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La glaise est la matière que le souffle pétrit, elle est la langue que le désir module, elle est la lumière qui se nourrit de nos ombres. Tel est le lieu d'où s'échappe l'oiseau de l'imaginaire, porté au ventre du néant par la magie du cri. Voici donc des poèmes de refus et de quête. Des poèmes, loin de la tentation lyrique ou descriptive. Des poèmes d'une vibration essentielle, qui se situe à une limite où les mots se heurtent à l'impuissance, sans jamais s'y résoudre, où l'angoisse de dire déjoue le sens, et ruse avec des beautés d'apparence. De ce cri brisé, retenu, est né « L'oiseau de glaise ».
Beur ? - Un pied de nez à l'étroitesse ! Car aucune langue au monde n'a assez de sel pour désigner ces « monstres » à deux cordons ombilicaux. Nés à Argenteuil et circoncis à Alger, Kaci, Belka et Mourad sont ces milliers de jeunes, ces Beurs grandis dans la décharge, qui ont ramé - et rament encore ! - à travers haine et mépris vers on ne sait quelle histoire, quelle espérance. Il y a du dilemme de l'adoptif dans leur interrogation. Dilemme que la générosité de la Mère Claude - Bougnat auvergnate - n'a pas su apaiser. Le cercle qui a provoqué la fuite de Belka, la démission et la mort de Mourad ne saura cependant venir à bout de l'optimisme du militant Kaci. Reste à lire ce premier roman de Mehdi Lallaoui pour lier les destins. T. Sbouaï.
Ces textes sont placés sous le signe de la guerre d'Algérie, c'est dire qu'ils témoignent de toute une génération intellectuelle et politique. La guerre d'Algérie est prise comme exemple des mouvements de libération qui ont changé le monde. La reconnaissance des indépendances nationales relève d'une histoire totale dans la mesure où elle prend en compte les modifications des rapports sociaux, la transformation des relations interethniques, les conflits culturels et enfin les manifestations politiques. La guerre d'Algérie a provoqué le grand ébranlement du nationalisme français, qui se répercute encore aujourd'hui dans les différentes prises de position qui dénoncent l'immigration maghrébine, arguent de l'identité française et de la différence culturelle et agitent le spectre de la préférence nationale. Elle marque aussi la coupure des générations jeunes et rompt l'hégémonie intellectuelle du communisme. - 1956, c'est le début de la fin pour le P.C.F. qui se trouve en porte à faux avec les intellectuels et la jeunesse. - 1958, c'est le 2e âge du gaullisme dans l'illusion de l'Algérie française. Les divergences nées de la guerre d'Algérie éclateront en mai 1968 et porteront les nouveaux mouvements sociaux. C'est sous ce débat d'époque que se pose en force, au marxisme et à toute l'histoire contemporaine, la question de fond : celle de la place et de la signification de la Nation. Classes et nation au Maghreb comme ailleurs.
Univers de femmes à fleur de corps, de nudité. Femme de là-bas, derrière l'espace d'une sensualité osée, s'éclôt une légende. La douleur, dans quel monde l'être aimé n'est plus interdit. La quête se poursuit, même si le sol et la mémoire se dérobent sous ses pas, un langage inoubliable, une oeuvre maîtresse sur ce qu'aucune femme maghrébine n'a jamais osé dire par l'écrit. Le voile de la vérité s'entrouvre le temps d'une lecture.
En publiant, dans cet ouvrage, ses écrits de prison sur la Palestine, rédigés à Kénitra entre 1981 et 1985, Abraham Serfaty reprend la parole. À contre-courant du prêt-à-penser, levant le tabou qui pèse sur la mauvaise conscience occidentale à l'égard d'Israël, fidèle à son engagement politique, il entend provoquer un débat trop souvent occulté sur les Palestiniens, sur le déplacement et le déclassement des Juifs arabes en Israël, et sur le sionisme. Son enracinement dans la tradition judéo-arabe, fait de lui le symbole vivant d'une culture humaniste, dont le principe de justice et de tolérance est un des éléments fondamentaux. C'est aussi dans la perspective d'une lecture inédite de l'Histoire contemporaine, que se situe l'essentiel de sa pensée, qui ne manquera pas d'être discutée.