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L'art queer, par ses représentations, a un impact direct sur la transformation de nos sociétés. Il interroge et déplace les catégories de genre, de sexe et de sexualité, et participe avec force à la visibilité de la communauté LGBTQIA+. Mais les artistes queers représentent une minorité sociale. Quand leurs oeuvres sont exposées, les questions de sexualité et de genre sont souvent évitées. Néanmoins, les enjeux que l'art queer représente sont davantage pris en compte, notamment la manière dont il nourrit de nouveaux discours sur l'hors-norme, l'exclusion et la hiérarchie. Les diverses thématiques traitées dans l'ouvrage mettent en lumière le rôle et la place des artistes dans les luttes sociales. Elles permettent de mieux comprendre les enjeux actuels liés à la construction du genre et à la nécessité de « faire communauté » au sein de nos sociétés.
Faire société égale propose des solutions concrètes pour rendre nos quotidiens plus égalitaires et plus vivables. À travers dix chapitres pensés comme autant de droits fondamentaux, Célia Ferrer et Édith Maruéjouls interrogent les inégalités qui traversent nos vies, tout en formulant des propositions réalistes et pragmatiques pour les corriger.Elles mettent à notre disposition leur expérience professionnelle et militante - fortement ancrée dans l'action de terrain - pour améliorer le « vivre ensemble ». À la fois essai, plaidoyer et guide pratique, ce livre s'adresse aux professionnel·les, aux élu·es, aux militant·es et à toutes les personnes qui veulent agir à leur échelle.Et si imaginer une société plus égalitaire n'était pas une utopie inatteignable, mais une nécessité partagée qu'il est possible de mettre en place concrètement, sans moyens extravagants ?Triger warning : ce livre pourrait vous donner envie de changer concrètement la société pour la rendre plus égalitaire.
Et si la gestation pour autrui pouvait redessiner les contours de la parentalité ? Redéfinir la gestation pour autrui de Marie Dry propose une analyse audacieuse et queer de la GPA.
Et si devenir mère était un combat quand on est femme handicapée ? Une grossesse ordinaire raconte le parcours semé d’embûches de Sushina Lagouje, myopathe.
La tornade qui s'est levée dans le crâne d'Avril, alors expatriée au Québec, a tout détruit en quelques heures - la laissant entièrement paralysée. Cet évènement va non seulement bouleverser ses capacités physiques mais aussi toutes ses représentations, en particulier sur la valeur d'une vie éloignée des normes. Ce témoignage nécessaire et profondément humain nous touche et nous émeut , il nous permet aussi de réfléchir et d'interroger le validisme de nos sociétés. Car si les corps peuvent parfois se rééduquer, nos regards, eux, doivent l'être impérativement.
Jusque là, Mylène Farmer n'a pas beaucoup intéressé les sciences humaines. Pourtant, travailler de façon approfondie sur l'artiste, son oeuvre et ses publics, c'est rendre compte d'un phénomène d'une ampleur sans équivalent et sociologiquement passionnant, à plus d'un titre. Elle aborda très tôt, par exemple, la question du genre et d'un certain désenchantement générationnel - qui marquent profondément nos sociétés actuelles.Faire une sociologie de Mylène Farmer, c'est donc observer la façon dont les grandes questions sociales sont traitées, interprétées, mises en texte et en image. Mais une telle étude ne peut faire l'économie d'une analyse approfondie des publics de l'artiste - tant ses fans accompagnent et portent son oeuvre, jusqu'à en faire partie. Pour y parvenir, Marielle Toulze et Arnaud Alessandrin ont recueilli des centaines de témoignages et produit une analyse inédite - faisant de cet ouvrage à la fois un modèle du genre et une enquête passionnante à lire.
Mika Alison s'appuie sur son parcours de transition personnel - mené alors qu'elle était déjà enseignante - et sur sa pratique professionnelle quotidienne pour nous livrer quelques éléments d'analyse sur la lutte contre les discriminations dans le milieu scolaire. Si l'école entretient encore parfois un rapport ambigu avec les transidentités et plus largement avec les questions LGBT+, des avancées certaines doivent être soulignées. Bien entendu, il reste du chemin à parcourir - et l'autrice s'y emploie, que ce soit en tant que professeure, qu'experte associée sur les questions LGBT+ au sein de son académie ou par le biais de son engagement associatif. Ce témoignage rare, courageux et même émouvant, offre l'occasion de découvrir quel regard porte notre système scolaire - et, plus largement, notre société - sur les personnes transgenres, à travers le vécu et les analyses d'une « transeignante ».
Aujourd'hui, l'intelligence artificielle serait capable de distinguer un cerveau de femme de celui d'un homme. Pour certain·e·s, cela constituerait la preuve irréfutable de la pertinence indépassable de ces deux catégories figées d'êtres humains. Mais que peux vraiment dire la science à ce sujet ?Cet ouvrage décortique le sexe et le genre tels qu'ils sont mobilisés dans les sciences biomédicales, notamment en épidémiologie. Il propose aussi des stratégies originales, innovantes et cohérentes pour « capturer le genre » (au sens de système structurel normatif) par le biais d'analyses quantitatives.En explorant les mécanismes sociaux de genre en jeu dans la construction des différences biologiques entre les hommes et les femmes, on révèle l'intrication complexe du social et du biologique. Tout au long de ce livre passionnant, on découvre une biologie plus complexe et dynamique que ce que les thèses essentialistes nous présentent comme étant « naturel ».
En 1956, la France est représentée à l'Eurovision - la plus grande scène musicale au monde ! - par une chanteuse lesbienne. En 2024, le trophée a été remporté par l'artiste suisse non binaire Nemo qui interprétait une chanson célébrant son identité de genre. En l'espace de soixante-huit ans, tout le spectre LGBTQ+ a rayonné sur la scène de cet événement planétaire et populaire, qui n'existe nulle part ailleurs. À travers une série de portraits et de décryptages, Fabien Randanne montre que l'Eurovision a toujours été un miroir des questions sociétales et une caisse de résonance pour des personnes longtemps invisibilisées. Souvent perçu comme un simple divertissement kitsch, l'Eurovision est en réalité la bande originale de la psyché européenne. D'un chapitre à l'autre, on comprend comment la plus grande compétition musicale est devenu un espace résolument progressiste et précieux, alors que les conservatismes, les populismes et les idées réactionnaires gagnent du terrain.
Les formes de mobilisations féministe et LGBTQ+ sont plurielles - allant des pratiques individuelles aux actions collectives, de l'activisme virtuel (blogs, réseaux sociaux, forums, etc.) au militantisme de terrain (manifestations, happenings, création d'espaces non mixtes, etc.). Au-delà de cette grande variété d'actions, d'organisations et de politiques, existe-t-il des similitudes entre ces différents types d'engagements ? Peut-on en déduire des spécificités qui seraient propres aux mobilisations liées aux identités sexuelles et de genre ? Ce sont ces questions, entre autres, que cet ouvrage évoque en filigrane. Les textes réunis ici permettent d'explorer toute la richesse de ces militantismes et d'en analyser les caractéristiques, de façon interdisciplinaire. L'approche académique y est complétée par des témoignages d'acteurs et d'actrices de terrain.
Le féminisme est aujourd'hui en danger, alors que son unité et ses fondamentaux sont violemment remis en cause par des activistes issus de courants de pensées identitaires et relativistes. Le mouvement LGBT, lui, se fracture en interne et ne représente plus guère les lesbiennes féministes. Pourtant, se retrouver est indispensable : des luttes pour l'égalité réelle restent à mener et ne pourront l'être que toutes et tous ensemble.
Aujourd'hui, l'essentiel de la biodiversité se trouve sur les territoires des peuples autochtones, qui représentent une partie essentielle de la diversité humaine. Pourtant, le modèle de conservation dominant exclut de fait les peuples qui vivent dans les aires protégées. Les violations des droits humains au nom de la protection de la nature sont nombreuses.Le passé de la conservation, enraciné dans le racisme, le colonialisme et la prédation, n'a jamais été remis en cause. L'image du « primitif à civiliser » et d'une « nature sauvage à sauver » perdure. Fiore Longo, anthropologue, nous montre que notre modèle de protection de la nature est basé sur une série de mythes, qui doivent être déconstruits.Car dans la démystification de nos imaginaires se cache la possibilité de construire de nouvelles images et d'envisager différemment notre avenir - pour mettre en place une protection de la nature respectueuse des peuples autochtones, décolonisée et réellement efficace.
L'actuel statut juridique des animaux doit évoluer, car il ne les protège pas assez. L'humanité, étroitement dépendante de leur existence, ne peut plus les considérer uniquement à l'aune de ses intérêts et doit leur donner une véritable protection. Dans cette optique, la cause animale peut être vue comme un nouveau « mouvement de justice sociale ». Au fil d'anecdotes personnelles et d'exemples de terrain, Charlotte Arnal fait vivre de façon très abordable les grands principes du Droit animalier - une spécialité juridique en plein essor. Elle propose aussi plusieurs réformes très concrètes pour faire avancer les droits des animaux. Très accessible, ce petit traité d'émancipation animale intéressera toutes les personnes qui ne considèrent pas les animaux comme des objets, mais aussi les professionnels du droit et les militants qui souhaitent mettre en avant des mesures juridiques fortes pour consolider le statut des animaux dans nos sociétés.
Si l'écologie est soutenue par la grande majorité des citoyens, elle provoque aussi des réactions violentes. En effet, des industriels et des politiques aux intérêts financiers contraires à la protection de l'environnement font tout pour casser ce vaste mouvement et freiner la prise de conscience internationale. Avec presque un meurtre par jour dans le monde, certains n'hésitent pas à faire taire définitivement les militants qui les gênent, notamment en Amérique du Sud. Fort heureusement, nous n'en sommes pas là, mais les tensions se multiplient dangereusement et les écologistes de terrain sont de plus en plus systématiquement attaqués par tous les moyens : financier, juridique, médiatique, politique, policier. Dans ce livre sans concession, Danièle Boone et Marc Giraud mènent l'enquête, dressent l'état des lieux de ces pressions inquiétantes et s'interrogent : sommes-nous encore en démocratie ?
Véritables espaces publics miniatures, les cours de récréation sont le lieu des premières inégalités - en particulier entre filles et garçons.L'aménagement des espaces peut en effet jouer un rôle déterminant dans la reproduction de schémas discriminants. L'absence de mixité, par exemple, est souvent favorisée par la configuration des lieux et le type d'activités qui y sont proposées.En analysant ces espaces scolaires et les relations qui s'y nouent, Édith Maruéjouls aide les écoles à lutter concrètement contre les discriminations liées au genre. Elle nous invite dans cet ouvrage très abordable à découvrir ces « géographies scolaires du genre », sa méthode de travail et les solutions permettant de rendre l'école plus inclusive.Car il est essentiel pour la réduction des inégalités et des violences de genre dans nos sociétés que tous et toutes puissent faire, au moins à l'école, je(u) égal.
La polémique concernant l'identité de la traductrice néerlandaise (puis du traducteur catalan) des textes d'Amanda Gorman marqua les esprits par sa virulence. Mais au coeur de cette affaire se trouve finalement un questionnement assez simple : faut-il ressembler à l'auteure pour pouvoir la traduire ? Cette polémique ne fait qu'interpeler de nouveau, en somme, la légitimité du traducteur. Mais il est vrai qu'en s'ancrant sur le terrain de l'identité, elle questionne le manque de diversité (réel ou supposé) de la profession. Elle vient aussi s'ajouter à d'autres problématiques : certains soulignent par exemple l'asymétrie excluante du marché littéraire, qui invisibilise de nombreux professionnels de la traduction. Dans ce moment particulier, alors que se combinent plusieurs interrogations, il apparaît tout spécialement utile de donner la parole aux traductrices et traducteurs.
Ce récit autobiographique déchirant retrace le combat d’une femme pour se libérer du poids de l’inceste et de la violence patriarcale.
Depuis la publication de son premier essai, Les Littératures de l'exiguïté, François Paré n'a cessé de réfléchir aux conditions d'émergence et de reconnaissance de ces littératures dominées, aux « marges étroites » - que ce soit en raison de leur nombre de lecteurs, de leur langue d'écriture, de leurs difficultés d'accès au statut de littératures publiées. Dans un champ de recherche où ces questions sont étudiées de manière très spécialisée et cloisonnée (la littérature basque, corse, togolaise, franco-ontarienne, etc.), François Paré propose une réflexion transversale particulièrement stimulante.
La proximité entre auteurs de littérature et édition est ancienne ; ces métiers, souvent, furent occupés conjointement, tout particulièrement au XIXe et XXe siècles. Ces auteurs prenaient alors eux-mêmes en charge leurs oeuvres, devenaient un temps imprimeur, ou éditeur. L'auto-édition pouvait déboucher sur de véritables entreprises éditoriales, des plus prestigieuses ; les liens entre les fonctions étaient multiples, peu normalisés et cette souplesse a pu servir la production d'oeuvres majeures. L'auto-édition d'aujourd'hui - celle qui repose sur les plateformes numériques de publication - s'inscrit à la fois dans cette histoire tout en marquant une rupture : il ne s'agit pas de « faire livre » mais de trouver le plus petit dénominateur commun à une multitude de lecteurs.
Apparues il y a 440 millions d'années, les forêts sont des biotopes indispensables à la survie et au bien-être de l'humanité ; leur sort nous concerne tous et toutes. Or, les forêts - entendues comme des écosystèmes naturels et non pas comme des plantations industrialisées - sont de plus en plus menacées, partout dans le monde. Alain Persuy pointe, dans cet ouvrage, les principaux dangers qui pèsent sur elles. Il appelle à une véritable gestion environnementale et multifonctionnelle des forêts. Dans cette lutte pour leur préservation, l'auteur souligne l'importance de la mobilisation citoyenne. À travers 12 grands types d'actions, il nous propose de résister concrètement au mouvement d'industrialisation des forêts. Que ce soit en choisissant la bonne certification pour nos meubles ou en se lançant dans la création d'un groupement forestier, nous pouvons tous participer à la sauvegarde des forêts vivantes.
Nous sommes aujourd'hui confrontés à une situation inédite dans l'histoire de l'humanité. Pour la première fois - à ce niveau d'intensité et avec cette rapidité -, notre environnement est durablement et radicalement bouleversé. Il devient, plus que jamais, instable et imprévisible, alors qu'il conditionne notre existence même. L'imminence de ce péril, l'insécurité qu'il suppose et le poids de notre responsabilité pèsent sur nos sociétés et sur les individus.Face à la catastrophe environnementale, Amaena Guéniot estime qu'il est indispensable d'ancrer notre pensée dans la tradition philosophique. D'une façon très claire et abordable, elle nous montre comment Platon, Aristote, Rousseau, Kant ou encore Weil et Arendt peuvent nous aider à penser ce défi historique sans précédent. L'enjeu est de taille, car il nous faut revoir entièrement les conditions et les finalités de l'activité humaine dans ce nouveau contexte - celui d'une Terre brisée qu'il nous faut reconstruire.
Faire la paix est sans doute l'un des tout derniers textes inédits de Michel Rocard. Sa devise "Penser clair, parler vrai, agir juste" y est ici parfaitement illustrée. L'ancien Premier ministre y revient sur sa gestion de la crise néocalédonienne après l'épisode sanglant de la grotte d'Ouvéa, en 1988, et sur la signature des accords de Matignon qui ont permis de préserver la paix sur l'archipel océanien. D'une façon plus large, Michel Rocard s'y fait aussi théoricien de l'art et la manière d'instaurer la paix - des préceptes qui rendent ce texte profondément original et singulièrement moderne, susceptibles de s'appliquer à de nombreux types de conflits. Propos recueillis par Odile Conseil.