Sociologie (Petite Bibliothèque Payot)
C'est un petit groupe qui possède un grand pouvoir. Ses membres sont dans le secret. Ils savent ce que nous ignorons. Et cela les tient. Cela les valorise. Grâce au secret, ils font société. Les célèbres essais de Georg Simmel sur le secret et sur Venise, la cité du mensonge et de la dissimulation, sont cruciaux pour comprendre notre société de la post-vérité et du contrôle de l'information. Ils montrent que la moindre interaction sociale repose sur ce qu'on dévoile ou cache de soi-même. Conflits, communication, connaissance et ignorance, pouvoir, sont quelques-uns des thèmes de ce recueil où l'on verra aussi comment fonctionnent les groupes de résistance, les théories complotistes, et jusqu'à notre vie amoureuse, nos rêves et nos censures.
Quelles sont les caractéristiques d'une bureaucratie et comment fonctionne le phénomène bureaucratique ? Un écrit du début des années 1910 sur cette notion centrale chez Max Weber.
En 1985, Raewyn Connell publie un article qui aura une influence considérable: "Vers une nouvelle sociologie de la masculinité", où sont abordés pour la première fois le thème de la pluralité des masculinités et la notion de masculinité hégémonique, qui désigne les pratiques utilisées par une majorité d'hommes pour garantir leur position dominante et la subordination des femmes. On trouvera cet article ici, introduit et mis en contexte par Connell elle-même. Lui fait suite un article de 2016, où la sociologue revient sur le concept de masculinité hégémonique dans le contexte postcolonial de la globalisation, qui est celui des inégalités de revenu écrasantes, des profonds déséquilibres de pouvoir, de la rapacité néolibérale et des violents antagonismes autour de la race, de la nation, du genre, de la sexualité et de la religion. Raewyn Connell, professeure émérite à l'université de Sydney, est l'une des sociologues les plus influentes de notre époque. Son oeuvre propose une alternative aux visions figées des rapports de genre et de pouvoir, et nous offre des outils politiques de changement social.
La politique est-elle une affaire de professionnels ? Faut-il vivre et mourir pour des idées ? Ce texte, l'un des plus importants de la pensée politique du XXe siècle, est consacré à la passion politique et au métier de politique. Weber y analyse les dangers de la politique professionnelle et le risque d'un retour à la violence. On y trouvera aussi la distinction célèbre entre l'éthique de la conviction et l'éthique de la responsabilité. La conviction, c'est la passion, c'est croire que la politique concerne des idées pour lesquelles vous vivrez et mourrez ; et la responsabilité, c'est prendre les conséquences au sérieux, se demander ce qui se passera si l'on vit et si l'on meurt selon ces idées.
Qu'est-ce qu'une société ? Sur quoi repose-t-elle ? Et comment reste-t-elle soudée ? Pour éclairer ces questions toujours très actuelles, ce livre regroupe deux essais du grand sociologue et philosophe, tirés de "Sociologie : études sur les formes de la socialisation" : "Comment la société est-elle possible ?" et "Fidélité et gratitude", et les propose dans une traduction nouvelle.
Nos sciences humaines, tout particulièrement la sociologie, valident dans leurs concepts, leurs méthodes et leurs récits une vision impérialiste et raciste de la société. Cela génère à l'échelle mondiale des inégalités dans la reconnaissance et l'autorité intellectuelles, la recherche et les institutions. Il faut décoloniser le savoir. C'est ce que démontrait, en 1997, Raewyn Connell dans un essai iconoclaste devenu une référence : « Pourquoi la théorie classique est-elle classique ? », où elle remettait en cause le statut de « pères fondateurs » de Marx, Durkheim et Weber. Vingt ans plus tard, elle montre dans « Les sciences sociales à l'échelle mondiale » (2017) toute la fécondité et la modernité des théories élaborées dans les sociétés du Sud global et postcolonial, et la nécessité de ne pas les laisser à la périphérie pour penser les grandes problématiques de notre temps. Ces deux textes sont publiés ici, introduits et mis en contexte par Raewyn Connell.
La quasi-totalité de la pensée féministe traitant de la mondialisation économique ou culturelle qui circule au plan international se fonde sur des concepts et des méthodes développés dans les Nords. C'est un problème si l'on veut comprendre les fondements du savoir féministe et le statut de concepts allant du patriarcat et de l'identité jusqu'au genre proprement dit. Pour surmonter cet obstacle, Raewyn Connell suggère, d'une part, d'identifier le degré d'intégration du féminisme dans une puissante économie mondiale de la connaissance, structurée par les inégalités entre métropole et périphérie ; d'autre part, de reconnaître que, malgré cela, le Sud global produit bien des théories et qu'il faut les prendre au sérieux, les étudier avec la même attention que celle que nous accordons aux textes de Simone de Beauvoir, James C. Scott ou Judith Butler. À partir de là, de nouvelles perspectives s'offrent à la théorie féministe.