FeniXX réédition numérique (Curandera)
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Récemment disparu, Célestin Freppaz était un grand connaisseur de l'âme profonde de son pays ; il n'eût de cesse de forger - pièce après pièce - une oeuvre importante (pas moins de 15 volumes !), dont seule une petite partie est, à ce jour, publiée (notamment La Haute-Tarentaise dans la tourmente). "La vie traditionnelle en Haute-Tarentaise" (complété par M. Hudry) nous donne les clefs pour comprendre cette vieille civilisation de la haute vallée de l'Isère. C'est la mémoire de ces villages - aux noms aussi prestigieux aujourd'hui que Val-d'Isère ou Tignes - ou ceux, plus secrets, de Villaroger (avec la haute figure du hameau de La Gurraz), Sainte-Foy (avec les splendeurs passées du Monal) ou encore Séez et Montvalezan, logés au pied du célèbre col du Petit-Saint-Bernard, qui est ici présentée. Car la vie traditionnelle, là-haut comme dans le reste de la Savoie, ne doit pas sombrer dans l'oubli : la connaître sert à comprendre et aimer cette vallée. Écoutons encore une fois Célestin Freppaz : « C'est devenu un lieu commun de dire que le paysan aime sa terre. C'est pourtant une vérité permanente. Il la soigne, il la protège, il la défend. Tant de générations de même sang l'ont pétrie de leur sueur, qu'elle est pour lui une parcelle de son être, une raison de sa vie. Qu'elle soit champ, prairie ou forêt, qu'elle soit comme en ces parages, recouverte de maigres pâturages, parsemée de lacs ou hérissée de roches, la terre est la mère nourricière du paysan. Il est tout à elle. Elle est tout à lui. Les séparer est douloureux, enlever l'un à l'autre est une cruauté. »
En 1905, Estella Canziani parcourt les Alpes. Elle est jeune, anglaise et peintre, et son enthousiasme est tel - à la découverte de ces hautes vallées et de ses habitants - qu'elle en oublie vite la rudesse du voyage, et qu'elle apprécie même la rusticité de cette aventure. Inlassablement étonnée et ravie, douée d'une fraîcheur à toute épreuve, elle apprivoise ces paysans, et tire d'eux des portraits d'une grâce qui doit tout à son émerveillement. Embellir le plaisir tiré de la lecture par le désir d'en faire part et de le partager : ainsi, la collection L'embellie présente, sous coffret, un ouvrage illustré par un peintre ou un photographe, et les mêmes illustrations, reprises sous forme de cartes, pour retrouver le plaisir d'écrire.
L'« écrivain patriote » Jules Philippe, rendit l'âme à Paris, le 24 mars 1888, loin du lac, des montagnes, du Thiou, et du quartier Sainte-Claire, chers à son coeur. La tradition de la célébration des centenaires incite à évoquer son existence et son oeuvre. Le présent ouvrage dit tout, ou presque, sur le plus marquant, le plus renommé des Annéciens d'il y a cent ans.
Le général de Boigne est un de ces personnages dont la vie extraordinaire est peu connue. Ce fils de bourgeois chambériens fut entraîné dans l'aventure à travers l'Inde mystérieuse du XVIIIe siècle, où il acquit « amour, puissance et gloire ». Son retour en Angleterre, puis en France - pendant la période de la Révolution et de l'Empire - fut pour lui l'époque de la désillusion et de la trahison.
Le berger qui skiait, véritable fleuve photographique, dessine l'histoire de la montagne et des hommes, au coeur du site olympique des jeux d'hiver de 1992. Fruit d'une profonde amitié, cette oeuvre est un vibrant hommage aux montagnards et à ceux qui, contre vents et neiges, s'accrochent à leur pays. « Un livre comme celui de Henri Pradin, Le berger qui skiait, parce qu'il rappelle ce que fut, ce que peut être encore, ce que pourrait redevenir un certain microcosme homme-nature, un tel livre participe à cette très dure bataille pour nous, qui aimons les choses vraies et belles, avons à livrer. Plus nombreux serez-vous à nos côtés, et plus nous aurons de chances de ne pas perdre ce qui reste de splendeur dans notre univers terrestre. »
Dans ce premier ouvrage, Noël Bouclier (qui vit à Annecy), nous livre, sous forme de brèves rencontres, les nouvelles du monde tel qu'il le voit. Toujours avec un sens aigu de l'observation, du trait incisif, avec parfois un brin de nostalgie - mais c'est l'époque qui veut ça ! - et le plus souvent avec une certaine indulgence, une vraie tendresse pour ses contemporains, et un humour nonchalant qui remet toute chose à sa place.
Les mots s'ordonnent, pareils aux saisons, et les toutes nouvelles métaphores s'entrecroisent dans le fond du verger (vague inattendue dans la vague l'espace blanc). "Le langage, c'est une sorte de fête de l'étonnement perpétuel, où les approches valent autant que les conquêtes." Pierre-Bérenger Biscaye
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Ces pages sont d'une écriture dense, poétique, noueuse et forte, comme les racines qui s'accrochent à la terre et, à travers elles, vous sentez ce vent fou et froid des hauts plateaux de l'Ardèche. Ce livre est, sans doute, ce qui a été écrit de plus beau et de plus juste sur ces montagnes ardéchoises, et sur ces collines ensoleillées du bas pays, où se jouent les drames et les périls de la solitude, comme les joies et les transfigurations de l'amour. Il retrace des épisodes authentiques, vécus par ces paysans façonnés par la violence d'un climat rude, et par l'esprit qui souffle sur ces contrées encore sauvages. Écrits dans les années cinquante, ils témoignent à la fois d'une civilisation en train de disparaître, mais aussi d'une certaine permanence : celle du désir et celle de l'esprit.
"Du Léman au Mont Blanc"... Le Chablais et le Faucigny offrent, dans cet ouvrage, beaucoup de ce qu'ils recèlent de particulier et d'intime. Leurs paysages, leurs maisons, leurs villages, leurs églises, s'ancrent dans une histoire et dans une civilisation parfois différentes, parfois communes. Les hommes et les femmes qui habitent ces "pays", gens du cru fiers du village qui les a vu naître, ou "étrangers" attirés par la qualité du cadre de vie, ont su accompagner cette région dans son renouveau, sans perdre de sa vérité. Premier ouvrage de la collection "Photo & Graphies" s'ouvrant sur la Haute-Savoie, "Du Léman au Mont Blanc", sera suivi de celui consacré à la région courant du Rhône aux Aravis, en passant par Annecy et son lac.
Pour retracer le destin de l'humanité, Victor Hugo avait choisi de raconter la Légende des siècles, car il estimait que l'aspect légendaire, loin de « diminuer la portée de l'Histoire », la renforce et la met en valeur. La vie des peuples, en effet, n'est pas exclusivement un catalogue d'événements, relatés postérieurement avec une froide objectivité. L'Histoire est aussi un magnifique poème, et chaque génération a pour tâche exaltante de revivre l'évolution de l'humanité par un effort d'imagination créatrice. C'est dans cet esprit, que Reine Edighoffer présente ici, comme un grand livre d'images, des moments émouvants, singuliers ou mystérieux, de l'histoire de la Savoie, depuis l'Antiquité jusqu'à la réunion de ce beau pays à la France. En lisant ces histoires dans l'Histoire, authentiques et étayées sur une solide documentation, le lecteur apprendra - ou redécouvrira - des étapes importantes du passé de la Savoie, et sentira se réveiller en lui les facultés d'émerveillement de son enfance, au temps où, par la médiation de l'imaginaire et par la voix de sa mère ou de sa grand-mère, le monde se révélait à lui. Le charme se poursuit dans ce livre, où la Savoie vous est contée...
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Ce livre sur Aussois propose une découverte du village sur deux plans, à la fois historique et touristique. Une évocation du riche passé de ce village prestigieux, nous révèle un monde à part, et campe la silhouette de ces hommes de la montagne, fiers et vigoureux, attachés à leurs racines, ardents défenseurs, à travers les âges, de leur identité. La deuxième partie du livre présente au touriste toutes les possibilités qu'offre Aussois au visiteur curieux comme au montagnard avisé. Une quinzaine d'itinéraires, à partir du village, sont ainsi proposés (avec carte en couleur), des plus faciles aux plus exigeants. Au total, un panorama complet pour un séjour de découverte et d'aventure dans le cadre authentique d'une communauté montagnarde.
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Loin des clichés habituels sur la ville, l'auteur s'est surtout plu à révéler « ce-dont-on-ne-parle-pas ». Bien sûr, il est question de Rabelais, des Canuts qui pleurent et de Guignol qui rit, de Louise Labé, de la soie et du troisième fleuve... Mais le tellurisme et le magnétisme du lieu ont irradié l'auteur et la ville, figés dans un état de rêverie permanent. C'est pourquoi Lyon est ici la cité de Maurice Scève, de l'amour, du crime, de la maladie et de la mort, de l'hérésie et du spiritisme, des femmes de Lyon, des fêtes et de la débauche des lieux maudits ou sacrés, des cimetières, des « collines inspirées »... et d'une mémoire collective si dense et si riche qu'elle fait de Lyon une ville où le légendaire et l'imaginaire s'entremêlent, sans que l'on sache vraiment où la frontière entre les deux se situe...
Intitulé, d'une façon un peu laconique, « essai », "Rien" se présente comme une tentative réussie pour explorer de nouvelles formes d'écriture. L'auteur, à la suite d'une rupture amoureuse, au cours d'une période de dépression très forte, a "commis" des textes, où la souffrance d'une solitude insupportable agit comme une drogue. Quelques mois plus tard, émergeant de cette crise, l'auteur a écrit des commentaires détachés sur ces textes abrupts. De la confrontation de ces deux états d'écriture, est née une oeuvre qui se situe dans le courant de la modernité, et qui a le privilège d'être d'une très grande clarté. Peu d'auteurs qui travaillent dans ce sens...
Bien connu pour ses livres et ses conférences sur la montagne et la nature : Charles Maly, chargé de mission du Parc national de la Vanoise, maire de Termignon, petit village savoyard, est aussi un observateur passionné de la vie rurale, du monde, et des manifestations qui l'animent. En nous transportant dans l'univers de la célèbre « Beaucroissant , dont il nous révèle les lointaines origines et sa renommée actuelle, qui n'a fait que croître depuis près de huit siècles, il réussit à nous entraîner dans le tourbillon de la fête. Au fil du récit et des images, apparaissent tour à tour maquignons, forains, batteleurs, bonimenteurs... Pages après pages, visions, flonflons, et odeurs fortes du terroir, apportent au lecteur l'ivresse populaire, que seuls les grands évènements saisonniers comme « la Beaucroissant » peuvent encore nous faire vivre. Ainsi, l'auteur nous invite à le suivre : « Venez avec moi, venez boire, rire, manger. Venez tous, frottez vos panses à la chaleur de mon giron. Venez vous délester de votre argent, venez vider vos bourses, pour mieux vous esbaudir dans mon tumulte, dans ma poussière et dans les piétinements lourds de ma foule. »
Par son métier (vendeur de machines agricoles), Martial de l'Escherette a été à la fois un témoin et un acteur du bouleversement qu'a subi la paysannerie dans les années 1950-1960. C'était en effet l'heure de la mécanisation à marche forcée, l'heure de l'arrivée définitive, dans le jardin d'Arcadie, des premiers tracteurs, l'heure de la lutte inégale entre les machines et les animaux de traits. Cette mécanisation bouleverse les méthodes de travail, les rendements, mais aussi et surtout, les mentalités et les paysages, accélère l'exode rural ; et cette mutation brusque se fait souvent dans la douleur, la déchirure. À travers anecdotes et souvenirs, tantôt savoureux, tantôt dramatiques, Martial de l'Escherette nous trace le portrait d'une époque, si proche et pourtant si lointaine, dans un style alerte, lyrique et sensuel.
Poursuivant ses balades, commencées en Vercors et en Chartreuse, avec toujours son acuité et son humour tout britannique, Jean-Pierre Copin nous entraîne, cette fois-ci, en Belledonne et en Oisans. Toujours nonchalant, c'est-à-dire observateur et enthousiaste, parcourant à pied des contrées qu'il n'est, certes, pas le premier à traverser, il s'arrange toujours pour voir ce que personne n'a vu, et nous raconter des histoires que personne n'a jamais entendues, et pour cause... Une fois de plus, il a su faire parler les sentiers, et ceux qu'il y rencontre, bergers, gardiens de refuges amoureux des hautes solitudes, personnages légendaires ou réels, mais toujours vrais, et qui semblent encore plus présents grâce au style inimitable de l'auteur.
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On m'a demandé d'écrire dix lignes au dos de ce livre pour, en quelques mots, emballer le lecteur et le mettre dans sa poche. On remarquera que c'est le livre qui met le lecteur dans sa poche. On appelle ça du merchandising. Alors moi, je vais merchandiser Deligny ? D'abord, je ? Et puis Deligny a écrit : « J'ai harponné soixante ans d'existences qui dérivent, avec une petite ligne dérisoire plantée dans la couverture. Existences, j'ai mis un "s". Elles sont nombreuses et ne sont pas miennes. Il était une fois une baleine appelée Milieu » (Le croire et le craindre - Stock). Je me souviens aussi de « deux inconnus à ce point-là qu'ils n'ont pas de nom, comment voulez-vous qu'ils ne soient pas potes ? » (Id.). Et de : « L'essentiel que je m'acharne à nommer, à rebaptiser sans cesse : les circonstances, l'imprévu, le n'importe quoi, l'inédit, l'ailleurs » (Les vagabonds efficaces - Maspéro). F.D., dans les Cévennes, « le cul sur un vieux rocher de la chaîne hercynienne », cherchant auprès des enfants autistes, entre autres, « les secrets de cette matière quasiment inconnue d'entre les uns et les autres » (Id.).
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Peu avant l'époque sanglante du « Carnaval de Romans », les célébrations pascales, à la fois chrétiennes et païennes, donnaient lieu à des fêtes et des processions dont on a du mal, aujourd'hui, à imaginer l'ampleur. Prenant prétexte de ces fêtes, Jean-Pierre Ginet nous trace le portrait d'une ville alors à son apogée, débordante d'activité, riche, vivante et colorée. Peintre et historien, l'auteur, dans une langue pleine de saveur, fait défiler sous nos yeux tout un peuple à la fois industrieux et frondeur, inventif, et jaloux de ses libertés conquises.
Au XVIIIe siècle, un horloger et fabricant d'automates du Faucigny part pour l'Espagne, à pied, avec une hotte remplie de ces petits sujets animés qui faisaient fureur à l'époque. Au fil de ce voyage, il se trouve mêlé à une quantité de scènes où grouille la société du temps : charlatans, mariniers, foires, brigands, bohémiennes, étudiants... Jean Malcor, originaire de la Tarentaise par sa famille maternelle (Les Sylvoz), a passé sa vie à Chambéry. Dans un premier ouvrage, Le conteur vagabond, il a déjà dépeint bien des personnages de son pays, replacés dans leur cadre montagnard. C'est maintenant un aspect particulièrement attachant de la vie locale qu'il fait revivre dans ce livre : le travail des horlogers, ces mécaniciens un peu poètes, au temps où une montre était un objet d'art. Et l'aventure hors série d'un de ces hommes. L'affabulation de ce petit roman est simple, mais il se déroule sur la plus séduisante des toiles de fond, brossée sur un ton de conteur, primesautier, direct - et volontiers humoristique...
Tout est dit dans ce beau livre : le Rhône primitif, la lumière du lac Léman, les cités amoureuses du fleuve qui les enchante : Lyon, Vienne, Valence, Avignon, Arles... Le Rhône supérieur et ses promesses, sa course impérieuse vers la mer au sortir du Léman, également l'histoire et la grande aventure des ponts : la Guillotière, Vienne, Tournon, Valence, Pont-Saint-Esprit, Avignon... Les bacs à traille, la remarquable épopée des mariniers et leurs rapports avec la vie du fleuve ; les grands inventeurs, ses grands ingénieurs ; un juste hommage aux célèbres pionniers des bateaux à vapeur : Jouffroy d'Abbans, Fulton, Desblanc, Edward Church ; l'ère nouvelle de la navigation à vapeur, les perspectives d'avenir pour le tourisme notamment, les loisirs offerts par le Rhône, les joutes, les fêtes, les descizes.