Reportages
L'immigration internationale n'est plus la chasse gardée des grandes villes. Avec la récente vague d'immigrants temporaires en région, les villages et les campagnes attirent plus que jamais. La régionalisation de l'immigration, qui a longtemps été souhaitée, est maintenant une réalité bien enracinée. Jean-Louis Bordeleau propose dans Être chez nous plus d'une centaine de rencontres avec des néo-Québécois provenant d'Italie, d'Ukraine, du Liban, du Sénégal, de Tunisie, d'Haïti, des Philippines et d'ailleurs, dans quatorze régions. La rencontre de ce Québec régional changeant et méconnu nous fait ouvrir les yeux autant sur les spécificités locales que sur les grandes tendances des migrations globales. Être chez nous raconte leurs parcours, leurs difficultés, leurs espoirs, leurs désillusions et leurs succès.
La Corée ? « Un pays né pour mourir », titrait un journal occidental en 1959. Aujourd'hui, la Péninsule est la onzième puissance industrielle du globe. Un développement économique foudroyant qui a bousculé en quelques décennies une société figée depuis des siècles. Aujourd'hui, dans ce pays profondément confucianiste, l'autorité du père est remise en cause, les femmes s'approprient les lieux et les métiers réservés aux hommes. Urbanisation, démocratisation, ouverture sur le monde modèlent un paysage qui change plus vite que les esprits, comme l'attestent la force des traditions chamanes, le nationalisme exacerbé - ou ces piments que l'on fait sécher en septembre sur des routes où passent toujours plus de voitures. Autant de paradoxes pour le « pays le plus secret d'Asie », et un voyage à l'intérieur d'une Corée qui n'est pas celle des guides de voyage : la Corée de tous les jours où est en train de naître une nouvelle société que nous vous invitons à découvrir.
Le Maroc : 1925, 1947, 1954, 1956... Un village : Souk Tnine. Ses habitants : Marocains, Français. Ceux qui réussissent, ceux qui échouent. Et son hôtel, le Royal Orange, orgueilleux symbole de la présence coloniale où vont pourtant s'inscrire les signes du déclin. Au fil de ces pages, l'auteur retrace, avec beaucoup de vérité, à la fois l'histoire au quotidien de la colonisation française au Maroc et celle d'hommes et de femmes, Arabes et Européens, qui se croisent et s'affrontent dans une fresque pleine d'humanité.
Le Japon sous toutes ses facettes. Durant six années, Jean-François Sabouret a suivi pour France Inter la presse et la télévision japonaises avec attention : événements politiques, évolution économique et sociale, aspects culturels mais aussi faits divers. Pour parler librement de cette vie quotidienne japonaise à la fois si différente de celle de la France et si semblable pourtant : problèmes d'emploi, de mariage, d'éducation des enfants, de logement, de vieillissement, de loisirs, de vacances. Sans détours, page après page, nous découvrons des hommes et des femmes, des adolescents et des jeunes filles qui nous font partager leurs joies et leurs craintes, leurs ambiguïtés et leurs incertitudes. Le Japon et ses voisins. Minorités ethniques et discrimination. L'argent, le sexe, l'amour, le travail, le pouvoir, la politique, l'exclusion, la famille. Autant de coups de projecteur, autant de coups de coeur sur le Japon. Rien de plus véridique que ces chroniques de celui qu'Ivan Levaï nomme un véritable « piéton de Tokyo ».
La Birmanie est, depuis des années, au ban de la société internationale. Premier producteur et exportateur d'héroïne au monde, elle est dirigée par une junte militaire qui a confisqué un pouvoir légitime conquis dans les urnes par Aung San Suu Kyi, à qui fut attribué en 1991 le Prix Nobel de la paix. La Birmanie est aussi une pomme de discorde entre l'Union européenne et l'Association des nations du Sud-Est asiatique, adepte d'un « engagement constructif » avec ce pays, en dépit des sanctions américaines et européennes décrétées contre la junte et des multiples violations des droits de l'homme qui y sont régulièrement dénoncées. La Birmanie est surtout l'enjeu d'investissements économiques formidables et il ne s'agit ni plus ni moins aujourd'hui que de l'attitude des démocraties face à un régime totalitaire. Ce qui nous conduit à nous interroger avec Montesquieu sur le sens d'une coopération avec un pays que l'on qualifie de narcodictature : « Les puissances établies par le commerce peuvent subsister longtemps dans leur médiocrité ; mais leur grandeur est de peu de durée ».
Marcel Bleustein est né en 1906, à Enghien-les-Bains. Fils d'un marchand de meubles, il abandonne le négoce familial pour voler de ses propres ailes et, à 20 ans, il fonde l'agence Publicis. Puis il lance, le premier, la publicité radiophonique, qui devait connaître une expansion prodigieuse (c'est elle qui permet à la Radio américaine de se classer en tête de toutes les industries du Nouveau monde). À 25 ans, il est concessionnaire exclusif de la publicité des postes d'État. À 27 ans, il crée Radio Cité, qu'il dirige jusqu'à la mobilisation de 1939, et dont la brillante réussite n'a pas été oubliée des Parisiens. Il sert pendant la guerre dans l'aviation, à laquelle il s'est toujours intéressé, puis milite dans la Résistance et gagne l'Espagne, où il est incarcéré trois mois. Il s'engage à Londres dans les Forces Françaises Aériennes Libres, en qualité de lieutenant pilote, sous le nom de Blanchet. Après la Libération, il remplit les fonctions de chef des services de presse du Général Koenig, gouverneur militaire de Paris. Démobilisé en 1946, il fournit une nouvelle preuve de sa valeur de self-made man, en s'assurant - en quelques mois - un rôle prépondérant dans les milieux de presse et de publicité.
« J'ai voulu vous parler comme je le fais à de nombreux amis étrangers, auxquels j'essaie de faire comprendre tel ou tel trait de mes compatriotes, le pourquoi et le comment de leurs manières d'être, de penser ou d'agir... » Voici, sous forme d'abécédaire, tout ce que vous vouliez savoir sur le Japon. Écrit « de l'intérieur » par un Japonais impertinent, ancien haut fonctionnaire de l'Unesco et voyageur impénitent, il dessine un portrait insolent des Japonais, à la fois fidèle, équitable et intelligible. L'amour, le couple, les enfants, la fonction publique, le travail, la maison, les loisirs, l'information, les tabous, la politesse, l'argent, les vacances, la corruption, la religion... : tout, ou presque, de la vie des Japonais est passé en revue, étudié, décortiqué, analysé, décrypté et présenté au lecteur avec humour, simplicité, irrévérence.