Problèmes sociaux et interventions soci
Composé des mots anglais slut et shame, le slutshaming humilie, stigmatise, culpabilise et déconsidère les femmes jugées provocantes ou inadéquates, tant par leur attitude que leur aspect physique. Vécue notamment dans le cadre scolaire, dans le milieu familial et dans les relations avec autrui, cette forme de violence vise la sexualité réelle ou présumée d'une personne. Au coeur de ce phénomène se trouvent la honte et l'humiliation comme instrument de contrôle social et sexuel et comme outil de punition envers celles qui transgressent les normes du genre féminin. Ces normes associent depuis longtemps la sexualité des femmes à leur respectabilité. Comment expliquer que de tels phénomènes existent encore aujourd'hui et qu'ils soient normalisés au point d'être parfois reproduits par les filles et les jeunes femmes elles-mêmes ? Dans cet ouvrage, Élisabeth Mercier explore différentes facettes du slutshaming afin de jeter un regard neuf sur ses formes les plus ordinaires et leurs conséquences.
L'oeuvre de Michel Foucault est inclassable car elle traverse des domaines très variés (philosophie, sociologie, histoire, anthropologie, criminologie, médecine, psychologie, linguistique, droit, etc.). Foucault n'est pas un sociologue au sens classique du terme. Il existe une sociologie puissante et novatrice chez lui. Mais laquelle? À quoi peut-elle servir aujourd'hui? En quoi est-elle utile pour théoriser les problèmes sociaux? Quels sont ses avantages et ses inconvénients? Quel type de « raisonnement sociologique » se dégage de son oeuvre et quelles sont ses limites? Voilà les interrogations qui guident l'analyse de l'ensemble des travaux de Foucault dans cet ouvrage. En suivant l'évolution historique de ses recherches ainsi que les retournements stimulants de sa pensée, Foucault Sociologue s'organise en neuf chapitres qui suivent l'évolution théorique, méthodologique et chronologique des thématiques foucaldiennes. Marcelo Otero est professeur titulaire au Département de sociologie de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), chercheur au Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales, les discriminations et les pratiques alternatives de citoyenneté (CREMIS), au groupe sur le médicament comme objet social (MÉOS) et à l'Institut Santé et Société (ISS). Ses recherches portent sur les nouveaux problèmes de santé mentale et les problèmes sociaux complexes.
Qu'impliquent les notions de « contrôle » et de « coercition » pour les victimes de violence conjugale ? Comment changer de paradigme afin de considérer cette problématique à travers le prisme de la « privation de liberté » et non seulement sous l'angle de la « sécurité » des victimes ? La conceptualisation du contrôle coercitif a été l'une des avancées les plus importantes dans le domaine de la violence conjugale. Elle permet ainsi de s'éloigner de l'accent mis sur les incidents « uniques » ou « isolés ». Néanmoins, très peu d'écrits sur le contrôle coercitif sont proposés en français. Cet ouvrage cherche à pallier ce manque. Il aborde, d'une part, les avancées conceptuelles. Pour ce faire, il s'appuie sur des résultats de recherche ainsi que sur les écrits les plus récents dans diverses disciplines, incluant le travail social, le droit, la sociologie, la criminologie et les études féministes et de genre. D'autre part, il met de l'avant l'intégration de ce concept dans les lois, les politiques et les pratiques de divers secteurs. Bien que les contextes québécois et canadien soient privilégiés, les développements sur la scène internationale sont également abordés. Contrôle coercitif offre au lectorat des pistes de réflexion d'action pour les secteurs de la violence conjugale, du droit et de la protection de la jeunesse.
On assiste aujourd'hui à une prolifération, dans l'espace public, de récits personnels portant sur la sexualité, l'intimité et l'inclusion sociale. Ces récits abordent l'orientation sexuelle, l'expression de genre, la séropositivité au VIH, le travail du sexe, etc. Leurs thèmes sont tabous et les sujets parlant sont couverts d'opprobre, que ce soit à travers la criminalisation, la pathologisation ou la stigmatisation. Cependant, les histoires véhiculées participent à l'expansion d'un discours sur la justice sociale, lequel s'inscrit dans le sillage des différentes formes d'intervention et d'action sociales menées par des groupes minoritaires. Au-delà des individus et à travers le récit au « je » s'exprime une parole collective qui porte non seulement des identités et des valeurs singulières, mais aussi des manoeuvres politiques et une volonté de changement. Émergent des « cultures du témoignage » qui impliquent les témoins, les personnes qui sollicitent les témoignages, celles qui les consomment et l'environnement social et médiatique dans lequel ces récits prennent effet. Le présent collectif réunit des textes mobilisant des savoirs scientifiques et des expériences du terrain ainsi que des extraits d'entrevues menées avec des personnes ayant témoigné publiquement de leur vécu dans les communautés sexuelles et de genres au Québec. Les auteur.e.s, issu.e.s de milieux variés, exposent les jalons théoriques et méthodologiques du témoignage sexuel et intime comme ceux d'un important levier de changement social.
Dans quels contextes se manifestent les violences dans la vie des enfants et des adolescents ? Comment ces jeunes définissent-ils eux-mêmes leur expérience de ces violences ? Le développement des recherches et des interventions témoigne-t-il d'une reconnaissance de ces jeunes comme des acteurs sociaux importants ? Nos façons de définir et de mesurer les violences sont-elles adéquates ? Y a-t-il lieu de revoir les fondements théoriques et méthodologiques de notre étude de ce phénomène ? Les politiques sociales et les programmes d'intervention sont-ils adaptés aux besoins des jeunes victimes de violences ? De tels questionnements, qui émanent de la multiplication des écrits sur les violences dans la vie des enfants et des adolescents des dernières décennies, sont cruciaux et constituent l'essence du présent ouvrage. L'analyse qui en est faite se veut entière ; elle cherche à inclure plusieurs formes de violences vécues dans différentes sphères de vie des jeunes et elle désire interpeller les divers acteurs en sciences humaines et sociales qui s'intéressent à la question. Ce livre - qui offre un espace de réflexion critique par l'analyse de certains enjeux théoriques, méthodologiques ou sociaux eu égard aux connaissances et aux pratiques actuelles dans le domaine - s'adresse donc autant aux chercheurs et aux étudiants qu'aux praticiens, aux gestionnaires ou aux politiciens.
Dans les années 1970, l'anorexie et la boulimie ont fait une entrée fracassante dans l'espace public. Dès le départ, on leur suppose un fort ancrage social. Toutefois, les différentes disci-plines mobilisées autour de la question ne parviennent jamais vraiment à comprendre la teneur de la relation entre troubles alimentaires et société. Par l'examen d'une variété de discours scientifiques sur la dimension sociale de l'anorexie et de la boulimie, issus entre autres de la psychiatrie, de la psychologie, des gender studies et des neurosciences, l'auteure de cet ouvrage présente les diverses conceptions de l'individu et de son rapport à la société qui organisent cette littérature. L'un des principaux enjeux qui se présentent aujourd'hui consiste à penser ensemble les troubles alimentaires comme expérience intime et située ainsi que les traits dominants des sociétés contemporaines. Dans ce cadre, l'auteure se penche entre autres sur la relation entre le corps et la santé mentale pour dégager des pistes de réflexion qui pourraient permettre de lier l'intime et le social. Cet ouvrage intéressera les étudiants, les chercheurs et les intervenants. Il propose un état des savoirs sur la dimension sociale des troubles alimentaires, une analyse sociologique des représentations de l'individu et de la société imbriquées à ces discours et un examen des possibilités qu'offre l'intégration du corps vécu et ressenti à la sociologie de la santé mentale.
Plus de Canadiens que jamais n'ont pas de domicile. Presque chaque ville ou village a maintenant des résidents en situation d'itinérance. Les municipalités se démènent pour fournir des refuges, et les politiciens locaux débattent du bien-fondé de mesures visant à empêcher les gens de dormir sur les terrains vacants et dans les parcs. Mettre fin à l'itinérance au Canada s'éloigne des solutions symboliques conventionnelles. Des collaborateurs de partout au Canada décrivent leur expérience de travail sur les causes de l'itinérance ainsi que les solutions et pratiques qui contribuent à sa prévention. « Ce livre nous rappelle que mettre fin à l'itinérance n'est pas un rêve naïf. » - Valérie Plante, mairesse de Montréal (2017-2025) « Ce livre propose des moyens pratiques et concrets de commencer à réparer ce filet de sécurité. » - Tim Richter, président de l'Alliance canadienne pour mettre fin à l'itinérance « Des idées rares et personnelles, présentées par des spécialistes autochtones. » - Chef Terrance Paul, Première Nation de Membertou (Cap-Breton, Nouvelle-Écosse)
Comment prendre soin de nos personnes aînées dans un système souvent déshumanisé? Pourquoi vieillir est-il trop souvent synonyme de solitude et de négligence? Les centres de soins de longue durée (CSLD) sont-ils vraiment des lieux de soin et de compassion? Ce livre examine les réalités des CSLD au Québec et en Ontario à travers une étude comparative, en s'appuyant sur des entrevues avec des personnes impliquées dans ce milieu. L'auteure, inspirée par son expérience personnelle, interroge le système de soins et les logiques qui guident son organisation. Elle met en lumière l'emprise des pratiques biomédicales de l'organisation, ses représentations et ses conséquences sur les pratiques et les interrelations en CSLD. Vivre et mourir en centre de soins de longue durée est essentiel pour la recherche, les personnes professionnelles de soins ou candidates à l'intervention et les décisionnaires. Il propose des pistes concrètes pour réhumaniser les soins aux personnes aînées, offrant une réflexion sur les conditions de fin de vie. Un appel à repenser profondément nos pratiques, cette lecture incontournable permet de réfléchir aux limites structurelles et éthiques des CSLD et de participer à un changement tangible.
L’itinérance des femmes reste un angle mort de nos sociétés. Ce livre collectif, fruit d’une recherche participative au Québec, brise le silence en donnant la parole à celles que l’on ne voit pas.
Derrière la pointe visible de l’iceberg se cachent des réalités méconnues : L’itinérance au Québec lève le voile sur les mécanismes sociaux, territoriaux et relationnels qui poussent des milliers de personnes à la marge.
Dépasser les tabous : cet ouvrage collectif explore la diversité des sexualités et des relations amoureuses après 60 ans, à travers des recherches empiriques menées au Québec.
Comprendre les origines du choix de carrière des jeunes en faveur du travail social aide à entrevoir une part du futur de la profession. L'histoire du futur se profile donc ici, dans ce livre, à travers la parole des témoins ayant livré des récits riches et étonnants à propos de leur décision de s'engager dans une formation en travail social. Les 16 témoignages rassemblés dans cet ouvrage ouvrent une fenêtre sur l'évolution en cours du rapport des travailleuses sociales et travailleurs sociaux du futur à leur formation et à leur projet professionnel. Ils permettront à toute personne envisageant une carrière dans le domaine de nourrir sa réflexion et d'anticiper les évolutions de la profession de même que ses éventuels invariants. Le choix du travail social: histoires orales du futur s'inscrit dans la continuité du travail archéologique amorcé dans le livre Histoires orales du travail social (2021, PUQ). Le présent opus entreprend le chemin usuel de l'historiographie en questionnant des étudiants et étudiantes en début de trajectoire de formation.
Ce livre décrypte les rouages du traitement des jeunes contrevenants à Montréal. Il montre comment se profile, depuis les années 1990, une logique de contrôle qui, sous le motif de prévenir la récidive, pèse sur les jeunes les plus fragilisés et met à l'épreuve l'idée même de les réhabiliter. Au fil des pages, l'étude du cas montréalais illustre des tendances plus globales qui marquent différents secteurs d'action publique à travers le monde : hausse concomitante des droits et du contrôle des populations les plus précaires, poussée des logiques de managérialisation de l'État, diffusion croissante d'outils d'évaluation des risques, injonctions à la responsabilisation, et plus encore. Le regard sociologique adopté dans ce livre, alimenté par l'histoire, intéressera les personnes oeuvrant dans le domaine des sciences humaines et sociales, et quiconque est curieux de découvrir les mutations d'un secteur emblématique de l'État québécois. Le propos s'adresse aussi aux décisionnaires, aux gestionnaires, aux intervenants et intervenantes désireux d'interroger, avec le recul nécessaire, les institutions qu'ils côtoient. À distance de toute posture experte qui prétendrait clore les débats, ce livre vise à mettre à disposition du lecteur des outils, des constats et des analyses susceptibles de nourrir des conversations collectives sur les transformations croisées de l'État social et de la justice pénale, la protection de la jeunesse et le sort réservé aux populations les plus fragilisées de nos sociétés.
Depuis plusieurs années, l'immigration a largement participé au renouvellement de la population québécoise. Même si une grande proportion de ces immigrants sont des pères, on connaît peu leur réalité au sein de la société d'accueil. Immigrer avec sa famille amène un ensemble de modifications sur les plans psychologique, social, culturel, familial, relationnel et économique. Il s'agit d'une transition nécessitant un ajustement important qui est fréquemment lié à une plus grande vulnérabilité. Cet ouvrage collectif s'adresse aux chercheuses, aux chercheurs et aux personnes qui étudient ou travaillent dans le milieu de l'intervention. Il constitue une synthèse de travaux menés dans un cadre interdisciplinaire et vient combler un manque constaté de publications sur les pères immigrants. Le phénomène de la paternité en contexte migratoire est abordé selon différentes approches parmi lesquelles les processus identitaires chez les pères immigrants, le rôle paternel perçu par les enfants, la naissance d'un enfant en contexte migratoire, la violence conjugale ou encore la place du père sur le marché du travail. La pluralité des thématiques abordées par les autrices et les auteurs de ce collectif montrent que la paternité en contexte migratoire nécessite des forces et des ressources afin de s'adapter à une réalité complexe.
L'exercice du travail social est source de nombreux questionnements éthiques. Les inégalités sociales, les violences interpersonnelles, ou encore les dynamiques de marginalisation, entre autres problèmes sociaux, portent en effet atteinte aux principes fondamentaux de liberté, d'égalité, de respect de la dignité ou de justice sociale. Par ailleurs, la pluralité des moralités, selon les contextes sociétaux, les milieux et groupes d'appartenance, les systèmes de croyances, etc., rend complexe le positionnement éthique dans l'intervention et il est donc souvent difficile de trouver des arbitrages équitables lorsque des intérêts divergents se manifestent entre les différentes personnes concernées par une intervention sociale. Cet ouvrage rassemble des textes qui examinent les défis éthiques auxquels font face les praticiennes et les praticiens du travail social au quotidien, notamment en ce qui concerne les enjeux à propos de la relation à l'Autre, les rapports de pouvoir ou les normativités à l'oeuvre. Il propose également des avenues pour répondre à ces défis, en s'adressant aux personnes qui étudient en travail social ou exercent dans ce domaine.
La pandémie a fortement perturbé les individus, mais aussi les institutions publiques et les organismes communautaires voués à soutenir les personnes en situation de vulnérabilité. Ces organismes se sont rapidement mobilisés afin de maintenir leurs services. Ils ont dû faire preuve d'ingéniosité et s'adapter à de nouvelles conditions de travail avec des ressources humaines, matérielles et financières parfois très limitées. À partir de cas concrets vécus par des personnes travaillant sous ces nouvelles contraintes, cet ouvrage illustre la façon dont divers organismes communautaires et publics, répartis dans différentes régions du Québec, ont dû drastiquement changer leurs pratiques d'intervention sociale afin de respecter les mesures de confinement et de distanciation physique qui ont été mises en place à partir de mars 2020. Ce livre s'adresse aux personnes professionnelles actuelles et futures travaillant dans le domaine de la santé et des services sociaux. Il leur permettra de constater comment diverses organisations peuvent à la fois innover et faire preuve de résilience en période de crise et de fortes perturbations sociales malgré des changements majeurs en ce qui concerne leurs conditions de travail.
À partir de l'exploration des visions autochtones de la famille et de l'histoire, de l'organisation sociopolitique des peuples autochtones de même que de leurs droits particuliers, KA NIKANITET : pour une pratique culturellement sécuritaire de la protection de la jeunesse en contextes autochtones propose une réflexion sur les pratiques d'évaluation et d'intervention en protection de la jeunesse. En se fondant sur les valeurs de dignité humaine, de justice sociale et d'autodétermination qui sont au coeur de la discipline du travail social, ce livre met de l'avant des repères théoriques, des pistes de réflexion et des exemples concrets d'interventions sociales qui correspondent aux valeurs, aux visions du monde et aux savoirs des peuples autochtones au Québec. Il vise à répondre aux appels à l'action de plusieurs commissions d'enquête qui soulignent l'urgence de mettre fin à la surreprésentation des enfants autochtones en protection de la jeunesse tout en soutenant la pratique des acteurs sociojudiciaires dans l'application de la Loi concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuits et des Métis (Loi C-92). Ce livre s'adresse à toutes les personnes qui travaillent avec des enfants et des familles des Premières Nations et des Inuit, ainsi qu'aux personnes étudiantes ou aux professionnelles plus aguerries. Ka Nikanitet (celui ou celle qui avance) permet d'imaginer, ensemble, un avenir bienveillant pour les enfants et les familles autochtones.
Les violences faites aux filles et aux femmes sont au coeur des préoccupations féministes au Québec. En 2013, le Partenariat CRSH de recherches et d'actions entre universités et milieux de pratique Trajetvi a été créé pour mieux documenter les trajectoires de victimisation, de recherche d'aide et de recours aux services des femmes victimes de violence. Dans une perspective interdisciplinaire et intersectorielle, les 22 chapitres de cet ouvrage couvrent 5 grands thèmes explorés par des membres de Trajetvi : les principes théoriques et pratiques relatifs à la violence conjugale, la sensibilisation et la prévention, les contextes de vulnérabilité, la recherche d'aide et le recours aux services ainsi que la justice et le droit en matière de violence faites aux filles et aux femmes. Conçu comme un ouvrage de référence, ce livre propose d'approfondir les connaissances théoriques, empiriques et pratiques sur la problématique.
La réalisation des projets de couple et familiaux constitue des préoccupations importantes des individus contemporains. Ces projets font l'objet de représentations sociales générées par diverses sources : oeuvres littéraires, philosophiques, scientifiques, populaires, mais aussi cinématographiques ou médiatiques. Ces représentations proposent des modèles et fournissent des supports à des imaginaires alimentant les scénarios personnels, créant des attentes qui se heurtent aux réalités quotidiennes, et qui entrainent souvent des désillusions et des déceptions, mais aussi des adaptations. Dans le but de mieux saisir les logiques à l'oeuvre dans les attentes conjugales et familiales, cet ouvrage composé de treize chapitres rédigés par des chercheuses et chercheurs québécois, canadiens et internationaux (Brésil, Espagne, France, Suisse), issus de disciplines variées (anthropologie, démographie, psychologie, sexologie, sociologie et travail social), vise à mettre en évidence l'influence des imaginaires sur les itinéraires conjugaux et familiaux. La richesse des contributions à cet ouvrage collectif devrait aider à mieux saisir l'importance des études sur les imaginaires familiaux, autant pour la communauté scientifique que pour toute personne intéressée à mieux comprendre, et possiblement à mieux accompagner, les imaginaires, les attentes et les désillusions conjugales et familiales vécues par les individus et les couples. Laurence Charton, PhD., est sociodémographe et professeure au Centre Urbanisation Culture Société de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) à Montréal. Elle est directrice de la revue internationale Enfances, Familles, Générations. Ses intérêts de recherche portent sur les représentations familiales, les transitions à la parentalité et les pratiques de (pré)nomination. Chantal Bayard est candidate au doctorat au Centre Urbanisation Culture Société de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) à Montréal. Sa thèse porte sur les représentations, les discours et les expériences de la maternité à l'ère numérique.
Ce livre met en récit les histoires orales de travailleuses et travailleurs sociaux ayant travaillé dans tous les domaines de la discipline depuis les années 1950 au Québec. Certains témoins sont des personnes très connues du grand public, d'autres sont connues de la grande famille du travail social québécois, et d'autres encore ont fait une carrière loin des feux de la rampe. Mais tous peuvent témoigner de l'évolution de la discipline depuis 70 ans. Travailler le social, qu'est-ce que ça veut dire ? La mise en lumière de ces divers témoignages montre comment l'époque a profondément marqué la trajectoire personnelle et professionnelle de chacun. Elle révèle aussi au lecteur le mouvement d'évolution rapide de la discipline et de la profession, lui permet d'identifier les moteurs de cette importante transformation et de mesurer l'ampleur du chemin parcouru. À travers ces 19 histoires orales, c'est la grande histoire du travail social et du Québec qui est racontée d'une manière unique, car vivante. Le rapport à l'innovation, au pouvoir et au domaine de la santé sont autant de thèmes autour desquels s'articule cette évolution. Les lecteurs du domaine social expérimentés comme ceux en formation et en début de carrière pourront mieux comprendre sur quel socle se fonde le travail social d'aujourd'hui pour se développer et prospérer. Yves Couturier (Ph.D.) est professeur et chercheur au Département de travail social de l'Université de Sherbrooke. Il travaille sur la thématique de l'analyse du travail en travail social, sur la collaboration interprofessionnelle, les pratiques de coordination et l'organisation des services sociaux et de santé. Louise Belzile (Ph.D) a exercé comme intervenante sociale durant de nombreuses années dans le milieu communautaire et dans le réseau de la santé et des services sociaux. Elle est aujourd'hui chargée de cours à l'Université de Sherbrooke, chercheuse indépendante et spécialiste des outils cliniques dans le domaine du vieillissement.
Le partage des espaces publics des grandes villes industrialisées avec les personnes en situation d'itinérance et de marginalité représente plusieurs défis autant pour les acteurs de la vie quotidienne que pour les intervenants sociaux et les responsables politiques. Ces défis sont en phase avec les enjeux contemporains associés non seulement aux transformations des normes de socialisation à la vie collective, mais aussi à celles du développement urbain des centres-villes. Compte tenu des tensions sociales et politiques générées par les effets des contextes de revitalisation urbaine, l'analyse des enjeux traversant les pratiques de partage de l'espace public avec les personnes en situation d'itinérance constitue un travail essentiel à l'identification de pistes d'intervention et d'actions pouvant améliorer la cohabitation. Cet ouvrage présente les résultats d'une étude de deux cas - celui de Montréal (Quartier des spectacles) et celui de Québec (Nouvo Saint-Roch) - sous l'angle d'analyse des logiques normatives guidant les pratiques de partage de l'espace public entre les acteurs concernés. Cette analyse repose sur trois modes d'investigation : 1) deux enquêtes qualitatives à Montréal et à Québec ; 2) une analyse des discours médiatiques visant à relever les imaginaires sociaux alimentant les représentations sociospatiales des acteurs sur les pratiques des personnes marginalisées dans les espaces publics ; 3) une analyse comparative des politiques publiques municipales de six villes canadiennes, dont Montréal et Québec. Enrichie d'une perspective historique, l'analyse transversale des résultats de ces modes d'investigation permet de dégager une synthèse des diverses logiques normatives guidant les pratiques de gestion des acteurs et propose une piste d'orientation de l'intervention sociale. Avant tout destiné aux gestionnaires municipaux, aux intervenants sociaux ainsi qu'aux étudiants, ce livre se veut une contribution interdisciplinaire aux réflexions entourant les enjeux de cohabitation urbaine, offrant aussi une grille d'analyse pouvant s'appliquer à d'autres contextes urbains. Michel Parazelli est professeur à l'École de travail social de l'Université du Québec à Montréal et membre du réseau interuniversitaire Villes Régions Monde (VRM). Il s'intéresse aux rapports espace- société, en particulier aux questions de cohabitation sociale dans l'espace public avec les personnes en situation de marginalité et d'analyse de pratiques communautaires visant l'autonomie des citoyens.
Ce livre vous convie à la découverte de la pensée singulière d'une intervenante dont la pratique en intervention collective s'est construite sur une période de plus de 45 ans, auprès de différentes communautés et populations marginalisées, tant en milieu urbain que rural. Cette pensée constitue l'héritage d'une vie avec ses révélations, ses défis, ses certitudes et ses doutes. L'auteure offre ainsi une synthèse de ce qu'elle a appris, compris, reçu, découvert, créé ou cocréé à travers sa pratique. Les éléments-clés de cette pratique sont rassemblés sous dix dimensions considérées comme fondamentales par l'auteure, pouvant ainsi servir de repères peu importe l'approche ou le modèle d'intervention privilégié sur le terrain. Alliant théorie, récits d'expérience et outils pédagogiques, ce livre intéressera toute personne qui intervient collectivement, que ce soit au sein d'organismes communautaires, en économie sociale et solidaire, en défense des droits sociaux, dans des projets communautaires alternatifs, dans des territoires dévitalisés ou dans le réseau de la santé et des services sociaux. Il inspirera celles et ceux qui s'engagent ou s'engageront dans le changement social dans une perspective d'action et de transformation fondée sur la justice sociale et la promotion du bien commun, venant ainsi combler leur désir d'humanité et actualiser leur solidarité avec les personnes qui portent lourdement le poids des inégalités et des iniquités sociales. Lorraine Gaudreau, Ph. D. en service social, est professeure au Département de psychosociologie et travail social de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR). Organisatrice communautaire de formation, elle a déployé sa pratique à travers un engagement dans les mouvements populaire, communautaire et coopératif, en économie sociale et solidaire, en solidarité internationale et en tant que consultante, entre autres, dans le secteur de la santé et des services sociaux. Ses projets de recherche s'actualisent, depuis 2013, au sein du Collectif de recherche participative sur la pauvreté en milieu rural de l'UQAR ayant comme mission de coproduire des connaissances au carrefour des pratiques sociales, de la ruralité et de la pauvreté en vue de contribuer au mieux-être des personnes et des collectivités rurales.
Premier manuel francophone traitant des droits de la personne au regard du travail social, le présent ouvrage s'ancre directement dans les conceptions contemporaines de ce domaine en participant au développement des compétences et des habiletés requises pour la pratique de la profession. Au coeur de situations humaines et sociales complexes, la travailleuse sociale s'appuie sur un cadre où les principes du respect des droits fondamentaux et la défense de la justice sociale sont essentiels. Ce livre présente un certain nombre de règles juridiques et donne des exemples de leur application dans différents contextes d'intervention sociale. Au fil des chapitres, les étudiants découvriront les perspectives sociohistoriques qui permettent de comprendre l'état actuel des législations québécoise et canadienne, d'appréhender les objectifs et les finalités de ces législations et de saisir les enjeux vécus par les personnes et les populations en matière d'accès aux droits et aux institutions qui les défendent. Les nombreux exercices proposés aux lecteurs font avancer la réflexion sur ces enjeux. Centré sur les droits de la personne, cet ouvrage parcourt les questions des régimes juridico-politiques canadien et québécois, du consentement, du droit de la famille, de la protection de la jeunesse, des droits des peuples autochtones, des autorisations de soins et de la protection des adultes. Céline Bellot, juriste et criminologue, est actuellement directrice de l'École de travail social de l'Université de Montréal et de l'Observatoire des profilages. Ses travaux de recherche portent sur la judiciarisation des populations marginalisées (individus en situation d'itinérance, consommateurs de drogues, personnes autochtones). Ils s'inscrivent dans un cadre partenarial avec les organismes communautaires et les institutions ou de manière participative avec les populations concernées.
LE PRÉSENT OUVRAGE A POUR OBJET L'ENGAGEMENT DES JEUNES DITS « EN DIFFICULTÉ » : jeunes de la rue, en « sortie de rue », en parcours de réinsertion, placés en centres jeunesse, en quête identitaire ou fréquentant des organismes communautaires. Si on observe une modification des référentiels d'action publique concernant la jeunesse, le type d'engagement considéré lors des prises de décisions est souvent limité au domaine socioculturel, angle qui exclut la relève des décisions touchant les secteurs clés de l'insertion sociale. Du côté de l'expérience d'engagement, la tendance consiste à souligner l'apathie des jeunes, qui s'explique par leur faible participation électorale, maintenant largement documentée. Or, nombre d'actions collectives correspondent à des mobilisations organisées, notamment grâce au rôle fondamental joué par les organismes communautaires et les intervenants dans la mise en action de la jeunesse. Des travaux récents ont montré combien les jeunes s'engageaient autrement, dans des domaines aussi variés que possible. C'est notamment le cas des trois projets de recherche à l'origine de cet ouvrage. Rédigé par autant de chercheuses investies depuis plusieurs années dans ces champs d'étude, ce livre a pour but de mieux comprendre les contours et les processus particuliers de l'engagement des jeunes en difficulté. Au-delà de son utilité en matière de réflexions théoriques, méthodologiques et empiriques, cette mise en commun se veut également une véritable prise de position épistémologique qui consiste à replacer le discours de la jeunesse au centre de l'objet de recherche.
Le présent ouvrage offre un portrait contrasté et critique de l'offre de services en santé mentale au Québec en s'appuyant sur les données d'une recherche ethnographique portant sur l'expérience des personnes qui utilisent ces services. Afin de découvrir la manière dont l'identité du patient se transforme à travers le parcours de soins, l'auteure de ce livre a développé un cadre conceptuel (liant les théories « goffmanienne » et « foucaldienne ») lui permettant de comprendre comment les discours dominants et l'organisation concrète des services agissent sur l'expérience des sujets de sa recherche. L'étude présentée ici montre que l'offre de services en santé mentale et connexes engendre chez les usagers des enjeux identitaires - qui passent par des contraintes structurelles qui occasionnent une transformation du rapport à soi, à l'autre et à la société. Ces contraintes résultent de relations de pouvoir sous-jacentes à l'organisation des services et se situant à l'extérieur de la vie quotidienne des usagers. Un continuum identitaire se développe au fil du parcours, aboutissant, à son extrême, à une identité « docile » qui correspond aux besoins de fonctionnalité de la structure et qui contribue au maintien de relations de pouvoir asymétriques, au détriment du mieux-être des personnes psychiatrisées. Celles-ci demeurent donc dans un état de marginalité institué. Cet ouvrage se veut un outil de dénonciation des modalités de traitements destinés aux individus dont l'état mental est jugé déviant. Il s'adresse à tout lecteur concerné, qu'il le soit par sa fonction professionnelle ou par son statut d'aidant ou de pair, ou parce qu'il est lui-même psychiatrisé. L'auteure propose, entre autres vecteurs de changement, la réactualisation des approches d'intervention visant la conscientisation critique des personnes psychiatrisées, afin que ces dernières puissent contrer la modulation de soi engendrée par le dispositif de services en santé mentale et se réapproprier les dimensions multiples de leur pouvoir d'agir. Katharine Larose-Hébert est titulaire d'une maîtrise et d'un doctorat en travail social de l'Université d'Ottawa. Depuis 2016, elle est professeure adjointe à l'École de travail social et de criminologie de l'Université Laval. Ses recherches portent sur l'offre de services et les pratiques d'intervention en santé mentale et auprès des populations marginalisées ainsi que sur les acteurs, les processus et les pratiques de judiciarisation et de déjudiciarisation de ces populations.
Au Québec, la formation pratique occupe une place centrale dans le parcours scolaire des étudiants en travail social. Elle se situe au coeur du processus d'intégration théorie-pratique et s'avère essentielle au développement de praticiens réflexifs, engagés et critiques. L'accompagnement en formation pratique est complexe, notamment au regard de ses enjeux - diversité des lieux de stage, nombre élevé d'acteurs impliqués, situation de vulnérabilité de certaines clientèles, etc. - et de ses défis. Comment accompagner les étudiants dans l'acquisition de compétences professionnelles et dans le processus de responsabilisation ? Comment les soutenir quand des enjeux personnels et professionnels émergent au contact de personnes, de familles, de groupes ou de communautés en situation de vulnérabilité ? Comment les aider à faire face aux défis que posent les conditions actuelles de la pratique ? Dirigé par un collectif d'enseignants et de chercheurs universitaires, le présent ouvrage s'inscrit dans une perspective andragogique et se veut une contribution à un champ de formation et de recherche en développement. Il propose des pistes de réflexion et des outils pour mieux accompagner les étudiants, et ses propos, appuyés par des témoignages pédagogiques et cliniques, révèlent une vision originale de la formation pratique en travail social - à partir du sens que lui accordent ses principaux acteurs. Ce livre saura intéresser l'ensemble des personnes impliquées dans la formation pratique en travail social : étudiants, enseignants, superviseurs et professionnels des milieux d'enseignement et d'intervention.
Le présent ouvrage aborde la violence familiale et conjugale en milieu autochtone dans ses dimensions systémique et historique, essentielles à la compréhension de ce phénomène si étroitement lié aux effets dévastateurs de la colonisation et des politiques assimilatrices réservées aux Autochtones du Canada. La désorganisation des structures familiales traditionnelles, les multiples traumatismes - notamment ceux engendrés par le régime des pensionnats - et le cumul de problèmes socioéconomiques illustrent la complexité du contexte dans lequel cette violence s'inscrit et se reproduit, tant dans les communautés autochtones qu'en milieu urbain. Structuré autour de 33 témoignages d'hommes des Premières Nations et inuits, cet ouvrage est novateur en matière d'études sur la violence conjugale au Québec - dont le point de vue masculin, fondamental, est en quelque sorte l'«angle mort». Dans des entretiens d'une rare authenticité, ces hommes se livrent en toute humilité. Ils dévoilent à la fois d'immenses souffrances et des aspects peu glorieux de leur vie. En dépit de la dure réalité qu'ils décrivent, leurs propos nous aident à mieux comprendre comment les séquelles du passé continuent d'affecter la vie de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants autochtones. Surtout, cette libération de la parole se double d'une volonté réelle d'aller de l'avant et de retrouver la confiance et l'harmonie au sein de leur couple, de leur famille et de leur communauté. C'est cet espoir que révèlent cinq parcours inspirants d'hommes qui, tout en surmontant la honte et la culpabilité, ont entamé un processus de guérison qui leur a permis de rompre avec la violence.
De façon plus marquée que d'autres groupes d'Amérique du Nord, la société québécoise exprime sa solidarité par l'entremise d'organismes communautaires, de coopératives, d'associations syndicales et d'initiatives collectives visant l'intérêt général. Elle se distingue également par la pratique de l'intervention collective, une profession ayant soutenu l'action citoyenne et le développement des services publics depuis les années 1960. Le présent ouvrage propose de suivre l'itinéraire de cette profession à partir de trois enquêtes, menées en 1988, en 2003 et en 2015. Il en résulte un essai original sur un métier atypique, qui se situe entre diversité et convergence - bien qu'il touche une variété de secteurs -, entre transformation et continuité. Les dynamiques d'influence et les enjeux analysés par les auteurs concernent non seulement l'intervention collective, mais également l'action communautaire et le développement des collectivités. Ce livre intéressera les personnes concernées par la mise en place de conditions favorables à la mobilisation et à la participation citoyennes, qu'elles soient dans le métier, aux études ou à la direction d'organisations de santé et de services sociaux ou de relèvement économique et social.
La violence sexuelle est un grave problème de santé publique qui touche chaque année des millions de personnes dans le monde. Elle est due à de nombreux facteurs, se manifestant dans des situations sociales, psychologiques, culturelles et économiques très variées. La violence sexuelle a de profondes répercussions sur le bien-être physique, émotionnel, mental et social des victimes, en plus de générer un grand coût pour la société. Le présent ouvrage, rédigé par une trentaine de chercheurs et d'intervenants issus de disciplines diverses, propose plusieurs approches pour la compréhension du phénomène et une critique réflexive pour l'affronter. Les auteurs définissent les violences sexuelles, analysent leurs nombreuses facettes - médiatisation, prise en charge par les centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, typologie et fonctionnement psychorelationnel des agresseurs, spécificités dans la relation conjugale, complexité dans les communautés autochtones, présence sur les campus, traitement judiciaire et rôle du corps policier - et décrivent différents types d'intervention. Adressé aux chercheurs, aux étudiants et aux intervenants, ce livre montre que les violences sexuelles désignent une réalité complexe qui résulte d'un ensemble de problématiques et qui nécessite une approche pluridisciplinaire.
C'est au milieu des années 197O que des Québécoises, décidées à sortir le phénomène de la sphère privée, ont mis sur pied les premières maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale. Levant le voile sur la violence des hommes à l'endroit des femmes dans les couples, problème longtemps compris comme étant d'ordre familial, elles ont développé des ressources permettant d'accueillir celles qui désiraient se soustraire à l'emprise de leur agresseur. Les maisons d'hébergement se sont ainsi imposées comme l'une des plus importantes réponses du mouvement féministe à cette problématique, au Québec et ailleurs. Le présent ouvrage trace l'évolution, sur une période de 40 ans, des pratiques dans les maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale au Québec. Articulé autour des valeurs qui sont au coeur de ces ressources, il comporte à la fois une dimension historique alimentée par des rencontres avec des pionnières et de multiples allers-retours entre la théorie et la pratique. Rédigé dans une perspective féministe, ce livre s'adresse à un public varié : chercheur.e.s, praticien.ne.s et étudiant.e.s qui s'intéressent de près ou de loin à l'intervention en maison d'hébergement.
Parmi les techniques de reproduction assistée, la gestation pour autrui (GPA) - également appelée « maternité de substitution » - demeure sans contredit la plus controversée. Les discours sur le sujet, qu'ils apparaissent dans des médias, des manifestations publiques ou des écrits savants, révèlent souvent des positions clivées et dichotomiques. Il est ainsi peu fréquent d'entendre la voix des personnes directement concernées par le sujet, soit celle des personnes qui réalisent leur désir d'avoir un enfant par GPA ou celle des femmes porteuses. À partir de recherches empiriques conduites dans différents contextes sociolégislatifs, le présent ouvrage fait état des débats qui entourent la pratique de la GPA. Le lecteur y découvrira comment cette pratique interroge les normes de parenté et de genre de même que la construction de la maternité. Il n'y trouvera pas un portrait exhaustif - pas plus que l'expression de positions idéologiques en faveur ou en défaveur de la GPA -, mais plutôt le témoignage inédit de différents acteurs, qu'il s'agisse de parents, de femmes porteuses, d'intervenants médicaux oeuvrant dans des services de reproduction assistée, de groupes militants associatifs dont l'action vise la reconnaissance juridique de la pratique dans leur pays d'origine ou encore de magistrats ayant à statuer sur la filiation d'enfants nés dans un contexte où la GPA est interdite. Étudiant, professeur, chercheur, intervenant ou quiconque s'intéresse à la famille et à la procréation assistée trouvera ici un accès privilégié aux diverses dimensions sociales de la GPA.
LE DÉVELOPPEMENT CONTEMPORAIN du champ d'analyse des problèmes sociaux se heurte à une difficulté récurrente : rendre compte de phénomènes qui mettent radicalement en tension les pratiques et les discours dominants, tels que la mort, la folie, l'excès, l'errance. Comment nommer et définir ce qui, a priori, est inclassable, innommable et ingouvernable ? Comment intervenir sur des problèmes aux contours flous, qui relèvent des domaines social, médical et pénal ? Comment décloisonner le silo des services ou conjuguer les expertises pour saisir des situations qui ne sont liées ni à l'un ni à l'autre de ces domaines de pratique ? C'est pour prendre à bras-le-corps ces figures innommables, inclassables et ingouvernables qu'ont été conviés à contribuer au présent ouvrage des auteurs en sciences sociales (sociologie, travail social, anthropologie) et spécialistes d'objets de recherche variés (itinérance, toxicomanie, santé mentale, soins palliatifs, mouvements sociaux, aide à l'enfance et à la famille). En analysant de front ce qui échappe aux théories et résiste aux pratiques dominantes, ils attirent l'attention sur le caractère problématique du vivre-ensemble au sein duquel « l'autre », sous ses diverses failles et vulnérabilités, se débat contre les frontières normatives du social. Ce livre s'adresse aux chercheurs en sciences sociales et aux divers acteurs de la pratique oeuvrant dans le domaine des problèmes sociaux.