FeniXX réédition numérique (RECLUS)
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L'« écologie » (en tant que science) et l'« écologisme » (mouvement et/ou idéologie se référant à cette science), sont deux choses bien différentes. Pourquoi une telle confusion entre les deux termes ? Cet amalgame ne vise-t-il pas à nous imposer un nouvel ordre intellectuel, puis sociopolitique, au nom de la nature ? Cet essai cherche à montrer, d'une part, que l'écologisme véhicule - par essence - un « intégrisme naturaliste », qui plie l'ordre intellectuel et social à un prétendu ordre naturel, position qui n'est pas nouvelle, et que l'on retrouve aussi bien dans les « philosophies de la nature » des siècles passés, que dans l'écologisme d'extrême-droite contemporain ; et, d'autre part, au-delà des dérives radicales qui vont de la deep ecology à l'écofascisme, que l'écologisme représente la nouvelle planche de salut, pour un capitalisme soucieux de ne pas scier une branche sur laquelle sont assis ses profits. À des constats souvent légitimes certes, les solutions proposées sont-elles bonnes ? L'approche est-elle correcte au départ ? N'y a-t-il pas là toute une série d'impostures, qui peuvent abuser les individus soucieux d'un monde meilleur ? Un peu de géographie aide à mieux poser les problèmes, et à éviter les dérives.
Comprendre les territoires que s'est forgé l'humanité, apprécier les usages qu'elle en fait, en diagnostiquer les contradictions et les tensions, en préciser les dynamiques, tout cela n'est pas d'une mince ambition. C'est celle de la géographie aujourd'hui. Tout le sens du travail du réseau RECLUS est là : aboutir à des expressions simples des structures, et des dynamiques territoriales même complexes, qui soient fondées sur une information suffisante et une analyse stricte, supportant épreuve et contre-épreuve. Tel est bien le style habituel de Joël Charre. Il travaille sur le fond et sur l'instrument à la fois. Il n'aime rien avancer qu'il ne puisse évaluer, mesurer, prouver, comparer. Son nouvel ouvrage est à méditer. Il donne les définitions indispensables, les approches utiles, les pièges à éviter, les limites de confiance des méthodes de recherche.