FeniXX réédition numérique (Éditions du Fuseau)
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L'histoire est la matrice de la conscience. Pour ceux qui aiment leur pays et qui voient - tous les jours - leurs compatriotes victimes, dans leurs jugements, des mensonges qu'on leur a enseignés, il n'y a pas de besogne plus utile à accomplir, que de rétablir - ou de rappeler périodiquement - la vérité. C'est dans cet esprit, que je salue le livre que le général le Corbeiller consacre à la guerre de Syrie. Les faits qu'il a notés, les manières de penser qu'il a saisies sur le vif, les témoignages qu'il a recueillis ont, pour l'histoire, une valeur irrécusable. Il fait revivre à nos yeux le calvaire des valeureux combattants qui, loin de la métropole, isolés de tout, comprenant mal la politique qui se jouait au sommet, ont défendu le sol qui leur était confié, par devoir, même contre leur coeur, par amour de leur patrie meurtrie, par fidélité aux valeurs naturelles fondamentales qui, comme la discipline, ne font pas seulement la force des armées, mais l'unité d'un pays... Celui qui a le plus souffert dans son coeur de chef, au moment même et plus tard, avec les fers aux pieds des condamnés à mort pendant deux cent cinq jours, est le général Dentz. Tous les Français attachés aux traditions d'honneur et de discipline de l'armée sauront gré à l'auteur de ce livre d'avoir fait revivre cette « noble figure de soldat dans la haute acception du terme », comme a écrit de lui le général Weygand. Nous sommes tellement habitués aujourd'hui au spectacle de généraux mis en prison, ou portés au pinacle pour avoir obéi ou désobéi à temps ou à contretemps, que nous n'imaginons plus ce qu'était, ce que doit être, la vertu de discipline, intelligente et loyale, au niveau des chefs. Quand le pays aura retrouvé son équilibre moral en se débarrassant des mensonges « qui lui ont fait tant de mal », et des faux jugements qui l'intoxiquent, l'exemple de Dentz et de ses soldats sera donné en modèle.
La lutte de l'Algérie française a suscité déjà une masse d'ouvrages : documents, mémoires, romans. Il n'en est pas de même du combat d'arrière-garde mené en métropole par l'O.A.S. Paul Guérande comble aujourd'hui cette lacune. L'auteur, essayiste et critique, n'y apporte aucune prétention. Il n'a pas cherché à écrire « Guerre et Paix », non plus qu'une synthèse - encore prématurée - sur la vie et l'action des réseaux clandestins. Si l'on veut à tout prix comparer son livre à des exemples connus, disons qu'« O.A.S. métro » tient de « Bande à Part » de Jacques Perret, avec sa vie, sa couleur et une ironie qui ne masque pas la sympathie, et aussi de « Don Camillo », avec ses chapitres anecdotiques qui contiennent chacun une nouvelle autonome. Dans ce document romancé le lecteur trouvera un sous-lieutenant déserteur, des légionnaires en rupture de ban, des héros et des lâches, des agents de liaison gavroches, d'ex-parachutistes, des vieilles filles spécialisées dans le soutien. Écrit avec vivacité, dans une langue directe qui sait manier l'argot et l'invective, entremêlant noms fictifs et personnages réels, le livre de Paul Guérande nous démystifie sur deux fronts : ses héros ne sont ni des ambitieux ou des terroristes, ni des images d'Épinal. Un roman d'atmosphère qui évite le naturalisme, l'apologie et le dénigrement, et restitue aux « maudits » leur réalité d'« enfants perdus ».