CEDEJ - Égypte/Soudan
La caricature, ou le dessin politique, occupe une place très particulière dans la presse contemporaine. De nombreux dessinateurs du monde entier, lui ont permis d'acquérir de véritables lettres de noblesse. Illustrations d'articles, à l'origine, ces dessins sont devenus des éditoriaux. La presse égyptienne a, elle aussi, ses virtuoses du crayon dont le trait témoigne à la fois d'un humour prodigieux - et parfois particulièrement mordant - et d'une capacité étonnante de résumer l'humeur voire les humeurs de tout un peuple.
1932. La musique arabe est à un tournant crucial de son histoire. Au Maghreb, le répertoire classique n'offre plus qu'un souffle indigent. L'Égypte, tournant le dos à un « classicisme » de fraîche date, explore des voix nouvelles. Seul l'Irak, faiblement pénétré des influences extérieures, préserve une authenticité. Le Congrès historique est un appel au secours (tourné en partie vers l'Occident). S'il ne parviendra pas à inverser le cours naturel de l'histoire, il nous laisse un ensemble documentaire de toute première importance. C'est ce legs que le colloque réuni au Caire du 25 au 28 mai 1989 s'est fixé pour but d'étudier : ses qualités, ses faiblesses, l'impact des techniques et des idéologiques. La première partie de ce livre rassemble les textes issus de cette réflexion pluridisciplinaire. En seconde partie, une analyse de la presse égyptienne d'époque jette un regard neuf sur les tensions sous-jacentes aux débats et complète la documentation jusqu'ici disponible. Sans oublier l'effort accompli dans le domaine de l'organologie ni ceux et celles qui, en Égypte, ont prêté leurs voix aux enregistrements.
Maurice Martin (1915-2004) fut un homme d'Église à sa façon singulière. Jésuite, il vécut plusieurs décennies au Caire, où il enseigna dès les années 1960 la philosophie. Il côtoya la jeunesse cairote des écoles, les fellahs et les intellectuels. Il arpenta la campagne égyptienne et il observa la vie urbaine. S'il répertoria les traces d'un passé antique, il fut également un observateur curieux et attentif de l'Égypte post-nassérienne, celle des années 1970 et 1980. Témoin des événements, il s'intéressa à la société qui l'entourait, et à laquelle il consacra de nombreux articles à partir des années 1970. C'est ce regard qui est au coeur de cet ouvrage. L'ensemble des textes réédités livre un aperçu de l'évolution de la société à travers la chronique d'un témoin au regard particulier. Les analyses fines et riches du père Martin conservent une indéniable actualité en 2018, à l'heure de la contre-révolution, de la redéfinition des enjeux migratoires et des réformes mises en oeuvre par le Fonds monétaire international. Ce recueil est, à de multiples égards, une source passionnante et stimulante pour les chercheurs ou les amateurs de l'histoire contemporaine égyptienne.
À partir d'un volumineux dossier de presse (trente-sept articles tirés de divers journaux et revues), un panorama très complet du secteur bancaire islamique, de son fonctionnement, de son évolution comme de son influence et des enjeux qu'il représente. Précédé d'une importante introduction.
« Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés... » La pertinence de la métaphore médicale qui s'impose à la presse égyptienne pour traiter du problème de la drogue en Égypte se justifie de divers points de vue. D'une part, elle désigne le caractère « endémique » du phénomène, en même temps que le fait qu'il passe par différentes phases : l'Égypte a expérimenté, depuis le début de ce siècle, diverses formes de toxicomanies qui correspondent, dans l'analyse qu'en fait la presse, aux différentes phases d'une seule et même « épidémie ». Le haschisch, permanent dans le paysage égyptien depuis des temps immémoriaux, à propos duquel Clot bey écrivait déjà, au début de ce siècle : « Les Égyptiens sont, de toutes les races, la plus portée au haschisch, dont les effets répondent aux qualités propres et à la nature de ce peuple et au goût qu'il manifeste pour tout ce qui est étrange ou merveilleux. » L'opium, presque aussi constant, mais dont le coût plus élevé restreint quelque peu la propagation. Après la première guerre mondiale, la cocaïne et l'héroïne font dans le pays une première incursion, dans les classes enrichies par le boom du coton, mais aussi dans l'embryon de prolétariat égyptien employé dans les filatures ou le bâtiment. On raconte même que certains entrepreneurs peu scrupuleux payaient leurs ouvriers pour partie en cocaïne, d'une part, pour augmenter leur productivité, et d'autre part, pour se les attacher plus sûrement. Depuis le début des années 70, du fait de la flambée des prix des stupéfiants « naturels », occasionnée par une série de campagnes de répression, de nouveaux produits « de synthèse » ont envahi le marché - amphétamines, Maxiton, psychotropes divers, consommés seuls ou en « cocktails » - ainsi que, ces derniers temps, l'héroïne elle-même, qui effectue un retour en force en Égypte, si l'on en juge par la multiplication des saisies opérées par les services de répression.
Le présent dossier se donne pour objectif de présenter au lecteur les différentes prises de position que la révolution iranienne et l'instauration d'une République islamique en Iran ont suscitées en Egypte, telles qu'elles s'expriment dans les publications des principaux courants de la vie politique égyptienne. Il n'y aurait cependant pas eu grand intérêt à nous borner à mettre en évidence les grands clivages que le soutien ou l'hostilité au régime de l'Imam Khomeyni déterminent sur la scène égyptienne. Ainsi, nous n'avons pas tant cherché à souligner la position de tel ou tel dirigeant, de tel ou tel parti ou organisation, qu'à rendre sensibles les modalités et les enjeux de ces prises de position. En d'autres termes, nous avons choisi de nous intéresser aux raisons invoquées, aux légitimités au nom desquelles, en Egypte, on accorde ou on refuse son soutien à l'Iran de la révolution islamique. Nous nous sommes efforcés de montrer comment chacune des forces en présence sur la scène politique égyptienne a pu utiliser la révolution iranienne pour réaliser des objectifs propres ou pour formuler sa vision stratégique du rapport des forces dans la société égyptienne et au niveau du monde arabo-islamique en général. La révolution iranienne reste à définir. Les textes que nous présentons s'y emploient et, ce faisant, leurs auteurs sont amenés à préciser leur conception du statut de l'Islam dans la société, dans l'Etat et au niveau des relations internationales.
Découvrez L’architecture moderne en Égypte et la revue Al-´Imara, une plongée inédite dans l’évolution architecturale égyptienne à travers l’étude de la revue emblématique Al-´Imara.
Les Mémoires d'un souverain du khédive Abbas Hilmi (1892-1914) qui sont présentés ici dans leur version originale, en langue française, posent bien des problèmes qu'on ne peut pas ne pas évoquer brièvement. Il s'agit d'un texte dactylographié dont on ne connaît pas d'original manuscrit. L'Avertissement (qui est peut-être dû à Khalifa Boubli, secrétaire privé de l'ex-khédive, et signataire de Y Avant-propos) indique que le « texte original » a été réparti en chapitres, suivant les indications que le souverain a lui-même données « dans la marge de son manuscrit », et que des notes de sa main ont été insérées à leur place respective. Mais de cette version première du texte nous ne savons rien. La dactylogramme dont nous disposons a fait l'objet de corrections assez nombreuses effectuées par plusieurs relecteurs, mais apparemment non par le khédive, si l'on compare les écritures aux autographes du souverain. Khalifa Boubli ne donne aucune indication sur la manière dont le texte primitif a été rédigé : on peut supposer qu'il a été dicté.
Jeunesse arabe : menace, ou promesse ? Fardeau, ou porteuse du flambeau ? Êtres fragiles à moraliser, victimes à indemniser, masse grondante à maîtriser, « capital social » ou richesse de la nation ? Experts et politiques alimentent un peu partout le débat. Les sciences sociales ne peuvent que mettre à distance ces discours tout en reconnaissant qu'elles s'inscrivent pleinement dans les savoirs que produisent les sociétés sur elles-mêmes. Ce livre n'est pas un nouvel essai sur les maux de la jeunesse. On n'y trouvera ni dénonciation, ni compassion ni pronostics. Au travers des neuf contributions qu'il regroupe, les auteurs se penchent plutôt sur la jeunesse dans les sociétés arabes comme objet de savoirs, comme catégorie ou comme problème social. Il s'agit en définitive dans cet ouvrage de mieux comprendre les évolutions du monde arabe aujourd'hui à travers les espoirs de sa jeunesse.
L'enseignement en Égypte est un problème dont l'ampleur n'a d'égale que celle de la population à scolariser. Dès lors en aborder toutes les facettes au cours d'un seul séminaire ne pouvait être qu'une gageure. Conscients de ces limites les participants se sont efforcés dans leurs communications de n'aborder qu'une dimension spécifique de la question de l'enseignement. Cette approche nous permet de publier un dossier qui n'est certes qu'un élément de plus dans l'analyse de ce problème fondamental pour le développement de l'Égypte mais qui, dans le même temps, comporte avec les conclusions des spécialistes, un certain nombre de données significatives de la dimension de ce problème comme de son évolution.
L'objectif poursuivi par la présente publication, qui livre les actes d'un colloque réuni au Caire en décembre 1992 sous les auspices du CEDEJ, de l'IFAO et de l'IREMAM sur le thème de la « Réforme sociale en Égypte », ne saurait être, bien sûr, de prendre parti dans ce procès de réécriture de l'histoire de l'Égypte contemporaine : enjeux idéologiques et enjeux scientifiques de ce processus ne sauraient être confondus, même s'il apparaît, à l'usage, souvent bien difficile de les dissocier dans nos démarches effectives de recherche. Tout au plus se proposera-t-on de montrer ici comment le débat sur la réforme de la société constitue le terrain où s'affrontent - prospectivement et rétrospectivement, du point de vue de l'histoire à faire et de l'histoire faite - les différents « scénarios » imaginés par les forces en présence pour dire ce que doit, devrait ou aurait dû être une voie proprement égyptienne vers la modernité, enjeu (idéologique/scientifique) commun des protagonistes de ce débat.
« Mabruk Que Dieu vous le laisse... » En Égypte, un enfant naît toutes les vingt secondes. La population s'accroît à un rythme inquiétant Les pouvoirs publics ont pris conscience de ce problème dès 1953 et se sont de plus en plus mobilisés pour tenter de persuader les parents de limiter les naissances. Mais, après des débuts prometteurs, le succès des campagnes de planning familial a diminué et la natalité reste élevée. Il a semblé intéressant d'en rechercher les raisons ainsi que d'évaluer dans quel climat et dans quelles conditions tous ces enfants viennent au monde. Ce fut un des objectifs d'un travail de terrain plus vaste mené au Caire dans tous les milieux socio-culturels.
Dans l'Egypte de l'entre-deux guerres émerge une nouvelle catégorie sociale : l'effendiyya. Les jeunes hommes qui la constituent - les effendîs - affichent les signes d'une modernité incontestable : diplômés, habillés à l'occidentale, portant le tarbush, ils sont férus de cinéma et grands consommateurs de presse. Conscients du rôle qu'ils sont amenés à jouer pour l'avenir de leur pays, ils tentent de prendre une part active à la vie politique. Mais comment trouver sa place dans une société dominée à la fois par une élite attachée à ses privilèges et par l'occupant britannique ? Comment devenir « moderne » et acquérir une vie meilleure quand la tradition pèse si lourd et que le diplôme mène au chômage ? À travers l'analyse de documents d'époque, Lucie Ryzova brosse le portrait de cette effendiyya prise entre deux mondes et dont la position ambiguë la conduira à devenir l'agent principal des bouleversements sociaux qui marquent la fin de la monarchie.
1919-1952 : de la révolution avortée du peuple égyptien au coup d'État réussi des Officiers libres. Trente années au cours desquelles se précisent peu à peu les traits de la société égyptienne moderne, forgés dans la lutte contre l'occupant britannique et la montée des aspirations à la dignité. Trente années qui, dans la vie des individus, signifient le passage de l'enfance à l'âge adulte. Le récit de Sayyid `Uways se situe à la jonction même de ces deux logiques : celle des aspirations collectives dont il se fait le témoin, celle de la quotidienneté individuelle, dimensions du vécu dans lequel elles se réalisent ou avortent. Peut-être est-ce d'appartenir à ce qui fut, au sens fort du terme, une génération sacrifiée - une génération pionnière - qui dicte à Sayyid `Uways cet irrépressible désir de vé
Khartoum, années 1990 : comment les réformes autoritaires du Soudan et les logiques des ONG internationales se croisent autour d’un enjeu vital, l’eau. Une analyse percutante des ambiguïtés de l’aide au développement en contexte politique tendu.
Le Caire, années 1980 : comment une crise du logement révèle les fractures d’une société en pleine mutation. Le logement en Égypte de Milad Hanna offre une analyse percutante des inégalités urbaines, entre logements vides et familles sans toit.
Qu’est-ce qui pousse une société à basculer dans la violence politique ? Cet ouvrage collectif, centré sur le cas égyptien, offre des clés pour comprendre les mécanismes et les enjeux de ce phénomène complexe à travers une approche comparatiste.
Explorez les dynamiques juridiques et politiques en Égypte, Tunisie, Algérie et Maroc à travers une analyse inédite des systèmes législatifs et de leurs enjeux contemporains.
[Premières lignes] Le libéralisme est, avec son antonyme - le « communautarisme » dans ses différentes réalisations -, au coeur même des problématiques de la science politique, voire, dans l'opposition de ces deux « systèmes », constitutif de cette science elle-même : - au plan de la structuration du champ d'objet de cette science, l'opposition libéralisme/communautarisme désigne la question centrale de la relation entre les individus et les groupes « primaires », d'une part, et la collectivité, d'autre part, en même temps que celle de la nature et des enjeux de la « médiation » ou de l'« arbitrage » étatiques. [...]
Il est possible de pousser très loin - et de nombreux observateurs ne s'en sont pas privés - la mise en comparaison de l'Égypte et de l'Algérie, comparaison qui engage tout à la fois le cours des choses et de l'Histoire dans ces deux contextes et les catégories d'analyse mises en oeuvre pour en rendre compte.
Cinq revues, contemporaines les unes des autres (années 1920), paraissant en un même lieu. Le Caire, ayant un même champ d'intervention discursive, la condition féminine, nées, chacune, de l'initiative d'une femme et tenues par des collectifs féminins affirment, ensembles et en même temps, la possibilité nouvelle pour les femmes - dans un lieu qui y était naguère hostile - de prendre la parole et de s'exprimer. Ces revues constituent, de ce point de vue, des documents, jusqu'à présent restés dans l'ombre. Je me propose, ici, de les faire apparaître au grand jour, dans un travail d'approche qui veut ouvrir une réflexion sur ce que représente, dans le contexte qui est le sien, cette première expression publiée de femmes égyptiennes.
Démocratie et démocratisations dans le monde arabe est l'une des étapes d'un projet commun réalisé par le CEDEJ et le Centre d'études et de recherches politiques de l'Université du Caire (CPRS). C'est au directeur de ce second organisme, Alî al-Dîn HILAL DESSOUKI, qu'appartient l'idée de rencontres régulières entre politologues égyptiens et français, auxquelles ont été invités, chaque fois, des chercheurs d'autres nationalités. Tous les dix-huit mois en moyenne, tantôt d'un côté tantôt de l'autre de la Méditerranée, une trentaine de spécialistes débattent d'un sujet défini au préalable. La première "session" a eu lieu au Caire en janvier 1988, consacrée aux Récentes transformations politiques dans le monde arabe. La seconde, tenue à Paris en juillet 1989, a eu pour thème L'étude du monde arabe contemporain. Approches globales et approches spécifiques.
Parler de la relation entre intellectuels et Etat n'est pas en soi chose nouvelle ni rare. Ce dossier se propose de traiter de divers aspects de cette relation dans un certain nombre de pays arabes contemporains. Il ne prétend pas, certes, être exhaustif : les aspects abordés ici sont très limités en nombre, et de plus les divers articles qu'il regroupe traitent de pays différents, à des moments différents de l'histoire moderne. Tout ceci est fonction des compétences et des orientations de travail de chacun des auteurs.
Par beaucoup d'aspects, le mouvement de balancier qui parcourt les sciences politiques - et singulièrement les sciences politiques américaines - polarisant tour à tour l'attention des chercheurs sur l'Etat, et sur la société, communément qualifiée de civile, s'apparente dans sa structure et dans la logique de sa progression à un feuilleton ou, mieux, à une enquête policière, dont, le principal ressort consisterait en la difficulté, pour le spectateur, à identifier les "bons" et les "méchants". Ce qui l'apparente le plus sûrement à un feuilleton, c'est le rôle que le facteur temps joue dans ce débat : la durée dans laquelle il prend place révèle la vanité d'une attente, celle de voir l'Etat et ceux qui le contrôlent - de quelque façon qu'on les désigne : classes moyennes, bourgeoisie d'Etat, bureaucratie...- assumer leur rôle dans un scénario déjà écrit ailleurs, au terme duquel les sociétés "orientales" accéderaient au pinacle de la modernité, parées de tous ses ornements convenus (rationalité gestionnaire, industrialisation, démocratie, individualisation...).
La communauté copte d'Egypte a connu, sans conteste, une période de développement et de progrès au cours des deux décennies qui ont suivi la révolution de 1919. Elue cette période soit aussi celle où, pour la première fois dans l'histoire de l'Egypte moderne, cette communauté - ou du moins une partie de cette communauté -, sortie de l'état d'isolement et de repli sur soi qui était traditionnellement le sien, participe pleinement à la vie sociale et politique du pays, suffit à indiquer les conditions auxquelles les Coptes se sentent satisfaits de leur situation collective, et, a contrario, celles où ils ressentent un malaise, plus ou moins clairement exprimé.
Ce fascicule, édité la première fois en 2003, est le livret d'accompagnement du cédérom « Un siècle de recensements », lui-même issu d'une coopération de dix ans entre la Central Agency for Public Mobilization and Statistics (CAPMAS) en République arabe d'égypte et le Centre d'études et de documentation économiques, juridiques et sociales (CEDEJ), une Unité mixte française de recherche à l'étranger (UMIFRE), implantée au Caire. Le projet de recherche, initié en 1993, visait la création d'une base de données démographiques et socio-économiques de l'Égypte en procédant au géocodage et au géo-référencement des données statistiques. L'entreprise démarra grâce aux ressources de la bibliothèque du CEDEJ, abritant les livres rares des recensements de la fin du xixe siècle (1882, 1897) et du début du xxe siècle, et grâce au partenariat entre le CEDEJ et le CAPMAS, scellé en 1997. Environ 8,5 millions de données statistiques ont été saisies, 5600 entités géo-administratives localisées et minutieusement cartographiées (villes, villages, quartiers de villes) avec leur hiérarchie administrative et ce, sur douze recensements de la population égyptienne, effectués entre 1882 et 1996.
Et si la bande dessinée était bien plus qu’un simple divertissement ? L’idéologie par la bande révèle comment les héros politiques de France et d’Égypte, vus à travers la BD, deviennent des vecteurs d’aliénation et d’impérialisme culturel.
Loin d'établir un énième bilan des avancées et des reculs de la place des femmes dans le monde arabo-musulman, les auteurs étudient comment la « question féminine » est révélatrice de l'état global des sociétés égyptiennes, marocaines et jordaniennes. Les volontés émancipatrices de la femme provoquent le débat. Cependant, le clivage n'est pas aussi net entre les « modernistes » et les « traditionalistes ». La mouvance islamique est à la fois un lieu de résistance aux changements et un terreau où s'expérimentent des formes d'affirmation de la condition féminine. Néanmoins, une fracture existe entre des élites féministes, dites « occidentalisées », et les courants islamistes, qui trouvent écho dans de larges secteurs de la population féminine.
À travers le destin de Morcos Fahmy, avocat copte de l'entre-deux-guerres, La Parole et la Défense plonge au cœur des luttes juridiques, politiques et sociales de l'Égypte moderne.
Cet ouvrage reprend la matière des conférences et discussions qui eurent lieu lors d'une journée d'étude organisée par le CEDEJ. La thématique principale en était la question de l'autoritarisme, comme catégorie analytique mais aussi en tant que concept opératoire pour l'étude des sociétés du monde arabe aujourd'hui. Sur ce thème, les interventions de Michel Camau et Luis Martinez ont en commun d'apporter des éclairages et d'étoffer la réflexion, à partir de deux entrées différentes. Si l'un parle de consolidation, l'autre pose la question de la violence comme épreuve critique, voire ultime, de l'autoritarisme.