FeniXX réédition numérique (Société d'éditions générales)
Dans la première des quatre pièces composant cet ouvrage, « Hans Holbein », on a voulu définir un homme plus par ce qu'il n'était pas, que par ce qu'il était, ayant des chances d'approcher la vérité d'un caractère, plus par cette démarche, que par la démarche opposée. Dans la seconde pièce, « Frans Hals », on a voulu montrer le vieil artiste se surpassant lui-même dans son dernier ouvrage, « des Régents et les Régentes de l'hospice de vieillards de Harlem », et fermant l'école hollandaise sur cette dernière leçon donnée à son siècle et aux siècles à venir. Dans la troisième pièce, « Louis David », la versatilité de ce grand maître, peintre et apologiste de Marat, Lepeltier, disciple enthousiaste de Robespierre, puis peintre du Sacre, et fanatique du nouveau grand homme. Dans la quatrième pièce, « Le fils du fossoyeur », qui est le caricaturiste anglais de la période georgienne James Gillray, on a voulu montrer la frénésie du diffamateur politique par le moyen de l'estampe satirique, conduisant son auteur à l'insanité, à moins que la folie n'ait été - chez lui - à l'origine de son génie satirique... Peut-être, après cela, estimera-t-on avec l'auteur que ce n'est pas par simple fantaisie qu'on a donné à ces « vies » la forme du théâtre, le théâtre étant action, et étant, selon nous, au premier chef, action, le combat incessant du véritable artiste pour la matérialisation de l'Idée qui est en lui, aux dépens, bien souvent, de son bonheur, de sa santé et de sa fortune.
Il baissa les yeux. C'était un revolver qui s'appuyait sur ses côtes. Au bout du revolver, il y avait une main - couleur citron mûr - et, au bout de la main, un bras, lui-même appartenant à un solide gaillard, qui lui dit dans un parfait anglais : - Ne vous fâchez pas, Mr Morgan... Nous pourrions vous faire du mal ! Vous n'aurez pas le dessus cette fois, et je serais désolé de simplifier la question trop brutalement pour vous ! Voulez-vous avoir la bonté de lever les mains en l'air ? - Bon ! Quand on me parle poliment, je suis correct ! soupira Morgan. Il lâcha son Luger et leva les bras.
Wollberg avait fait un pas en direction de la table. Il saisit le poignard de Nick et le lança avec force, en prenant le dos d'Andréi pour cible. Au moment où Andréi allait bondir hors de la maison, il s'arrêta net, et une atroce grimace lui déforma les traits : le poignard venait de se ficher entre ses deux omoplates. Jusqu'à la garde. Nick, qui sentait la jeune fille au bord de l'évanouissement, la prit dans ses bras et l'entraîna vers une chaise, tandis que Wollberg, d'un geste sec, enlevait du dos d'Andréi le poignard ensanglanté. Un flot de sang rouge vif jaillit de la plaie, et se répandit sur le sol...
À un certain moment, Carvin se met à courir et, comme sa valise le gêne, il la prend dans ses bras. À ce moment-là, une explosion formidable retentit et, là où se trouvait Carvin, je n'aperçois - pendant une fraction de seconde - qu'une lueur aveuglante. La déflagration nous en fait tressauter sur place. Nous regardons et nous apercevons des débris informes sur le ciment de la petite place...
« Est-ce que vous aimez le vison ? Moi je ne sais plus très bien, parce que la pauvre gosse qui est étendue à mes pieds est à poil sous son beau manteau. Pas plus tard qu'hier, elle me disait qu'elle était prête à tout pour avoir un vison... Elle l'a ! Avec une balle dans la peau en plus... Visons ! Visons bien dans le mille alors, sinon il y a des gars qui ne vous ratent pas, moi je vous le dis ! »
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Sur son navire, immobilisé par une avarie dans un port de l'Amérique du sud, un jeune officier observe les évolutions audacieuses d'une jolie femme au volant d'un hors bord, et c'est grâce à lui qu'un terrible accident est évité. Est-ce par hasard, ou intentionnellement, qu'Antala est entrée ainsi en trombe dans la vie de Jacques Avril. En tout cas, ce dernier, séduit et intrigué, se rend à l'invitation qui lui est faite par cette splendide créature, dont l'impétuosité et l'étrangeté sont les moindres charmes. Et, au cours de ce bref séjour, Jacques va être intimement mêlé au destin de la belle Mexicaine, destin tissé de splendeur, d'amour et de tragédie.
Une violente lumière succéda tout-à-coup à l'obscurité, et Ohnet dut fermer les yeux pendant une seconde. Lorsqu'il les rouvrit, un homme était au milieu de l'escalier, un révolver à la main. - Relève-toi et monte un peu par ici ! fit l'homme d'une voix forte. Et comme Ohnet demeurait immobile en bas de l'escalier, il tendit le bras comme s'il allait tirer. Ohnet se redressa et, au prix de grandes difficultés, il entreprit de gravir les marches de bois. L'homme, sans se presser, montait aussi, à reculons. Tout en haut de l'escalier, son compagnon l'attendait. Et, soudain, il sembla à Ohnet qu'une bombe atomique lui éclatait derrière la tête...
Sans plus attendre, il descendit l'escalier de la cave, alluma l'électricité, éclairant l'emplacement de la chaudière et du charbon. Il fut immédiatement paralysé de stupeur : le charbon avait été remué, il faisait un tas plus petit, à l'emplacement où devait se trouver normalement le corps de Karl. Il fit encore deux pas, prit une pelle et remua le charbon. Aucun doute n'était plus possible, le cadavre de Karl avait disparu !
« La poupée est jolie, mais ce qui m'intéresse le plus c'est la petite valise qui se trouve placée près d'elle. Je lève mon verre à sa santé, elle me fait un sourire à la guimauve et me regarde tendrement dans les yeux. - « Je voudrais vous poser une question Dolegan ? Les aimez-vous chauds ? - « Quoi donc ? - « Les pruneaux ! En disant cela, elle me braque un délicieux petit automatique nickelé à trente centimètres de la poitrine. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi je n'aime pas ces façons-là ! »
Alors, comme je ne veux pas le laisser aller plus loin, pour qu'il ne se trouve pas en présence des deux femmes tapies auprès de la momie de Pharisæ II, je me détends brusquement et, en deux pas, je suis sur lui. Je lui balance un coup de crosse sur l'occiput, mais il a eu un réflexe de défense et je rate mon coup. La crosse de mon arme lui atterrit sur l'épaule, et ne provoque pas le résultat attendu. Immédiatement, nous nous empoignons, et nous luttons comme des forcenés dans la demi-obscurité. La lampe-torche est tombée à terre, et son faisceau lumineux éclaire notre groupe singulier. Il se défend avec l'énergie du désesepoir et puis, aussi, peut-être est-il aiguillonné par la peur, parce que mon attaque a été tout à fait inattendue...
Un Fédé, qui paraissait sortir tout droit d'un film « série noire », l'accueillit en arborant un sourire qui ressemblait bien plus à une grimace, tout en mâchonnant un gros cigare à moitié consumé. Le gars était en bras de chemise. Malgré cela, il transpirait comme un Esquimau occupé à chercher du pétrole dans le Sahara. - Salut, Canal ! lança-t-il, en présentant une chaise à son collègue français. Rudy Canal serra la main moite et s'installa commodément. Un peu gêné, l'Armerlot interrogea calmement : - En mission chez nous ?
On se barre en vitesse ! Les autres galopent derrière nous. On les entend dans le grand collecteur et ils ne vont pas tarder à déboucher sur nos arrières. Les coups de sifflet sont stridents dans les égouts. Ça nous vrille les tympans mais, quand les sulfateuses vont se mettre à tousser, ça va être plus marrant encore. La lumière soudain rétablie nous éclaire en plein, au moment où nous allions franchir une passerelle. Notre guide est déjà engagé quand ça commence à crépiter. Nous nous aplatissons sur les trente centimètres de largeur de la marche de circulation. Nous voyons notre gars bondir en avant, de l'autre côté de la passerelle, et s'allonger pour tirer. D'un calme olympien ce mec !... « Essayez de passer pendant que je vous couvre ! nous crie-t-il.
Ça dure à peu près trois secondes et puis, soudain, une explosion formidable retentit. Un souffle assez violent nous repousse en arrière et, en même temps, nous sentons atterrir sur nous un tas de débris qui sont plutôt étranges. Je baisse les yeux et, à mes pieds, j'aperçois un bout de barbaque qui frétille encore. À gauche de moi, j'aperçois une main détachée d'un bras et, au moment où je la vois, Carole l'aperçoit aussi. Elle pousse un cri épouvantable et tombe dans les pommes. Géorie l'empoigne et la soutient. D'autres femmes, qui viennent de réaliser que ce sont des bouts de viande humaine, projetés par l'explosion, qui nous bombardent, piquent des crises de nerfs, ou s'étendent raides sur la terrasse. Les gars ne sont pas fiers et il faut bien avouer qu'il ya de quoi ! Vous parlez d'une soirée !
Le gars est tellement occupé qu'il ne m'entend même pas arriver. La femme est sur le dos, et lui est agenouillé sur elle. Il a sorti une fiole de sa poche et il est en train de dévisser le bouchon. - Non... pas ça ! Surtout pas ça... gémit la gosse, en essayant de se dégager. Alors, soudain, je pige. Ce salopard se prépare à lui faire voir le paradis à sa manière. Pas de doute là-dessus... Je débouche comme une locomotive et je balance un coup de pied dans la main du type. La fiole s'envole et va atterrir quelque part dans les ferrailles. L'autre se redresse comme un ressort et, de sa main encore valide, me fait déguster un direct que j'esquive seulement à moitié, et qui me donne une haute idée de la vigueur de l'expéditeur. Je prends ma distance et vlan, je réceptionne un coup de tatane dans le tibia droit. Pendant ce temps, la charmante enfant s'est relevée. Elle file comme si elle trimballait un pétard de dynamite accroché à son derrière, et nous laisse nous expliquer.
« Je suis à peine entré, que le plafond me tombe sur la tête. Ma cervelle éclate en feu d'artifice, et je me désintéresse immédiatement de tout ce qui fait notre terre à terre quotidien. « C'est une sensation de fraîcheur qui me ranime, je réalise que je suis en train de couler. Pour plus de sûreté, ces petits plaisantins m'ont attaché les poignets et, en outre, m'ont accroché un poids de vingt kilos aux chevilles. « Vous parlez d'une surprise ! ».
Gomez enjamba la fenêtre, sa serviette à la main. S'il parvenait à gagner le toit de l'immeuble voisin, il était sauvé, car il savait que cet immeuble possédait trois entrées, situées dans deux rues différentes. Sous l'oeil interloqué de Juanita, il disparut juste au moment où la porte s'ouvrait sur deux hommes que la jeune Gitane n'avait encore jamais vus...
Rudolf poussa un hurlement. L'ongle de la jeune fille lui avait meurtri la paupière, et probablement crevé le globe oculaire. Aveuglé, il se rejeta en arrière, d'un mouvement si prompt qu'il tomba à la renverse. Sa tête vint heurter un montant de métal et il demeura immobile sur le dos, à demi-conscient. Maj-Britt se releva, enjamba son adversaire, et sortit de la cabine. L'air frais lui fit l'effet d'une douche froide et elle recouvra immédiatement sa maîtrise de soi. À l'arrière du canot, la corde d'amarrage était enroulée. Elle s'en saisit et revint précipitamment à la cabine, où Rudolf était toujours immobile, les mains sur les yeux, haletant de douleur. Elle commença à l'attacher aux poignées de cuivre. Rudolf comprit ce qui lui arrivait juste au moment où il avait déjà les jambes entravées. Ses bras furent à leur tour paralysés, avant qu'il ait pu esquisser une résistance quelconque. "Petite garce, tu vas me le payer !" grommela-t-il en tirant sur la corde de tous ses membres. Mais les noeuds de Maj-Britt étaient solides, il était à sa merci.
Dans son lit, l'interprète était toujours immobile. Wollberg lui prit le bras droit, et commença à lui retrousser la manche de son pyjama jusqu'au coude. Puis, il porta la main à sa poche revolver pour y saisir la boîte contenant la seringue. - Ne bougez plus ! fit soudain une voix sèche derrière Nick. Et le jeune homme sentit qu'on lui appuyait un objet dur dans le dos, tandis que Wollberg, les yeux fixés sur quelque chose qui se passait derrière Nick, levait lentement les bras. Nick fut prestement poussé contre la cloison. Il leva les bras à son tour. C'est alors seulement, qu'il reconnut les deux nouveaux venus, les deux hommes qu'il avait aperçus dans le hall de l'hôtel, somnolant dans des fauteuils !
Salut Gaspar ! dit-il. Comme piqué par un serpent, Gaspar se retourna, faisant virevolter Estelle. Il aperçut Malran, le visage en sang, remarqua que son bras gauche pendait. Mais le 7,65 restait fermement braqué sur lui. Qu'est-ce que ça veut dire ? demanda-t-il un peu pâle. Dorfeuil est mort, annonça Malran. Alors, vous laissez la fille et vous caltez. Sinon, je vous descends tous les deux ! Dorfeuil est mort ! Ça, je veux le voir ! s'écria le Gros. Tu peux me croire sur parole. Il a reçu une balle de 7,65 dans le crâne et une autre dans l'estomac. Même pour toi, ce serait suffisant !
« J'aime l'imprévu, mais il y a des limites ! Elle m'avait donné rendez-vous chez elle à minuit, et je comptais bien la trouver dans une pose voluptueuse. Elle était renversée dans un fauteuil et m'offrait une très belle vue plongeante dans son décolleté. Malheureusement, je pouvais admirer en plus, bien enfoncé sous le sein gauche, un poignard qui n'était pas placé là pour l'aider à respirer. La meilleure preuve, c'est qu'elle était tout ce qu'il y a de plus morte. Sur le tapis, un petit chat blanc en peluche me lorgnait en tirant une belle langue rouge. En moins de huit jours, c'était le troisième que je trouvais et toujours près d'un cadavre. Alors je me suis barré en vitesse... »
Lorsque nous arrivons dans la pièce où se trouve le coffre-fort, Flaming cherche encore un peu partout avec une assiduité de chien de chasse sur une piste, tombe en arrêt devant le tableau, le tâte, le fait pivoter et glousse de satisfaction en apercevant le coffre mural. - Voulez-vous m'ouvrir ce coffre ? demande-t-il à Pamela en la lorgnant avec un petit air triomphant. - Mais, bien volontiers ! murmure la belle enfant. Moi, j'en ai les jambes en flanelle. Mais elle a l'air tellement calme que je ne réalise pas très bien. Ma parole, cette fille-là doit être complètement inconsciente. Alors, elle fait pivoter les boutons de la fermeture de sûreté du coffre et puis elle tire tout doucement la porte...
La Belle Nantaise, un des derniers trois-mâts de la Marine française, vogue vers les côtes d'Afrique. Et, à son bord, vogue l'amour, l'amour de Jean, le Capitaine, pour Anne, la « clandestine ». Et, pour cette jeune femme troublante, mystérieuse, téméraire, voguent aussi les amours des autres officiers. Le drame couve, se précise, s'enfle sous les passions déchaînées, comme s'enflent les voiles sous la tempête. Il éclate ce drame, en même temps que la plus effrayante des révoltes ; celle des 500 esclaves entassés dans les cales de La Belle Nantaise. De ce drame, un lointain descendant, va voir surgir à travers ses amours, la fatale évocation. Se verra-t-il, à notre époque, refuser le droit au bonheur. Vous le saurez en lisant "Et vogue l'amour", un roman qui vous envoûtera comme un sortilège.
« Piloter une voiture au moment des Fêtes, alors qu'il y a un tas de gars excités au volant, et que l'on roule en files de quatre, avec tout juste un papier à cigarettes entre chaque aile, ça n'est déjà pas drôle. « C'est encore plus coton quand on a derrière soi une bagnole conduite par un type qui veut vous mettre les tripes en l'air et qu'on le sait ! Moi, je suis le quatrième de file. Il y a un océan de bagnoles devant moi. Derrière moi, il n'y a que la bagnole du type qui veut me buter. Son coup fait, il pourra virer sur l'autoroute puisqu'il est le dernier dans la queue... moi je suis marron, marron glacé, comme à Noël... »
« Il y a des types consciencieux dans tous les métiers. Jeff Swanson en est la preuve. Ce gars-là a la plus haute notion de l'honnêteté dans l'exécution de son travail. Quand on lui a bien expliqué ce que l'on voulait et qu'il a été payé pour le faire, il se transforme en robot d'exécution. D'autant plus que le métier de Jeff Swanson est de tuer sur commande, dans les meilleurs délais et de la façon la plus discrète qui soit. Quand la machine est en marche, il est trop tard pour changer d'avis. Alors, ça pose des cas de conscience in extremis... »
« Les requins caracolent autour du steamer. L'océan est calme. On voit les ailerons qui fendent l'eau à une vitesse vertigineuse ! Moi, notez-le bien, les bains de mer, je ne suis pas contre... Mais pas dans ces conditions-là ! D'autant plus qu'on me colle un pétard dans le dos pour m'inviter à plonger tête première !... Ah... Mer, alors ! Je ne suis pas partant ! Pas partant pour un rond, ni même pour deux... »
« Holly est une ganache comme j'en ai rarement rencontrée. Quand il fonce sur moi, j'ai l'impression que je vais faire un round de boxe avec un bulldozer. Je lui place une droite au menton à m'en faire péter les jointures. Ça ne produit pas plus d'effet qu'un sinapisme sur une jambe de bois. Je sens que je vais dérouiller vachement, et que pour me sortir de là, ça va être coton... »
« Le type qui est étendu à mes pieds a l'air de rigoler. En réalité, ce n'est pas un sourire qu'il fait, mais une grimace. Il y a de quoi ! Il est mort depuis deux heures au moins et on dirait que son corps a servi de cobaye à un charcutier qui donnerait des leçons particulières. Quel gâchis ! »
« Le type est vaguement bossu, il a la gueule en biais et un oeil qui dit zut à l'autre, avec ça un tic étrange lui fait tressauter la lèvre supérieure. Il est chouette le frère ! Ajoutez à cela que moi, je le contemple, attaché sur une chaise avec des bandelettes pour ne pas laisser de traces sur ma peau... - « Regarde-le mon petit crotale, Dolegan ! Il va se faire les dents sur toi... On croira que tu as été victime d'un accident de pique-nique ! Le crotale me fixe de ses yeux glacés, à travers le grillage. Et ce sale type va ouvrir la trappe à distance... À faire frémir... ! »
Grégor Patoff gisait sur son lit, un poignard au manche très curieux planté dans sa poitrine. Sa veste était ouverte et sa chemise, à l'origine blanche, paraissait écarlate tant l'homme avait perdu de sang. Eddie White, sans pouvoir arracher son regard de cette terrifiante vision, recula vers l'entrée. Soudain, il buta contre quelqu'un et sursauta violemment. - Joli travail ! murmura une voix derrière lui. Le romancier se retourna vivement et aperçut un Japonais qui le contemplait, l'air ironique, tout en braquant un revolver dans sa direction.
Pendant une fraction de seconde, le gars reste tout déconfit, avec son Luger inutilisable braqué sur moi. Une fureur me saisit et je bondis dessus. En trois coups de manchette, je lui administre une correction qui lui en fait voir trente-six chandelles. Le type recule en titubant et je me précipite pour le retenir par la cravate. Trop tard. Ses jarrets ont touché la murette de soixante-dix centimètres de haut qui borde la route et il part en arrière. J'entends le corps qui continue à débouler tout au fond, là-bas, à plus de cent mètres de distance, dans la nuit. Petit incident technique !