Perspectives géopolitiques
Accord historique sur le programme nucléaire en 2015, levée des sanctions économiques internationales en 2016... l'Iran revient sur la scène internationale et affronte une nouvelle page de son histoire. Après des décennies d'enfermement, de drames et de résistance, la République islamique d'Iran, et surtout les Iraniens, doivent désormais relever des défis immenses : ceux d'une renaissance. Défi intérieur : comment répondre aux aspirations de changement de la population tout en maintenant la stabilité et l'indépendance de l'État ? Défi régional : comment faire face à l'émergence des monarchies pétrolières et des réseaux djihadistes, dans un climat de tension croissante avec l'Arabie saoudite ? Défi global : comment devenir un acteur respecté de la vie politique, économique, scientifique et culturelle mondiale ? Une analyse fine de la géopolitique iranienne, à contre-courant des idées reçues.
L'Arabie saoudite reste au coeur de la vie internationale. Elle est cet « État sans nation » qui tient par sa fortune pétrolière et la force de la dynastie au pouvoir. Mais la longue fin de règne du roi Fahd a concentré tous les dangers : la tension avec l'Iran ; l'invasion du Koweït par l'Irak ; l'émergence d'Al Qaïda, organisation hyper-terroriste islamique, anti-occidentale et d'origine arabe ; l'invasion de l'Irak par les États-Unis. Les tensions internes s'accumulent : luttes de palais, essor du fondamentalisme sunnite contestataire, irruption du terrorisme islamique à intérieur. L'allié américain est devenu imprévisible. Sa présence massive en Irak est une menace potentielle, et à tout le moins la marque d'une défiance, depuis le grand basculement du 11 septembre 2001. L'Arabie saoudite tient les clés de questions qui la dépassent : l'approvisionnement pétrolier de nos économies industrielles, la garde des lieux saints de l'islam, l'équilibre stratégique au Proche-Orient. Selon les jeux de pouvoir, au gré des circonstances et suivant l'habilité des acteurs, quel sera son avenir ? La survie de la dynastie, au prix d'une répression des salafistes ? Ou son renversement ? À moins que le pays lui-même n'implose...David Rigoulet-Roze est enseignant et chercheur, ainsi que consultant en relations internationales, sur le Moyen-Orient, et spécialement l'Arabie saoudite. Auteur d'articles géopolitiques et historiques, il a aussi publié en 2001, Un géant ensablé : forces et faiblesses de l'Arabie saoudite.
ZAD de Sivens et Notre-Dame-des-Landes, menaces sur les petites lignes ferroviaires, contestation des parcs d'éoliennes, du projet Europacity au nord de Paris ou de celui de la Ferme des 1 000 Vaches dans la Somme... les conflits autour des questions d'aménagement du territoire n'ont cessé de se multiplier ces dernières années, illustrant la crise profonde que traverse le modèle français. Une crise économique, urbaine, sociale, culturelle, et, surtout, géopolitique. L'emploi du terme peut surprendre, car il est le plus souvent associé à des conflits entre États ou entre groupes ethniques. Ici pas de massacres ou d'armées en mouvement, mais des manifestations et du lobbying. Les acteurs sont différents - élus locaux, entreprises, chambres de commerce, administrations, associations -, mais les rivalités qui les opposent portent elles aussi sur des territoires. Chaque conflit, chaque débat sur un projet ou une politique d'aménagement est ainsi l'occasion de rediscuter de l'intérêt général. Comment intégrer les nouvelles aspirations de la société, l'apparition de nouveaux acteurs et de nouvelles pratiques, comme la concertation, pour renforcer l'efficacité de l'action publique ? C'est à l'exploration de cette question qu'est consacrée la nouvelle édition de cet ouvrage.
Si le Brésil a attiré tous les regards depuis qu'il a obtenu l'organisation de la Coupe du Monde de football en 2014 et celle des Jeux olympiques en 2016, l'intérêt s'est récemment transformé en forte inquiétude : entré en récession économique en 2015, victime à répétition d'attaques de virus exotiques, son système politique vit une crise sans précédent et les Brésiliens doutent de leur avenir. Mais au-delà des hauts et bas de la conjoncture, le Brésil a pourtant tout d'un grand : géant latino (8,5 millions de km2 pour plus de 200 millions d'habitants), doté de ressources naturelles et agricoles exceptionnelles et d'une population jeune et qualifiée, il a affirmé sa montée en puissance géopolitique aussi bien à l'échelle du continent sud-américain que sur la scène internationale. Pays dit « émergent », le Brésil semble bien aujourd'hui « émergé ». Cet ouvrage vient dresser le portrait original d'un pays dont le potentiel de survie ne cesse de surprendre et de fasciner.
La Russie fait peur. Un président américain n'hésita pas à parler de l'URSS comme d'un « empire du mal » et la crise ukrainienne a remis cette notion au goût du jour à propos, cette fois-ci, de la Russie. On parle du « pouvoir de nuisance » du pays alors que d'autres évoquent une « impuissance génétique » des Russes à la démocratie. La Russie de l'ère Poutine ne cesse d'inspirer la méfiance, et jamais son image n'a été aussi négative. Or dans le même temps, c'est la Russie elle-même qui a peur. Vingt-cinq ans après la fin de l'URSS, le pays, ses élites, sa société civile sont traversés par toute une série de hantises. Les ébranlements successifs traversés dans les années 1980-1990 ont remis en cause bien des certitudes acquises et, partagé entre des aspirations réformatrices et la crainte d'une société libérale, le pays semble tenté par le repli dans un nouvel isolement. Cet essai vient analyser l'ensemble des facteurs géographiques, historiques, politiques, culturels et géostratégiques qui permettent de comprendre ce qui agite profondément la Russie d'aujourd'hui.
Comment des intellectuels laïcs dispersés en Europe orientale ont-ils convaincu, dans le second XIXe siècle, des milliers de leurs compatriotes d'aller peupler la terre de leurs ancêtres, désormais lointaine, désolée et occupée par un puissant empire ? Comment un mouvement politique squelettique, dépourvu de richesses, d'assise territoriale et d'alliances étatiques a-t-il bâti une diplomatie efficace, des institutions démocratiques, des infrastructures performantes puis un État souverain viable en un demi-siècle à peine ? Comment Israël, État-nation du peuple juif et fruit du sionisme, a-t-il élaboré ses stratégies de survie et de consolidation dans un Proche- Orient instable et hostile ? La nouvelle édition augmentée de cet ouvrage traite en outre des grandes récentes évolutions : guerres avec le Hamas, printemps arabe, reconnaissance de l'État palestinien par les Nations unies, succès électoraux de Netanyahou, rapports difficiles avec Obama, etc.
Depuis 2008, l'Espagne est confrontée à une crise économique profonde qui a révélé les faiblesses du système politique mis en place en 1975, à la fin de la dictature franquiste. Les réformes nécessaires pour surmonter les impasses de son modèle de développement ou le déclin démographique annoncé fragilisent la structure d'un pouvoir vacillant et discrédité par l'opinion publique. Entre mouvements « indignés », exacerbation des velléités indépendantistes, émergence de nouveaux partis, le pays apparaît aujourd'hui comme un territoire fragmenté et socialement fracturé. Quarante ans après sa transition démocratique, l'Espagne va-t-elle entrer dans une nouvelle phase de son histoire ? Pour saisir ce « moment » collectif crucial pour la société espagnole et l'ampleur des défis à venir, cette géopolitique de l'Espagne au XXIe siècle propose une grille de lecture inédite et originale pour construire une vision globale des enjeux européens actuels.
FAUT-IL FAIRE DU DÉVELOPPEMENT DE LA MÉTROPOLE PARISIENNE une priorité absolue, comme le pensait Nicolas Sarkozy ? Ou considérer que d'autres questions sont tout aussi décisives : crise des banlieues, manque de logements, problème des transports ou encore lutte contre la pollution et le réchauffement climatique ? Au bout de trois ans de conflit, l'État et la Région Île-de-France sont arrivés en 2011 à un accord sur la création d'un nouveau métro, le Grand Paris Express. Mais les inégalités de richesses entre populations et entre communes demeurent et la construction de logements continue de se heurter aux intérêts locaux. La question de la gouvernance de la métropole est loin d'être tranchée. L'Île-de-France demeure le champ de rivalités d'acteurs très fortes. Avec en arrière-plan les mutations spectaculaires que connaît le paysage politique régional : la conquête de l'ancienne banlieue rouge par le Parti socialiste, la crise du système UMP dans les Hauts-de-Seine, la concurrence entre écologistes et socialistes à Paris. L'auteur, spécialiste de géopolitique locale, analyse les enjeux actuels de la métropole à l'heure de la mondialisation, les rivalités entre acteurs institutionnels et la concurrence entre forces politiques pour le contrôle du pouvoir en Île-de-France. Philippe Subra est géographe, professeur à l'Institut français de géopolitique de l'université Paris 8.
Ce manuel permet de mesurer les enjeux de la crise ivoirienne et d'en comprendre la complexité. Une cartographie met en perspective l'évolution de la géographie électorale depuis 2000.
Cet ouvrage montre combien le tourisme, devenu un plaisir banal associé au temps libre des populations aisées, participe à la géopolitique du monde. Pour le meilleur, comme facteur de développement et de rencontre des cultures, pour le pire parfois. Du moins de vrais problèmes se posent-ils, que l'auteur traite avec une acuité inédite. Le problème de ce qu'il appelle le colonisme, autrement dit l'invasion socio-économique du Sud par les touristes du Nord, qui suscite des "représailles" (jusqu'au terrorisme) ; le poids démesuré du tourisme de masse, purement consumériste, et la consitution en ilôts des grandes stations touristiques, zones à part au sein des pays ; le caractère équivoque du tourisme équitable, etc.
Les problèmes géopolitiques en Méditerranée, étant ceux de vingt-cinq États, sont, bien plus qu'ailleurs, multiples, dangereux et enchevêtrés. Les rivalités de pouvoirs ne peuvent pas y être réduites, du moins pour le moment, à un schéma Nord-Sud ni à la rivalité entre une Chrétienté laïcisée et l'Islam. C'est, en fait, seulement autour de la Méditerranée occidentale que les contrastes économiques et sociaux des pays riverains sont les plus marqués et qu'ils peuvent être clairement imputés à la domination coloniale. Autour du bassin oriental, le contraste est, en revanche, bien moins évident. Et le problème Israël-Palestine y est très particulier. Pour comprendre cette géopolitique, on ne peut se limiter au seul cadre méditerranéen. Au-delà, la superpuissance américaine projette ses forces d'outre-Atlantique, comme en Irak. Il faut donc tenir compte des conflits qui se déroulent plus ou moins loin de la Méditerranée : leurs contrecoups vont sans doute se répercuter jusqu'en Europe occidentale. Et le risque est réel d'un affrontement des pays européens aux pays musulmans. Yves Lacoste, géographe et historien, est l'instigateur de la réflexion géopolitique en France depuis vingt-cinq ans. Né au Maroc où il a passé son enfance, il a été professeur à Alger (1952-1955) et a contribué à la lutte des Algériens pour leur indépendance. Il a donné à la revue de géographie et de géopolitique qu'il dirige depuis 1976 le nom du premier grand historien et géographe grec, Hérodote, dont les Enquêtes étaient, il y a vingt-cinq siècles, déjà de la géopolitique.
La violence des attentats du 11 mars 2004 à Madrid a choqué l'opinion. Le terrorisme aveugle des islamistes, massivement meurtrier ce jour-là, ravivait du même coup le souvenir du terrorisme des nationalistes basques, cette violence récurrente vieille de trente ans. L'Espagne vit ainsi des tensions internes qui menacent de la fragmenter. Les nationalistes basques et catalans exercent en effet une pression constante afin d'obtenir une autonomie toujours plus large. Les bilinguismes contribuent à l'écartèlement du territoire. L'eau devient un enjeu pour le développement agricole, touristique ou urbain, au point de créer de vives rivalités interrégionales. Certains en viennent à vouloir une Espagne fédérale... Néanmoins, les facteurs d'unité ne manquent pas, du projet européen à la personne du roi, de l'essor du réseau TGV au rayonnement culturel mondial. L'auteur présente les fondements complexes de la nation espagnole, comme des nationalités qui la composent, et les solidarités qui lient les citoyens entre eux. Autant de questions aujourd'hui à vif pour nombre d'autres États européens : le rapport entre les langues et les territoires, l'enjeu du partage de l'eau, la question de l'immigration. Barbara Loyer, membre du comité de rédaction de la revue Hérodote, enseigne la géopolitique à l'Institut français de géopolitique de l'université de Paris 8.
Les violences de l'automne 2005 ne doivent pas être comprises comme « la révolte de toute la jeunesse des banlieues ». Le vote Le Pen d'avril 2002 ne doit pas non plus être caricaturé en un « vote fasciste ». Car sans analyse, de tels événements ne peuvent que resurgir sur un mode plus radical. La question des rapports entre le vote frontiste et l'insécurité est ici traitée pour la première fois à partir du cas concret de la ville de Tourcoing. Dans une approche géopolitique, ce livre repose sur l'étude de cette ville moyenne où le FN fit, au coeur d'une région de gauche, des résultats inattendus dès 1984. L'auteur confronte ici la délinquance, les données socio-ethniques et le vote politique depuis trente ans. La relation entre insécurité et vote frontiste est-elle fantasmatique ? Est-elle orchestrée par un leader redouté pour son charisme médiatique ? Ou est-elle causée par des faits bien réels dans la vie des habitants de certains quartiers ? La mise en évidence d'une corrélation forte entre vote national-populiste et insécurité pose la question du vide laissé par les partis républicains face à ces questions. N'est-ce pas plutôt le déni des incivilités et des délits quotidiens subis par l'électorat populaire qui, loin de permettre le recul du vote xénophobe, contribue à pérenniser un tel vote ? Bernard Alidières, docteur en géographie - mention géopolitique - a enseigné dans l'agglomération lilloise jusqu'en 1997. Il développe ses travaux de recherche en géographie électorale et sur la question de l'insécurité dans le cadre de l'Institut Français de Géopolitique de l'université de Paris 8. Tourcoing, un des bastions du Front national dans une région de gauche. Un vote de proximité « anti-immigrés » à Tourcoing. Antériorité de la montée de la délinquance : l'exemple de Tourcoing. De Tourcoing à la France : insécurité et vote FN dans les années 1990. Le débat gauche/droite sur l'insécurité : les insuffisances de l'« offre républicaine ». Insécurité, « immigrés » et vote « Le Pen » en 2002. Racisme/antiracisme : le jeu de miroirs déformants des représentations.
Le prix du pétrole brut « flambe » depuis 2004. Si cette hausse imprévue traduit certaines faiblesses structurelles des marchés pétroliers face à l'évolution de la demande, elle masque des enjeux considérables, beaucoup plus politiques et stratégiques comme la sécurisation des approvisionnements en pétrole et en produits raffinés des grands consommateurs, États-Unis et Chine en tête. Cette exigence bouleverse les relations des différents acteurs, du Venezuela à la Russie, de la Caspienne au golfe arabo-persique, de la Méditerranée au golfe de Guinée. Les terroristes, qui cherchent à ébranler les marchés par des menaces sur les infrastructures pétrolières, ajoutent le risque aux incertitudes. Fin connaisseur de ces questions, l'auteur nous propose un tour du monde des zones majeures de production, le long de ces « routes du pétrole » où se déroulent de grandes manoeuvres, plus stratégiques que jamais. Les enjeux de pouvoir s'éclairent : pressions, tensions, menaces et tractations ; nouvelles alliances, ruptures et conflits potentiels. Les motivations complexes et multiples sont expliquées. On découvre alors les nouvelles géopolitiques du pétrole.Philippe Sébille-Lopez, spécialiste en géopolitique (Institut français de géopolitique), est aussi consultant en relations internationales et risque pays au sein du cabinet Géopolia.Prometheus, est une fondation d'entreprise reconnue d'intérêt général. Son but est d'accompagner les acteurs privés et publics, tant politiques que sociaux et économiques, dans l'analyse des enjeux de la mondialisation et dans l'anticipation des mutations à venir. Contribuant à la transparence des relations internationales, Prometheus veut être un lieu non partisan d'information et de réflexion prospective. Ce livre s'inscrit dans cette perspective.Pétrole et géopolitique. L'océan, les flux pé
La Tchétchénie redevient un sujet brûlant dans l'actualité. La mort d'Aslan Maskhadov semble marquer une nouvelle escalade de la violence dans le Caucase. La radicalisation islamiste des nationalistes tchétchènes fait craindre une extension de ce conflit. La tension croît dans cet espace à la charnière de l'Europe orientale et du Moyen-Orient. Et là se joue sans doute la stabilité du monde russe, et, par contrecoup, celle de notre Europe encore paisible. Le Caucase ? Une extraordinaire complexité géographique : l'imbrication de langues, des groupes ethniques, des cultures et des religions, comme on n'en voit nulle part ailleurs en Europe et dans le monde. Mais c'est surtout une région conflictuelle : la « limite » géopolitique par excellence. L'affaiblissement puis la chute de l'URSS ont réveillé nombre de conflits gelés durant la période soviétique : Nagorny Karabakh, Ossétie du Sud, Abkhazie, Tchétchénie... Pourquoi ressurgissent-ils ? Quelles sont les causes profondes du conflit tchétchène ? Pourquoi toutes les tentatives de lui trouver une solution politique échouent-elles régulièrement ? Faut-il considérer plutôt le Caucase comme un prolongement du Moyen-Orient et de ses conflits chroniques ? Pourquoi Oussama Ben Laden s'y est-il intéressé d'aussi près ? Le présent ouvrage mène une analyse géopolitique et tente d'apporter des réponses.Viatcherlav Avioutskii est spécialiste du monde russe et du Caucase. Docteur en géographie, spécialiste de géopolitique, il fait partie de l'Observatoire et centre de recherche en entrepreneuriat / OCRE de l'École des dirigeants d'entreprises / EDC.