Éditions Séguima
« C'est l'Afrique », pour l'année 2024, est une anthologie africaine de la Nouvelle.Elle est constituée de vingt-cinq textes d'une séduisante littérarité provenant de huit pays du continent africain. C'est le résultat d'une sélection sur une assiette de cent douze manuscrits venus de quinze pays.L'ouvrage qui comporte, pour la plupart, des textes d'une africanité volontairement marquée, nous présente justement l'Afrique et les Africains dans toutes leurs facettes. Oui ! Notre continent n'est ni un halo de bonheur continu ni une pénombre de mystères où règnent le malheur et la pauvreté.C'est l'Afrique du rythme et de la réflexion où s'acoquinent l'humour et le pathétique, la résilience et la résistance, nos franches avancées comme nos bêtises honteuses.Ce n'est ni l'Afrique idyllique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales, ni le continent encore colonisé qui prône l'assimilation ou la sujétion. Elle n'est pas non plus un continent riche dont les habitants pauvres tendent la sébile, le regard larmoyant.L'Afrique de ce recueil est une Afrique qui, face à elle-même, reconnaît ses tares, élève ses valeurs et, regardant le monde sans complexe, choisit ce qu'il faut qu'elle prenne aux autres et ce qu'il faut qu'elle leur laisse.Ainsi, riche de ses valeurs retrouvées, elle tend vers le progrès novateur. L'originalité qui fera changer positivement le monde viendra du continent que nous a révélé Cheikh Anta Diop, au prix de grands sacrifices.
Jeune instituteur, Souleymane Diémé est passionné autant par la pédagogie que par l'art de la parole en flots et la magie de l'écriture. Il est slameur et poète. Aussi bien quand il déclame que lorsqu'il écrit, Diémé séduit les esprits et caresse les âmes. Très actif dans le mouvement associatif, il est à la fois membre du Collectif Parlons Poésie, de l'Association Agora littéraire et du mouvement Grand A. Orfèvre des mots, ses perles préciseuses, le lecteur les trouve dans des oasis perlées le long de ce recueil.
Entre le passé et le futur, il y a la passerelle du présent avec ses bosses, ses creux et ses pentes raides. "Si jeunesse savait ! Si vieillesse pouvait !". Cette ambivalence résume les rapports empreints de complicité entre Grand-père et Petit-fils, deux personnages évoluant dans ce recueil de contes à allure de fables, comme deux acteurs d'un récit pédagogique. Le troisième millénaire est une ère de nouvelles technologies aux implications incontrôlables. Découvertes sensationnelles, connaissances prodigieuses. Les limites du réel sont repoussées. Jusqu'où ? Où va-t-on ? La nouvelle intelligence si aiguisée, se met-elle au service de bien ou du mal ? La question préoccupe Antoine Emmanuel Sarr. Alors, il s'investit dans la morale. De façon presque ludique, par des textes illustrés, il s'adresse à la jeunesse...
L'auteur est un enseignant-poète panafricaniste. Pédagogue jusqu'au bout des ongles, dans ses écrits, il professe, guide et éduque. Le plus étonnant chez ce jeune seereer né à Daaru Seen à Mbuus Naax est qu'il manie la langue Wolof avec une compétence exceptionnelle. Ahmadu Lamin Samba CAW est un militant de la conservation et de la préservation des valeurs culturelles africaines. Pour lui, nos langues maternelles constituent un précieux patrimoine à protéger. Ce livre est sa deuxième publication. La première était intitulée : « Rootiaat » Une langue nait, grandit, et meurt. Si on ne s'en sert pas, elle tombe en désuétude. Si on la parle sans l'écrire, elle subit l'agression de l'expression de cultures dominantes ou hégémoniques. Cela, notre auteur en est conscient. C'est pourquoi, il tient à écrire en Wolof avec compétence et talent.
Face au destin, l'auteur se sentant comme strangulé par les atrocités d'une existence qu'il trouve aberrante... D'une voix déchirante et touchante à la fois, il crie non son désespoir, mais sa rage de changer les choses en regardant la créature humaine hissée au rang de la félicité, dégringoler. Béninois de Tohouè, il est titulaire d'une licence de philosophie obtenue à l'Institut pontifical Jean Paul II à Cotonou et un baccalauréat philosophique à l'Université pontificale ubanienne de Rome (Italie). Il enseigne actuellement le français et la religion.
Âgé de sept ans, Lamarana est un enfant réduit à la mendicité pour le compte d'un adulte fainéant. Au grand désespoir de sa maman, il est contraint de rejoindre ces milliers d'enfants malheureux errant dans les rues de Dakar. Chaque jour, Lamarana souffre dans cet environnement rude. Marchant les pieds nus et affrontant les dangers inhérents à la ville, il mendie. Son maître attend de lui quotidiennement la somme de cinq cents francs. Tout écart déficitaire sur le montant entraînerait des sévices pour lui. Ses rares moments de réconfort, il les vit auprès de sa bienfaitrice Tata Mberry. Cette dernière le considère comme son fils biologique et le couvre de tendresse. Lamarana nourrit de grands rêves et garde l'optimisme de devenir un grand homme. L'absence d'une maman dénonce l'exploitation des enfants dans la mendicité. Simon Bouré Diouf, son aïeul maternel, l'inscrivit à l'école de Kayar (Thiès). Il fut Major de sa Promotion au Prytanée Militaire Charles N'Tchoréré de Saint-Louis. Cheikh Sanou Mône Diouf est aussi membre de l'Institution Royale du Sine. Sa première publication, Coups bas entre socialistes aux éditions Harmattan Paris en 2017 a laissé bonne impression chez plusieurs lecteurs. Avec L'absence d'une mère, il récidive, de fort belle manière.
Marième Ngom a 20 ans. Elle a une démarche littéraire quelque peu hâtive mais tellement plaisante ! Elle s'empresse de traquer le quotidien, la course folle vers le destin... Coudy Diallo, personnage touchant, sa mère, son père, sa tante... Des figures énigmatiques. Son style est naïf, son phrasé brut, sans reptation, son verbe simple. Le récit est captivant. L'oeuvre à la trame faussement enfantine est réaliste, immédiatement plausible. Autobiographie ? Fiction ? La question lui a été posée. Sa réponse ? Un rire jusqu'aux oreilles. Et puis, c'est tout. Cette jeune Saint-Louisienne du Sénégal qui a fait ses humanités à Thiès, ville culturelle par vocation, où elle a contracté le virus de l'écriture, est en train de poursuivre ses études à l'Institut Supérieur de Droit (ISD) à Dakar. Qu'elle devienne juge, avocate, conseillère ou autre personnel judiciaire, il faudra que sa plume reste active dans le domaine littéraire. Autrement, c'est un talent qui se noie alors que notre auteure a une tête à porter les deux casquettes, tout en restant sereine. Que l'on me pardonne ! est un texte court qui nous secoue et nous détend en même temps.