PoliteĂŻa
Comment expliquer que les communautés LGBTQ+ autrefois criminalisées soient désormais courtisées par les partis politiques en période électorale et possèdent des structures internes de représentation au sein des partis politiques - autant ceux de gauche que de droite ? Comment expliquer la présence de tous les partis politiques aux événements de la Fierté lors de certaines périodes estivales et l'absence de certains partis politiques à d'autres moments ? Quel genre de stratégie le mouvement social a-t-il mis en place pour obtenir autant de gains pendant une période aussi courte dans l'histoire de la démocratie canadienne ? Alors que plusieurs chercheur·es se sont penché·es sur le nouveau phénomène social que constitue la présence des communautés LGBTQ+ dans la démocratie canadienne, cet ouvrage est le premier à retracer l'histoire de la relation que le mouvement LGBTQ+ a construite et entretenue avec les partis politiques au Canada de 1960 à 2019. Il explore deux dimensions clés de la relation : la mobilisation du mouvement dans l'arène partisane et la réactivité des partis à cette mobilisation. Appuyé sur des entrevues, des plateformes électorales, des archives et des médias, Un village au Parlement : la mobilisation LGBTQ+ dans l'arène partisane canadienne (1960-2019) met en lumière les dynamiques complexes entre revendications identitaires et calculs électoraux. L'ouvrage s'adresse aux chercheur·es en science politique, aux militant·es LGBTQ+, aux étudiant·es en études de genre, aux historien·nes du Canada contemporain, et à toute personne intéressée par les dynamiques entre mouvements sociaux et institutions politiques.
Le multiculturalisme est-il véritablement émancipateur, ou n'est-il qu'un miroir des rapports de pouvoir qu'il prétend dépasser? À l'heure où les sociétés plurinationales cherchent à concilier diversité culturelle et justice politique, cet ouvrage remet en question les fondements mêmes du multiculturalisme libéral. S'appuyant sur des penseurs comme Will Kymlicka, Iris Marion Young ou encore Michel Seymour, l'auteur démonte les évidences et questionne : qui détient le pouvoir de décider dans un État multiculturel ? Les droits culturels suffisent-ils quand les relations de pouvoir restent inégales? Ce livre propose une lecture critique et innovante du multiculturalisme, en remettant au centre de la discussion les notions de légitimité politique, d'autonomie relationnelle et de non-domination. Il s'agit d'un appel à repenser nos modèles politiques pour que la diversité ne soit pas seulement tolérée, mais réellement émancipatrice. Destiné à la fois aux universitaires, aux étudiants et étudiantes et au monde de la recherche, il offre une perspective critique sur les débats constitutifs de la philosophie politique, tout en abordant les enjeux clés des minorités nationales et des peuples autochtones. Une réflexion audacieuse et nécessaire sur les limites cachées d'un idéal souvent perçu comme acquis.
L'innovation sociale et l'économie sociale et solidaire sont au coeur de l'analyse que fait Benoît Lévesque du modèle québécois, qui suscite aujourd'hui l'intérêt partout dans le monde. Ce sociologue a contribué à la reconnaissance d'une vision élargie de l'économie, qui couvre non seulement le secteur privé, mais aussi le secteur public et les initiatives relevant de la société civile, soit une économie plurielle dont certaines composantes sont orientées vers la démocratisation économique. Conçu sous la forme d'entretiens avec Benoît Lévesque, ce livre permet d'explorer, avec le chercheur, le contexte de sa production scientifique et sa signification pour la société québécoise. Il en résulte un genre hybride, où les éléments biographiques se conjuguent à un témoignage personnel et intellectuel, offrant au lecteur un voyage à travers une vie, l'histoire d'une pensée et son influence. Ces conversations nous font découvrir les particularités du métier d'un sociologue engagé et sa vision de l'histoire récente du Québec, de la Révolution tranquille à aujourd'hui. Ses travaux et ses interventions montrent l'importance du rôle joué par des acteurs de la société civile, portée par des organisations collectives souvent orientées vers l'intérêt général, tels les organismes communautaires, les syndicats, les coopératives, les entreprises d'économie sociale, et plus récemment le secteur philanthropique et le mouvement écologiste. L'ouvrage s'intéresse aux rapports sociaux, mais il met aussi en valeur les dimensions politiques du modèle québécois. On y découvre un État plus stratège et une société civile plus politique qu'on le présumait, évoquant un « socialisme civil ». C'est à partir de tels constats que le sociologue fournit des pistes de réflexion pour penser l'avenir du Québec, qu'il voit d'ailleurs comme une société engagée.
Ce livre rassemble des textes de chercheurs et chercheuses de plusieurs disciplines et des entretiens avec des leaders des Premières Nations travaillant Ă l'Ă©largissement des espaces autochtones. Ces voix diverses donnent accès Ă des analyses de première main concernant les processus historiques et contemporains dans lesquels s'ancrent les relations entre les peuples autochtones, l'État et la sociĂ©tĂ© quĂ©bĂ©coise. Ces processus se font largement au dĂ©triment des premiers, comme la sphère publique quĂ©bĂ©coise commence Ă peine Ă le reconnaĂ®tre dans la foulĂ©e de diffĂ©rents rapports produits pour les gouvernements fĂ©dĂ©ral et quĂ©bĂ©cois. Ces rapports soulignent, du mĂŞme souffle, les processus de rĂ©sistance des peuples autochtones, de mĂŞme que les trop lentes transformations sociopolitiques en cours. Peuples autochtones et politique au QuĂ©bec : identitĂ©s, citoyennetĂ©s et autodĂ©termination apporte un Ă©clairage novateur qui saura profiter tant aux spĂ©cialistes des questions relatives aux peuples autochtones qu'aux personnes soucieuses de mieux comprendre les dynamiques politiques qui marquent les communautĂ©s autochtones ainsi que la sociĂ©tĂ© quĂ©bĂ©coise dans son ensemble. Il prĂ©sente des donnĂ©es de recherche inĂ©dites et des rĂ©flexions susceptibles de contribuer aux grands dĂ©bats - concernant, par exemple, le racisme systĂ©mique, la violence contre les femmes autochtones et le partage du territoire Â- qui interpellent le QuĂ©bec et le forcent Ă faire face Ă ses dĂ©fis politiques. StĂ©phane Guimont Marceau est professeure adjointe au centre Urbanisation Culture SociĂ©tĂ© de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) Ă MontrĂ©al. En tant que gĂ©ographe, elle s'intĂ©resse aux processus et gĂ©ographies de colonisation et d'exclusion et Ă la construction des citoyennetĂ©s, Ă travers, entre autres, la relation entre Autochtones et non-Autochtones, les Autochtones en milieu urbain, ainsi que les espaces sociaux des jeunes et des femmes, particulièrement au QuĂ©bec et en AmĂ©rique latine. Jean-Olivier Roy possède un doctorat en science politique de l'UniversitĂ© Laval (2015), et fut chercheur postdoctoral au sein du Groupe de recherche sur les sociĂ©tĂ©s plurinationales (GRSP, 2015-2016) et Ă l'École des affaires publiques et communautaires de l'UniversitĂ© Concordia (2016-2018). Il est spĂ©cialisĂ© dans divers domaines : la pensĂ©e politique, la politique quĂ©bĂ©coise et canadienne, et les questions autochtones dans les contextes quĂ©bĂ©cois et canadien. Ses recherches actuelles portent sur les thĂ©matiques autochtones, notamment l'autodĂ©termination, le postcolonialisme, le nationalisme, les identitĂ©s, les politiques publiques ainsi que les enjeux de citoyennetĂ© et de dĂ©mocratie. Daniel SalĂ©e est professeur de science politique et directeur de la School of Community and Public Affairs Ă l'UniversitĂ© Concordia. Il est titulaire de la Chaire d'Ă©tudes quĂ©bĂ©coises du Collège universitaire de Glendon (2003-2004) et directeur de la section Concordia, Chaire Concordia/UQAM en Ă©tudes ethniques (2002-2005). Ses domaines d'intĂ©rĂŞt portent sur la citoyennetĂ© et la politique identitaire, les relations interethniques, le nationalisme, la question autochtone, et la relation entre l'État et la sociĂ©tĂ© civile. Il est cochercheur au Centre de recherche sur l'immigration, l'ethnicitĂ© et la citoyennetĂ© (CRIEC).
Le présent ouvrage propose une introduction au champ d'étude de la sociologie du nationalisme. Il s'adresse aux étudiants en sciences sociales, ainsi qu'aux citoyens qui cherchent à expliquer et à comprendre les phénomènes nationalistes dans le monde contemporain. L'auteur analyse l'évolution de la recherche en la situant, d'une part, dans sa conjoncture historique et, d'autre part, dans le mouvement des transformations qu'a connu cette discipline depuis la fin de la Guerre froide. Puisant ses inspirations théoriques dans la tradition wébérienne, dans la sociologie historique et dans l'analyse politique contextualisée, ce livre illustre et met en relief les relations sociales, les modes de cognition, les stratégies comparatives et les processus sociaux qui sont étroitement liés à l'analyse du nationalisme. Une de ses caractéristiques est de faire voir que, si les approches macrosociologiques ont longtemps dominé la sociologie du nationalisme, il n'est plus possible, dans ce domaine comme dans d'autres branches de la sociologie politique, d'ignorer les mécanismes de niveaux mésosociologiques qui permettent de comprendre les pratiques nationalistes et ethniques dans leur contexte. Frédérick Guillaume Dufour est professeur de sociologie politique à l'Université du Québec à Montréal. Il a publié en 2015 l'ouvrage La sociologie historique. Traditions, trajectoires et débats dans la collection « Politeia » aux Presses de l'Université du Québec. Il détient une formation doctorale et postdoctorale en science politique des universités de York (Toronto), de Californie (Los Angeles) et du Sussex (Brighton). Avec la collaboration de Emanuel Guay et Michel-Philippe Robitaille. Frédérick Guillaume Dufour est professeur de sociologie politique à l'Université du Québec à Montréal. Il a publié en 2015 l'ouvrage La sociologie historique. Traditions, trajectoires et débats dans la collection « Politeia » aux Presses de l'Université du Québec. Il détient une formation doctorale et postdoctorale en science politique des universités de York (Toronto), de Californie (Los Angeles) et du Sussex (Brighton).
1980-1988 : huit ans de guerre entre l'Irak et l'Iran, un conflit aussi long que meurtrier, oĂą s'affrontent Saddam Hussein et Khomeiny.
Depuis l'établissement de la Commission Bouchard-Taylor en 2007, le Québec a amorcé un débat public sur la gestion de sa diversité, plus particulièrement de sa diversité religieuse. Cet ouvrage porte sur la transformation de la laïcité et de sa place au coeur de la définition de la nation dans l'histoire récente du Québec. La séparation entre les religions et l'État, la neutralité religieuse de l'État, la liberté de conscience et l'égalité morale des citoyens en sont les thèmes fondateurs. Leur définition et l'importance qui leur est accordée exercent une influence sur la vision que l'on se fait de la laïcité. En analysant le contenu de quatre Commissions et de quatre projets de loi, Laïcité et nation québécoise : de la Révolution tranquille à aujourd'hui retrace l'évolution des visions prédominantes de la laïcité durant trois périodes où la place de la religion dans la société a été un sujet de débats importants : les années 1960-1970, les années 1990-2000 et les années 2010. Cet ouvrage s'adresse autant à un public érudit qu'à toutes les personnes désireuses d'approfondir leurs connaissances et réflexions sur les questions de la laïcité du Québec et de la nation québécoise.
Les relations de pouvoir inégales entre les groupes linguistiques mènent presque inévitablement à l'érosion des langues minoritaires. Ce phénomène n'est cependant pas l'apanage des États unitaires, qui sont typiquement centrés sur un demos et une langue uniques. Il touche aussi les systèmes fédéraux, lesquels se caractérisent par un découpage du territoire en plus petites unités de sorte à refléter la diversité historique, notamment par leur potentiel d'offrir aux minorités historiquement concentrées des « niches territoriales » pour protéger leur langue. Ce livre met en lumière les circonstances historiques et politiques expliquant pourquoi les langues minoritaires parviennent à obtenir une niche territoriale dans certains systèmes fédéraux et pas dans d'autres. Pour ce faire, il propose une comparaison originale de l'Allemagne et de l'Espagne sous l'angle des relations entre les régimes politiques successifs et la plus importante minorité linguistique y ayant subsisté à ce jour : les Sorabes de Lusace, une région historique à cheval sur le Brandebourg et la Saxe ; et les catalanophones de Catalogne, du Pays valencien, des îles Baléares et de l'Aragon, formant une zone appelée «Pays catalans». En s'appuyant sur les notions de tradition étatique et de légitimation politique, ce livre retrace le parcours historique des normes de l'État encadrant les usages linguistiques en Lusace et dans les Pays catalans, de même que leurs effets à long terme sur la vitalité du sorabe et du catalan. Ce livre est destiné tant aux personnes étudiant les conséquences du processus de construction des États modernes qu'au public général concerné par les enjeux de diversité linguistique.
Observons-nous un écart entre Québec et sa métropole ? Autrement dit, assistons-nous à la mise en cause par la Ville de Montréal de l'appartenance à la nation telle qu'elle fut imaginée par l'État québécois ? Le présent ouvrage offre une réponse à cette question en proposant un examen approfondi de la politique montréalaise d'intégration des personnes immigrantes et de son arrimage à la politique publique québécoise dans ce domaine, de 2006 à aujourd'hui. S'adressant autant au milieu universitaire qu'aux citoyens engagés, ce livre analyse les différentes fonctions assumées par les acteurs de la politique municipale d'intégration et les idées qu'ils défendent à son sujet. Il met en lumière les dynamiques qui ont mené la métropole à contourner le discours et les pratiques s'inspirant de l'interculturalisme tel qu'il est promu par l'État québécois pour embrasser tacitement le multiculturalisme canadien. L'auteur soutient ainsi l'argument que la concurrence entre les modèles nationaux d'intégration associés aux sociétés d'accueil canadienne et québécoise est centrale pour comprendre la politique publique montréalaise. Par ailleurs, il explore le lien entre la trajectoire singulière empruntée par la métropole et le refus des gouvernements québécois successifs de formaliser leur propre modèle d'intégration des personnes immigrantes et d'aménagement de la diversité ethnoculturelle.
Au Québec, le mode de scrutin employé est le scrutin majoritaire uninominal à un tour. Il s'agit de l'un des modes de scrutin reconnu comme le moins désirable puisqu'il produit de fortes distorsions électorales et cause à l'occasion des anomalies dans les résultats électoraux. Depuis 1970, le Parti québécois et le Parti libéral du Québec se sont engagés à plusieurs reprises à réformer le mode de scrutin. S'alternant au pouvoir sans partage depuis plus de 40 ans, ces deux partis ont eu quelques occasions de mettre en place les réformes électorales promises, mais n'ont pas agi sur cette question. En 2018, une page s'est tournée dans le système partisan québécois et un nouveau gouvernement de la Coalition Avenir Québec fut élu. Le premier ministre, François Legault, a lui aussi promis de réformer le mode de scrutin ; un engagement réitéré à maintes occasions. Le débat sur la question est bien relancé et le présent ouvrage arrive à point pour participer à la discussion collective. Proposant une analyse théorique, empirique et normative, ce livre veut expliquer pourquoi les gouvernements québécois n'ont pas réformé le mode de scrutin jusqu'à maintenant et souhaite mettre en lumière les obstacles auxquels risque de faire face cette réforme au sein du gouvernement. Présentant plusieurs données qui n'avaient pas été publiées à ce jour, cet ouvrage s'appuie entre autres sur des entretiens avec des responsables politiques et sur les délibérations du Conseil des ministres. Pour plusieurs citoyens, le mode de scrutin demeure une institution invisible, dont ils connaissent peu les mécanismes. Toutefois, il importe de s'y intéresser puisqu'il joue un rôle politique central dans une démocratie représentative en permettant de relier les préférences de la population aux choix politiques des gouvernements. En lisant cet ouvrage, tous pourront comprendre les aboutissants de cette réforme s'ils veulent la voir se concrétiser au Québec. Julien Verville est professeur de science politique au collégial. Son mémoire de maîtrise sur la réforme du mode de scrutin au Québec s'est retrouvé parmi les gagnants de l'édition 2019 des Prix du livre politique de l'Assemblée nationale. Ses principaux champs d'intérêt sont la réforme électorale et la politique québécoise.
La Constitution autochtone du Canada propose une réflexion sur la nature et les sources du droit au Canada. Si Borrows reconnaît que le système juridique canadien a contribué à engendrer un niveau appréciable de richesse et de sécurité dont bénéficient les citoyens à travers le pays, les conflits de longue date portant sur les origines, la légitimité et l'applicabilité de certains aspects de ce système l'ont conduit à soutenir que la constitution canadienne ne saurait être achevée tant que les traditions juridiques autochtones n'auront pas fait l'objet d'une acceptation plus large. Borrows nous convie ici à une exploration féconde des traditions juridiques canadiennes, du rôle des gouvernements et des tribunaux, et de la perspective d'une culture multijuridique, dans le but de comprendre et d'améliorer les processus juridiques au Canada. Il discute de la place des individus, des familles et des communautés dans le rétablissement et l'épanouissement du rôle du droit autochtone à la fois dans les communautés autochtones et dans la société canadienne en général. Cette oeuvre majeure, écrite par l'un des spécialistes du droit les plus éminents au Canada, s'adresse à toutes les personnes qui s'intéressent aux traditions juridiques autochtones au Canada et à leur place dans ce pays. « Un ajout original et important à l'étude du droit autochtone, La constitution autochtone du Canada contribuera à dissiper les mythes coloniaux encore enseignés dans les facultés de droit partout au pays ». Larry Chartrand, Faculté de droit, Université d'Ottawa « La Constitution autochtone du Canada est un ouvrage riche et approfondi qui met au défi tant les Canadiens non autochtones qu'autochtones d'intégrer les traditions et pratiques juridiques des peuples autochtones du Canada dans le système du droit canadien. Une analyse lucide de la façon dont les lois canadiennes et autochtones sont en relation les unes avec les autres, l'oeuvre éclairante de John Borrows est un tour de force ». Peter Russell, Département de science politique, Université de Toronto John Borrows est professeur et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en droit autochtone à la Faculté de Droit de l'Université de Victoria.
Aujourd'hui, on a marqué l'histoire. Aujourd'hui, il y a beaucoup de Québécois qui ont mis de côté un débat qui nous a divisés depuis 50 ans. » En prononçant ces paroles après la confirmation de sa victoire aux élections québécoises de 2018, François Legault se réjouissait de la relégation de la question nationale à l'arrière-plan du débat public au Québec. Devant cette impression d'assister à la fin d'une époque, l'historien est tenté de revisiter l'histoire constitutionnelle pour trouver un nouveau sens à la polarisation entre l'indépendantisme et le fédéralisme qui a constitué la pierre angulaire de l'espace politique des dernières décennies. La pensée fédéraliste contemporaine au Québec : perspectives historiques lance cet ambitieux chantier de recherche en étudiant le penchant fédéraliste de 1950 à aujourd'hui. Quels sont les acteurs québécois qui ont déployé une forme ou une autre de fédéralisme ? Quelles sont les variantes des perspectives, des interventions, des valeurs et des représentations proposées par ces acteurs ? Quel rapport ces derniers entretiennent-ils avec le nationalisme québécois de la Révolution tranquille et de ses lendemains immédiats ? Les auteurs de cet ouvrage interdisciplinaire apportent des réponses à ces questions et plus encore tout au long des 19 chapitres qui le composent. Ce livre, qui offre un portrait actuel de notre paysage politique, intéressera donc autant le grand public que les spécialistes du domaine.
Le présent ouvrage offre un regard critique sur les politiques autochtones du Canada qui nous permettra de constater les avancées politiques et sociales obtenues par les peuples autochtones depuis les dernières décennies, mais aussi les limites imposées par l’État canadien, qui constituent autant d’apories. Il y a ainsi une contradiction entre la reconnaissance du statut de «nation» et du droit à l’autonomie gouvernementale et la volonté du gouvernement fédéral et des provinces de baliser considérablement ce droit, ce qui laisse peu de marge de manœuvre à l’expression d’une souveraineté autochtone. Pour appréhender ces paradoxes, après une présentation de l’histoire des relations entre le Canada et les peuples autochtones et de l’état du droit autochtone, ce livre analyse les différentes politiques autochtones du Canada et des provinces ainsi que certaines expériences de mise en œuvre de l’autonomie politique. Finalement, une comparaison de ces politiques avec celles de trois pays de traditions coloniales et juridiques similaires, soit les États-Unis, la Nouvelle-Zélande et l’Australie, permet de les mettre en perspective. Cet ouvrage donnera aux lecteurs l’occasion de se familiariser davantage avec les politiques autochtones et de mieux comprendre l’évolution de la relation des Canadiens avec les peuples autochtones qui ont été leurs premiers alliés et partenaires et qui, après plus de 150 ans de politiques de soumission, essaient de renouveler ces anciennes alliances mais demeurent souvent méconnus, créant ainsi non pas deux, mais de multiples solitudes au sein du Canada. Thierry Rodon est professeur agrégé au Département de science politique de l’Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche sur le développement durable du Nord. Il est également directeur du Centre interuniversitaire d’études et de recherche autochtones (CIÉRA), et il dirige MinErAL, un réseau international de recherche sur les relations entre les industries extractives et les communautés autochtones. Auteur de nombreuses publications sur les politiques autochtones, les traités et l’autonomie gouvernementale au Canada, il étudie les politiques autochtones et nordiques au Canada et dans le monde circumpolaire.
Pourquoi le Québec est-il si actif sur la scène internationale ? Qu'adviendra-t-il de la diplomatie catalane suite à la répression du mouvement sécessionniste par Madrid ? Comment expliquer la normalisation de la diplomatie flamande ? Le présent ouvrage propose un portrait comparatif et actualisé de la diplomatie des nations dites « minoritaires », communément entendue sous le vocable de « paradiplomatie identitaire ». Il jette un regard novateur sur les relations internationales des États non souverains en étudiant l'influence du nationalisme minoritaire sur la politique extérieure. Rassemblant les contributions de spécialistes de renom, il examine les plus récentes activités de l'Écosse, de la Catalogne, de la Flandre, de la Wallonie, du Pays basque et du Québec. Il se dégage un constat commun de l'étude de ces États : plus que la mondialisation ou le régime constitutionnel dans lequel ils évoluent, c'est le nationalisme qui s'avère être la force structurante et l'élément déterminant de l'intensité et de la nature de leur diplomatie. Ainsi, au gré des dynamiques nationalistes et intercommunautaires, certaines nations non souveraines ont cherché à éprouver les limites de leur cadre constitutionnel ou sont devenues porteuses de revendications sécessionnistes. D'autres, par pragmatisme ou par nécessité, se sont recentrées sur des objectifs fonctionnels au détriment de leur dimension identitaire, allant parfois jusqu'à accroître significativement leur degré de coopération avec l'État souverain et leur niveau de conformité aux lois constitutionnelles. Cet ouvrage offre ainsi une grille d'analyse de la trajectoire que prennent plusieurs nations non souveraines sur la scène internationale.