FeniXX réédition numérique (Hécate)
Liane, libre de toute contrainte matérielle, partage son existence entre Côte d'Azur et Pays de Loire. Célibataire convaincue, femme d'âge mûr, elle cède, malgré elle, aux assauts d'un séducteur dont elle cerne mal la personnalité... Voilà pour l'anecdote, mais "Don Juan de pierre" ne peut se résumer à l'exposé d'un embryon d'intrigue. Roman de l'exploration des êtres et des replis parfois tortueux du corps, de l'âme et du coeur, ce livre nous convie à un passionnant voyage aux tréfonds de l'humain, fortement baigné du soleil, des paysages et du parler de Provence. Voyage dont aucun des protagonistes, bien sûr, ne sortira indemne...
Ce livre n'a pas la prétention de révolutionner l'astrologie, mais de la rendre accessible à tout un chacun. L'auteur a voulu proposer au lecteur un guide clair, progressif et précis, qui lui permette de se mieux connaître lui-même, et de découvrir son destin ; mais aussi d'en savoir plus sur les autres. En intégrant - aux techniques de l'astrologie - celles de la morphopsychologie, Ève Dupront offre une réponse originale et détaillée aux questions que nous nous posons sur notre propre personnalité et celle de nos proches.
Avec « Le lys et les abeilles », Valentin Saint-Vic pose une pierre de plus à l'édifice de l'histoire impartiale, selon son propre mot. Une fois de plus, il aborde un sujet que les bâtisseurs de légende ont souvent négligé, parce que la période refusait de se couler dans le mythe : 1815, les prémices de la quatrième guerre de Vendée, sur fond de Cent jours. Jamais didactique ou ennuyeux, souvent lyrique, l'auteur confronte les points de vue : celui de Bois-Jourdain, homme de réflexion et d'analyse, celui de Marie-Corinthe de l'Aublonnière, amazone fougueuse et entière jusqu'à l'obsession (« un couple bleu tendre et blanc passionnel »), et d'autres... On progresse avec délices au sein d'une trame adroitement filée, foncièrement dynamique, où les questions sont posées sans fard. Un livre profond, qui se lit comme un roman, où jamais ne viennent se glisser la suffisance des certitudes, ni la lumière trompeuse du préjugé...
Pologne, juillet 1942. Quatre hommes reçoivent l'ordre de faire sauter un train allemand. Mission difficile et très dangereuse...
Un petit village de Vendée, La Jaudonnière, en 1966. Régine d'Humilly, alors institutrice, accepte la direction de l'école privée, composée d'une classe unique à cours multiples. Les moyens sont inexistants, l'effectif à la limite de la fermeture. Tout au long de ce premier volume, nous assistons au combat quotidien pour un enseignement de qualité, en dépit de tous les obstacles, de toutes les contingences. Régine d'Humilly n'est pas une institutrice comme les autres : elle vit son métier comme un sacerdoce, elle se battra jusqu'au bout, pour tenter de sauver son école. Une étape de la vie de l'auteur, qui s'intègre parfaitement au long chemin de son existence consacrée à l'enfance défavorisée.
Qui se souviendra bientôt de la façon dont vivaient nos parents et nos grands-parents, dans cette France majoritairement rurale, qui tend aujourd'hui à disparaître ? Le témoignage de Dona Degranlieu, écrit avec des mots de tous les jours, des phrases simples, qui ne prétendent pas à la littérature, nous livre le quotidien d'une époque révolue, telle qu'elle survit encore dans la mémoire de ceux qui en furent les humbles acteurs, jour après jour, saison après saison. Née dans une famille de modestes paysans en Loire-Atlantique, l'auteur retrace tous les petits bonheurs et les peines, qui rythmaient alors une vie pas toujours facile, bien éloignée de notre actuelle société de consommation. C'était il n'y a pas si longtemps : à peine un demi-siècle. L'Europe, le monde s'enflammaient dans la folie d'un second conflit planétaire. Pendant ce temps, dans les fermes, à la veillée, les hommes continuaient de fourbir leurs outils, et les femmes reprisaient pour la énième fois un vêtement qui devait durer. La vie, tout simplement, quelquefois la survie...
Paul Tallonneau, historien du Bas-Poitou, s'intéresse autant au patrimoine des Deux-Sèvres - où il réside - qu'à celui d'une Vendée historique trop à l'étroit dans ses frontières actuelles. En cela, il porte - sur l'évolution du symbole que figure le « coeur » - un regard qui échappe aux luttes partisanes encore en vigueur ici et là. La plus grande part de ce livre se veut - essentiellement - le résultat d'un travail de recherche et de synthèse méticuleux sur l'épopée d'un mythe qui fit couler autant d'encre que de sang, ce qui n'empêche nullement l'auteur, dans les derniers chapitres, d'apporter sa vision personnelle des idées profondes véhiculées par le symbole. À la lecture de cet ouvrage, on mettra le doigt sur un bon nombre d'idées reçues, que la légende exacerbe, mais qui résistent mal à l'analyse objective. Mais n'est-ce pas là le but poursuivi par tout historien ?
Ce livre fait suite à "L'école qui ne voulait pas mourir", où l'auteur nous contait sa première année scolaire (1966-67) comme institutrice à La Jaudonnière, à la tête d'une école à classe unique menacée de disparition. En cette nouvelle rentrée 1967, rien n'est résolu. Régine d'Humilly luttera jusqu'au bout, pour sauver son école du naufrage, jusqu'à gravement compromettre sa santé. Jour après jour, nous accompagnons son combat désespéré, où chaque instant gagné n'est qu'un sursis retardant l'inéluctable issue.
Chaque mot, classé par ordre alphabétique, devient prétexte à un article plus ou moins long, chacun d'entre eux nous dressant au fil des pages un portrait vivant, cocasse, souvent caustique, du monde de l'École et de ses acteurs, qu'ils soient parents, élèves, et bien sûr... enseignants. On rit souvent, on est interpellé parfois, on se souvient de ses propres expériences d'écolier, au détour d'une phrase, à l'évocation d'une réalité tellement évidente qu'on l'avait oubliée. Rémi Verdon n'omet pas les « officiels », ni les syndicalistes. Il porte sur eux un regard qui en dit long. Bref, un petit livre frais comme les enfants, où la plaisanterie trahit souvent une réflexion pertinente sur un métier compliqué.
Quelque part sur la côte vendéenne, près de chez lui, Maurice Lecompte fait la connaissance d'une vieille dame à la personnalité peu commune, et se lie d'amitié avec elle. Au fil de leurs rencontres, celle que tout le monde appelle "Mémère" se confie à lui, se raconte. Cela a commencé par un beau jour de début du siècle, au Mans, s'est poursuivi près du Mont-Saint-Michel, puis en Île-de-France, et enfin en Vendée, où rien n'était censé appeler la trépidante et irrévérencieuse Jeanne, sinon les péripéties d'une vie d'abnégation et de perpétuels rebondissements. Ce parcours, exemplaire par bien des côtés, Maurice Lecompte en a été ému, touché au plus profond de lui-même, jusqu'à ressentir l'irrésistible besoin d'en rendre compte en le couchant sur le papier. Mission accomplie. Au fil des pages, c'est le siècle qui défile, et l'on ressent l'immense sympathie de l'auteur pour celle qui l'a inspiré : Mémère, figure de proue d'un monde qui sombre peu à peu dans l'océan de l'Histoire, celle des petites gens, de la vie qui passe...
Durant quarante années de vie professionnelle consacrées à l'horticulture, puis à la diffusion commerciale horticole, Bernard Mougard a accumulé une expérience riche de sa fréquentation de la nature et des hommes. À la fin de sa carrière, un défi inattendu se présente à lui, sous la forme d'une longue maladie, qu'il définit lui-même comme un parcours du combattant, débouchant sur un nouvel enrichissement. Suite à l'inévitable questionnement qui s'est ensuivi sur la vie, le sens à lui donner, et la volonté de s'y accrocher envers et contre tout, l'auteur a éprouvé l'intense nécessité de communiquer par l'écriture, pour ses proches d'abord, famille et amis, mais pour tous les autres aussi. "Dites-le avec des fleurs" en est le résultat, florilège inclassable de vers libres, et de pensées au fil du temps, de la réflexion et du sentiment, où l'on discerne peu à peu un ensemble de jalons et de repères, quête d'une cohérence à formuler au monde désemparé, d'une vérité fragile, et toujours prête à basculer.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Le livre de Gabriel Charriau (professeur à Saint-Laurent-sur-Sèvre) réussit un double pari : rappeler au grand public des non-spécialistes ce que fut la Révolution française sur le plan national et régional ; faire revivre un village bas-poitevin, puis vendéen, étroitement mêlé à la tourmente de ces années riches en événements. C'est cette intégration du quotidien local à la grande trame des péripéties nationales, qui fait toute la richesse de ces pages écrites avec un souci constant de clarté et de rigueur historique. Les nombreuses transcriptions de documents d'époque (en particulier les notes de Jean-Marie Cailteau sur les registres de Chauché), confèrent à l'ensemble du texte une précision et une vie intenses. Plutôt que de brosser une synthèse de plus, à grands coups de pinceaux simplificateurs, Gabriel Charriau a choisi de nous faire partager l'existence, les interrogations, les courages et les faiblesses des gens qui ont vécu les temps révolutionnaires depuis leur petit bourg de Vendée. Et il y parvient, de fort belle manière.
Avec ce second recueil, les auteurs du Club de poésie de Boulouris renouvellent les thèmes de leur inspiration et, en déployant la diversité de leurs talents, ils nous dévoilent de nouveaux horizons. "Ouvrons l'éventail", telle est l'invitation qui est faite au lecteur. Puisse celui-ci se laisser distraire et émouvoir par des battements qui rejoindront sa sensibilité.
Hubert d'Assicourt, ancré dans les traditions de sa souche aristocratique, épouse Barbara, une Américaine. De leur union naissent Fred et Colette, qui l'un et l'autre vivront - chacun à leur manière - le difficile, voire impossible clivage entre l'ancien et le nouveau monde, dans tous les sens du terme. L'éveil des sens, puis l'amour, seront au centre de cette recherche désespérée d'un équilibre. Pour Fred, la quête semble aboutir vers un choix de vie mûrement réfléchi, qui n'est peut-être qu'une illusion mais, pour Colette, le voyage sera plus profond, donc plus improbable et, paradoxalement, plus inéluctable.
Sainte-Même-en-Plaine, un village imaginaire, quelque part en Bas-Poitou. Nous sommes à la veille de la Grande Guerre, celle qui arrachera bientôt les hommes à leur terre, pour les propulser au fond des tranchées creusées par la folie des puissants. À Sainte-Même, comme partout, se mêlent "calotins" et "laïcards", que les événements du quotidien - tour à tour - opposent ou rapprochent. Autour de Léon Fradet, de sa femme Thérèse et du petit Léonin, s'articule tout un monde façonné par la ruralité du temps et du lieu, d'Antonin le facteur "rouge", jusqu'à la châtelaine sûre de son fait. On s'aime, on se déteste, on festoie, on peine au labeur des champs. Souvent, les mots manquent pour partager ce qui vous envahit le cerveau et le coeur, car on sait mieux faire que dire. Tout en nuances et en petites touches impressionnistes, Gérard-François Gréard nous propose là le premier volume des Chroniques de Sainte-Même-en-Plaine - qui en compteront six - articulées autour des deux grands conflits de cette première moitié du XXe siècle.
Une jeune religieuse, qui choisit de se consacrer à l'enseignement des orphelins, n'en reste pas moins femme et sensible à l'appel des tendresses humaines, surtout quand cet appel émane d'un petit être démuni et fragile. C'est l'histoire d'un déchirement, que nous conte Régine d'Humilly dans son huitième livre. Déchirement entre une vocation, qui stipule l'abnégation au service de tous les orphelins, et l'irrépressible tentation de se consacrer au bonheur d'un seul.
Reine est très jeune. Acceptée comme sous-maîtresse au collège Saint-Nicolas, elle est immédiatement confrontée, en plus de ses élèves attitrés, à un groupe de garçons du cours complémentaire, à peine moins âgés qu'elle. L'intransigeante autorité de Monsieur Maupertuis règne d'une poigne de fer sur l'institution. Mais des failles se font jour... Quelle genre de relation entretient donc Bernard, un garçon du groupe des "grands", avec Myriam, une jeune institutrice pour qui Reine s'est prise d'amitié ? Et que veut donc signifier ce billet versifié, qu'un autre garçon, Hubert, lui a fait passer ? Les émois adolescents ont tissé leur nid entre les murs de l'austère collège, au grand dam du terrible Monsieur Maupertuis... Pour la première fois, Régine d'Humilly aborde, avec "Les amours de quinze ans", le thème de la passion adolescente, dans un monde qui refusait alors d'accorder aux plus jeunes le droit au sentiment amoureux. Dans la nouvelle qui fait suite au roman, "L'enfant des neiges", elle traite avec sensibilité et bonheur d'une question plus lourde encore, qui confine au tragique.
Il s'appelait Léopold... Il avait onze ans... Il était orphelin de mère, et son père était déporté politique. On lui avait nommé un tuteur, qui ne venait jamais le voir. Je l'ai connu en 1944, avec ses yeux tristes et son visage révolté... Il était interne au collège où j'étais sous-maîtresse. C'était un petit garçon tout seul, et un mauvais élève. Il n'avait jamais ni visite, ni colis, ni lettre, et il était toujours puni. Il écrivait son journal, qui commençait ainsi : « Mon père était "communisse". Un jour, des soldats allemands l'ont emmené. » Je ne me suis pas senti le droit d'en lire davantage. J'ai voulu évoquer ce petit bonhomme qui ne souriait jamais. Les hommes, avec leur guerre, lui avaient volé son enfance. Au nom de tous les enfants victimes de la violence et de la haine des grands, j'ai essayé de réinventer son histoire.
Mélanie, depuis sa naissance, vit en exil du Pays vendéen cher à son coeur. À l'occasion de vacances enfantines, puis plus tard à la fleur de sa jeunesse, elle reprendra peu à peu contact avec la famille, puis la terre ancestrale, au village de Nieul-sur-l'Autize. Une passion pour la figure historique d'Aliénor d'Aquitaine lui fera rencontrer - à Fontenay-le-Comte - un jeune noble en quête de savoir sur la fée Mélusine... Commence alors, pour « Mélanette », un long voyage initiatique à travers l'histoire et les légendes fondatrices, jusqu'à ce qu'éclate enfin le lourd mystère de ses propres origines. Voyage aussi pour le lecteur, à la découverte d'un Pays vendéen riche de ses profondes racines...
Un petit orphelin, Roger, échoit - au hasard des placements - dans une famille d'accueil tenue d'une main de fer par l'acariâtre Germaine. Pour la matrone, le malheureux gamin représente bien plus une pension alimentaire régulière, qu'un pauvre gosse assoiffé d'amour et de tendresse. Et la vie quotidienne amène son fardeau de vexations et de privations continuelles, quand ne pleuvent pas les coups pour une simple saute d'humeur. Heureusement, il y a Odile, la "soeur" adoptive, fillette pure et aimante, cadeau du ciel parmi le lot des misères. Fidèle à ses thèmes d'élection, dont la narration se nourrit de ses expériences personnelles, Régine d'Humilly sait arracher son héros à la tristesse des jours, pour le propulser parmi les hauteurs éthérées d'une amitié enfantine proprement sublime qui, jamais, ne sera démentie.
Inés Herreras est espagnole. Elle vit en Belgique, où elle enseigne les langues. Elle porte la cinquantaine très jeune et pense avoir conjugué le verbe "aimer" à tous les modes, et sur tous les tons. Pourtant, au cours d'un séjour en Italie, elle se laissera aller à goûter les charmes de Pietro Tersonia di Vere, prototype de l'aristocrate macho transalpin. Une relation tumultueuse commence, qui conduira les deux amants jusqu'où aucun ne songeait à se rendre. Du badinage libertin à la tragédie la plus implacable, la romancière réunit - tambour battant - deux êtres que tout semblait opposer, pour les fondre en un seul et terrible destin...
Roméo est un de ces enfants en passe de devenir adolescent. Il vit à la campagne, en milieu paysan, quelque part à la lisière initiale de ces années soixante, dont l'expiration sonnera le glas d'un certain monde rural, voire d'un certain monde tout court. Roméo vit un problème particulier : il ne parvient pas à faire communiquer son cerveau, son corps, et l'environnement où évoluent ces deux parties de lui, dont il redoute qu'elles puissent jamais se fondre en un seul être cohérent. Mais là où Guy Pérotin fait merveille, c'est quand il entreprend son personnage par le biais d'un narrateur - ce même Roméo, bien des années plus tard - et qu'il lui prête ses mots et ses raisonnements d'adulte pour tenter de cerner ce qu'il est, ce qu'il n'est pas, ce qu'il voudrait être et ne pas être. Et le lecteur de reconnaître, de retrouver, quand et où qu'il ait vécu sa propre enfance, celui qu'il a forcément été, tant l'anecdotique se transcende en quelque chose de profond et d'universel. Héraclès (du nom des cahiers à spirale où Roméo couche ses errances, dans une langue cryptée, à lui seul destinée), est un grand et beau roman, de ceux qui nous plongent au coeur de nous-mêmes, par la lancinante et superbe arabesque d'une écriture qui, peu à peu, enserre l'incertain et le vrai de sa propre et inexorable spirale.
Nando, le marin au long cours, revient toujours entre deux voyages dans son île de Noirmoutier. Célibataire, bon vivant, il vogue d'un coeur à l'autre, attachant plus d'importance aux "bordées" entre copains, qu'aux exigences des demoiselles. Mais le destin le guette, entre île et continent, sur le Gois, ce passage pittoresque qu'on ne peut emprunter qu'à marée basse. Toute sa vie va basculer dans le drame et le déchirement. Le livre de Fernand Hallais est un roman, mais l'auteur ne cache pas le caractère autobiographique de l'histoire. Nando, c'est lui. Le lecteur trouvera donc, au fil des pages, étroitement mêlées à une intrigue fertile en rebondissements, de ces petites choses qu'on n'invente pas et qui sont l'essence même de l'existence du marin, jamais tout à fait parti, jamais tout à fait revenu...
Dans l'abbaye-prison de Tuffélies-sur-Loire, Christophe Roldan achève de purger sa peine pour meurtre. Nous sommes en 1968. Depuis quinze ans, il s'efforce de tuer le présent, en attisant les braises de la mémoire, d'exorciser la vacuité des heures en assemblant, une à une, les pierres douloureuses d'un destin qu'il n'a pas choisi. Dans quelques jours, il aura soldé sa dette, et il rejoindra enfin la Bourrine de Gagarou, sur l'île de Noirmoutier, où sa vie s'est autrefois arrêtée. Anna sera-t-elle là, pour lui tendre le filin qui lui permettra d'amarrer sa barque d'homme de trente ans au quai de son adolescence ?
Régine d'Humilly a consacré sa vie d'institutrice aux orphelins... Ce récit poignant... exprime l'infinie tendresse de l'écrivain pour les petits, ceux qui, dès l'enfance, ont la mauvaise carte... Si l'ouvrage débute par la chronique d'une famille au moment de l'Occupation, le passage obligé de Petit Pierre, enfant adultérin et noir, reste l'orphelinat... Entre autobiographie et imaginaire, l'auteur raconte admirablement la vie des laissés-pour-compte...
Un couple qui ne se comprend pas, une séparation brutale : encore une fois ce sont les enfants qui vont payer les pots cassés... Dans son quatrième livre et second roman, Régine d'Humilly nous raconte une histoire, certes, mais elle ne cache pas qu'elle en a puisé de nombreux éléments dans son expérience personnelle, elle qui a consacré sa vie aux enfants déshérités, et continue d'oeuvrer pour eux. « Son coeur plein de générosité et d'amour va orienter toute sa vie vers les enfants privés d'amour » écrit le Docteur Jacques Fraisse dans sa préface. « Son instinct et son intelligence vont lui faire découvrir le message qui ressort toujours de l'écoute des enfants "mal dans leur peau", puis des adultes qu'ils deviennent : on ne m'aime pas. » Un livre limpide et poignant, comme le coeur de son auteur...
Médiatisés, glorifiés, les marins d'exception, qui se lancent en de folles courses autour du monde, emportent à leur bord tous les rêves de leurs admirateurs. On sait tout de leurs joies, de leurs souffrances, de leurs prouesses et de l'implacable puissance des océans qui, parfois, engloutit en une seconde des années d'effort et d'espérance. Les concurrents du désormais célèbre "Vendée-Globe" n'échappent pas à la règle. Mais qu'en est-il de ceux qui restent à quai ? Et, le plus souvent, de celle qui, oubliée, voit partir son compagnon pour un périple de tous les dangers, dont elle n'est jamais sûre qu'il reviendra ? Le roman d'Évelyne Bousselaire nous fait partager l'angoisse au quotidien, le sentiment d'abandon, l'espoir d'un avenir d'intenses retrouvailles, vécus par une jeune femme dont le compagnon a quitté le port des Sables d'Olonne pour n'y revenir, en principe, que plusieurs mois plus tard. Un terrible et poignant voyage, au coeur de l'attente et de la solitude.
Léon Mío tient son nom d'un ancêtre espagnol installé en Vendée. Héritier de la propriété familiale et de ses vignobles, sur les coteaux de Fontenay-le-Comte, il consacre sa vie aux Beaux Arts et à son épanouissement "d'honnête homme"... Autour de lui, évoluent Pèraubin, homme de la terre et de la vigne ; Agathe, la fée du logis ; Lyne, la jeune lycéenne, curieuse d'elle-même et du monde ; Nathanaëlle, la compagne de musique ; le petit Faune ; Zénobe l'intendant, au parler pour le moins imagé, et sa femme Zénobie ; Sanson le chiffonnier poète ; Papoum la chienne et Miouc la chatte de gouttière... Après "Fontenay, une bien belle Histoire", Pierre Pasquereau nous offre un roman de belle qualité, original et dense qui, encore une fois, fait honneur au terroir fontenaysien qui lui est si cher.
Printemps 1949, Aude, une jeune avocate promise à un brillant avenir, se heurte soudain au mur de la maladie : la tuberculose, qui fait encore des ravages, et que l'on commence à peine à guérir. Et c'est la descente aux Enfers, l'hôpital, l'exclusion, la solitude, la confrontation avec la mort, sa propre mort, que tout le monde croit inévitable, après celle du fiancé, tué à la guerre quelques années plus tôt. Mais c'est aussi, paradoxalement, l'occasion d'un amour incomparable, et d'un voyage spirituel sans pareil, dont l'auteur explore chaque sentier, jusqu'aux plus extrêmes limites, sans jamais reculer.
Avanti ! "En avant !" en italien. Fille d'un immigré piémontais trop tôt disparu, Irène Costa se trouve, dès la petite enfance, confrontée à l'hôpital. Condamnée par la médecine, elle survivra néanmoins, luttant - année après année - contre la maladie et la solitude. Cherchant désespérément sa voie, au travers d'une existence qui se refuse à lui accorder la quiétude, elle forgera son propre destin. Combat méthodique... Avanti ! Reculer serait mourir. Mais ce qui importe aujourd'hui, par l'écriture de ce livre, c'est l'immense travail de la mémoire, à la fois exorcisme et recherche, en même temps livraison de soi, et quête de ce quelque chose qui est raison d'être, d'avancer malgré tout. Avanti ! Irène sait de quoi elle parle. Aujourd'hui, Irène Costa, apaisée, vit à Luçon, où elle savoure pied à pied les petits riens conquis d'un "certain bonheur"...
Internée contre son gré, à l'âge de dix-sept ans, à la suite d'une tentative de suicide, Françoise Lambourg nous offre en partage un impitoyable témoignage. Page après page, l'auteur retrace les agressions de la thérapeutique psychiatrique, le cheminement de ses émotions, de ses pensées, de sa révolte, au jour le jour. Elle se livre tout entière, sans complaisance, ni pour elle, ni pour les rouages d'un système qui l'étouffe. Un récit qui, tour à tour, émeut et dérange, mais jamais ne laisse indifférent...