Éditions de l'Herne (réédition numérique FeniXX)
À la croisée de la poésie et de la philosophie, Traversées de l'imminence invite à une méditation sur l'écoute, la parole et l'instant qui précède toute révélation.
Qui pourrait incarner la monarchie en France aujourd’hui ? Ce livre explore les rivalités et les légitimités des descendants des Bourbons, des Orléans et autres branches royales.
Pierre Labalue, espion des codes secrets, découvre dans un bain de vapeur andalou une société secrète où poésie et psychanalyse se mêlent. Quand le bordel brûle, sa quête du bonheur bascule dans un cauchemar bureaucratique et métaphysique.
Pris dans les négativités alternées de l'orgueil et de la honte, les rapports de l'être pour soi, et de l'être pour autrui, souffrent, dans l'ontologie sartrienne, de l'agnosticisme fondamental d'un penseur, qui pose d'emblée la conscience comme forme vide et isolée, non communicante. Toute vision gnostique implique, au contraire, une expérience vécue de la communication en tant que positivité absolue, ce qui revient à dire que l'intersubjectivité, en tant que propriété au moins potentielle de tout étant, est inhérent à l'être.
Pierre Debray-Ritzen, qui fut le directeur du Cahier de L'Herne consacré, en 1975, à Arthur Koestler, a souhaité relier, en une véritable biographie, les différentes époques d'une vie passionnante. Mettant celles-ci en parallèle avec l'évolution d'une psychologie tumultueuse, il a détaillé, en ses diverses phases, la genèse d'une création. D'où ce livre - le seul en langue française - sur celui qu'il faut appeler aussi un contemporain capital. Il n'est pas sûr que le public français ait mesuré toute l'étendue de ce destin, et de cette oeuvre. Bien des lecteurs se sont arrêtés au Zéro et l'infini ; d'autant que, après cette dénonciation du numéro un soviétique, une sourde désinformation a, durant des années, oblitéré la sortie des nombreux ouvrages qui suivirent, en faisant de leur auteur un maudit. Or, au-delà des époques sioniste et communiste de Koestler, il y en a une troisième : ce havre de la connaissance, où il est entré pour s'exprimer en une fameuse trilogie ; sur les conceptions de l'univers (Les somnambules) ; sur les créations scientifique et artistique (Le cri d'archimède) ; sur le cerveau et le paradoxe humain (Le cheval dans la locomotive). Pierre Debray-Ritzen a connu, intimement, Arthur Koestler. Il en fut le familier pendant 15 ans. Et c'est avec émotion, qu'il évoque la fin méditée de l'ami et du penseur - se confiant à lui avant le grand passage.
Les réalités et les comédies du monde, entretien réalisé par O. Germain-Thomas, et paru en Janvier 1975, est, sans doute, le dernier texte ou Malraux expose, aussi largement, sa philosophie de l'Histoire, par rapport aux grands événements qui ont secoué le 20e siècle. En mars de la même année, dans un entretien paru dans Le Point : Elle a des ailes, il expose clairement ses conceptions de l'amour, et ses relations avec l'univers féminin. La question des conquérants présente le point de vue de Malraux sur son roman, à l'occasion du débat public organisé, en 1929, par l'Union pour la Vérité, à la suite de la parution de cette oeuvre, qui suscita de nombreuses réactions passionnées parmi les intellectuels de l'époque. Enfin, nous republions la réponse de Malraux à une enquête menée en 1933, parmi la revue Avant-Poste : Sur le fascisme en France.
Un recueil de poèmes par l'auteur de Les Nus et les trembles. «Copyright Electre»
Les foules qui acclamèrent le général de Gaulle en Roumanie, en mai 1968, ignoraient les événements qui se déroulaient au Quartier latin. Vu de France, le maintien du voyage a pu paraître inopportun. Par la suite, les journées de mai 68 ont contribué à occulter l'événement. En réalité, le voyage du général de Gaulle a revêtu une signification particulière. Il venait à un moment où les Roumains, après vingt ans de stalinisme, avaient l'impression de retrouver une partie de leur mémoire. La visite du général, la première d'un chef d'État français dans ce pays, s'est située dans le droit fil de cette mémoire, en symbolisant le rôle culturel et politique de la France dans l'histoire de la Roumanie moderne. La population roumaine, par sa réaction spontanée, a montré qu'elle l'avait ressenti ainsi. Le général l'a compris et il fait honneur à l'accueil populaire en payant de sa personne, surtout pendant le long et éprouvant voyage en province...
Séparée dès l'origine des ténèbres, la nuit fait s'ouvrir les lèvres et les yeux, pour dire et voir ce que le jour dérobe. Elle donne à la poésie charge d'une parole, qui ne regarde qu'en invoquant, et n'écoute qu'en répondant. À une telle mission, jamais la réponse altérée du chant ne peut pleinement correspondre. L'excès de la nuit sur le poème le brise, pour qu'il soit, en antiennes, criées ou murmurées, mais chaque fois exposées sans recours à ce qu'elles annoncent et rappellent, en deçà de toute mémoire, et au-delà de tout espoir. Ces extrémités silencieuses veulent le poème qui les traduit, sans disposer de l'original. Novalis, Reverdy, Saint-John Perse, Péguy, Nelly Sachs, Claudel, Supervielle, Michaux en témoignent, selon la polyphonie de leurs hymnes à la nuit, que seul rassemble l'imprononçable.
1967-1972 : cinq années où le monde bascule. Découvrez comment l’URSS s’impose en Méditerranée, les États-Unis reculent en Asie, et la Chine émerge comme nouvelle puissance, dans cette analyse géopolitique percutante signée Pierre-Marie Gallois.
Quelles que soient les raisons plus ou moins troubles de pareille représentation, reconnaissons que, bien loin d'être préjudiciable au caractère objectivement historique de cette enquête, elle dénote chez Vuarnet une disposition affinitive préalable à son investigation : disposition en vertu de laquelle l'auteur, s'identifiant au support d'une expérience morale, réactualise du même coup l'univers apparemment révolu où cette expérience se pratiquait. Identification réactualisante d'ailleurs, propre à quelques grands historiens - je songe au Michelet de La Sorcière - mais, en l'occurence, plus particulièrement, à Ernest Hello auquel, à juste titre, Vuarnet se réfère à plusieurs reprises (...). C'est dans cet esprit, qu'après, le philosophe-artiste Vuarnet nous décrit les extases féminines, où nous le voyons prendre place à son tour [...]. Pierre Klossowski (NRF)
Et si le capitalisme n’était pas seulement un système économique, mais un langage qui façonne notre réalité ? Le discours du capitalisme de Daniel Verres explore cette hypothèse audacieuse, en reliant pensée politique, philosophie et management.
Octobre 1962 : la crise des missiles de Cuba redessine l’échiquier mondial. Socialisme et crise nucléaire révèle comment cet épisode a scellé l’avenir des relations internationales, entre coexistence pacifique et guerre froide.
Marx s'est voulu avant tout le défenseur du prolétariat, c'est-à-dire de la classe ouvrière. Cela signifie, entre autres choses, qu'il ne s'est intéressé à la philosophie, à l'économie politique et à l'histoire que dans la mesure où ces disciplines servaient la cause de cette classe. D'où les rigueurs et les limites du schéma de Marx : il se présente bien plus en effet comme une dialectique matérialiste-historique du prolétariat, que comme un matérialisme dialectique historique des sociétés. D'un autre côté, Marx l'a exposé, de manière fragmentaire et dispersée, dans une suite de travaux qui s'échelonnent de 1844 à 1868. Notre propos a donc été de coordonner et de généraliser ce schéma, de telle sorte qu'il puisse intégrer les travaux empiriques des historiens. En conséquence, ce livre se présente comme une introduction à une théorie d'ensemble du processus historique.
Les vrais secrets ne se dérobent pas. Ils veulent intensément cette clarté qui les donne sans les trahir et les confie sauvegardés, clarté de la lueur où la nuit se rassemble et se livre en un regard pour que nous puissions la prendre à coeur. La révélation de Dieu ne profane pas son mystère, elle est l'événement où ce mystère s'expose à nous et nous expose à lui, sans cesser d'être mystère, et nous blesse d'une blessure que rien, jamais, ne pourra guérir, celle de l'amour infini. Le mystère s'accomplit dans la révélation, la lueur est l'offrande même du secret. Comment la gloire de Dieu peut-elle nous être donnée sur l'ostensoir nocturne de la croix ? Quels sont les liens essentiels de la révélation et du secret ? Jusqu'où le verbe peut-il aller, chargeant d'un avenir irrémédiable le silence qui semble l'engloutir ? Comment le Dieu caché et le Dieu révélé sont-ils le même et unique Dieu ? Telles sont les questions de ce livre, qui tente d'y répondre par un dialogue philosophique avec plusieurs grands penseurs de la tradition chrétienne, Origène, Denys l'Aréopagite, Saint Jean de la Croix, Martin Luther.
Qu'est-ce que la terre ? Est-ce seulement la nature, ou l'animalité ? Est-ce plutôt le corps et l'affectivité ? Ou encore le pays natal ? Comment retrouver la simplicité et la proximité des choses, le sol qui nous porte et qui, à l'époque où la technique domine le monde, se dérobe vertigineusement ? Qu'est-ce que la technique elle-même en son essence, et comment peut-elle menacer et ébranler ainsi notre séjour ? Peut-elle, un jour prochain, nous détruire ? Le chant de la Terre pose ces questions, dans un dialogue critique avec celles de Heidegger et explore la capacité d'enracinement qui nous fait, aujourd'hui, si cruellement défaut. La Terre est plus vieille qu'Adam, plus ancienne que son nom grec de Phusis, antérieure à toute Histoire. Mais elle n'est pas une matrice primitive, un être brut. Comment la Terre devient-elle, à la fois, le lieu de notre habitation et le matériau des oeuvres d'art, l'assise concrète du monde ? C'est, initialement et continuellement, le travail de l'artiste et le renouvellement poétique de la langue, qui nous rendent notre ancrage terrestre. L'oeuvre, comme la libation d'Apollon, libère la terre. Hlderlin, Rilke ou Saint-John-Perse manifestent non seulement notre séjour, mais notre langue elle-mê
Pour la première fois dans l'Histoire, sans même qu'intervienne le verdict des armes, un discours stratégique instaure une nouvelle donne, qui s'impose à la communauté internationale. Les États-Unis soumettent les pays les plus développés de la planète à leur projet militaire, par la projection d'une forme globale de puissance militaro-technologique. La France, dans la militarisation intégrale, n'échappe pas à ce défi. Forte d'une capacité nucléaire qu'elle doit perfectionner, la France sera-t-elle capable d'impulser une stratégie européenne de défense spatiale, d'ici au second millénaire ?