps engourdi a caressé les murs, les objets de verre et de bois qu'il rencontrait, les vitres froides, le marbre de la cheminée, les draps. Il pensa à Thomas. Il pensa à Benoît, à Élisabeth. À Manuel. C'est-à-dire que leurs visages rayonnèrent fortement dans l'ivresse et toutes les aventures qu'il inventa à ce moment-là les faisaient intervenir eux, ces dieux vivants. » Des personnages « dansent » dans une ville sans nom, des êtres différents qui tentent de vivre ensemble, dans l'amitié et le partage des solitudes. Les scènes - rencontres, ruptures - défilent à un rythme rapide. Les mots illuminent les désirs. L'un d'eux - il s'appelle Pierre - va rompre l'alliance, s'éloigner... Il veut atteindre un lieu secret que seule l'écriture, croit-il, peut lui révéler. Mais quand il reviendra, pourra-t-il reprendre sa place au coeur du cercle des amis ? N'a-t-il pas trahi ?
Ni Cheval d'orgueil, ni Cheval couché mais un cheval perdu entré dans un hiver dont nul ne saurait prévoir la fin. Alors demeure la sombre beauté de la presqu'île ceinte de pierres et d'eau. À elle seule, elle n'est pas tout le pays, elle n'en est qu'un Site, non loin de la petite ville où naquit Renan. Ceux qui l'habitent hantent le narrateur. À travers sa parole, il leur porte un salut, non qu'ils vaillent mieux que d'autres, mais il sait - personnage parmi les personnages - que le jour baisse, et qu'ils se meuvent dans un présent où le quotidien va de pair avec le rêve. Le passé resurgit prenant en écharpe l'ici et le maintenant. L'homme a égaré son lieu, et son Milieu, et reste sourd à la promesse d'un toujours possible avenir. Ni orgueilleux, ni couché mais, aujourd'hui, perdu... sauf à découvrir un nécessaire chemin.
364 kilomètres, un canal, une Bretagne secrète : Le Canal : À pied de Nantes à Brest est le récit d’une marche solitaire le long d’une voie d’eau oubliée.
Dans son Histoire de la poésie française, Robert Sabatier dit de la poésie d'Yvon Le Men : « Elle est claire comme le jour car il sait rendre par de subtiles unions les mots plus propres, plus neufs, et les chants généreux [...]. La phrase coule, serpente, harmonieuse et pure comme une rivière de montagne. Des images discrètement sensuelles la traversent [...]. Xavier Grall l'a dit cousin de Dylan Thomas. Douceur, passion, tendresse, il y a quelque chose de frais dans cette poésie d'espérance et de foi en la vie par-delà toutes les révoltes. »
C'est un livre des morts. Nous sommes morts. Quelque chose de nous est mort qui nous ressemble, qui est nous sans-nous. Quelque chose qui nous ressemble commence : scholies. Presque moi quand j'écris ; presque toi quand tu dessines. Ce presque, qui dit l'impossible rejointoiement. Ici, un enfant est embaumé, un enfant est désiré jusque dans les lignes du papier écolier, où Jean-Paul Héraud dessine ; aveuglé, au travers le noir du carbone. Oui, dessiner sans voir ; et écrire sans savoir. Et ce livre-ci n'en est pas un. Je ne sais qui, au juste, le signe, puisque ses mots iront, ultérieurement se diviser dans deux autres livres, deux autres titres... Ce n'est pas un livre, à moins qu'il ne soit le « vrai » livre. Je ne sais.
Comme un « aérolite dans la véranda » - selon le mot de Char - apparaît Guy Cabanel, dans la confusion chien et loup de cette fin de siècle, exagérée par les prédateurs, dénoncée par ceux qui pensent qu'elle n'est rien moins que morose et désolante. Poète, héritier du surréalisme, de celui qui donnait la part belle à la féerie, de la bride aux mots, et en favorisait les combinaisons affolées et confondantes, les accouplements sans loi, les froissements. Héritier aussi, ce n'est pas peu important, d'une façon de vivre/écrire, d'une haute idée, lyrique, de poser le souffle à temps. Tant est qu'inventer, c'est aussi rêver de découvrir et, lors, se prêter au jeu.
Cinq jours, cinq nuits. Un tour de temps. Les ombres passent. Sur une scène vague, où l'on peut à la fois dire, regarder, et faire. Ils sont un certain nombre : l'enfant aux yeux fermés, l'homme chargé, l'homme qui rentre, la racommodeuse, et d'autres encore. Ils font la sentinelle sur le bord d'un canal. Ensemble, jusqu'à la nuit des voeux : alors, l'été se fête et puis s'en va.
Siloé et Shn ont délibérément choisi de montrer et raconter le Mont-Saint-Michel à travers le miroir de l'imaginaire. Mélanger, dans leurs récits et clichés, le réel et le songe. Dessiner de nouvelles architectures, inventer de nouvelles légendes qu'on ne pourra dissocier de celles existantes. Les photos, faussement objectives, proposent des images composites, où l'espace et le temps se courbent selon la fantaisie du photographe : l'esthétique n'est plus son bateau. Les histoires qui les accompagnent ? les précèdent ? les suivent ? les croisent ? font feu de tout fagot de mots. L'auteur les a trouvés dans son lit, ou dans ses promenades dans le Mont, ou dans le journal local, ou dans les légendes jaunies, ou dans une conversation de café. Il y a de quoi être triste ou gai, on peut avoir peur ou chaud, ou froid, on peut aussi avoir envie d'aller faire un tour dans ce pays, histoire de voir si c'est vraiment comme ça que ça ne se passe pas...
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.