Éditions Universitaires d´Avignon
Combinant différentes disciplines artistiques et passion de la piste, Ex nihilo livre le processus de création des spectacles de la Compagnie Gruss. Créer la nouveauté à partir de l'ancien, faire vibrer le public par la mise en scène : un défi depuis un demi-siècle.
« [...] ce sont des corps présents, physiques, visibles qui sont toujours en train d'évoquer des choses qui ne sont pas là, ce qui constitue le contrat imaginaire entre nous et le public. » Sopro, création 2017 de Tiago Rodrigues, nous amène au coeur du théâtre : la parole offerte au public le soir du spectacle. Si les mythes, les classiques, la tradition nous précèdent et nous dépassent, grâce au « contrat imaginaire » entre artistes et spectateurs la parole est libre de resurgir, ici et maintenant, sur les planches d'un plateau. Dans le devenir sans fin de l'histoire, une chose est sûre : sopro, le souffle des êtres humains, va rester à jamais...
L'économie sociale et solidaire s'ancre dans des lieux, des paysages, des villes et des campagnes : des territoires. Ses acteurs bâtissent la cohésion sociale à l'échelle locale, encouragent la coopération et jouent un rôle essentiel dans la transition écologique et le développement régional. Ils démontrent ainsi leur importante capacité d'adaptation, démultipliée par leur habileté à s'associer avec d'autres acteurs locaux. Cette dynamique de proximité interroge la recherche actuelle.Issu des XXIIe rencontres du Réseau inter-universitaire de l'économie sociale et solidaire qui se sont tenues à Avignon en 2023, le présent ouvrage rassemble les contributions de chercheurs en économie, en sociologie ou en sciences de gestion. Son approche pluridisciplinaire permet d'appréhender les différentes formes de coopération, les ressources aussi bien humaines que matérielles en jeu et les trajectoires prises dans les territoires. Les études de cas choisies témoignent de la formidable vitalité de ce secteur et permettent de découvrir des initiatives riches de sens, qu'elles s'inscrivent dans le champ de la culture, de la santé ou de la banque, à Marseille, dans le Pays Basque, le bassin minier ou au Brésil.
Aujourd'hui, les arts de la scène sont confrontés à l'essor des ressources numériques. Ces nouvelles pratiques, renforcées par la crise sanitaire, soulèvent d'importantes questions. Elles concernent notre perception du théâtre, mais aussi ses modèles économiques et sociaux. Au coeur de ce dialogue fécond entre professionnels et chercheurs, les mutations digitales invitent à repenser tant les codes dramaturgiques et scénographiques que les relations avec le public. L'essence même de cet art millénaire en serait-elle ébranlée ?
Souvent chantés, Avignon et son Pont sont deux termes aujourd'hui indissociables. Parfois, nous pensons connaître l'histoire de cette merveille qui attire les touristes du monde entier. À l'origine, il y aurait eu un saint homme, Bénézet de son prénom, un jeune berger que Dieu aurait poussé à construire le Pont, dans les dernières décennies d'un xiie siècle aussi moyenâgeux que de légende. Mais que savons-nous réellement de ce pont au Moyen Âge ? Qu'a-t-il pu signifier ? Pourquoi un pont sur le Rhône a-t-il vu le jour à Avignon ? Que nous révèlent, entre histoire et mémoire, les différentes étapes de sa construction ou, plus près de nous, de sa patrimonialisation ? C'est à ces questions passionnantes que ce livre entend apporter de nouvelles réponses. À partir d'une lecture historique aussi sûre qu'attrayante, Simone Balossino nous fait voyager dans le temps et dans les sources jusqu'à enjamber le Pont pour découvrir une ville, un fleuve et leurs environnements, même lointains.
Qu'il s'agisse de guides touristiques ou de panneaux de signalisation routière, Avignon est souvent qualifiée de « cité des papes ». Si la période de la papauté médiévale continue de marquer l'identité culturelle des Avignonnais, il faut néanmoins se rappeler que les rapports entre la ville et le pontife n'ont pas toujours été idylliques, bien au contraire. Le livre de Paul Payan invite à nous emparer de cette histoire et de ce Patrimoine, hors de toute mystification ou banalisation. Sa seconde édition, enrichie d'un séduisant dossier iconographique, rehausse encore la fascination qu'exerce, encore aujourd'hui, la rencontre protéiforme entre Palais et Cité. Témoin d'un pan d'histoire et de civilisation, le Palais des Papes nous amène alors à la rencontre de nos « frères du passé ».
« Essayer de faire du nouveau, de l'art, tenter quelque chose, c'est un combat ; que ce soit ce combat-là, c'est ce que j'espère du théâtre. Et voilà que quelque chose se constitue publiquement face à une oeuvre. Que cela doive se constituer dans une bataille, je pense que c'est de notre temps. » Quand Marie-José Malis aborde Hypérion d'Hlderlin, elle veut en transmettre la philosophie aux spectateurs. Le poète a imaginé une nouvelle organisation du monde pour atteindre le bonheur. Cela passe par la nécessité d'apprendre à aimer le monde, les hommes et tout ce qu'engendre l'humanité, entre autres, la pauvreté, les échecs et ne plus avoir peur de la perte. Voilà le bonheur de Marie-José Malis, des idées qu'elle propage sur la scène.
« Pour moi cette communauté de corps, cette agrégation de corps nus est un début possible de quelque chose, ou bien la fin. » Comédienne, dramaturge et metteuse en scène, Emma Dante trace un panorama de la scène italienne en le situant dans un plus vaste contexte européen. En parcourant l'histoire du théâtre des cinquante dernières années, elle observe l'évolution ininterrompue des expressions artistiques. C'est justement dans ce sillage que s'inscrit Bêtes de scène, à l'intérieur d'une recherche de formes esthétiques tant nouvelles qu'anciennes. Anciennes comme le théâtre, ou, plutôt, comme le genre humain.
« Dans le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui, on a besoin d'avoir des littératures immenses, d'être face à des choses qui sont gigantesques, pas par la taille ou la durée, mais par la pensée, l'élégance, la puissance de l'écriture. La situation est tellement critique qu'il ne suffit pas de choses « grandes » ou « bonnes », il faut des choses gigantesques. » Faut-il lire au théâtre ? Julien Gosselin montre à quel point il peut être intéressant, voire essentiel, d'aller au-delà du théâtre parlé. Le théâtre, c'est aussi une lecture, des vidéos, de la poésie, de la musique. Un mélange des genres mis en pièces autour de grandes oeuvres.
Ils ont en partage un territoire sentimental et géographique, la Bretagne, et en commun le désir de confronter la question de l'écriture et de sa forme sur la scène du littéraire. Venant du cinéma et de la littérature pour l'un, des arts plastiques cl du théâtre pour l'autre, ils font tous deux une rencontre fondamentale, celle de Marguerite Duras, de son écriture, de ses écritures. De ce dialogue naît un désir de compagnonnage, c'est ainsi que Christophe Honoré, artiste associé au Théâtre de Lorient écrit La faculté pour un projet qu'Éric Vigner a nommé l'Académie. Il porte lui-même ou théâtre celte grande aventure littéraire et intellectuelle qu'est devenu le Nouveau Roman auquel Marguerite Duras, si elle en incarne une des figures majeures, se défendait d'appartenir.
« Pour moi il y a forcément la notion d'histoire, de raconter une histoire. » Passionné de contes et de « petites anecdotes » depuis l'enfance, Thomas Quillardet considère la notion d'histoire comme la pierre angulaire de la création théâtrale. Révélation du Festival 2017, ce jeune metteur en scène déclare avoir pleinement satisfait son inspiration artistique grâce à Tristesse et joie dans la vie des girafes, pièce qui a eu le mérite de concilier deux types de travail apparemment aussi différents que la traduction et la mise en scène. La rencontre entre ces deux activités ouvre un univers imaginaire destiné à un public de tout âge.
Cet ouvrage condense l'histoire d'une belle aventure qui se poursuit depuis dix ans. Ses différentes contributions ont, pour la plupart, vu le jour sur internet, dans le carnet de recherche Com'en histoire créé en 2013. Le but est de faire dialoguer des chercheuses et chercheurs, spécialisés en sciences humaines et sociales, et des professionnels oeuvrant dans le monde muséal et patrimonial. Le patrimoine est ici considéré à l'intersection des approches historiennes et communicationnelles, créant un fructueux échange sur des thématiques telles que la mise en récit de l'histoire, les nouvelles formes de médiation muséales, l'usage et la réception des reconstitutions historiques et la circulation de l'histoire dans l'espace public.
Cet essai interprète le théâtre d'Aimé Césaire au prisme de la fluidité textuelle, à travers une analyse des révisions, des réécritures et des traductions des pièces de l'auteur martiniquais. En considérant l'ensemble des versions publiée et inédites de l'oeuvre théâtrale de Césaire et en s'intéressant tout particulièrement au rôle qu'y tiennent les langues, cette étude met en exergue l'importance de la collaboration entre Césaire, ses traducteurs et ses metteurs en scène. Au fil des pages, il est donc question du rôle et de l'influence joués par les mondes de la traduction dans la construction et la réception de toute oeuvre. Voilà qui pourra ouvrir une authentique réflexion sur la littérature comme système complexe en évolution constante.
De plus en plus d'institutions culturelles renouvellent leurs dispositifs d'aide à la visite en intégrant les plus récentes technologies et en sollicitant la participation des publics. L'intérêt de cet ouvrage interdisciplinaire est de mobiliser des études de cas et des analyses complémentaires afin de mettre en exergue les enjeux muséographiques, politiques et économiques de ces mises en scène patrimoniales, du Palais des Papes d'Avignon au secteur Unesco de Lyon notamment. Dans une perspective proche de celle des cultural studies, les textes relient les questions épistémologiques de chercheurs en sciences humaines et sociales avec les pratiques médiatiques des professionnels et publics du patrimoine.
Le présent ouvrage réunit des contributions de chercheurs parmi les meilleurs spécialistes de la poésie française de la fin du Moyen Âge. À partir de la production exemplaire de Charles d'Orléans, foyer des études proposées, il tente de répondre à cette question où se nouent la poétique et l'ontologie : qu'est-ce qu'être un poète au XVe siècle ? Au moment même où la littérature s'invente une nouvelle autonomie, cherche à se donner un champ propre, qu'en est-il de l'implication du sujet dans sa langue, de l'influence de cette dernière sur la construction d'une identité, et enfin qu'est le lieu où s'inscrit cette identité poétique : la page, le livre, la communauté littéraire, ou plus simple et nue, la vie ?
« Ce sont les animaux, les chevaux en particulier, qui m'ont expliqué tout cela. Grâce à eux, je sais que l'on ne peut pas faire l'économie, dans le processus d'éducation, de moments de séduction, parce que s'il n'y a pas cette émotion l'un pour l'autre, rien ne peut se passer. » Alexis Gruss « C'est la première fois que je me fais applaudir sans risquer ma vie ! » Firmin Gruss Ce livre à deux voix témoigne de l'engagement d'une famille d'artistes qui, sur six générations, fait vivre les arts du cirque. La piste, les relations filiales, les animaux, l'amour du métier et des traditions : la diversité des propos illustre la force et la beauté de ce cheminement unique en France.
« Je pense que la connaissance et la maîtrise, même virtuoses, comme c'était le cas classiquement, ne sont pas les seules conditions pertinentes pour avoir accès à l'art. Et je trouve que cette porte ouverte, cette démarche, est un chemin que chacun peut décider de prendre, où qu'il soit, quel qu'il soit. » Madeleine Louarn dénonce ici le mécanisme de domination qui assujettit les personnes handicapées. Son théâtre se caractérise par la mise en scène d'une vérité singulière, faite d'humilité et d'empathie. Dans une libre adaptation de l'univers kafkaïen, le handicap devient ainsi une passerelle pour mieux comprendre le monde, ses apparences et ses rapports de force. Face à la soumission au quotidien, il s'agit d'oeuvrer à une morale partagée, susceptible d'ouvrir de nouveaux espaces, de beauté et de liberté.
« J'ai commencé par être comédien. Mais la comédie ne me suffisant pas, j'ai ajouté l'écriture, l'enseignement, la mise en scène, et la création d'une compagnie... » Homme de théâtre, Pascal Parsat présente la rencontre entre des acteurs en situation de handicap, déficients visuels en particulier, et le grand public. Tout a commencé dans une salle où tous, acteurs et spectateurs mêlés, ont vécu dans le noir l'absence de regard, la découverte de l'autre. Entre biographie et interpellation à la puissance publique et à chacun des spectateurs, auditeurs et lecteurs, voici une démarche décapante, sans concession.
Mes images en papier ont cet avantage que, si je m'octroie le culot d'en coller dans la ville, en trois minutes, quelqu'un peut les refuser et les déchirer. Le pochoir anéantit cette réciprocité, comme certains tags : il a un côté égoïste (je salope le mur et vous emmerde tous). J'aime bien que mes images puissent être refusées. La fragilité, comme la date, fait partie de la proposition plastique. Je crois que, si mes images ont ému, c'est qu'inconsciemment le public les a perçues comme fragiles, qu'il sait que leur mort est annoncée, qu'elles vont disparaître, et cela ajoute à la force suggestive de la chose.
Le cheval m'a appris à respecter mon instinct - c'est fondamental. On peut dire que l'homme et le cheval c'est l'assemblage de l'intellect et de l'instinct, et l'un apprend à l'autre. En un sens, j'ai appris à mes chevaux à réfléchir et eux m'ont appris à respecter mon instinct (...). J'ai (aussi) appris avec le temps, en côtoyant les chevaux, à écouter les gens : pas forcément à écouter ce qu'ils sont en train de me dire ; souvent quand quelqu'un veut vous expliquer quelque chose, il veut dire le contraire de ce qu'il est en train de dire. Il se sert des mots pour se protéger. La véritable écoute, c'est essayer de comprendre (...). Être à l'écoute du signe, du signe du corps.
Irréprochable, audacieuse, la synthèse de Maurizio Perugi montre que la lyrique amoureuse n'épuise pas la créativité des troubadours. En un temps bref, les xiie et xiiie siècles, ces poètes ont inventé plus que des formes littéraires : ils ont donné vie à un nouveau langage de l'amour et l'ont transmis dans une langue artificielle, exportable, jamais éteinte, toujours fascinante.
La rencontre du théâtre et de la littérature est compliquée, car elle se heurte à la frontière qui existe entre le livre et la scène. Chaque fois, le théâtre doit d'une nouvelle manière convaincre l'écrivain de sa nécessité puisqu' il pourrait s'arrêter à la nécessité première du livre. Il s'agit toujours d'un territoire à réinventer.
Quinze jours avant sa mort, Maria Casarès décide de léguer son domaine de La Vergne à la commune d'Alloue, au coeur de la campagne charentaise. Cependant, elle ne laisse aucune indication sur le projet qu'elle désire voir naître dans une maison achetée en 1961. Cet entretien avec Johanna Silberstein et Matthieu Roy, codirecteurs de La Maison Maria Casarès, retrace la genèse et l'essor d'un projet culturel associant une résidence d'artistes, un Festival d'été et une action forte en faveur du développement local. Devenue lieu de référence de la création contemporaine, la Maison donne la parole aux artistes et garde en mémoire celle de Maria Casarès.
Théâtre et science font bon ménage, de l'Antiquité jusqu'aux pièces couronnées aux Molières. Mais, dans la pratique, comment faire se rencontrer sur scène sciences et théâtre ? Cet ouvrage témoigne du caractère spécifique de l'exploration scénique des mondes de la science tout en rendant accessibles à tous types de publics les enjeux de la recherche. Au travers d'une variété d'expérimentations, du Laos à Avignon, ce livre polyphonique donne la parole autant aux femmes et aux hommes de la scène qu'à plusieurs universitaires autour d'une vision plurielle du théâtre de science. Laissons-nous guider dans la découverte de ces voies surprenantes d'une synergie créative entre scientifiques et professionnels du théâtre.
Aujourd'hui, le dérèglement climatique accentue la fréquence et la violence des catastrophes naturelles. La protection des villes, par la concentration de leur population et l'importance de leurs enjeux économiques, sociaux et politiques, constitue une priorité. Jeune chercheuse, l'auteure développe des outils de gestion innovants centrés sur la résilience urbaine. Dans cet ouvrage au propos clair et abordable, Charlotte Heinzlef rappelle d'abord l'origine de la notion de résilience. Elle explique ensuite, en s'appuyant sur l'exemple d'Avignon, pourquoi la résilience urbaine permettra de mieux préparer les villes à faire face aux risques d'inondations et, plus en général, aux évolutions critiques du climat.
Les méduses. Faut-il vraiment en avoir peur ? Et, si oui, pourquoi ? Que sait-on de ces « invertébrées » ? Comment ces animaux, à l'apparence si étrange, vivent-ils et se reproduisent-ils ? Dans ce livre très accessible, Alain Thiéry, chercheur à l'Institut méditerranéen de biodiversité et d'écologie, nous offre, en spécialiste réputé, une synthèse des connaissances actuelles. Il répertorie les espèces de méduses visibles en Provence et Méditerranée, explique les soins à porter en cas de « piqûre » et, surtout, restitue toute l'importance scientifique et culturelle de ces petites bêtes dont certaines propriétés, dûment exploitées, pourront nous aider à résister aux bouleversements climatiques en cours.
L'intelligence artificielle. Un concept aujourd'hui si populaire, une réalité pourtant si décriée. De quoi s'agit-il exactement ? Quel rapport entretient-elle avec le cerveau humain ? Quelles en seraient les limites ? L'auteur entend répondre à ces questions avec un double objectif : présenter une introduction agile aux univers de l'informatique ; favoriser la compréhension des enjeux actuels de la société numérique. Par ce livre, Pierre Jourlin, enseignant-chercheur en informatique à Avignon Université, apporte sa contribution en éclairant de l'intérieur cette boîte souvent considérée comme intrinsèquement opaque.
Cavaillon au Moyen Âge est une grande inconnue. Pourvue d'un riche passé romain, elle est pourtant l'une des principales cités du Comtat Venaissin, insérée dans un réseau économique et politique dense et bénéficiant d'atouts particuliers, en premier lieu son emplacement, entre Durance et Luberon. Cavaillon médiévale c'est, entre autres, une ville où l'Église dispose d'une place prépondérante et où les anciennes familles nobles maintiennent longtemps leurs pouvoirs. Dans le même temps, c'est aussi une cité où les pratiques du crédit acquièrent une réelle importance dès le xive siècle. Se nourrissant de données archéologiques comme de documents d'archives, cet ouvrage propose un portrait vivant et captivant de la ville médiévale, dans une édition richement illustrée.
Des Français, des Lorrains surtout, partent au XVIIIe siècle coloniser le Banat, région d'Europe centrale au coeur de la monarchie des Habsbourg. À la fin de la seconde guerre mondiale, une partie des descendants de ces pionniers arrive, après de saisissantes péripéties, à rejoindre la France et faire revivre le village de La Roque-sur-Pernes. Smaranda Vultur, anthropologue et historienne roumaine, s'est penchée sur cette odyssée, en mobilisant une importante iconographie et de nombreux témoignages inédits en français. Au fil de ces pages, se dessinent des destinées incroyables qui construisent une mémoire partagée et un récit commun. Référence essentielle pour cette histoire unique, ce livre est aussi appelé à devenir un classique pour quiconque s'interroge sur la création de mythes mémoriels, sur la production de discours rassembleurs, bref sur la définition même de toute identité collective.
Comment l'armée romaine s'est-elle donné les moyens de sa puissance ? La réponse est plus complexe qu'il n'y paraît : il a fallu apprendre à en recruter les hommes, à les former, à les éduquer et à leur enseigner ce qu'être soldat pouvait signifier. C'est un vrai enjeu de civilisation qu'explore ici Catherine Wolff, professeur émérite d'histoire romaine à l'université d'Avignon. Une histoire faite de réussites et d'échecs, qui montre aussi les limites de la « grandeur » militaire de Rome. Ce livre est tout à la fois un itinéraire qui touche aux fondamentaux de la civilisation romaine et un parcours retraçant plus de vingt ans de recherches. Ce volume est aussi un florilège en forme d'hommages provenant d'amis et de collègues qui disent leur bonheur d'avoir cheminé en compagnie de Catherine Wolff.
Les humanistes du XVIe siècle nous ont accoutumés à ne penser la Bible qu'à partir de ses langues d'origine, l'hébreu et le grec. C'est oublier que toutes les traductions en langues occidentales ont pris naissance à partir des traductions latines. L'une d'elles, la Vulgate, fut longtemps considérée comme sacrée, alors qu'elle connut plusieurs révisions jusqu'à la fin du XXe siècle. La croyance en l'immuabilité du latin biblique est donc un leurre qu'il faut dénoncer. Le livre limpide de Peter Stotz dresse un tout autre constat, issu d'une réflexion sur les enjeux et les succès de cette Bible en latin que l'on a cru inspirée, sur l'idée aussi de traduction littéraire.
Qu'est-ce qu'être musicien au XVIIIe siècle ? Dans un livre qui se lit comme un roman, Aurélien Gras restitue avec finesse et sensibilité l'univers social et professionnel de ces artistes d'Ancien Régime, qu'ils soient compositeurs ou interprètes. À partir de minutieuses recherches dans les fonds d'archives provençaux, de Marseille à Arles, en passant par Aix et Avignon, l'auteur fait résonner leurs notes partout, de l'église à la rue, du théâtre aux noces de quartier. Dans cette Provence moderne, les lecteurs verront aussi surgir tout un pan de la vie sociale, encore trop ignoré. Prenons donc plaisir à découvrir les conditions d'exercice d'un métier à la fois essentiel et marginal dans une société d'ordres qui ne pouvait subsister sans se célébrer en musique.